
Beaucoup de gens portent des costumes inspirés de la tradition bavaroise, à Munich, fin septembre. Culottes courtes en cuir pour les hommes et chaussettes en laine ; robes à fleurs pour les dames et cheveux tressés. L’imagerie populaire les montre souvent une chope de bière à la main et ventripotents. Contrairement à cette image véhiculée, les gens que je croise se mettent en fait sur leur 31 et deviennent très séduisants dans ces accoutrements.
Oktoberfest, à Munich, n’est pas qu’une fête de la bière. C’est curieux d’ailleurs, cette habitude française de désigner les fêtes des autres par un élément gastronomique. La « fête de la bière » pour les Allemands, la « fête du mouton » pour les arabo-musulmans. Un critique postcolonialiste dirait que cela indique une réduction orientaliste de la culture des autres à une simple boustifaille, afin de déprécier ladite culture et la rendre consommable. Mon impression superficielle est que pour les Bavarois, il se joue toute autre chose au sein de la communauté que de belles bitures, à l’occasion de la fête d’octobre.
Plusieurs fois, en nous promenant dans la capitale de la Bavière, nous fûmes impressionnés par le nombre de gens de tous âges costumés. Nous pensâmes que l’Oktoberfest devait fonctionner comme un grand terrain de drague, un gigantesque salon de la rencontre amoureuse.
De judicieux tailleurs se sont ingéniés à couper les vêtements traditionnels de façon à exhiber de généreux décolletés chez les femmes et d’avantageuses carrures chez les hommes. À nos yeux, les stations de trains de banlieue se transforment en défilés de mode.
Or, comme nous ne buvons pas de bière, nous ne nous introduisons pas dans les fameuses tentes où les gens se livrent à des activités infernales et font ce qu’à Dieu ne plaise. En conséquence de quoi, mon reportage s’arrête là.
Salut Guillaume !
On peut s’interroger sur le fait d’avoir débaptisé la fête de la bière (puisque c’est bien de cela qu’il s’agît). Est-ce une forme de « politiquement correct » comme on le connaît en France ?
J’aimeAimé par 1 personne
Cher Florent, c’est moi qui la débaptise, car les Allemands ne l’appellent pas ainsi et ne l’assimilent pas nécessairement à la bière. Par exemple, à l’université où travaille ma femme, des responsables ont organisé une sorte de picnic ou repas partagé entre collègues, avec habits traditionnels mais sans alcool, au prétexte de la « Fète d’octobre ».
J’aimeAimé par 1 personne
Qu’importe le flacon
pourvu qu’on ait l’ivresse !
J’aimeAimé par 1 personne
Mais en plus, je peux témoigner qu’il n’y a pas tant d’ivresse que cela dans les rues de Munich.
J’aimeAimé par 1 personne