Le sort des grandes nations

Les Chinois que je connais sont en ce moment dans un état de nervosité, quand ils parlent des événements récents. Un homme plus âgé que moi vient me voir l’autre jour, et me dit : « Crois-tu que ce sera les pires J.O. de l’histoire ?

« -Les pires ? » « Oui, les plus violents, les plus risqués… » Je ne savais pas que lui répondre, j’ai dit non. Mais il est vrai qu’ils entreront dans l’histoire, étant donné leur place dans l’émergence du nouveau géant politique qu’est la Chine.

Une copine m’a dit qu’elle avait peur de ce qui allait se passer. Peur que les manifestations ne s’arrêtent plus et qu’elles augmentent en violence.

Un très bon ami ne me parlait plus, ces temps-ci. J’avais l’impression qu’il m’évitait. A un moment, il passe près de moi et me lâche : « Ah, Guillaume, si tu savais comme je suis ennuyé, attristé, et en colère de voir ce qui s’est passé à Paris. » Et il disparaît sans me laisser le temps de dire un mot. Plus tard dans la journée, il daigna à nouveau me parler, mais quand je lui ai dit Californie, il a dit : « Mais la Californie ça ne m’intéresse pas. C’est le pays des fous, on le sait. Mais Paris, Paris, tu ne te rends pas compte de ce que c’est pour moi. Ce que ça représente pour mon histoire. Paris, la Chine, Paris, et voir tous ces gens… »

Ce soir, je suis un peu secoué de la fébrilité que j’ai ressentie chez mes amis. Il n’y a rien à leur dire, ils sont dans un choc. Ils semblent se réveiller d’un long sommeil et ils ne pourront plus se réveiller. Leur pays devient puissant et donc, dictature ou pas, il devient critiqué et détesté.

C’est le lot des grandes nations. Voyez l’Europe, quels sont les peuples les plus haïs, les plus méprisés et les plus craints ? Les Anglais, les Français et les Allemands. Tous les autres pays sont détestés uniquement par leurs voisins. Nous, nous sommes moqués, vilipendés et adorés un peu partout.

Les Chinois sont en train de se rendre compte de la place qu’ils doivent maintenant tenir dans le concert des nations, une place pas sympa et pas facile à assumer. Dans leurs mythes, ils aiment se voir en gentils, mais pour le reste, comme les Ricains, les Teutons et les Froggies, ils devront supporter d’être des gros costauds que personne n’aime.

Il faudra essayer d’être magnanime.

