Les grandes idées d’un philosophe en pleine coupe du monde

Si j’en crois le philosophe officiel de la France centriste, Raphaël Enthoven, il faut lutter contre les femmes voilées et contre le Qatar qui est antisémite.

Sur un plateau de TV du service public, il égrène ses griefs contre le Qatar et je souligne ceci : « pays antisémite, où il est interdit de prier en hébreux dans la rue. »

Tous les mots de cette phrase m’étonnent et m’interrogent.

Il est interdit de prier dans les rues ? Pourquoi, qui a envie de prier dans les rues ? Qui voudrait se révolter parce qu’on interdit de prier dans les rues ? Même en France, où l’on a connu des phénomènes de prières musulmanes dans les rues, il y a dix ans et encore en 2017, même en France on a réglé la question et on ne prie plus ni en arabe ni en hébreux dans les rues.

Prier en hébreux ? Pourquoi prierait-on en hébreux dans un pays musulman ? Pourquoi Raphaël Enthoven feint-il d’être choqué que cela ne soit pas autorisé au Qatar ? Y a-t-il un seul pays au monde, à part Israël, où l’on prie en hébreux dans la rue ?

Je crois comprendre la stratégie du philosophe parisien. Son but est de criminaliser le Qatar, et de l’anathématiser sous le tripalium tétanisant de la misogynie, l’homophobie et l’antisémitisme. Il faut accréditer l’idée que le Qatar persécute les femmes, les homosexuels et les juifs.

Or, nous avons vu que, jusqu’à plus ample informé, les homosexuels étaient tranquilles dans le Golfe persique, même s’ils ne jouissaient pas des mêmes droits qu’en Europe. Nous savons aussi que les femmes étrangères y sont libres si elles sont financièrement indépendantes, et que les juifs n’y sont jamais menacés.

Donc Raphaël Enthoven ment devant nous tous, mais pour quelles raisons ? Je lance une hypothèse : le Qatar est un pays qui refuse de banaliser la politique d’Israël. À la différence de ses voisins, le Qatar continue de désigner Israël comme un pays colonisateur et injuste avec les Palestiniens. Je ne vois pas d’autres raisons qui pousseraient un intellectuel français à déclarer que tel pays est antisémite.

La même semaine, le même philosophe publie ce tweet :

« Un soignant antivax… qui lui confierait sa santé ? Et pourquoi pas un boucher vegan ? Une féministe voilée ? Un plagiste astronome ? Un cercle carré ? »

Raphaël Enthoven, 25 novembre 2022

Une femme qui porte un voile, surtout si elle est musulmane, ne peut pas être féministe selon Enthoven. C’est même une contradiction dans les termes, cela revient à imaginer un cercle carré. Or, je connais beaucoup de femmes voilées qui me paraissent et se déclarent féministes. Rien dans leur comportement et dans leurs paroles ne trahit un anti-féminisme, mais elles portent un voile sur les cheveux, librement, pour des raisons qui les regardent. Enthoven met toute sa puissance médiatique à étouffer la parole de ces femmes. Il faut les faire taire, et si ce n’est pas possible, il faut les rendre inaudibles.

Le philosophe Enthoven prend sa part dans la guerre que livrent certains contre l’islam. Pour la mener, cette guerre, il faut diviser les Français modestes entre eux, ce qui n’est pas très difficile. Il faut aussi tout faire pour maculer les pays musulmans aux couleurs de l’homophobie, de la misogynie et de l’antisémitisme.

Libérons les homosexuels des prisons qatariennes

Photo de Mahrael Boutros sur Pexels.com

La première semaine de la coupe du monde au Qatar a permis aux gens célèbres d’exhiber leur belle âme dans les médias. Je note que l’objet qui a le plus attiré l’attention fut le brassard arc-en-ciel qui promeut l’idée selon laquelle l’amour est le même que l’on soit homo ou hétérosexuel.

Le philosophe Raphaël Einthoven raconte que le Qatar est une honte, que ce n’est pas un pays, que c’est un « fond de pension devant lequel on se couche », un état corrompu, homophobe, antisémite et misogyne.

Du personnel politique de premier rang s’est affiché dans les tribunes de stades, affublé de robe ou d’accessoires de mode aux couleurs de l’arc-en-ciel. L’équipe nationale d’Allemagne, très concernée par ce sujet, voulait porter un tel symbole sur leur tenue sportive. Comme cela leur a été interdit, ils ont pris une photo officielle en portant la main sur la bouche, en signe de protestation.

