Une chauve-souris dans la chambre

À ma grande surprise, Hajer n’a pas eu très peur de la chauve-souris qui tournoyait au-dessus de notre lit. Elle qui crie et panique devant un lézard ou un insecte, elle était raisonnablement effrayée devant le mammifère volant qui, moi, me faisait beaucoup plus d’effet qu’un gentil lézard.

Le grand problème avec une chauve-souris, c’est qu’elle sait éviter vos coups mais ne comprend pas que les fenêtres sont grand ouvertes sur leur passage. Ce con d’animal faisait des tours dans notre chambre, manifestement apeuré, et ne parvenait pas à trouver la sortie alors que nos fenêtres sont immenses.

Hajer est sortie de la chambre et m’apportait des choses qu’elle jugeait utile à la tâche qui m’incombait de faire sortir le chiroptère : une chaise et un balai. Pour Dieu sait quelle raison, ma chère et tendre pensait qu’un balai était approprié. Et une chaise ? Que pouvais-je faire d’une chaise.

J’ai pris un linge pour toute arme et je lançais des coups dans l’espace. Mon but n’était pas de toucher la chauve-souris mais de l’envoyer vers l’une des fenêtres, ne serait-ce qu’avec le souffle provoqué par mes coups dans l’air. Je transpirais à grosses gouttes et perdais la partie. L’animal tournait, tournait dans la chambre.

Après une demi-heure de bagarre, elle a fini par faiblir et elle a reçu un coup. Mon linge l’a heurtée par inadvertance et elle fut assommée dans les valises qui sont toujours entreposées dans notre chambre. Hajer est rentrée, attristée de la voir souffrir. Je l’ai mise dans le linge et l’ai jetée dehors. Nous ne savons pas si elle est morte ou si elle a pu survivre.

Plus tard, dans le lit, Hajer regrettait que nous ayons fait du mal à la chauve-souris. Elle l’avait trouvé toute mignonne.

4 commentaires sur “Une chauve-souris dans la chambre

  1. Salut cher Guilaume,
    Parfois, je suis troublée par tes posts. Je ne sais comment les interpréter. Faut-il y lire des métaphores de votre vie actuelle ? Par exemple, vous sentez-vous prisonnier de cette vie au Vigan alors que « les fenêtres sont grandes ouvertes » mais que vous tournez en rond aveuglés par la lumière ?
    Ou faut-il y lire des petites et simples tribulations d’un passager de la terre qui fait part à ses contemporains de ses observations quotidiennes ? Si c’est le cas, Hajer a une fois de plus raison, c’est tout simplement idiot d’avoir fait mal à cet animal. En éteignant la lumière, vous auriez laissé le volatile retrouver tranquillement la sortie tout en vous endormant, cela aurait été bien plus juste et digne d’un sage précaire ou non. Tu vas trouver mon commentaire chargé de jugement et il est vrai qu’il l’est. Les chauve-souris sont des animaux précieux, protégés depuis 1976 en France car menacés d’extinction. C’est un très bon signe pour vous d’en voir voler la nuit. Cela veut dire qu’elles s’y sentent bien et on encore de quoi nicher. Ici, à Lusigny, nous faisons tout pour en favoriser la présence et le développement. Nous en avons 6 espèces différentes sur le site et chacune est bienvenue.
    Mais peut-être qu’il faut lire ce post comme une métaphore et ne pas nous laisser nous même aveugler par les apparences.
    Dans les deux cas (métaphore ou anecdote du quotidien partagée), je le répète : venez nous voir au château. Nous parlerons de fenêtres ouvertes sur le monde et de la vie des chauve-souris. Et cela nous permettra de vivre quelques heures avec vous avec joie !

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    1. Mais je t’en prie ma chère Cécilia, lis mes posts au degré de lecture où tu te sens le plus confortable ou le plus stimulée. Je suis déjà heureux que tu les lises, je ne vais pas en plus décider quel niveau de lecture est le plus légitime. En revanche, pour rebondir sur le premier paragraphe de ton commentaire, je ne me sens pas du tout prisonnier au Vigan ni dans notre appartement. Quant Hajer, je ne sais pas, il faudrait le lui demander.
      Ensuite, qu’Hajer ait raison, c’est aussi mon avis, mais il ne faut pas se leurrer : elle n’aurait jamais accepté de rester au lit, ou même dans la chambre, avec une chauve-souris. C’est elle qui m’envoya à la chasse. Et comme je l’écris, mon intention n’était pas de faire du mal à l’insectivore. Hajer n’est revenue dans la chambre qu’une fois la bestiole assommée.
      Merci encore pour l’invitation. J’espère vivement qu’on pourra venir vous voir au château.

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