39 commentaires sur “Le sort des grandes nations

  1. C’est un point de vue interessant, nouveau que de voir la Chine ainsi comme une grande nation ! Pourquoi pas aprés tout… Est-ce bien ou mal que la chine devienne un « grand costaud » sur le modéle Bush , Poutine , Merkel (une femme qui en a, oui !) ? Faut-il vraiment se poser la question d’ailleurs ? Les images de la « traversée de Paris » (je parle de la flamme ) choquent tout le monde indéniablement , mais c’est surprenant d’apprendre que tes amis chinois aient pu voir les images de ce désastre spectaculaire du spectaculaire , car a en parler via mail à des contacts personnels chinois ils n’ont rien vu de cela et d’ailleurs et sont encore plus surpris (et attristés vraiment) quand je leur raconte, ca explique que tu ne puisses recevoir les images de youtube. J’en reviens a mon idée sur la « nuance » de la derniére fois et cette idée qu’il est devenu maintenant complétement révolutionnaire de ne « pas prendre parti » . En france, chaque chaine a choisi son camp : TF1 complétement jo et pro chine, France 2 plus « droit de l’homme  » et France 3 plus pro tibet , france 5 plus débat pédagogique, au fond je ne vois que canal + qui ait repecté ce droit de « nuance » (et encore , c’ était vif ! mais qu’est ce que c’était bon ! ca bouge, ca bouge !) en organisant un débat vif mais passionnant entre David Douillet (dans le role du pro Jo et gros costaud abasourdi et gentil apolitique mais passionné par l’esprit olympique ) et Noel Mamére (dans le role du pro droit de l’homme intelligent et méchant gauchiste sur le retour -bouh !- mais trop sur de lui assis sur son capital culturel que personne ne peut contredire de bon bobo des campagnes, je dis ca et pourtant dieu sais que je l’aime ) et au milieu un pauvre sportif, Teddy, nouveau jeune champion du monde de judo de 18 ans, porteur dégouté d’une flamme olympique éteinte et froide, dépité, et qui se demande encore pourquoi on lui a eteint son truc qui le faisait réver depuis qu’il était mome d’un coté (les flics chinois) et pourqoui il s’est pris des cannettes de biéres de l’autre (les militants pacifistes). On est en train de vivre une période de transition la, en tout ca me parait bien symbolique, il y’aurait des tas de trucs à dire sur ces images passionantes car hallucinantes, nouvelles, inédites…Mais c’est vrai, je suis d’accord ,c’est même plus qu’une prédiction historique : on va voir des jo peut-être pas hyper violents mais hyper risqués ça c’est sur, peut-être même découvrir, disons les grands mots : une nouvelle forme de terrorisme , le terrorisme chinois ! Une sorte d’auto castration, de sabotage sur soi même permanent (l’exemple de la flamme est révélateur !) un truc nouveau, qu’on ne va peut etre pas comprendre tout de suite nous pauvres occidentaux élévés aux films de Bruce Willis et aux images CNN chocs d’avions se crashant sur le world trade center, je pense qu’avec ce genre de sabotage et d’images chocs, de policiers comiques et costauds en même temps qui détournent des symboles occidentaux de façons brutales et parfois tragiques , la Chine se forment une image trés personnelle et vraiment singuliére qui la rend en effet digne de rentrer au rang des « grandes nations ». Moi , paradoxalment, ces flics qui se plantent, ca me rend sympathique la Chine (même si je sais que c’est une dictature et je n’y serai pas resté plus longtemps, pas maso a ce point et puis on a notre lot ici avec le petit nerveux…), et je me demande si ,quelque part, parano comme je suis ce ne serait pas un peu travaillé ce truc de flammes éteintes, de flics costauds et patauds, de gardes rouges en gardes bleus…je prend note de cette date et prend rendez vous avec les livres d’histoire pour voir comment on jugera le truc dans dix quinze ans !

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  2. « je prends note de cette date et prends rendez vous avec les livres d’histoire pour voir comment on jugera le truc dans dix quinze ans ! »
    Relire aussi les rendez-vous du passé. Les articles sur le « Péril jaune » des années 1900, par exemple. Bien peu de choses ont changé dans l’absolu de nos convictions occidentales. Simple mise en perspective.

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  3. oui, j’y penserai à l’avenir, merci pour ces conseils et votre site trés interessant…mais, à revoir ces images de la traversée de la flamme, je me dis qu’on est quand même loin du « péril jaune » (peril jeune ce serait tellement mieux ! Saint Klapish priez pour nous !) . Un truc quand même à dire : c’est que, dans l’ensemble, on a l’impression que paradoxalement, c’est plus l’occident qui « va vers », se déplace vers la Chine, et non l’inverse… et ça c’est important.La chine se comporte ici comme un pays qui de façons bizarres semble vouloir avec ces jo « s’occidentaliser » a tout prix, rentrer dans une course éfrennée d’opération séduction à l’américaine, avec sonf licage et sa
    sur promotion, qu’elle ne controle d’ailleurs même pas… plutôt que d’affirmer son identité propre avec ses valeurs, ses coutumes, surtout ses facons de se représenter son propore « état », on dirait qu’elle est pris dans un piége dont elle ne peut pas se sortir autrement que par des micros tentatives de sabotage « incontrolé » comme cette extinction de flammes. Il n’ya pas d’équivalent de jo chinois ? ca m’étonnerait franchement. Un méga mix entre les deux aurait eu plus de gueule quand même… ll n’y a pas si longtemps, avec un ami, on discutait de la chine et j’ai laché sans m’en rendre compte un « quand même les chinois sont assez nationalistes »; je me suis choqué moi même a dire ça, car ce n’était pas le terme approprié, lmais la pensée y était, je parlais des débats que j’avais eu avec de éléves sur le tibet, taiwan, les jo etc… et c’est le mot qui me vient , mais il ne convient pas, c’est un truc à trouver et qu’on ne pourra trouver que par un vrai dialogue constructif entre ces deux pays. C’es sur , les relations fanco-chinoises sont porteuses (en dehors de richesses matérielles réelles, cf les contrats Sarko ) d’uen vraie richesse ntellectuelle, un truc qui peut changer les mentalités, renverser la suprématie des etats unis…C’est d’ailleurs un terme typiquement occidental, »nation », européen. Cette histoire de « grande nations » c’est un truc typiquement européen-occidental du 19éme 20éme aussi, la chine elle parle de « provinces » ca crée une sacrée différence quand on y pense…une sorte de pensée chinoise provinciale ou de « grande banlieue du monde », de « pensée émergeante ». Et cete histoire de jo 2008, ce pourrait etre cette histoire un peu banale, balzacienne et archi revu finalement d’une grande belle provinciale qui chercherait à séduire le monde , « monter vers la capitale », une sorte de néo bovarysme pro olympique à la chinoise post moderne…

