Je retournais sur ce site archéologique de première importance pour trois raisons :
Je voulais prendre de meilleures photos des gravures que j’avais déjà vues l’année dernière mais que j’avais photographiées avec négligence.
Pour cela il me fallait être sur place soit en début soit en fin de journée, pour que la lumière ne soit pas trop crue.
J’espérais faire un entretien avec Mohammed, un bédouin excellent et photogénique. Son image et son témoignage me semblaient adaptés à des contenus intéressants pour divers types de publications.
C’est donc cinq heures du matin que la voiture m’attendait à l’hôtel de Najran pour que je puisse profiter de Bir Hima.
Mais il était déjà trop tard car, arrivé à sept heures sur les premiers sites de gravures néolithiques, le soleil tapait déjà fort et la lumière n’avait pas ce coté doré que j’avais recherché.
De plus Mohammed n’était pas disponible ce jour-là et il m’envoya son fils Adil à la place. Ce dernier, tout juste diplômé de l’université de Najran, commençait à peine à s’intéresser au site archéologique qui avait occupé une grande partie de l’attention de son père. Il ne savait pas déchiffrer les inscriptions en langues mortes qui parsemaient les rochers.
En revanche, en plus d’être sympathique et très adapté aux voyageurs européens, il grimpait les parois avec facilité et rendait mes tentatives d’escalade moins poussives. Sa gaieté, ses encouragements et ses compliments me firent faire des miracles. « À ton âge, disait-il, c’est sûrement très dur de monter si haut sans assistance. Allez, encore un effort, c’est pour descendre que ça ca être chaud ! »
Je ne sais pas vraiment comment nommer l’endroit où je me sentais emprisonné. Des maisons en terre, plus ou moins abandonnées. Un village, peut-être. Ou quelque chose qui en avait été un, avant de glisser lentement hors de toute définition. Ce que je sais, en revanche, c’est que je n’y trouvais aucune sortie.
J’avais tenté la solution la plus simple : commander un taxi. Sur l’application, tout semblait limpide. Je donnais rendez-vous près d’une mosquée identifiable sur la carte. Mais aucun chauffeur ne venait.
Alors j’ai décidé de marcher.
Plutôt que de reprendre la longue route qui m’avait amené jusque-là, j’ai choisi ce qui me semblait être un raccourci vers le boulevard périphérique de Najran. Sur la carte, des routes s’y dessinaient clairement. Dans la réalité, elles disparaissaient dès que je faisais quelques pas. Tout était bloqué, interrompu. Par moments, je devais traverser des terrains vagues, marcher à travers champ.
Puis il y a eu ce premier talus.
Assez haut pour me faire hésiter, mais pas assez pour m’arrêter. De l’autre côté, pensais-je, la route ne devait plus être loin. Les phares des voitures au loin me donnaient cette illusion rassurante : encore quelques pas, et j’y serais.
En haut, j’ai découvert une étendue vide devant moi.
En regardant une carte de Najran, on distingue très bien cette bande qui traverse la ville : le Wadi Najran. Chez nous, on parlerait d’un fleuve ou d’une rivière. Ici, c’est une sorte de lit asséché, une terre creusée pour accueillir l’eau quand elle vient, parfois violemment, avant de disparaître à nouveau.
Ce que je prenais pour un champ était en réalité le Wadi Najran.
Je m’y suis engagé. Une centaine de mètres, peut-être plus. Une traversée silencieuse, dans une terre meuble, encore légèrement humide. Mes chaussures se sont peu à peu remplies de sable et de gravier, devenant lourdes.
De l’autre côté du lit de wadi, un second talus. Plus haut. Je l’ai escaladé avec effort, espérant enfin atteindre la route. Mais en haut, rien. Les voitures passaient, proches, visibles, accessibles, mais séparées de moi par des grillages, des murs, des constructions de chantier. Comme si tout avait été conçu pour empêcher précisément ce que j’essayais de faire : sortir.
