Dieudonné et les « nouveaux médias »

Je regarde beaucoup Youtube, ces derniers temps, pour remplacer la télévision française qui, d’ordinaire, ne me manque nullement. Je me concocte mes programmes télé, en fonction de mes envies et de ce qui est proposé par le site lui-même. Des variétés, de la chanson populaire, des comiques, des émissions scandaleuses, des résumés de match de foot. Des images de lesbiennes, des images d’intellectuels. Des filles qui s’exhibent à leur table de travail, ou sur des lits grinçants, sans que je comprenne vraiment leur motivation à faire cela.

Et soudain, je suis tombé sur un cas qui ne m’avait jamais intéressé : le cas Dieudonné. Jusqu’à présent, j’avais été confortablement influencé par les médias, qui me disaient que Dieudonné était devenu antisémite, qu’il n’était même plus drôle, qu’il cherchait à conserver une présence médiatique en déversant des paroles abjectes, provocantes et incitant à la haine raciale. Or, sur Youtube, on voit d’un côté ses sketchs, et de l’autre ses interventions dans des émissions, ainsi, surtout, que les interventions d’individus révoltés par l’attitude du comique, déterminés à détourner le public de sa mauvaise influence.

Intrigué, je regarde beaucoup de ses sketchs et je n’y vois rien d’abject. Je me dis que c’est moi qui suis con, qu’il doit me manquer une case pour ne pas voir l’évidence. Tous ces gens, ces consciences morales que sont BHL, Philippe Val, Joey Starr, Thierry Ardisson, Guy Birrenbaum (le diable si je sais qui est ce dernier), ne peuvent pas ne raconter que des salades en même temps sur le même sujet.

Je continue mes visionnages et qu’est-ce que je vois ? Je vois un homme, seul sur scène, qui non seulement n’a pas cessé d’être drôle mais dont le talent a été décuplé par la violence des réactions exprimées contre lui. Il rigole de choses difficiles, parfois avec maladresse ou lourdeur, mais tout de même : y a-t-il d’autres comiques qui ont osé se moquer des islamistes aviateurs du 11 septembre ? Il en a fait un sketch qui montre une réunion de chantier, animée par un grand mufti contremaître, petit chef bonimenteur, dirigeant une équipe de bras cassés. Pour ceux qui ont travaillé sur des chantiers et dans des usines, le jeu d’acteur et le texte de Dieudonné sont très réussis. Il se moque de l’islamisme, mais le spectateur n’en conclut pas que tous les musulmans sont des terroristes. Même chose avec les vannes concernant les juifs, les noirs, les catholiques, les franchouillards, etc.

Je ne prétends pas être très informé. En fait, c’est le contraire, mon information sur le sujet est strictement limitée à ce qu’en montre Youtube. On l’y voit donc contrefaire un extrémiste israélien sur France3, parler de sa visite au meeting de Le Pen, jouer son propre rôle sur scène, et incarner toutes sortes de personnages. On y entend aussi, largement, ses détracteurs. Curieusement, on n’y voit personne, mais personne, le défendre le moins du monde. Il ne manque pourtant pas de gens pour défendre des écrivains sulfureux, comme Céline, Camus ou Nabe, mais Dieudonné, personne ne prend sa défense, ou personne ne met en ligne sur Youtube les défenses dont il bénéficie. Il semble être au-delà de tout, avoir franchi la ligne de l’inacceptable, sans que je sache, pour ma part, ce qui justifie ce traitement. Je peux comprendre qu’on ne l’aime pas, qu’on le critique, qu’on le déteste, qu’on polémique à son sujet, mais je ne comprends pas qu’on l’exclue à ce point des médias traditionnels.

Il reste les « nouveaux médias », les sites internet et Youtube en particulier, où chacun a le droit de mettre en ligne le document qui prouverait à la face du monde que Dieudonné est un salaud absolu, à qui il faut retirer les micro et les caméras. Pour l’instant, personne ne l’a fait.

