Un anniversaire divinement orchestré

Cette année, le ramadan va se terminer le jour même de mon anniversaire. Le 29 mars, jour de ma naissance, sera aussi le dernier jour de jeûne. Évidemment, ce n’est pas un simple hasard, c’est un clin d’œil divin. Une petite note de l’univers glissée discrètement dans mon calendrier. Comment pourrais-je l’interpréter autrement ?

Je ne vais pas prétendre que mon anniversaire a toujours été une source de réjouissance. Avec les années, il est même devenu un motif de déprime plutôt qu’un jour de fête. Mais cette fois, il faut voir les choses autrement. J’ai décidé de l’interpréter ainsi : l’univers me souffle d’allier l’austérité et la bombance, de concilier la sobriété du jeûne et le plaisir du festin. La sagesse n’a jamais été aussi précaire.

Vieillir, jeûner, fêter : un 29 mars sous le signe du partage

Cela m’amène à la réflexion suivante : accueillir la vieillesse non seulement avec résignation, mais avec joie. L’anniversaire, après tout, est la marque du vieillissement. Et plutôt que de le subir comme une fatalité, autant le célébrer. Plutôt que de me lamenter, autant le vivre sur le mode de l’Aïd : avec générosité, partage et don de soi.

Alors cette année, pour mon anniversaire, c’est moi qui vais faire des cadeaux. Une manière d’inverser la logique habituelle, de transformer ce jour qui marque le temps qui passe en un moment de gratitude. Donner plutôt que compter les bougies. Parce qu’après tout, si les astres et les mages ont pris la peine d’orchestrer cette coïncidence, autant jouer le morceau de manière contrapuntique.