Je suis redescendu dans le wadi. Des chauve-souris volaient près de moi sans hostilité. J’ai traversé le wadi et suis remonté ailleurs sur un autre talus. Tenté d’autres approches. Chaque fois, la même logique : une route visible mais inaccessible. Un pont trop haut. Des piliers infranchissables. Des clôtures surgies de nulle part.
À un moment, j’ai pensé à L’Île de béton, chef d’œuvre de l’écrivain britannique J.G. Ballard. Cette histoire d’hommes et de femmes coincés dans un espace enclavé, entouré d’infrastructures modernes, mais dont il est presque impossible de s’échapper. Une robinsonnade urbaine, sèche, sans mer, et avec les rapports de force et de domination perturbantes qui polluent la vie des hommes.
Il n’y avait pas de panique en moi, pas vraiment, mais il y avait quand même la question de savoir si j’avais peur ou non. Quand on se pose ce genre de question, c’est que la peur s’est quand même installée. Je commençais à ressentir une inquiétude diffuse. Le temps passait. Il était presque minuit. Je marchais depuis six ou sept heures, avec peu de sommeil dans les jambes.
Les chiens ne m’attaquaient toujours pas. Je ne les voyais pas toujours, mais je les entendais. Leurs aboiements portaient dans l’espace vide du wadi. Par endroits, de grands trous parsemaient le sol, comme des terriers ou des cavités creusées par on ne sait quels animaux. Je faisais attention où je posais le pied.
Je continuais pourtant. Aller vers la route. Revenir. Essayer encore.
Finalement, sans trop savoir comment, j’ai bifurqué entre quelques maisons. Probablement des passages non officiels, des chemins qui n’étaient pas censés être empruntés. Mais cette fois, cela a fonctionné.
Une route enfin.
Mon téléphone tenait encore. Le réseau aussi. J’ai relancé l’application, commandé un taxi, et cette fois, il est venu.
Je suis monté sans un mot, laissant derrière moi le wadi, les talus, les chiens, et cette étrange impression d’avoir été, pendant quelques heures, coincé dans un espace qui refusait toute sortie.
Je voulais voir les maisons en terre au soleil couchant, mais le temps de me déplacer, la nuit était tombée d’un coup. J’ai dû me promener de nuit dans le village de Qabil et ce fut un enchantement.
Des chiens errants, dormant dans les champs et réveillés par mes pas, ont essayé de m’intimider. Mais dans le monde musulmans, les chiens se tiennent à carreau et ne s’aventurent pas trop près des êtres humains.
Ces maisons en terre ne sont pas toutes abandonnées. J’ai rencontré plusieurs propriétaires qui en étaient fiers et qui étaient prêts à investir de lourdes sommes pour les rénover.
Le ministre de la culture d’Arabie Saoudite a récemment déclaré que les maison vernaculaires devaient être considérées avec sérieux et que des subventions seraient débloquées pour un grand programme de rénovation.
Je me suis rapidement perdu et ne savais pas, au bout de deux heures de déambulation, comment retourner dans la ville moderne.
Je donnais rendez-vous à des véhicules près de telle ou telle mosquées mais toutes les voitures annulaient ces courses et me laissaient en plan. Comme si les chauffeurs avaient peur ou étaient incapables de venir me chercher.
Perdu pour perdu, j’ai quand même pris beaucoup de photos et me surprenais moi-même de la qualité des images que mon appareil pouvait réaliser en pleine nuit.
La technologie nous aide beaucoup dans nos efforts de rêverie et dans nos entreprises féeriques.
Comme je suis là en mission pour le ministère de la culture, je vais proposer au responsable des publications un « photo-essai » centré sur les maisons en terre et sur les chiens errants qui les gardent en bons cerbères bénévoles.
Les appels à la prière sont extrêmement doux à Najran. J’ai d’abord cru que c’était une spécificité de ce village enchanteur qui emprisonne ses visiteurs, dans le genre du pays des merveilles, mais l’ensemble de la ville de Najran fait résonner ses mêmes voix de muezzin, mélodieuses et somnolentes, comme des berceuses.
