Dans la bibliothèque que je fréquente assidûment à Munich, j’aime bien passer par la salle de lecture des périodiques. On y trouve quantité de revues universitaires consacrées à la philosophie, à l’art, aux musées, à l’actualité, à la politique, aux sciences sociales et aux sciences en général. C’est un lieu où l’on circule facilement d’un savoir à l’autre et qui donne sur les arbres d’un vieux parc, en bordure du fameux English Garden.
Mais aujourd’hui, j’ai poussé mes pas vers des rayonnages où je n’étais encore jamais allé. J’y ai découvert toute une série de petites revues, bulletins et almanachs consacrés à des régions du monde assez inattendues, et notamment un grand nombre de publications dédiées à des coins de France qui, à première vue, ne me semblaient pas d’un intérêt universel ni même stratégique.
Jusqu’au moment où je suis tombé sur une revue intitulée Mémoires estrablinoises. Là, forcément, mon attention a été retenue.
Estrablin, pour moi, ce n’est pas d’abord un objet d’étude historique. C’est un souvenir très concret : celui des matchs de football que mon équipe disputait contre le club d’Estrablin. Dans les années 1980, nous partions le samedi après-midi en voiture ; parfois mon père nous accompagnait. D’autres fois, c’étaient eux qui venaient jouer sur le terrain de Saint-Just-Chaleyssin. On leur mettait des dérouillées, je ne vous dis que cela.
En découvrant cette revue au cœur d’une grande bibliothèque bavaroise, je me suis pris à espérer trouver un équivalent consacré à mon propre village des « mémoires chaleyssinoises », en quelque sorte. Mais rien du tout. Il n’y en a que pour Estrablin chez nos amis Bavarois !
Alors, avec une joie impure, je me suis souvenu de ce 12–2 que nous leur avions infligé en 1980. J’avais marqué deux buts d’anthologie.