Quand vous êtes certain de ne pas courir un risque quelconque, vous êtes libre de faire ce qui vous importe vraiment. Le président Macron sait qu’il termine sa vie politique en 2027, et que quoi qu’il fasse il a réussi sa vie. Son deuxième mandat est donc pour la postérité, pour l’histoire. Il peut se permettre d’être impopulaire et ambitieux.
Comme un écrivain qui compose un livre que personne ne lira. Moi, par exemple, on m’a reproché les premières pages de mon livre Birkat al Mouz. Les reproches sont justifiés mais puisque c’était un livre destiné à rester confidentiel, j’écrivais pour un lecteur qui viendra dans 50 ou 100 ans. J’emploie donc des noms de l’histoire chinoise pour comparer un sultan omanais, parce que les hommes de 2100 connaîtront plus la culture chinoise que la nôtre. Les hommes de 2200 liront mon premier chapitre en se tapant le cul par terre.
Macron doit maintenant agir en pensant à ce qu’on pensera de lui dans 100 ans. Et ce petit homme décide de faire tout ce qu’il peut pour plaire aux médias du milliardaire Bolloré. Pour moi c’est incompréhensible.
Il pouvait lancer de grands programmes ambitieux pour loger les pauvres, pour développer certaines industries, pour intégrer les nouveaux Français à la nation, pour investir notre espace maritime, enfin pour donner du souffle à son action.
Au lieu de cela, Macron restera dans l’histoire comme le prince de l’en-même-temps, détricotant ce qu’il a fait pour s’assurer que la France s’enfonce dans un état d’immobilité.