Après ce geste de courage politique, ils ont perdu leur match contre le Japon. Le sage précaire, s’il était allemand, dirait à ces jeunes gens : gagnez des matches d’abord et après nous parlerons politique. Mais apparemment, la presse allemande soutient l’engagement politique de la mannschaft.

Raphael Einthoven nous dit que l’homosexualité est punie de 7 ans de prison au Qatar, et par la mort si c’est un musulman. Les prisons sont donc pleines d’innocents qui n’ont commis d’autres crimes que d’aimer ? Voilà qui est choquant. Il faut faire quelque chose. Il ne suffit pas de porter un brassard, ni des chapeaux arc-en-ciel. Il faut écrire le nom de prisonniers sur les pancartes de supporter et appeler massivement à la libération de ces femmes et de ces hommes enfermés injustement pour avoir eu des rapports sexuels entre adultes consentants.

Je vais commencer sur ce blog en vous donnant le nom des homosexuels qui ont été exécutés au Qatar pendant toute cette période de préparation du Mondial.

Alors, depuis 2011, ont été assassinés par l’État du Qatar, pour crime d’homosexualité…

Attendez une seconde, je regarde mes fiches. Je consulte mes archives. Bon je ne trouve pas les noms en question, mais j’y reviendrai dans un prochain billet. Que cela ne nous arrête pas en si bon chemin. Occupons-nous maintenant des homosexuels embastillés.

Monsieur l’émir du Qatar, je soussigné Guillaume Thouroude, sage précaire de renom, vous demande instamment de faire preuve de mansuétude vis-à-vis de toutes celles et de tous ceux qui ont été incarcérés pour avoir conduit des rapports amoureux entre personnes de même sexe.

Voici les noms de celles et ceux que la communauté internationale veut voir libérés :

………………………..

Encore une fois je dois m’interrompre car je ne trouve aucun nom. Je vais pourtant sur les sites d’organisations de défense des droits humains, je me renseigne, je saisis des mots clés sur les moteurs de recherche. Je ne vois rien. De deux choses l’une, soit le Qatar n’emprisonne pas les homosexuels et sa loi homophobe n’est qu’un symbole, soit l’émirat a réussi à dissimuler ces prisonniers de nationalités diverses, à les rendre indétectables aux radars des ONG internationales.

Je lance donc un appel aux lecteurs de La Précarité du sage. Aidez-moi à mettre en lumière les homosexuels prisonniers qui ne méritent pas de rester une minute de plus dans cette geôle infâme.

Le mystère du parquet flottant

Nous avons passé le weekend à poser du parquet. Après deux jours de travail nous n’avons couvert que trois ou quatre mètres carrés de sol.

Samedi, toute la journée, nous avons essayé et essayé encore de faire tenir les lames ensemble. Nous avons échoué lamentablement. C’était d’une difficulté étonnante. Nous avions pourtant acheté ce parquet dans une grande enseigne qui certifiait que des bricoleurs pouvaient s’en sortir sans problème.

Ce qui était bizarre, c’est que nous avions déjà fait un essai au printemps. Prudents, nous avions acheté un seul paquet de plusieurs lames pour tester nos capacités. Nous avions pas mal galéré, et après pas mal d’échecs, nous finîmes par encastrer toutes les lames correctement.

Exactement le même scénario s’est produit hier. Nous perdions patience, nous nous engueulions, nous blessions nos mains et rien n’y faisait.

Je me raisonnais : on a déjà réussi à la faire une fois, il n’y a pas de raison qu’on échoue maintenant qu’on a acheté dix-huit paquets de lames. Finalement j’ai senti qu’il y avait du progrès dans nos tentatives, même si Hajer trouvait que nous n’avancions pas d’un pouce. Nous avons terminé la journée de samedi sur une note d’espoir mais pas tout à fait un succès.

Dimanche matin, forts de ces essais répétés de la veille, les choses furent plus faciles. Je ne sais si nous acquîmes une sorte de tour de main, ou une aide surnaturelle, mais les rangées de parquet réussirent enfin à se clipper.