Vue de loin (à la fois de l’étranger et d’internet), cette affaire donne une image déplorable des médias en France. Une image où l’on insulte des gens sans qu’ils soient là pour se défendre, où la liberté d’expression semble compromise. Où la « fabrique du consentement », pour reprendre l’expression de Chomsky, est en pleine bourre et contrôlée par des hommes déconnectés de la réalité, qui n’ont aucune idée de la manière dont les gens vivent, dont les gens parlent, dans les bistrots, dans les usines, dans les bureaux. Cela explique peut-être le succès de Le Pen dans les classes populaires, la faiblesse intellectuelle de la France d’aujourd’hui, le rejet inconditionnel des blogs et de l’internet par les mêmes BHL, Philippe Val, et autres Richard Millet, rejet partagé par les patrons de journaux, les producteurs, les éditeurs et les gens qui sentent peut-être leur puissance et leur rôle social menacés par cette barbarie nouvelle d’opinions exprimées sans contrôle.

Des mots que je n’avais jamais employés auparavant me sont venus à l’esprit, devant toutes ces vidéos que je regardais sur internet : pensée unique, bien pensants, la « bien pensance ». Et pour la première fois, j’ai pensé très fort aux Anglo-saxons qui nous disent qu’on est moins libre en France que chez eux.

28 commentaires sur “Dieudonné et les « nouveaux médias »

  1. ça me fait plaisir de lire ce billet. Notre époque aime se moquer des époques antérieures et de leurs tabous tellement ridicules sans voir les tabous qui règnent aujourd’hui. Parmis ces derniers, le mot Juif. Prononcer ce mot, c’est déjà être suspect. D’ailleurs, on ne dit pas « le racisme », on dit « le racisme et l’antisémitisme », comme si l’antisémitisme n’était pas un racisme, qu’il était un racisme plus grave que les autres racisme. C’est à la fois tellement bète, tellement méchant et tellement irrespectueux. Je crois que Dieudonné, comme Noir, n’a pas supporté ces subtiles distinguos entre un racisme vraiment grave (l’antisémitisme), et un autre un peu moins grave (le racisme anti Noir ou anti Arabe). Mais ce faisant, il a attaqué THE tabou de notre époque. Et on l’a aussitôt diabolisé. Je me souviens d’une de ses affiches de protestation contre cette diabolisation où il s’était représenté en caricature de nazi, c’était très drôle (mais évidemment, tout le monde n’a pas trouvé ça drôle). Dieudonné s’est parfois défendu sans finesse et il n’est pas exempt de tout reproche, mais ceux qui l’ont diabolisé sont pires que lui.
    Tout ça est affreusement fatiguant. Je hais les procès d’intention et les terroristes moraux.
    Bref. Sympathique billet.

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  2. Mais oui, la bigoterie est un besoin de l’âme humaine. Il y a chez chacun de nous un besoin de condamner et d’exclure pour une bonne raison. En France, la religion et la morale sont démonétisées, le communisme est mort, donc il faut trouver autre chose. L’antiracisme fait l’affaire en ce moment, ailleurs on en est déja à l’avenir de la planète.

    Légèrement effrayant: des gens qui condamnent la censure et la répression des pays totalitaires rèvent (et pensent parfois tout haut) à des lois contre la pensée incorrecte dans leur pays, en croyant qu’ils feront partie de ceux qui définissent ce qui est correct. Les dirigeants chinois qui disent tout uniment que c’est leur devoir d’interdire ce qui trouble l’harmonie de la société sont plus clairs dans leur tête.

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  3. C’est vrai, il y a quelque chose comme de la bigoterie, mais c’est pire, car avec la religion ou le communisme, on peut s’opposer, se déclarer athée ou libéral. Avec la furie anti-anti-sémitisme, on ne peut rien dire, car on ne va quand même pas se transformer en anti-sémite pour attaquer les anti-anti-sémites furieux. Personne ne défend un Dieudonnée, car il se bat contre des procès d’intention, pas contre des divergences d’opinion.