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  4. Tiens, intéressant. C’est ce que j’essayais récemment d’expliquer (en termes plus terre à terre) à des gens sur un forum il y a quelque temps. La Chine a été coupée du monde tellement longtemps, s’est pensée comme à part, séparée du reste du monde pendant tant d’année, qu’elle a énormément de mal à comprendre la complexité et l’intrication des relations internationales. Elle continue à voir tous les problèmes sous l’angle « La Chine Vs le Monde », et n’arrive pas à comprendre que toute puissance suscite la critique, que dès qu’un pays a du poids sur la scène internationale, il sera honni, attaqué, critiqué, parfois à raison, souvent à tort. Personne ne critique le Luxembourg, parce que tout le monde s’en fout… Les chinois ont encore beaucoup de mal à accepter que le traitement « normal » d’une grande nation, c’est d’être critiqué en permanence par le monde entier, et que ce n’est pas pour autant un infâme complot impérialiste anti-chinois, mais juste la marche du monde moderne.
    Depuis tant d’année, la Chine essaie d’acquérir la Puissance. Maintenant qu’elle est en passe de l’avoir, elle se rend compte (ou plutôt non, elle ne s’en rend pas compte, mais ça va venir très vite) que la Puissance ne permet pas de vivre dans la paix et la tranquilité… Mais qu’au contraire elle implique des responsabilités, des luttes permanentes, des devoirs… Qu’on exige d’elle des engagements au Darfour… Les seuls pays qui vivent « tranquillement », ce sont les pays politiquement trop insignifiants pour qu’on sache qu’ils existent, genre le Bhoutan.

    La grande question (et qui est aussi pour moi une vraie crainte) est de savoir comment le PCC saura gérer, auprès de ses citoyens, ce changement de statut : normalisation de la Chine sur la scène internationale (et de la manière dont elle se perçoit sur cette scène), ou renforcement délirant du nationalisme et de la thèse paranoiaque du complot anti-chinois ?

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  5. « que la Puissance ne permet pas de vivre dans la paix et la tranquilité…  » C’est tout à fait vrai , mais en même temps, c’est vraiment horrible ce que vous dites Monsieur Nomadz : cela revient à dire que la Chine perd une grosse partie de son identité, en tout les cas rogne sérieusement avec son image de marque millénaire de pays « calme , de sagesse et de tranquillité ». Peut-être est-elle rentrée dans une spirale et une dynamique de perte d’identitée complétement suicidaire.. ou alors elle devient un pays beau et fort, puissant avec de gros muscles gonflés a l’américaine….J’avoue que pour ma part même si il y’a une part de vraie la dedans , je reste assez mitigé sur le fond, c’est comme parler d’une expérience scientifique qui consisterait a faire une manipulation génético philosophique entre Nietszche et Lao Tseu (brrr ca fait froid dans le dos les progrés de la science !) ce qui se passe en Chine c’est çà ; Pourtant, c’est à cela que l’on assiste aujour’dhui, non ?. Vous venez de poser LA Question qui mériterait un blog a part et pourrait etre le sujet du prochain Indiana Jones : « A la recherche du pays tranquille » ! C’est ou et c’est quoi un pays « tranquille » d’ailleurs ? Et il y’a de bons tros étoiles dans le Bouthan (d’ailleurs je ne sais pas qui c’est et ou c’est surtout), de bons séjours fram et promovacances pour y aller ? Les pays en « stan »ont peut-etre de l’avenir touristique aprés tout. J’ai des amis qui sont revenus du Kazakstan enchanté !