Mystérieusement, vers midi, les rangées suivantes furent beaucoup plus faciles à poser, mais beaucoup, beaucoup plus faciles. Nous avions du mal à y croire. « Pourquoi n’y arrivait-on pas avant ? » C’était le même bois, les mêmes unités de parquet, achetés au même endroit, de la même marque, demandant la même méthode. Quelque chose s’était produit en nous, une obscure compétence était née.

Il ne fait guère de doute que la prochaine fois, nous ferons face à nouveau à ces difficultés qu’il faudra vaincre de haute lutte, avec patience et engueulades passagères.

Patrick Cabanel décevant à propos de Jean Carrière

Il y a cinquante ans, le cévenol Jean Carrière recevait le prix Goncourt pour L’Épervier de Maheux, un roman rude et qui se veut métaphysique au sein d’une famille qui habite dans le « haut pays », territoire inventé et inspiré des Cévennes.

Vendredi 18 novembre, la médiathèque du Vigan organisait une soirée pour rendre hommage au grand écrivain et à son Goncourt maudit. Nous fûmes honoré de la visite de l’historien Patrick Cabanel qui nous gratifia d’une conférence sur les rapports entre Jean Carrière et les autres écrivains cévenols, André Chanson et Jean-Pierre Chabrol notamment.

Voir à ce sujet : Connaissez-vous Jean Carrière ?

La Précarité du sage, 11 juin 2013

Cette conférence fut pour moi une grande déception. Je m’attendais à une présentation beaucoup plus informée, de la part d’un savant très connu pour ses livres sur l’histoire des protestants, des Cévennes et des relations entre protestants et juifs. Malheureusement, ce fut une série de propos décousus, des banalités sur la littérature et des jugements de valeur à l’emporte-pièce.

Les seuls documents qu’il avait à partager étaient quelques lettres de Carrière à Chamson, qu’il tâcha de distiller pour faire durer sa conférence, mais la matière était trop pauvre pour nourrir un auditoire un peu plus exigeant qu’une classe de collégiens. Cabanel improvisa pour combler un manque manifeste de préparation, mais ses plaisanteries et ses parenthèses n’avaient ni le brio ni l’érudition que le public viganais méritait.

J’avais déjà exprimé une légère déception vis-à-vis du roman primé par le Goncourt, et me voilà lourdement déçu par le grand historien de la région.

Je ne boycotterai pas le mondial au Qatar

On nous dit qu’il fait trop chaud au Qatar pour jouer au football, et que les stades seront donc climatisés, ce qui est un crime contre l’environnement. Je suis allé au Qatar en octobre 2015, et à nouveau en mars 2018, il n’y fait pas trop chaud et la climatisation ne sera pas nécessaire fin novembre début décembre.

D’ailleurs, la sagesse précaire est satisfaite de la saison choisie pour l’organisation de la coupe du monde. Fin novembre, c’est le moment le plus dépressif de l’année, il fait toujours nuit, les gens sont tristes, ils ont froid, on est loin des fêtes de fin d’année. Un grand événement sportif est le bienvenu pour remonter le moral des troupes. En juin et juillet, au contraire, il fait trop chaud et les gens passent leur bac, leurs examens, veulent regarder d’autres événements sportifs, l’attention est trop sollicitée.

Mais ce n’est pas pour ça que des gens boycottent le mondial cette année.

Depuis quelques mois, de nombreux articles et émissions dénoncent le Qatar pour son mauvais traitement des ouvriers qui construisent les stades de football. Or, cela fait douze ans que le Qatar a été nommé pour organiser la coupe du monde du football. On nous dit que les ouvriers sont maltraités. Je le crois, mais pas plus que dans tous les pays chauds, et dans tous les pays froids. Les immigrés sont mal traités, malheureusement, dans de nombreux coins de cette planète.

Le Qatar est accusé de mettre en esclavage des ouvriers. Je n’y crois pas. Les ouvriers sont venus de leur propre chef dans les pays du Golfe, personne ne les a forcés. Ils y ont été poussés par la pauvreté comme les autres immigrés. Ils repartiront chez eux au bout de quelques années, comme tous les autres ouvriers des pays du Golfe, exception faite de ceux qui sont morts.

Que va-t-on faire de tous ces stades ? N’est-ce pas un gâchis épouvantable ? Oui, comme tous les jeux olympiques, les expos universelles, et toutes ces conneries. Bienvenu dans le monde du capitalisme, vous venez de découvrir que ce monde est dirigé par des dispositifs de gaspillage indécent, et de dépense somptuaire dégoûtante.