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  4. Je crois que Dieudonné vient d’être condamné à une amende assez lourde ( quelque milliers d’euros ) pour avoir employé l’expression  » pornographie mémorielle » à propos de la Shoah pendant un spectacle. Un journaliste de France Inter emploie à son sujet l’expression de « dérapage verbal », nouveau derapage verbal…Moi, je ne sais pas ce qu’il faut en penser. On pourrait dire que c’est un peu dégueulasse de porter une insulte aussi méchante ( « pornographie ») à des gens qui ont certes beaucoup souffert et qui ne veulent pas que l’Occident s’endorme avec sa bonne conscience. Il y a de la peversité dans cette attitude qui consiste à reprocher à des victimes de rappeler qu’elles ont été des victimes. C’est une tendance lourde, que l’on vérifie chez tous nos intellectuels néo-réacs, la condamnation de la « victimisation »: tu n’as pas le droit de critiquer notre belle civilisation sans te montrer un « nouveau barbare » ou quelque chose d’approchant. Je crois que Dieudonné rentre un peu dans ce type de bêtise, même s’il ne fait as partie du camp dans lequel ce type de critique se trouve d’habitude utilisé. Il utilise les arguments de la partie adverse ( les intellectuels de l’establishment) en les retournant contre elle, je ne suis pas sûr que cela en fasse un martyre de la liberté. Au fond, consiste à dire: toi, la « victime », le chômeur, le déporté, le descendant d’esclave, …viens pas la ramener avec ta « victimisation », tu nous dégoûtes, écrase et démerdes- toi tout seul comme tout le monde. Notre société n’a pas pour finalité de récupèrer les débris de toute sorte, tu nous emmerdes avec ta « sur-enchere mémorielle ».

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  5. Je m’étais mal expliqué. J’accuse de bigoterie ceux qui proclament que Dieudonné est innomable et répugnant. C’est bien vu et sans risque. Le poursuivre devant les tribunaux rapporte des bons points aux procureurs en ce moment, donc ils poursuivent avec zèle de simples paroles.

    Bon, mais tout ça c’est le luxe occidental qui règne dans les sociétés où personne ne court de vrai risque en pensant et en parlant. Quand il y aura eu une affaire Dieudonné en Chine (le jour où quelqu’un fera un sketch mettant en scène un policier en retraite qui reproche à un vieux dissident de lui avoir gâché toute une vie en l’obligeant à le tabasser, et où les intellectuels du moment s’indigneront) , on pourra dire que le droit et la liberté ont gagné.

    Et encore, tiré d’une lecture de vacances. Le narrateur de « La possibilité d’une île » de Michel Houellebecq (2005) est un amuseur dont le spectacle ressemble à ce que fait Dieudonné aujourdhui; sauf qu’il est blanc et sans malheur ethnique supposé; plus il fait fort, au point de se dégoûter lui-même, mieux ça marche. Il fait fortune et finit par se suicider (ou équivalent, c’est le thème du livre). Que Dieudonné soit noir n’est peut-être pour rien dans son inspiration.

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  6. J’avais bien compris, ebolavir.

    Ben, il y a des gens (comme Sartre en son temps, par ex) qui jugent que la culpabilité se transmet de génération en génération. Un jeune Allemand né aujourd’hui, mettons un jeune garçon de 10 ans, serait d’après eux des coupables, parce que leurs grands-parents ou arrières grands-parent ont été sympathisants nazis. C’est une conception qu’on va qualifié « d’excessive », pour utiliser une litote…

    Penses-tu sincèrement que les jeunes Allemands de 10 ans sont coupables ? Non, n’est-ce pas ?

    Et bien ça marche dans les deux sens : si les jeunes Allemands ne sont pas des coupables, alors les jeunes Juifs ne sont pas des victimes. D’être le petits-fils d’un Juif persécuté ne donne aucun statut. Et se réclamer sans cesse de ce passé sanglant, c’est effectivement assez obscène. Et c’est ce que voulait dire Dieudonné avec son « pornographie mémorielle » que je trouve pour ma part assez bien trouvé.