Je n’ai pas eu peur ce soir-là. Pourtant le sage précaire est un gros trouillard qui n’est jamais loin de pleurer dans les jupes de sa mère. J’étais seulement épuisé après trois heures de marche. Je voulais dormir. Peut-être manger un peu et dormir enfin.
Je raconterai un jour comment j’ai fini par m’en sortir, les souliers pleins de sables, de terre et de gravier.
Je me retrouve dans cette province proche du Yemen pour la deuxième fois. J’ai des photos à prendre pour les diverses publications dont je m’occupe pour le compte du Ministère saoudien de la culture. Je vous en montrerai quelques unes, parmi celles qui ne seront pas utilisées par le ministère.
Au départ l’idée était d’aller à Najran avec Virgile, un photographe, et Sylvie, professeure d’archéologie, pour explorer et rassembler un certain nombre de données scientifiques et visuelles sur l’architecture vernaculaire de la région. Mais les guerres en ont décidé autrement : les amis ont dû annuler leur visite en Arabie et je me retrouve seul à Najran.
Les photos, c’est moi qui devrais les prendre avec mon matériel d’amateur. Les connaissances scientifiques, c’est moi qui vais les pêcher chez les érudits locaux avec mon bagage de littéraire inaccompli. Les rencontres, c’est moi qui les initierai avec mon arabe de pochette surprise.
Je me retrouve dans cette province proche du Yemen pour la deuxième fois. J’ai des photos à prendre pour les diverses publications dont je m’occupe pour le compte du Ministère saoudien de la culture. Je vous en montrerai quelques unes, parmi celles qui ne seront pas utilisées par le ministère.
Au départ l’idée était d’aller à Najran avec Virgile, un photographe, et Sylvie, professeure d’archéologie, pour explorer et rassembler un certain nombre de données scientifiques et visuelles sur l’architecture vernaculaire de la région. Mais les guerres en ont décidé autrement : les amis ont dû annuler leur visite en Arabie et je me retrouve seul à Najran.
Les photos, c’est moi qui devrais les prendre avec mon matériel d’amateur. Les connaissances scientifiques, c’est moi qui vais les pêcher chez les érudits locaux avec mon bagage de littéraire inaccompli. Les rencontres, c’est moi qui les initierai avec mon arabe de pochette surprise.
Lorsque Éric Vuillard reçoit le prix Goncourt pour L’Ordre du jour, on a tous été contents car Vuillard méritait d’être reconnu, or à la lecture, je me dis que son dernier opus, Les Orphelins, le méritait davantage.
Car c’est bien Les Orphelins : une histoire de Billy the Kid qui résonne comme un véritable chef-d’œuvre.
Défaire les mythes, écrire les vies minuscules
On retrouve dans Les Orphelins ce qui fait la signature de Vuillard : un travail minutieux sur l’histoire, une enquête presque obsessionnelle, et surtout cette capacité rare à redonner vie aux existences oubliées. Il poursuit ici son exploration des « vies minuscules », mais avec Billy the Kid, il ne s’agit pas seulement de revisiter une figure historique. Il s’agit de la déconstruire.
Vuillard nous montre un personnage bien loin de la légende : non pas un héros, mais un gamin perdu, un vagabond sans envergure, un petit délinquant abandonné, mort presque par accident. Rien d’épique en apparence.
La fabrique d’un mythe
Là où le livre devient fascinant, c’est dans sa manière de révéler comment une société fabrique ses héros. À travers une mosaïque de témoignages, d’archives et de récits, Vuillard démonte la mécanique qui transforme un insignifiant cow-boy en figure mythologique.
On voit apparaître tout un système : éditeurs, récits populaires, imaginaire collectif… une véritable industrie du mythe, déjà liée à une économie du spectacle. Billy the Kid devient alors une espèce de personnage à la fois burlesque et iconique, chaplinesque, comme une version sombre et réelle d’un héros de bande dessinée.