Le journal Médiapart nous informe de toutes les corruptions qui ont présidé à l’élection du Qatar pour l’organisation du Mondial. J’écoute attentivement, et j’en conclus qu’en effet ils ont graissé la patte de bien des gens à coups de millions d’euros. Ces millions viennent de leur gaz et du pétrole qu’ils vendent. Ils ne les ont pas volés aux Qatariens qui, eux, vivent dans l’opulence. Personnellement, je préfèrerais qu’ils investissent ces millions dans la création d’un monde plus juste et plus intelligent, mais comment reprocher à des pays du Proche-Orient de ne pas faire ce que nous n’avons pas fait ?

La sagesse précaire ne donnera donc pas l’instruction de boycotter la coupe du monde de football 2022.

Mes amis irlandais en visite

En l’espace d’un mois, j’ai reçu la visite de mes deux vieux amis irlandais. Tom et Barra.

Tom est venu brièvement chez nous fin octobre car il s’est organisé un tour de France selon sa vieille méthode : ferry, trains et cars. Comme cadeau il m’a apporté une miche de pain qu’il se cuisine chaque semaine. C’était mon souhait car j’ai toujours adoré son pain. Hajer l’a trouvé délicieux aussi.

Tom vient de passer la barre des soixante ans. C’est la première fois qu’il m’avoue son âge. Avant, je ne pouvais que deviner en fonction de ses anecdotes de jeunesse qui se déroulaient dans les années 1980.

Barra est venu mardi dernier et nous avons passé la journée à Montpellier. Lui aussi a suivi sa vieille habitude de voyage, très différente de celle de Tom. Il a pris un billet d’avion de manière impulsive, sans savoir où il dormirait ni ce qu’il ferait en France. Il a sauté dans l’inconnu, comme lorsque nous étions jeunes et que nous nous baladions ensemble en Hongrie, en Chine ou en Suède.

Tom et Barra n’ont pas changé, pas d’un iota. Barra continue d’aller à des concerts, Tom continue de vivre d’expédients. Barra continue de voyager sur des coups de tête. Tom fait toujours preuve d’une organisation maniaque et poétique, tandis que Barra rate ses trains et ses avions. Barra réserve un billet pour Toulouse pour prendre son avion pour Dublin, alors qu’il a réservé son retour depuis Lyon St Exupéry.

J’ai demandé à Barra combien il gagnait en tant que professeur. Plutôt que de me parler d’argent, il m’a montré la grille des salaires des enseignants irlandais. Ils commencent à plus de 3000 euros par mois et terminent leur carrière au-delà de 7000. Ils touchent des primes de plusieurs sortes avec ça. Entre la France et l’Irlande, c’est une différence de traitements qui va du simple au double.

Barra portait un t-shirt flanqué d’un message « Listowell festival ». Il attendait une réaction de ma part mais ma mémoire me jouait des tours. Il s’agissait d’un pub où nous passâmes une soirée avec Tom, en 2011. Il me rappelait la chanson que toute la compagnie avait chantée en choeur : Only our divers run free.

Nous n’avons pris aucune photographie.

Michel Onfray et l’antisémitisme

Michel Onfray en défense du sionisme, du CRIF et dans la haine de Mélenchon

Cette vidéo est une des choses les plus étranges que l’on puisse regarder. Elle date de 2018. L’assassinat d’une femme juive avait suscité une émotion légitime et une « marche blanche » avait été organisée contre l’antisémitisme. Or, le groupe communautaire pro-israélien CRIF s’était permis d’exfiltrer et d’exclure Mélenchon et les députés de La France insoumise, en raison de leurs critiques vis-à-vis de la politique de l’état d’Israël.

Dans cette vidéo, Michel Onfray défend l’action du CRIF et défend aussi la colonisation des terres palestiniennes.

Bon, le philosophe semble être animé d’une haine tellement profonde pour Jean-Luc Mélenchon que, peut-être, il ne peut retenir ses coups et ne voit plus de limite à tout ce qui peut noircir, salir ou maculer le leader de gauche. On ne sait pas ce qui se cache derrière une telle haine. Le candide que je suis peut imaginer qu’il y a eu des promesses non tenues, des déceptions ou des conflits personnels.

