Pour qui j’ai voté depuis mes 18 ans

Depuis quelque temps, je me dis qu’il serait intéressant de raconter tous les votes de ma vie.

Pas pour distribuer des bons et des mauvais points. Pas non plus pour convaincre qui que ce soit de voter comme moi. Encore moins pour donner des leçons de cohérence.

Je crois que l’on comprend mieux une personne en regardant le chemin qu’elle a parcouru que la photographie de ses opinions du moment.

J’ai rarement voté avec enthousiasme, ou alors je ne m’en souviens pas. Je n’ai jamais cru que des partis politiques allaient améliorer la situation du pays, de la région ou du continent. J’ai voté à vec résignation, souvent. Par conviction parfois. Par stratégie souvent. Pour empêcher l’extrême droite ou pour qu’on se débarrasse d’un président qui nous faisait honte. Pour donner du poids à un courant plutôt qu’à un autre.

Je vais publier ici un billet par élection majeure depuis mes 18 ans. En préparant cette série, je me suis aperçu qu’il existe, derrière ces votes successifs, un fil conducteur assez solide. Certaines de mes convictions n’ont pratiquement jamais changé. Mon attachement à la construction européenne, par exemple. Ou encore l’idée que la solidarité sociale n’est pas un supplément d’âme mais une nécessité pour qu’une société reste humaine. Ou enfin la conviction que les questions écologiques finiront toujours par s’imposer, qu’on le veuille ou non.

En revanche, ma confiance dans les partis politiques a toujours été inexistante.

Je n’ai jamais été un militant. Je n’ai jamais adhéré à un parti. Je me suis toujours senti anarchiste de droite, libéral de tempérament, modéré dans mon républicanisme, et toujours heureux de fréquenter des amis qui représentent l’ensemble du spectre politique.

Cette série ne sera donc pas une histoire de la vie politique française. Ce sera plutôt une petite autobiographie intellectuelle d’un citoyen qui pense que, pour la première fois, la présidentielle à venir peut changer les choses et placer la France à l’avant-garde de la vitalité sociale européenne.

Le premier épisode commencera en 1992, avec mon premier vote : le référendum sur le traité de Maastricht. J’avais vingt ans. Et je découvrais que mon premier bulletin de vote parlait déjà moins de la France que de l’Europe.

Laisser un commentaire