Tullyquilly (3) Des espaces inexplorés

J’ai passé l’été dans la petite chaumière de Tullyquilly, isolée dans la cambrousse.

Les amis qui me l’avaient prêtée m’avaient aussi laissé une voiture, alors je naviguais sur les routes sinueuses et vallonnées du comté Down, et travaillais avec une joie jamais tarie sur le terrain de la chaumière. Quand je ne faisais pas du cruising en voiture, je faisais de rafting sur les rivières avoisinantes avec mon bateau gonflable. Je peux dire que j’ai bien exploré le district, seul ou en bonne compagnie.

Mes promenades dans le parc de Tullyquilly étaient toujours émerveillées. Je ne sais pas d’où viennent ces émotions qui me submergent devant des fleurs, des arbres, des feuilles. Je suis définitivement une midinette sans défense devant les beautés de la nature, un vrai coeur d’artichaut. Il faut relire D.H. Lawrence sous cet angle : l’amant de lady Chatterley n’est pas qu’un baiseur, c’est surtout et avant tout un jardinier qui cherche la solitude, qui est inadapté à la société car il est trop bouleversé par la beauté d’une fleur et d’une femme. Je ne me compare pas à lui, God forbid, mais la scène d’amour, à la fin du roman, où les amants s’unissent dans les fleurs et les herbes est typiquement ce qu’inspire le parc de Tullyquilly.

De retour à Belfast, j’entends dire que l’été était pourri, qu’il a plu tout le mois d’août. Il doit y avoir un micro-climat à Tullyquilly, moi j’ai un souvenir enchanté de mon été.

13 commentaires sur “Tullyquilly (3) Des espaces inexplorés

  1. Ken Moore possède le champs derrière la propriété, mais seuls les moutons et les vaches y vaquent. Le premier voisin humain habite derrière la colline, il s’appelle Gregor, fermier à la retraite, son fils est ministre de l’église d’Irlande (branche irlandaise de l’anglicanisme). Ceci pour montrer que je me suis bien intégré à la région.

    Oui enchanté, mon été. Et te revoir, toi et les tiens, autant en France qu’à Tullyquilly, Ben, n’est pas étranger à ce jugement. Quel dommage que lorsque vous étiez ici je n’aie pas eu l’idée des bateaux gonflables!

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  2. J’atteste solennellement qu’il n’y a pas de voisins perceptibles à Tullyquilly. J’y ai passé deux ou trois jours sans en percevoir aucun. Ou alors ils sont bien cachés, comme les corrigans des légendes celtes.

    L’enchantement était réciproque, bien entendu, mais comme on m’a marabouté en Afrique, les deux magies se sont superposées, ça a des effets bizarres et non univoques.

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  3. Merci Vanessa. Je suis impressionné par ta science et ton sens de la recherche. Il faudra un jour que tu me dises comment tu as fait. Moi, je suis infoutu de retrouver une feuille, une fleur ou un arbre dans une encyclopédie.

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