Ce qui m’intéresse davantage, c’est l’inconséquence des arguments de Michel Onfray. Dans cette vidéo, il tient des raisonnements tellement incohérents que le professeur de philosophie que je suis a envie de la diffuser à ses élèves pour qu’ils s’entraînent à débusquer les sophismes et les paralogismes.

D’habitude, on pense ce qu’on veut d’Onfray, mais sans être brillant il n’est pas complètement illogique. Ici, il me donne l’impression d’être drogué, ou aliéné. Il n’est plus lui-même. D’ailleurs, un professeur de physique et d’épistémologie fait une critique plutôt convaincante de son argumentation.

En définitive, Michel Onfray a retiré cette vidéo de sa chaîne Youtube. Selon moi, il a eu bien raison. Moi aussi je l’aurais retirée. Néanmoins, il eût été préférable qu’il fît une critique de ce faux-pas.

Antisionisme fin 2022.

L’État d’Israël vient de renouer avec l’extrême-droite. Les élections ont mené Benyamin Netanyahou au pouvoir, grâce aux soutiens des ultra, des fanatiques et des racistes.

Le sionisme était un projet généreux et progressiste dans les années 1880, mais c’est devenu une réalité criminelle et illégale, en particulier sous l’égide de Benyamin Netanyahou.

Dans cette circonstance, on ne peut qu’être opposé au sionisme, entendu comme un projet colonial, raciste et discriminant.

En France, de nombreuses personnalités et des groupes d’influence essaient d’interdire le fait même d’être opposé au sionisme. Des gens comme Michel Onfray, Yann Moix, Christine Angot, Franz-Olivier Giesbert, Philippe Val et des centaines d’autres, criminalisent l’antisionisme.

En 2018, Michel Onfray est allé tellement loin dans l’indécence pro-sioniste qu’il a préféré retirer cette vidéo qui se terminait par un étrange « Bravo le CRIF ». Or quelqu’un a publié à nouveau cette vidéo. Le philosophe ne l’assume pas car elle semble être le résultat d’une négociation ou d’un pacte secret avec un groupe d’influence. Regardez-là, c’est très étonnant : tout donne à penser qu’Onfray est en service commandé, mais pour qui ? On comprend qu’il cherche à supprimer cette vidéo.

Cliquez ici pour la voir

L’assemblée nationale a voté une loi, en 2019, qui assimile l’antisonisme à l’antisémitisme. Or l’antisémitisme est un délit et non pas une opinion.

Un piège est en train de se refermer sur nous : nous devons non seulement accepter, mais vouloir la colonisation illégale des terres palestiniennes, au risque d’être taxé d’antisionisme, c’est-à-dire d’antisémite, c’est-à-dire de raciste.

Un collectif de 125 universitaires juifs a réagi à cette folie en lançant un appel aux députés français. Ils demandent de ne pas voter cette loi qui « assimile à tort l’anti sionisme à l’antisémitisme » : « Nous vous demandons de lutter contre l’antisémitisme et contre toutes les formes de racisme, mais sans aider le gouvernement israélien dans son programme d’occupation et d’annexion. »

Début 2022, l’Etat d’Israel a été accusé par Amnesty International d’imposer un régime d’apartheid : « Après quatre ans de recherche, nous affirmons que le système de domination et d’oppression mis en place par l’Etat israélien à l’encontre des Palestiniens et des Palestiniennes constitue un crime d’apartheid, tel que défini par le droit international. »

Au dîner du CRIF de février 2022, le député Meyer Habib a déploré que la France ne condamne pas Amnesty International. Meyer Habib voudrait qu’Amnesty International arrête d’accuser Israel de commettre des crimes contre l’humanité.

Au dîner du CRIF 2022, le réalisateur Alexandre Arcady « espère que notre communauté sera vigilante ». De quelle communauté parle-t-il ?

Au dîner du CRIF, on discutait de la guerre que la Russie venait de déclarer à l’Ukraine. Le député français Meyer Habib déclarait notamment que Poutine était « un grand patriote russe ». M. Habib ne doute pas de l’issue du conflit car « je ne vois qui va aller se battre pour l’Ukraine, à part les Ukrainiens qui, semble-t-il, ne se battent même pas eux-mêmes. »

Fin 2022, on ne sait pas ce que pense le député Meyer Habib de la guerre en Ukraine, du patriotisme de Vladimir Poutine, ni de la victoire de Benyamin Netanyahou.