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  7. Bien sûr que les jeunes Allemands ne sont pas coupables, pas plus que les jeunes Juifs ne sont des victimes. Et je ne crois pas que le problème soulevé par le pathos mémoriel soit, du tout, celui de la culpabilité actuelle des uns ou des autres. Mais je ne vois pas non plus quelle « obscenité » il y aurait à se réclamer d’un passé aussi sanglant. Si vos parents ou vos grands-parents s’étaient fait massacrer en masse de maniere immonde il y a soixante ans, avec la complicité et l’accord tacite des parents ou des grands parents de vos voisins, du flic qui traverse la rue, du gars qui lave sa grosse bagnole devant chez lui, des gamins qui vont à l’école avec vos gosses, vous aussi, vous seriez « obscènes ». Il faut arrêter de délirer. Je ne sais pas du tout ce que raconte Dieudonné dans ses sketches, à part cette histoire de « pornographie mémorielle »; je me demande comme vous si la censure qu’il rencontre n’est pas disproportionnée; mais je sais que si on commence à rogner sur le « devoir de mémoire », malgré toute la lourdeur de ce concept, c’est au profit de concepts qui sont bien plus lourds et bien plus désagréables. Moi, je suis ce voisin qui n’a l’air de rien, mais qui, il y a soixante ans, n’aurait sûrement pas été tellement gêné par la disparition d’un type dont le nom finissait par « berg ». J’aurais peut-être même pu être ce fonctionnaire zèlé décrit par Arendt dans Eichmann à Jerusalem. Et ce n’est donc pas la culpabilité des Allemands actuels, ni la « victimité » des Juifs d’aujourd’hui que nous avons le « devoir » de respecter, mais la conscience de notre propre culpabilité virtuelle, c’est cette inquiétude que nous devons perpétuer contre les beaufs à bonne conscience qui se disent victimes d’une « pornographie mémorielle ». Et je n’aime pas les mots que j’emploie, ceux de la « bien-pensance » et du « devoir de mémoire », ils me paraissent lourds et désagréables, mais la chose qu’ils désignent est inévitable.

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  8. « Si vos parents ou vos grands-parents s’étaient fait massacrer en masse de maniere immonde il y a soixante ans, avec la complicité et l’accord tacite des parents ou des grands parents de vos voisins, du flic qui traverse la rue, du gars qui lave sa grosse bagnole devant chez lui, des gamins qui vont à l’école avec vos gosses,  »

    Mais il y a 60 ans, mes gosses n’allaient pas à l’école…. (d’ailleurs je n’ai pas d’enfants).

    En fait, je ne saisis pas très bien le sens de votre intervention (et je vous assure que ce n’est pas de la mauvaise volonté). Comme vous, je suis contre l’oubli de l’horreur – et donc pour le « devoir de mémoire » – mais ai-je dit l’inverse ? Comme vous, je sais que l’individu est faillible, mais là encore ai-je dit l’inverse ?

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  9. Moi non plus, Mart, je ne saisis pas tres bien le sens de mon intervention. C’est ma manière à moi d’être précaire: j’essaie une idée sans certitude et j’essaie de voir où elle va, quitte à en changer plus tard. En l’occurrence, ma conclusion précaire serait que l’attitude qui consiste à dénoncer une « pornographie mémorielle » est indéfendable. Un: je ne crois pas que l’anti-racisme ou l’anti-antisémitisme soient de la « bigoterie » même s’ils ressemblent à une nouvelle religion: peut-être y a-t-il une dimension sacrée authentique dans la destruction des juifs d’Europe: tous les mots utilisés, shoah, holocauste, la traduisent. On peut trouver une « rationalisation » de cette idée chez Levinas, par exemple; mais il vaudrait mieux se pénétrer de sa vérité en écoutant la sublime symphonie no 3 de Gorecki pour y rentrer. Si l’on accepte cette sacralisation, alors l’expression de Dieudonné est une sorte de sacrilège. Deux: même si on la refuse, cette expression montre un refus de la décence ou de la pudeur ou encore de l’inquiètude que devrait souléver ce genre de sujet. Moi, j’aime bien Dieudonné, je lui trouve une bonne tête, mais ce que je lui reproche, c’est de ne pas avoir su se taire, pour une fois. Refuser l’inquiètude, ce n’est pas une raison pour être censuré, certes. Mais, d’un autre côté, l’exclure de la scène médiatique, cela permet de préserver la gravité du sujet, et, enfin, si cela permet d' »énerver le problème », tant mieux. Enervons les problèmes… Il y a tellement d’amuseurs débiles, en censurer un, c’est le sauver de la masse.

