Mes votes (série de l’été). Pour qui j’ai voté depuis mes 18 ans

Depuis quelque temps, je me dis qu’il serait intéressant de raconter tous les votes de ma vie.

Pas pour distribuer des bons et des mauvais points. Pas non plus pour convaincre qui que ce soit de voter comme moi. Encore moins pour donner des leçons de cohérence, car la sagesse précaire proscrit l’injonction à la cohérence.

Je crois que l’on comprend mieux une personne en regardant le chemin qu’elle a parcouru que la photographie de ses opinions du moment.

J’ai rarement voté avec enthousiasme, ou alors je ne m’en souviens pas. Je n’ai jamais cru que des partis politiques allaient améliorer la situation du pays, de la région ou du continent. J’ai voté avec résignation, souvent. Par conviction parfois, mais plus souvent par stratégie. Pour empêcher une candidature jugée dangereuse ou pour qu’on se débarrasse d’un président qui nous faisait honte. Enfin une fois, il m’est arrivé de voter pour donner du poids à un courant plutôt qu’à un autre à l’intérieur d’une majorité.

Ceci est donc la série estivale de La Précarité du Sage. Tout l’été, votre blogueur préféré va explorer en maillot de bain fluo et lunettes noires cintrées les contextes historiques qui l’ont amené à glisser des bulletins de vote dans l’urne.

Je publierai si Dieu le veut un billet par élection majeure depuis mes 18 ans, c’est-à-dire depuis 1990.

En préparant cette série, je me suis aperçu qu’il existe, derrière ces votes successifs, un fil conducteur finalement assez solide malgré la précarité revendiquée de mes convictions et tendances. Certaines de mes opinions n’ont pratiquement jamais changé. Mon attachement à la construction européenne, par exemple. Ou encore l’idée que la solidarité sociale n’est pas un supplément d’âme mais une nécessité pragmatique pour qu’une société ne sombre pas dans le chaos. Ou enfin la conviction que les questions écologiques finiront toujours par s’imposer, qu’on le veuille ou non.

En revanche, ma confiance dans les partis politiques et dans le personnel politique a toujours été inexistante.

Je n’ai jamais été un militant. Je n’ai jamais adhéré à un parti. Je me suis toujours senti anarchiste de droite, libéral de tempérament, modéré dans mon républicanisme, et toujours heureux de fréquenter des amis qui représentent l’ensemble du spectre politique.

Cette série ne sera donc pas une histoire de la vie politique française. Ce sera plutôt une petite autobiographie intellectuelle d’un citoyen moyen qui pense que, pour la première fois, la présidentielle à venir peut changer les choses et placer la France à l’avant-garde de la vitalité sociale européenne.

Pour le dire autrement, j’aimerais faire comprendre comment on peut être de droite, conservateur et même un peu bourgeois, et voter pour La France Insoumise. Je vais essayer de vous expliquer pourquoi, quand on est de droite et qu’on ne veut pas perdre son patrimoine ni son épargne, il est préférable d’envoyer Jean-Luc Mélenchon à l’Élysée. Mais c’est une longue histoire et on y reviendra à la fin de l’été.

Le premier épisode commencera en 1992, avec mon premier vote : le référendum sur le traité de Maastricht. J’avais vingt ans et je ne laisserai personne dire que c’est le plus bel âge de la vie. Je découvrais que mon premier bulletin de vote parlait déjà moins de la France que de l’Europe.

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