La rencontre Sarko Dalaï Lama, un non-événement ?

Il n’est pas indifférent de noter que cette rencontre de Sarkozy avec le Dalaï Lama, ainsi que ses conséquences, provoquent des commentaires en Italie et en Suisse. Peu, il est vrai, mais malgré tout, ce n’est pas rien.

Fabio Cavalera, sur son blog, est persuadé que « les affaires sont les affaires » et que les relations entre la Chine et la France reprendront normalement. Il se demande alors pourquoi les dirigeants italiens ont peur du « ressentiment des Chinois », et critique leur pragmatisme peureux, un peu comme nous le faisions en prenant modèle sur Merkel et Brown. On ne peut qu’encourager Berlusconi à voir le Dalaï Lama. Je serais très intéressé de connaître la réaction des Chinois. Très intéressé. Cela sera-t-il pour eux un non-événement ? Vont-ils taper dessus pour mesurer leur force de persuasion ? Vont-ils procéder à des boycott de produits italiens ? Des « spécialistes » de la Chine vont-ils dire que les Chinois voient l’Italie comme un pays vassal ?

La réaction de la Chine à une rencontre Berlusconi Dalaï Lama sera une bonne occasion de mesurer ce que la France représente, sur le plan diplomatique.

Car il y en a pour qui cette rencontre et ses conséquences sont un non-événement absolu, ce sont les Grands-Bretons. Ils s’en foutent à un point qui est presque vexant. Les trois journaux principaux (The Guardian, The Times, The Independant) n’en disent pas un seul mot. Le Times a rendu compte des menaces de la Chine avant la rencontre, mais n’a pas donné suite à cette information.

Les Chinois s’énervent dans la presse, donc, et les blogueurs voient rouge, comme le rappelle Neige sur son blog. Mais c’est d’un tel calme tout autour qu’on peut se dire que c’était bien la peine de s’émpêcher.

5 commentaires sur “La rencontre Sarko Dalaï Lama, un non-événement ?

  1. Oui, c’en est drôle, tellement c’est sidérant.
    Je vois d’ici les rédacteurs chinois francophones, faisant relire leur production écrite par des Français pour corriger les fautes, et les Français en question tellement épuisés de correction qu’ils laissent des grossièretés détonantes, comme « le culot », « le toupet », « le tour de passe passe ».
    C’est d’un niveau de rédaction qui fait penser à des groupuscules maoïstes des années 60. Il ne faut pas leur en vouloir. Nos maoïstes à nous sont devenus de bons écrivains et de bons journalistes, et même parfois des politiciens adultes. Les Chinois actuels vont aussi apprendre, car des articles comme ceux-là montrent une extraordinaire immaturité.

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  2. Ce que fait la France aurait donc une si grande importance en Chine. Lundi soir j’avais mon cours de chinois avec mon professeur, étudiant de 4e année de français et membre des jeunes du Parti (pas par conviction, mais comme on ferait la PMS, ça donne des relations et ça apprend des choses). Il se tient au courant et m’a parlé de Sarkozy-Dalai-lama. Je lui ai demandé ce qu’on disait de la réception du Dalai-lama au Parlement européen. Il ne savait pas de quoi il s’agissait. Alors que c’est nettement plus solennel qu’un entretien. l’Europe n’est pas visible depuis la Chine, et la France l’est ?

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  3. Oui, c’est pourquoi j’aimerais savoir ce qui se passerait si les Italiens accueillaient le Dalaï Lama. Peut-être que la multiplication des non-événements de ce genre serait un bon moyen de calmer le couroux de nos amis chinois.
    C’est aussi ce qui m’étonne dans la presse anglaise. Est-ce aussi peu important, les vagues que veulent faire les journalistes et les diplomates chinois face à un pays européen ? Les menaces de boycott, la politique européenne de la Chine, tout cela ne vaut-il donc pas d’en informer un peu les peuples européens ?

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  4. Il y a aussi des journalistes chinois qui écrivent que ça ne sert à rien de boycotter les produits français, par exemple hier dans le Quotidien de la jeunesse chinoise, http://news.ifeng.com/opinion/200812/1209_23_913412.shtml;

    L’auteur dit qu’il ne peut pas boycotter les produits français car ce sont des produits importés et donc chers, sa bourse ne lui permet pas l’acquisition. Les riches ne boycottent pas et ceux qui crient au boycott ne peuvent pas se payer des produits français.
    E puis si tout le monde se met à faire du boycott, les Chinois seraient perdants car la Chine est un pays d’exportation.
    Lui, quand il fait du boycott, c’est parfois pour les produits chinois, notamment dans l’affaire du lait frelaté.
    Quant à Carrefour, comme plus de 90% des produits et des employés sont chinois, boycotter Carrefour revient à boycotter les produits chinois…
    Sur le forum du Quotidien du peuple, c’est un autre son de cloche même si certains disent qu’il faut d’abord régler ses propres problèmes avant de déclarer la guerre aux autres.

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