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  10. …la tete des cadavres émaciés émergeant de la fosse commune, celle des jolies jeunes femmes, des enfants, des vieillards executés en masse et de dire ce qu’il a à dire; il vit un conflit entre sa raison et sa sensibilité, il est sur le fil où les idées commencent à être dangereuses, parfait, censurons-le, cela épurera son combat contre lui-même dans la solitude. Soit il s’en fiche, et sa passion a un nom qui est l’anti-sémitisme.

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  11. J’aime bien le début de votre réponse (Moi non plus, Mart, je ne saisis pas tres bien le sens de mon intervention. C’est ma manière à moi d’être précaire: j’essaie une idée sans certitude et j’essaie de voir où elle va, quitte à en changer plus tard), ça suffit à montrer que vous n’êtes pas un bigot et qu’on peut discuter.

    Vive la précarité des idées (la bêtise, disait Flaubert, c’est de conclure)

    Je suppose qu’on est d’accord sur le fond du pb, mais qu’on le regarde depuis deux rives opposées : vous, depuis la révolte contre l’antisémistisme, et moi depuis la révolte contre ceux qui tirent un profit personnel (moral, médiatique, financier, artistique…) de la lutte contre l’antisémitisme.

    Les deux ont leur légitimité, mais il est difficile de se tenir sur les deux rives à la fois. Et il me semble qu’il y a plus de monde de votre côté que du mien, ce qui explique que je m’y tienne.

    Sinon, je ne trouve pas que le côté « sacré » de l’holocauste fasse avancer la réflexion, mais vous êtes peut-être croyant ?

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  12. « Mais, d’un autre côté, l’exclure de la scène médiatique, cela permet de préserver la gravité du sujet, et, enfin, si cela permet d’”énerver le problème”, tant mieux. Enervons les problèmes… Il y a tellement d’amuseurs débiles, en censurer un, c’est le sauver de la masse.  »
    Bon d’accord, mais ce serait tellement plus agréable d’exclure BHL, directement, pour préserver un peu de la gravité de tous les sujets possibles.

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  13. Je partage l’avis de Ben. Petite précision cependant : il me semble surtout que Dieudonné a parlé de « pornographie mémorielle » dans le sens où le devoir de mémoire autour de la Shoah occultait, d’après lui, et par là-même amoindrissait, celui autour de l’esclavage et de la traite des Noirs. En Guadeloupe où je vivais alors, ces propos ont contribué à passionner encore un peu plus si besoin en était, le débat sur la colonisation et l’esclavage, sur fond de relents antisémites : relativiser la Shoah, en faire un détail en termes de nombre de victimes,… Rien de constructif, mais plutôt un discours consternant, et inquiétant quand il est relayé par les adolescents pour lesquels Dieudonné est une sorte de martyr médiatique du black power.

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  14. Vous êtes de l’avis de Ben sur la dimension sacrée de la Shoa et sur la nécessité de censurer Dieudonnée ?

    Et le génocide rwandais, il est sacré aussi ?
    Et la liberté de parole ? On s’en fout ?

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  15. Il ne s’agit pas de dresser un palmarès des génocides : combien de points pour l’Arménie, Nankin, etc ? Je trouve simplement choquant de critiquer ainsi le devoir de mémoire.

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  16. Je n’ai jamais dit que j’étais un croyant de la dimension sacrée de la Shoah, tout au plus que je pratique de temps en temps. Puisse la Grâce nous innonder. Mais je vois bien que tout cela ne convainc personne. Je vous propose donc un petit jeu, puisqu’il s’agitd’échanger: échangeons nos points de vue. A partir de maintenant, ce sont vous, Mart, Guillaume, Ebolavir, qui défendez la cause de la sacralité de la Shoah; Chrystèle et moi, nous nous faisons les accusateurs publics de la bien-pensance et du confort intellectuel. Ce serait pour vous une maniere strategique d’investir la position de l’adversaire; de plus, dans un monde flottant, il est nécessaire au sage précaire de se préparer à la réversibilité de toute chose. Mais la régle est que vous devrez suivre les idées de l’ennemi au-delà du point où elles impliquent la trahison des vôtres. C’est le côté obscur de la précarité.

