Une famille dont je respecterai la vie privée

 the_pickwick_papers_-_project_gutenberg_etext_19222.1221217605.jpg

 J’ai été accueilli par des amis qui travaillent et vivent à Glasgow. Mais en ces temps de blogs intimes ou le privé et le public ne connaissent plus de frontière, je me dois de parler d’eux de manière à ce que personne ne puisse les reconnaître. Je vais donc changer les dates, les noms, les âges et les professions. Au besoin, je dirai le contraire de ce qui fut dit et l’inverse des propos échangés. Si cela ne suffit pas, je raconterai les choses de la fin au début, et j’inventerai des choses si loufoques que toute vraisemblance sera expurgée. Ma liberté et leur intimité sont à ce prix.

J’appellerai mes amis Charles et Diana. Loin d’être de brillants universitaires, ils sont de médiocres boutiquiers. Ou plutôt, ils sont agents courtiers, mais médiocres. L’intérêt qu’ils portent au post colonialisme, par conséquent, se limite exclusivement à la connaissance des cours du pétrole, du café, du cacao et du poivre.

Ils ont deux enfants, que j’appellerai Sylvie et Bruno, qui sont d’une rare beauté, et jamais mes amis ne s’occupaient d’eux, et certainement pas en leur lisant des histoires, le soir, sur les canapés du salon, avant de les mettre au lit.

800px-the_damnation_of_obadiah.1221217881.jpg

 Je n’ai pas connu mes amis à Dublin, mais à Saint-Just Chaleyssin, et c’est la raison pour laquelle ils ne sont pas plus irlandais que ma maîtresse de CM2 Mme Gallon, ou que le député maire du village, qui dirigeait Le Dauphiné libéré.

Je n’aime pas les noms que j’ai donnés, je vais rebaptiser mes amis, c’est l’avantage de la fiction et des textes protecteurs de la vie privée. Les enfants s’appelleront en fait Pickwick et Copperfield. Leurs parents Tristram et Mary McAleese.

Nous n’avons en aucun cas parlé de gens réels, n’avons rien dit de dégradant ni de dépréciatif sur qui que ce soit. Nous avons respecté les bornes de la correction politique, et d’ailleurs, rien de tout cela ne s’est passé à Glasgow, mais à Knokke le Zoute.

Laisser un commentaire