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  6. François,

    Quand je dis « tranquille », je ne parle pas de la tranquilité à l’intérieur du pays. Je parle simplement de ses rapports aux autres pays, à l’ensemble du monde. Soit un pays se « retire du monde », et personne ne s’occupe de lui. Soit il est au centre du monde, il a une influence sur le reste du monde, et il sera sans cesse la proie d’attaques, de critiques, etc. Tout ce que je dis, c’est que la Chine a en ce moment deux rêves contradictoires : a la fois être un pays puissant et influent dans le monde, ET qu’on la laisse tranquille dans son coin, qu’on ne s’occupe pas d’elle, qu’on ne la critique pas… ou même qu’on la loue et qu’on l’admire… C’est une contradiction intenable. On ne peut pas être à la fois la Suisse et les USA.

    Ca n’a rien à voir avec une quelconque « identité chinoise ».

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  7. Je serai bref (ça change… ;o))
    Faudrait que les Chinois se persuadent que toutes ces manifs n’étaient pas dirigés contre leur PEUPLE, mais contre la clique de dictateurs qui est (hélas) à leur tête. Ce serait déjà le début d’un commencement de clarific

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  8. D’accord avec Michel Petit, mais ce qui est extraordinaire ces jours-ci, c’est que beaucoup d’entre eux ne veulent même pas entendre cela. Certains sont conditionnés à un point que je n’avais pas imaginé possible. On peut leur prouver documents à l’appui que les Français ne leur va pas du mal personnellement, non seulement ça ne les convainc pas mais ils peuvent même s’énerver devant ce qu’ils croient être une gigantesque mystification.

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  9. Eh oui… Ca me fait peur à moi aussi. Incapacité à distinguer peuples / nations / pays / Etat / individus…. Juste une grosse masse informe, « tous les autres ». Vous avez remarqué le nombre de chinois qui sont incapables de dire « je / tu « même dans une discussion normale, mais qui ne parlent que de 我们中国人 / 你们外国人 ? C’est presque inscrit dans la langue, c’est plus qu’un conditionnement social, c’est un conditionnement linguistique. Ce n’est pas pour rien que toute dictature s’attaque d’abord au sens des mots. L’endoctrinement passe par la Novlangue. J’en suis presque au stade ou je décide ou non de poursuivre une conversation en fonction de la proportion de Je / Nous dans les premières phrases… Quand ça commence par « nous », on sait tout ce qui va suivre dans les dix minutes suivantes.

    Heureusement, ce n’est pas tout le monde… Mais (et c’est peut-être plus inquiétant) c’est surtout la jeune génération… Les plus âgés ont bien plus de distance critique, après 30 de bouleversements politiques, ils savent que tout n’est jamais tout blanc ou tout noir.

    Bon, maigre consolation, c’est pas comme ça seulement en Chine. J’ai habité dans d’autres pays où on retrouvait le même phénomène d’amalgame individus / peuples. Bizarrement, c’étaient aussi des dictatures…

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  10. Ils sont marrants ces Français ! Ils demandent aux Chinois de manifester de l’esprit critique et de dire ce qu’ils pensent. Et quand ces derniers expriment leur point de vue. Les Français ne comprennent pas, et ils leur taxent des adjectifs très agréables comme « endoctrinés ». C’est charmant pour le Chinois !

    Les Français disent toujours : on ne critique pas la Chine, on critique son gouvernement. Qui sait faire la différence entre un peuple et un gouvernement ici ? Quand on veut boycotter des produits Made in China, on veut en fait boycotter les produits du gouvernement ?? Et quand des entreprises occidentales réalisent la moitié des exportations comptables chinoises, on dit tout simplement que ce sont des exportations chinoises, par ricochet, nos problèmes commerciaux sont causés par les chinois.

    Quand la presse s’active contre ces “chinois” qui “envahissent” le Tibet, fait-elle une distinction entre les différentes ethnies chinoises ? une distinction enter le peuple et le gouvernement ? Ne peut-on pas lire à travers le discours de la presse une idée ancrée dans l’inconscient collectif français, dont la validité n’est que relative: une nation, c’est un peuple, et un État. Donc la Chine c’est selon la presse un empire, dont les colonisateur sont des hans, et tous les autres détenants un passeport chinois sont des victimes de l’oppression chinoise. D’ailleurs, la presse aime faire la distinction entre chinois et tibétains, et pourtant, personne ne fait la distinction entre français et corses, ou alsaciens.

    Les Chinois ne sont pas les seuls à être dégoutés de la stigmatisation anti-chinoise. Je peux également citer des Occidentaux, comme par exemple Domenico Losurdo, célèbre philosophe et historien italien. Je rappelle ici son texte :

    « Contre le racisme anti-chinois

    Une campagne indigne de démonisation de la République populaire de Chine est en cours.