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  17. Ok.
    Désacraliser le mal absolu qu’est la Shoa, c’est prendre le risque de la relativiser. D’en faire une simple horreur, au même titre que d’autres horreurs. Et donc d’accepter l’idée qu’il puisse y avoir pire encore.
    Dans la cervelle fraîche et mal formée d’un jeune glandeur de banlieu, par exemple, ce relativisme moral peut se révéler affreusement nocif. Car les cervelles molles ont besoin qu’on leur rigidifie la différence entre le bien et le mal, quitte à tomber dans un certain schématisme. Sans quoi ils sont perdus. Autrefois, c’était la religion qui jouait ce rôle ingrat. Aujourd’hui, c’est la Shoa.
    Bien sûr, on peut faire la fine bouche et rappeler qu’absolutiser ainsi cet événement, si terrible soit-il, conduit qu’on le veuille ou non à développer la bigoterie et à rabaisser par riccochet d’autres événements terribles, comme le Rwanda ou l’Arménie. Mais c’est le prix à payer pour éduquer les gens. Et empêcher que l’horreur se reproduise, ce qui reste après tout le plus important.
    C’est pourquoi je pense qu’il faut clouer le bec à Dieudonné le mal nommé. Et à BHL aussi, pour ne pas faire de jaloux.

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  18. Ben, c’est pas bien de lancer des défis et de ne pas les relever !
    Mais bon, tant pis et bravo pour l’idée, vraiment bonne. On devrait s’imposer ça régulièrement, défendre aussi sincèrement que possible une position inverse à la nôtre, pour se nettoyer l’esprit.
    Ca me rappelle la polyphonie de Bakthine.

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  19. Bien sûr que j’avais l’intention de relever le « defi » que j’avais lancé. Mais quelle sorte de vie menez-vous, vous, les internautes? Il y en a qui se promènent dans la province chinoise de Taïwan, moi, j’ai du travail (des fois), des enfants, tout un tas de trucs qui me prennent du temps. En plus, il me faut aussi du temps pour réflechir, je ne suis pas une machine à idées, moi.
    Mart, on voit bien que votre argument n’est pas tout à fait sincère. Prenez-vous donc les jeunes des banlieues pour des cloches, qu’il faille les catéchiser? Votre argument montre une sorte de condescendance regrettable.
    Quant à ce que disait Ben, on ne peut que constater l’inanité de son propos.
    Les cadavres sont tous égaux, sa

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  20. Bien sûr que je compte « relever le défi », mais n’ai-je donc que ca à faire? Il y a des gens qui se baladent dans la province chinoise de Taiwan; moi, j’ai du boulot, des gosses, des trucs à faire, quoi. De plus, ma cervelle n’est pas une machine à idées, je prends le temps de réfléchir avant de m’exprmer, moi.
    Mart, on voit bien que votre commentaire n’est pas entierement sincere. Prenez-vous donc les jeunes de banlieue pour des cloches, qu’il faille les raisonner?
    Quant à ce que disait Ben, o n ne peut que constater l’inanité de ses propos. J’y reviendrai.

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  21. Ben, c’est vrai, même si je sais qu’il y a des jeunes de banlieue formidables et des bourgeois sacrément cons, je n’ai pas la plus haute estime pour la culture dite du « jeune de banlieue », un idéal-type un peu abstrait je l’avoue, qui ne se caractérise pas pour son sens éthique développé et son souçis exacerbé du bien commun. Mais 1) j’assume 2) je fais la différence entre l’idéal-type et l’individu.

    Sinon, pour ce qui est de la vie, je n’ai pas d’enfants (et je ne m’en plains pas) et un boulot que je fais chez moi, sur mon ordi, ce qui me permet de faire des pauses relaxante et papotant avec vous de choses et d’autres.

    Au plaisir de vous lire, donc (mais prenez votre temps, et laissez tomber si ça ne vous inspire plus)

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