Ce n’est plus l’histoire d’un homme. C’est l’histoire d’une fabrication.
Une résonance contemporaine
Mais la véritable force du livre est encore plus loin. Derrière l’Amérique du XIXe siècle, c’est notre présent que Vuillard interroge. Car ces « orphelins » de l’Amérique coloniale, ces jeunes livrés à eux-mêmes, trouvent un écho évident dans nos délinquants des sociétés contemporaines. Nos propres figures de la marginalité, ces jeunes abandonnés, ces petites racailles que l’on réduit à des faits divers et une criminalité anti-française, nos orphelins attendent encore qu’on raconte leur histoire autrement.
Vuillard accomplit ici un geste puissant : il transforme la délinquance en matière épique, il donne une dignité littéraire à ceux que l’histoire ignore ou caricature.
Le rendez-vous manqué du Goncourt
Dès lors, difficile de ne pas voir dans le choix de l’Académie Goncourt une forme de frilosité. En récompensant L’Ordre du jour, elle reste dans un territoire familier : celui de la Seconde Guerre mondiale, du nazisme, de la lâcheté des grands patrons, toutes ces grandes tragédies déjà largement explorées.
Avec Les Orphelins, Vuillard proposait autre chose : un déplacement du regard, une réflexion sur la fabrication des récits, et surtout une plongée dans les marges contemporaines à travers le prisme de l’histoire. Et une réflexion efficace sur l’arrière plan mafieux et criminel de nos sociétés démocratiques.
J’ai découvert aujourd’hui un nouveau musée que l’Arabie saoudite vient d’inaugurer : le Black Gold Museum (BGM), un musée d’art contemporain entièrement consacré à l’or noir, le pétrole.
Installé dans une architecture spectaculaire signée Zaha Hadid, le musée s’inscrit dans un vaste complexe dédié aux questions énergétiques, à proximité du ministère de l’Énergie. Situé non loin de l’aéroport, il n’est ni central ni particulièrement ancré dans un tissu urbain vivant. Ce positionnement est révélateur : le musée semble s’adresser moins aux publics locaux ou scolaires qu’à un public international de passage.
Dès lors, une intuition s’impose : ce musée n’est pas un miroir, mais une plateforme. Il ne cherche pas tant à raconter une histoire nationale qu’à adresser un message au monde.
Le parcours est structuré en quatre grandes séquences, qui pourraient correspondre aux étapes d’une histoire d’amour entre l’homme et le pétrole : la rencontre, le rêve, le doute et la vision (la vision du futur, genre « et maintenant où allons-nous ? »).
ENCOUNTER
La première partie, la rencontre, est l’une des plus belles. Elle propose une approche méditative de la découverte du pétrole, de son origine, et de la manière dont l’humanité est entrée en relation avec cette matière. Les œuvres y sont d’une grande délicatesse, contemplatives et puissantes.
DREAM
Puis vient le rêve. Ici, le ton change radicalement : le pétrole devient promesse, moteur d’un imaginaire foisonnant. Couleurs acidulées, voitures, vitesse, plastique, expansion du modèle américain.
Tout un XXe siècle s’y déploie dans une forme d’ivresse visuelle. L’ensemble est séduisant, mais traversé d’une ironie discrète.
DOUBT
Le troisième espace, « le doute », constitue un véritable basculement. C’est un étage sombre, et le musée se mue en caverne étouffante. L’histoire d’amour se transforme en relation toxique : pollution, dépendance, finitude des ressources. Les œuvres sont dures, parfois violentes.
Et c’est là que le musée surprend profondément : il assume une lucidité critique forte. Le message est clair : les enjeux et les conséquences du pétrole ne sont pas esquivés.
VISION
Enfin, la « vision » au dernier étage vient clore le parcours. Plus apaisée, cette dernière section propose une réflexion ouverte sur l’avenir. Ni franchement optimiste ni totalement pessimiste, elle laisse le visiteur dans un état de suspension, invitant à penser plutôt qu’à conclure.
