Quand Éric Zemmour rejette l’art moderne, c’est la France qu’il méprise

Dans les émissions où il trône en majesté, Éric Zemmour explique doctement que l’art français est l’expression « du beau », et que le beau s’opposait au « moche ». Le beau, donc « l’art français », on peut le trouver chez des peintres comme Watteau, en revanche l’art moderne fait régner le « moche ».

Si la France est une nation qui a compté dans les arts c’est aussi pour ce qui s’y est passé de 1860 à 1940, c’est-à-dire le modernisme, les grands mouvements d’avant-garde et les inventions formelles des poètes, des romanciers et des plasticiens. Ce que rejette Zemmour, c’est ce qui fait précisément la grandeur de la France dans le domaine des arts.

Un exemple simple et précis : l’École de Paris. L’extrême-droite déteste l’École de Paris car il s’agit d’un ramassis d’immigrés venus de Russie, de Roumanie, d’Europe orientale, d’Espagne, d’Italie, etc. La grandeur de la France fut d’attirer tous ces gens diversement doués. De ce creuset sont sortis des chefs d’oeuvre éternels de Chagall, de Soutine, de Modigliani, de Brancusi. Les touristes du monde entier continuent de visiter Paris pour toucher du doigt l’atmosphère de Montmartre, à l’époque où l’immigré Picasso partageait un atelier avec le Gaulois Georges Braque.

Or, tout ceci qui fait la gloire de Paris, appartient à la catégorie du « moche » selon Zemmour, donc de l’art anti-français.

Conclusion : par amour de la France, je rejette Zemmour.

2 commentaires sur “Quand Éric Zemmour rejette l’art moderne, c’est la France qu’il méprise

  1. « l’immigré Picasso partageait un atelier avec le Gaulois Georges Braque.  »

    Je me suis demandé à la lecture de cette phrase, pourquoi l’emploi du terme « immigré » pour cet Espagnol que je pensais Français et « Gaulois » pour Braque.
    En fait PIcasso n’a jamais obtenu la nationalité Française et les origines de Braque semblent être dans l’Oise où il y avait forcément des Gaulois qui, ayant inventé le tonneau, cassaient les vases à Soisson.
    Le sage précaire avait donc quelque raison de taxer de gauloiserie, quasi de « gaulisme », ce magnifique peintre qu’est Georges Braque, co-inventeur avec Picasso du cubisme.
    Je reste toutefois méfiant sur l’usage du mot « Gaulois », trop souvent employé dans les banlieues par les jeunes d’origine maghrébine pour désigner « ceux qui sont nés quelque part », comme chantait un autre ami Georges.( sans pour cela être plus « imbéciles et heureux »)

    https://www.marianne.net/culture/arts-plastiques/picasso-letranger-comprendre-qui-etait-cet-homme-dont-la-naturalisation-a-ete-refusee
    https://www.rfgenealogie.com/infos/genealogie-et-origines-de-georges-braque

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