Pour le Critérium des Cévennes

Ce weekend c’est la grande course dans nos montagnes jaunies et orangées. Les bolides automobiles s’en donnent à coeur joie et font vrombir des moteurs gonflés et augmentés.

La ville du Vigan vit au rythme des équipes de voitures de course puisque les campements prennent toute la place, sur tous les parkings et toutes les places. On entend tout le weekend des moteurs qui mêlent leur rugissement aux doux chants des tronçonneuses, des véhicules de nettoyages et des souffleuses de feuilles mortes. C’est un enchantement pour le Cévenol.

La présence du Rallye est devenu une pomme de discorde au Vigan. D’un côté les amoureux de la bagnole et des sports extrêmes, de l’autre les écologistes et les néo-ruraux qui militent pour la fin de cette coutume barbare.

Cette division est assez importante pour créer de véritables manifestations d’élus et de producteurs locaux pour « La défense de nos traditions », contre ces nouveaux venus citadins qui prétendent dicter la meilleure manière de vivre dans les montagnes.

Dans ce conflit, et en tant que nouveau venu moi-même, je vais prendre fait et cause pour les défenseurs du rallye. C’est vrai qu’ils font du bruit et qu’ils polluent mais cela ne dure qu’un weekend et ils apportent de la vie dans une petite ville, et ce depuis les années 1950 !

Toutes ces voitures apportent aussi tant de couleurs acidulées dans nos villages de pierres. Elles paradent dans nos rues avec fierté, elles pétaradent comme des trophées d’un autre temps. Hajer et moi, bras d’ssus/bras d’ssous dans la rue de Poste, nous admirons ces bolides qui marchent au pas et nous nous sentons projetés dans un film de Louis de Funès.

Le sage précaire sur le podium des chercheurs

Mon profil sur Academia, le 25 octobre 2022

Hier, le site américain de partage des recherches, Academia, m’a notifié la nouvelle que j’avais atteint, en termes d’influence internationale, un stade supérieur dans le classement : je faisais maintenant partie du « top 2 % ».

Ce site est un réseau social destiné aux gens qui publient des articles et des livres universitaires et/ou qui cherchent des références et des publications en rapport à leurs recherches. Il paraît que ça compte dans le monde académique contemporain. Il semblerait que certains pays trouvent cela important et le prennent en compte quand ils évaluent les performances d’un enseignant-chercheur.

J’ai donc décidé de télécharger mes articles il y a quelques années. De temps en temps, ça me prend, je télécharge de nouvelles choses. Je ne me suis pas limité aux publications strictement universitaires. Quelques billets de ce blog ont aussi eu le privilège d’être présentés comme des propositions de recherche. Bien m’en a pris : le billet sur « Le Pénis de Flaubert à Istanbul« , ou celui sur « La Mort du subjonctif » ont attiré des centaines de lecteurs parmi les chercheurs en linguistique et en urologie !

Alors que signifie le fait d’être classé parmi les 2 % les meilleurs sur ce site ? Dieu seul le sait. Ce n’est pas cela en tout cas qui va convaincre des universités de m’offrir un job, ni des éditeurs de publier mes livres. Mon explication de ce succès relatif et inattendu est la suivante :

  1. Les gens de mon âge qui ne sont pas universitaires ont abandonné la recherche depuis longtemps, ainsi que tout espoir d’être recrutés par une université.
  2. Les gens de mon âge qui sont employés dans une fac le sont depuis longtemps et ne s’intéressent pas aux réseaux sociaux, ou seulement de manière dissimulée. Leur profil existent mais ils s’y investissent mollement.
  3. Les jeunes universitaires, eux, s’y investissent beaucoup et sont très actifs, mais ils ont peu de publications à leur actif comparé aux vieux loups de mer.
  4. Mes publications touchent à des domaines assez divers : littérature, études chinoises, études arabes, études islamiques, orientalisme, linguistique, philosophie, études irlandaises, et même, comme je l’ai déjà mentionné, urologie. Cela augmente l’assiette des ordinateurs susceptibles de cliquer sur une de mes publications.

Encore un effort, sagesse précaire, pour te hisser au Top 1 % des chercheurs et décrocher ainsi la palme d’or des reconnaissances inutiles !