La précarité qui rend léger

Souvent, quand je voyage, je me dis comme ce serait beau de pouvoir rester ici, de ne pas devoir rentrer, de ne pas avoir de programme à respecter. Souvent, il y a une montagne dont on se dit qu’on aimerait l’escalader pour aller voir les villages des autres vallées, mais on n’a jamais le temps de le faire.

La précarité, je ne l’ai pas choisie, c’est entendu. Mais du moment que les entreprises et les administrations me disent que je suis d’une utilité négligeable pour la société, autant en prendre mon parti pour aller voir d’autres sociétés où je serai un vrai étranger cette fois.

Se sentir éminemment remplaçable, voilà ce qu’apporte la précarité de l’emploi. La société libérale nous dit : vous pouvez partir, vous pouvez rester, ça m’est égal.  Vous pouvez travailler ou voyager, ça ne change rien pour moi. C’est vécu comme une chose douloureuse par de nombreuses personnes qui se sentent méprisées, sous-estimées, niées dans leur dignité humaine. Elles ont raison, mais c’est aussi l’occasion d’ouvrir les yeux  sur notre insignifiance, ce qui n’est pas si mal. C’est vrai que nous ne sommes en rien indispensables, irremplaçables, inoubliables. Il est humain de vouloir l’être, mais c’est tellement vain, tellement vain.

Vivre avec la conscience aiguë de sa propre vanité, n’est-ce pas le début de la sagesse ?  

4 commentaires sur “La précarité qui rend léger

  1. Vous avez touché dans un point intéressant! malheureusement c’est la réalite:personne c’est irremplaçable !! mais,personne c’est culpable,car,comme nous pouvons dire… »il fut tout crée par nous-même! ».
    Aujourd’hui,je lus un article du New york times que disait: »To run France,you had to be cultured » (pour fonctionner en France,tu avais qu’être cultivé) et dis plus….que Sarko est plus pour Johnny Hallyday que pour Jean-Paul-sarte. Voilá,l’ironie et le verbe au passé simple et non,au présent de l’indicatif (trait d’un pleonasme peut-être?).
    Mais,de certe façon,il est correct! Pas de doute, que la France s’accomoda…! Autrefois,était la grécce le berceau de la culture! aprés vint la France..! Et maintennant..?.
    « personnes se sentent méprisées,sous-estimés » Oui ! Ce paternalisme de l’état dois finir..! Par exemple… Le Brésil,Malheureusement marche dans la contre-main de l’histoire et imite la France! nous avons ici un paternallisme,assistencialisme et aussi un « Pouvoir de l’état », suffocant ! résultats corruption partout!. Actuellement nous payons impôt,non de pays émérgents,mais, de pays riche,comme la France! Et cela ce n’est pas bon..! Combien d’étudiant forment par année un France ? Millions! et si sont capables vont pour où ? sans doute! EUA !.
    Chaque jour,comme je déjà avais dit la technologie va exigir plus des gens!

    Tony do Brasil

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