    Une campagne indigne de démonisation de la République populaire de Chine est en cours. A la direction et à l’orchestre sont les gouvernements et les organes de presse plus que jamais décidés à avaliser le martyr interminable du peuple palestinien et toujours prêt à déchainer et approuver les guerres préventives comme celle qui, en Irak, a déjà provoqué des centaines de milliers de morts et des millions de réfugiés.

    Ils agitent la bannière de l’indépendance (camouflée sous le terme « d’autonomie ») du Tibet, mais si cet objectif était obtenu alors on verrait le même mot d’ordre lancé aussi pour le « Grand Tibet » (un territoire trois fois plus vaste que le Tibet proprement dit) et puis pour le Xinjiang, pour la Mongolie extérieure, pour la Mandchourie et pour d’autres régions encore. La réalité est que dans son projet fou de domination planétaire, l’impérialisme vise le démembrement d’un pays qui depuis plusieurs siècles s’est constitué sur une base multiethnique et multiculturelle et qui voit aujourd’hui cohabiter 56 ethnies. Ce n’est certes pas le Tiers monde qui promeut cette croisade, lui qui regarde la Chine avec sympathie et admiration, mais l’Occident qui à partir de la guerre de l’opium avait précipité le grand pays asiatique dans le sous développement et dans une immense tragédie, de laquelle un peuple, qui représente le cinquième de l’humanité, a pu finalement sortir

    Sur la base de mots d’ordre analogues à ceux qui sont hurlés contre la Chine, on pourrait promouvoir le démembrement de nombreux pays européens : parmi lesquels l’Angleterre, la France, l’Espagne et par dessus tout l’Italie où ne manque pas les mouvements qui revendiquent la « libération » et la sécession de la Padanie.

    L’Occident, qui se pose en Saint Siège de la religion des droits humains, n’a pas eu une parole à propos des pogroms antichinois qui, le 14 mars à Lhassa, ont coûté la vie à des civils innocents et parmi eux des vieillards, des femmes, des enfants. Pendant qu’il proclame être à la tête de la lutte contre le fondamentalisme, l’Occident transfigure de la manière la plus grotesque le Tibet du passé (fondé sur la théocratie et sur l’esclavage et sur le servage de masse) et se prosterne devant un Dieu-roi engagé à construire un Etat sur la base de la pureté ethnique et religieuse (même une mosquée a été prise d’assaut à Lhassa) en annexant à cet État des territoires qui, oui, sont habités par des Tibétains, mais qui n’ont jamais été administré par un Dalai Lama : c’est le projet du Grand Tibet fondamentaliste cher à ceux qui veulent mettre en crise le caractère multiethnique et multiculturel de la République Populaire Chinoise pour pouvoir mieux la démembrer.

    Au début du 20ème siècle en Chine, à l’entrée de la concession occidentale était bien visible l’écriteau « entrée interdite aux chiens et aux Chinois » ; Cet écriteau n’a pas été enlevé, il a seulement subi quelques modifications, comme le démontre la campagne visant à saboter ou à entraver de quelques manière que ce soit les Jeux olympiques de Pékin : « entrée des Olympiades interdites aux chiens et aux Chinois ». La croisade anti-chinoise en cours est en pleine continuité avec la longue et infâme tradition impérialiste et raciste.

    Si vous souhaitez dénoncer la campagne contre la chine, vous pouvez joindre à la signature : http://www.appellocina.blogspot.com/ « 

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  11. Nicolas, je ne sais pas si votre discours parle à un Chinois (j’imagine que oui), mais pour un Français de base comme moi, il est vraiment absurde…

    (Tellement, même, qu’à l’heure d’argumenter les forces me manquent… Qu’est-ce que ça veut dire, par exemple, « Qui sait faire la différence entre un peuple et un gouvernement ici ? » Tout le monde sait faire cette différence…)

    Tout à coup, je perçois mieux l’intense sentiment de solitude que doit éprouver Guillaume en parlant à ses élèves…