Le projet a été porté par un commissaire français, et s’inscrit dans une dynamique plus large incarnée par muséographes saoudiens déjà engagés dans le développement d’institutions culturelles majeures. Avec ce musée, comme avec le Musée de la Mer Rouge dont j’ai déjà parlé ici, se dessine un geste muséal radical, à la fois politique, éducatif et culturel.
Sortir du pétroleet des embouteillages
Le Black Gold Museum apparaît ainsi comme un outil puissant : un lieu de narration terrestre, qui concerne l’humanité entière, mais aussi un espace d’éducation pour les Saoudiens qui veulent développer leurs connaissances en art contemporain.
Et pourtant, en quittant le musée en fin de journée, une expérience très concrète vient prolonger la réflexion. Pris dans des embouteillages interminables pour rejoindre le centre-ville, deux heures pour parcourir quelques kilomètres, difficile de ne pas repenser à la partie du « doute », au premier étage du BGM. Difficile de ne pas songer à cette dépendance au pétrole, à ses conséquences, à son omniprésence, quand on fait du surplace environné par des milliers et des milliers de voitures faites et pensées pour être des bolides.
Et une question s’impose pour tous les visiteurs qui retournent à l’aéroport ou qui foncent dans les embouteillages sans fin : n’est-il pas temps, en effet, de changer de modèle ?
Dans la bibliothèque que je fréquente assidûment à Munich, j’aime bien passer par la salle de lecture des périodiques. On y trouve quantité de revues universitaires consacrées à la philosophie, à l’art, aux musées, à l’actualité, à la politique, aux sciences sociales et aux sciences en général. C’est un lieu où l’on circule facilement d’un savoir à l’autre et qui donne sur les arbres d’un vieux parc, en bordure du fameux English Garden.
Mais aujourd’hui, j’ai poussé mes pas vers des rayonnages où je n’étais encore jamais allé. J’y ai découvert toute une série de petites revues, bulletins et almanachs consacrés à des régions du monde assez inattendues, et notamment un grand nombre de publications dédiées à des coins de France qui, à première vue, ne me semblaient pas d’un intérêt universel ni même stratégique.
Jusqu’au moment où je suis tombé sur une revue intitulée Mémoires estrablinoises. Là, forcément, mon attention a été retenue.
Estrablin, pour moi, ce n’est pas d’abord un objet d’étude historique. C’est un souvenir très concret : celui des matchs de football que mon équipe disputait contre le club d’Estrablin. Dans les années 1980, nous partions le samedi après-midi en voiture ; parfois mon père nous accompagnait. D’autres fois, c’étaient eux qui venaient jouer sur le terrain de Saint-Just-Chaleyssin. On leur mettait des dérouillées, je ne vous dis que cela.
En découvrant cette revue au cœur d’une grande bibliothèque bavaroise, je me suis pris à espérer trouver un équivalent consacré à mon propre village des « mémoires chaleyssinoises », en quelque sorte. Mais rien du tout. Il n’y en a que pour Estrablin chez nos amis Bavarois !
Alors, avec une joie impure, je me suis souvenu de ce 12–2 que nous leur avions infligé en 1980. J’avais marqué deux buts d’anthologie.
Nous avons bien travaillé et peu dormi pendant ce séjour. Nous avons été surpris par le froid et la pluie. Mais je préfère de loin me couvrir au mois d’avril que mourir de chaud en juillet.
Les beaux-parents ont besoin d’aide et grâce à Dieu, une voisine vient tous les jours faire du ménage et de la cuisine.
J’ai baptisé les quatre chiens qui gardent la ferme : Billy, Abrag, Malik et Amir. La voisine a alerté Hajer du fait qu’en m’amusant avec les chiens, je les laissais « me faire des baisers » ce qui est dégoûtant et exige un lavage scrupuleux.
Nous avons trait les brebis et produit un délicieux fromage frais.
Il est temps de partir et de passer une dernière nuit dans un hôtel de Tunis