Visa pour l’éternité, de Laurence Couquiaud

Visa pour l’éternité, de Laurence Couquiaud, Albin Michel, 2021.

Ce roman raconte l’histoire extraordinaire de ce consul japonais qui a offert des visas à des milliers de réfugiés juifs pendant la guerre.

On sait que de nombreux juifs d’Europe ont fui vers l’Amérique, mais on sait moins que l’Asie fut aussi une terre d’accueil. Shanghai bien sûr mais aussi le Japon, grâce à un diplomate japonais au destin romanesque, le consul Chiune Sugihara.

Publié chez Albin Michel, le roman de Laurence Couquiaud retrace le destin de plusieurs personnes qui ont trouvé refuge au Japon, grâce aux visas délivrés par ce consul. Les hasards de l’histoire ont transformé la vie de ce Japonais, ont fait de lui un héros et un juste.

Écrit en de brefs chapitres qui font penser à des scènes de cinéma ou de série télévisée, le récit de Laurence Couquiaud commence et se termine en Israël, où des survivants essaient de construire une vie de bonheur familial. On rencontre le fameux Chiune Sugihara dès la page 69 et on s’attache très vite très fort à ce personnage complexe, diplomate japonais amateur de voitures et de langues étrangères, en poste en Finlande puis en Lithuanie dans les années 1930 et 1940.

Une histoire d’amour entre deux réfugiés polonais se tresse dans le portrait géopolitique de la guerre et fait du livre un page turner vraiment crédible et parfaitement mélodramatique. Je vois d’ici son adaptation sur Netflix ou sur Prime Video avant la fin 2022.

J’ai découvert ce roman en rencontrant son auteure à l’université Paul-Valéry, à Montpellier. Les 21 et 22 octobre 2021, nous participions ensemble au colloque intitulé « Fuir les Nazis. Les exil béni de l’Asie ? », organisé par Philippe Wellnitz et Gérard Siary, pour le compte de l’Institut de Recherche Intersite Études Culturelles (IRIEC).

C’était un bien bel événement qui nous a permis, Hajer et moi, de prendre des vacances par rapport aux travaux que nous entreprenons dans notre appartement des Cévennes. Ce colloque était pour nous une véritable respiration pendant laquelle nous pensâmes à tout autre chose que cloison porteuse, chape de béton, poutres apparentes, plaques de plâtre et gravats.

Hajer fit une belle présentation sur un certain Ernst Heppner, qui fuit avec sa mère et vécut à Shanghai dans les années 1930. Moi, grâce à l’impulsion de Philippe Wellnitz qui me proposa ce sujet, j’ai parlé d’un pianiste juif ukrainien qui a vécu une grande histoire d’amour avec le Japon. Leo Sirota, virtuose et professeur, est allé s’exiler à Tokyo dès 1929, avant que les Nazis ne persécutent les juifs. Il y resta quinze ans, jusqu’après la guerre.

Le pianiste Leo Sirota avec sa femme et sa fille, en chaussettes, attentif à la musique japonaise

Il va sans dire que je me suis personnellement identifié à cet artiste qui est devenu enseignant et qui a trouvé son bonheur dans des pays lointains. Pour reprendre le titre du livre de Laurence Couquiaud, avoir la chance de vivre en Asie quelques années et y être bien accueilli, c’est un peu obtenir un visa pour l’éternité.

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