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  12. …à l’entrée de la concession occidentale était bien visible l’écriteau « entrée interdite aux chiens et aux Chinois »
    C’est faux, historiquement parlant. Les historiens de Shanghai ont prouvé que cet écriteau était une invention. Cela n’enlève rien à l’impérialisme et au racisme scandaleux qui prévalaient dans les concessions étrangères, mais l’historien ne doit pas véhiculer les erreurs et les manipulations.
    Nicolas dit : « D’ailleurs, la presse aime faire la distinction entre chinois et tibétains, et pourtant, personne ne fait la distinction entre français et corses, ou alsaciens. » Mais les Chinois, quand ils disent « nous les Chinois », « nos traditions », pensent-ils à des traditions ouighours, tibétaines ? Ils disent d’eux-mêmes qu’ils ne sont pas nomades et pas colonisateurs, donc ils ne se voient pas comme mongols non plus. Lors des événements au Tibet, la presse chinoise n’a jamais dit que des Chinois avaient agressé d’autres Chinois.

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  13. A l’époque des traités inégaux, les critères ethniques sont quelques choses de très courants. Au Vietnam par exemple, les Vietnamiens n’ont pas le droit d’accès au batiment publique. Au début du siècle, la Chine se voit dépecée par les puissances occidentales. Ces dernières disposent sur le territoire chinois de concessions sur lesquelles s’exerce leur souveraineté. Au fronton de ces concessions, s’affiche l’écriteau : « interdit aux chiens et aux chinois ». Je suis curieux de connaître vos références, parce que ce que je viens de dire, c’est le témoignage de nombreuses personnes. Ainsi le poète Zao Wou-Ki nous a dit qu’il se souvient parfaitement de cet écriteau : son père était banquier et travaillait dans les concessions étrangers. Il venait voir son père dans ces concessions. Je peux également citer le témoignage d’Yves Farge, « Témoignage sur la Chine et la Corée ».

    Oui, quand les Chinois disent « nous les Chinois » ils pensent effectivement aux tibétaines et aux autres minorités. Le tibétain est l’une des cinq langues chinoises sur les billets de banque, et à ce titre sculpté comme les autres sur les monuments. L’astrologie chinoise est en réalité l’astrologie tibétaine. La notion « être chinois » n’est pas ethnique, ni géographique. Je vous rappelle que le plus grand poète cinois, Li Po, vient du nord, de la Sibérie. Selon Si Ma Qing, la grande dynastie des Zhou vers le X° siècle avant JC n’était pas d’origine Han mais nomades des steppes. La Chine est un pays multi-ethnique. Les Chinois ont l’habitude d’utiliser certains termes pour se désigner entre eux. Les Hans désignent les Chinois du nord, les Tangs les chinois du sud, etc.

    Sur les JO, ce qui s’est passé à Paris, c’est le dindon de la farce ! Bien sûr, il y a des manifestants à Londres et à San Francisco. Mais les autorités anglaises et américaines savent ce que signifie hospitalité en recevant l’hôte olympique. Les incidents de San Francisco et à Londres sont sans commune mesure avec la pantalonnade parisienne. En ce moment ont lieu des manifestations lycéennes un peu partout en France. La France se montre capable d’assurer la sécurité pour que ces manifestations se déroulent dans le calme. Les péripéties de la flamme olympique à Paris me laissent songeur à l’image des athlètes français injuriés et bousculés qui se sentent pris en otage, faisant les frais de problèmes politiques qui les dépassent largement. Je viens d’apprendre que le passage de la flamme olympique dans la capitale argentine s’est déroulé sans encombre. Prochaine étape : la Tanzanie. On voit que le reste du monde, l’Amérique latine, l’Afrique et l’Asie ne sont vraiment pas sur la même longueur d’onde. Les Français auraient intérêt à s’intéresser à la planète ailleurs que leurs médias devenus simple relais de la propagande.

    Pour connaître réellement le sentiment des Chinois, je vous suggère de lire cette lettre d’indignation de Jingping :

    « Le mot « indignation » est souvent entendu dans la radio, ça me paraît un peu trop fréquent. Mais pour une fois, ce mot peut me servir aussi, vis-à-vis des « manifestants » qui ont perturbé le passage de la flamme à Paris! C’est la honte à la France, une tâche sur Paris!

    Depuis lundi matin, les infos sur ce qui se passe à Londres commence à me donner un peu d’inquiétude. Mais j’imagine toujours qu’à Paris ça va mieux se passer. Pourquoi? Parce qu’il y a moins de dissidents et les Français m’ont l’air plus compréhensifs que les Anglais. Mais finalement non, ils n’ont rien compris, tout mélangé. Ce qu’ils ont fait à Paris c’est « quelque chose d’incorrect, d’une mainière incorrecte, au moment incorrect et à l’endroit incorrect, surtout pour une cause incorrecte »! En tant qu’une chinoise ordinaire, je n’accepte pas, pas du tout!

    Comment peuvent ces monsieurs être si confidents et se croient avoir le droit de décider pour le monde entier et dire « non » au passage de la flamme! Le JO n’est pas seulement attribué au gouvernement chinois, mais il est un événement pour le peuple chinois, sans parler du monde entier. Avez-vous vu la déception totale en 1994 quand CIO ont prononcé Sydney au lieu de Beijing pour les JO 2000? Les gens ont pleuré à la gare, devant le grand écran. J’étais au lycée, j’ai attendu cette annonce toute la nuit (raison de décalage d’horaire entre Monaco et Beijing), et je n’oublirai jamais les visages pleurant qui disaient: »Nous allons le faire, un jour! » Peut être 1994 est un peu trop loin pour ces homes pressés d’aller chercher, regardez 2002 la joie nationale quand « Beijing » est prononcés! Une fête nationale, sans être dépassé par la nuit où la France a gagné le coupe de monde !! Il n’y a pas que le gouvernement!!! Vous n’avez sûrement pas rencontré le papi de 80 ans qui se mettait à l’anglais, pour « bien accueillir les amis étrangers et parler avec eux »! Tout cet enthousiasme et accueillance des petits Chinois ont été baffoués par les Grands Seigneurs des droits de l’homme!! Mais vous ne comprenez rien du tout.

    Déjà, j’ai assisté un peu la manifestation « xxxx » à Marseille un samedi après-midi mars. J’ai préféré mettre « xxxx » car au final, je n’ai pas compris la cause ultime de cette manif: on voit les drapeaux tibétains, la manifestation s’est terminé par une messe tibétaine, mais certains participants ont dit qu’ils ne supportaient pas les Tibétains mais ils manifestaient « contre la massacre en Chine ». Et encore d’autres n’étaient même pas sûr qu’il y aie des répressions à ce moment au Tibet mais ils manifestaient pour la transparence des information en Chine. ça fait déjà 3 causes complètement différents pour une manif (ça fait un peu trop, non) mais c’est pas grave, on se mélange. De toute façon, plus qu’on est nombreux, mieux on rigole. Les Français aiment beaucoup la manif! Finalement ceux qui ont crié le plus fort ont parlé pour ses opposants peut être majoritaires qui ont restés au calme, même on ne sait pas ce qu’ils crient exactement.

    C’est toujours facile de critiquer les autres. Mais un pays avec une croissance annuelle soutenu de 2 chiffres, surtout avec une stabilité interne pendant au moins 20 ans ne mérite pas l’organisation des JO? Vous hurlez partout le droit de l’homme, mais qui a fait nourrir 1.6 milliards des hommes, sans faire la guerre ni aller cambrioler les autres? C’est vrai qu’on a encore beaucoup de progrès à faire, mais la Chine n’est sûrement pas le pire élève sur le droit de l’homme! Mais maintenant, en profitant des JO, vous crieez comme si c’est un enfer en Chine avec que de répression et torture, c’est idiot et pas du tout acceptable!

    Depuis les émeutes de Tibet, il est vrai que la Chine manque encore d’expérience sur la gestion des événement crise et il en manque la transparence d’information. Mais il ne faut pas les mélanger avec la répression et « massacre »!! Ces braves monsieurs sont en train de faire une équation:
    Présence militaire + interdiction aux journalistes étrangers = massacre + répression! Par conséquent, on crie le loup comme des malades! Mais non, il suffit de regarder un peu en arrière pour comprendre que cette équation ne marche pas. Depuis 1949 sa création, le gouvernement communiste n’a pas beaucoup bénéficié des analyses objectives des médias étrangers. Chaque fois quand il y a un événement politique, la façon de faire habituelle est de remercier les journalistes étrangers (aussi pour avoir moins de souci sur leur propre sécurité) et l’on se concentre à l’intérieur. Je ne vais pas, pour le moment, entrer à juger c’est bien ou non cette façon de faire. Mais les fonctionnaires chinois, conventionnels comme ils sont, n’ont surtout pas envie de faire « innovation » à ce moment critique en se risquant d’être attaqué par son supérieur. C’est peut être trop mou, mais on « nettoie » encore une fois les journalistes « qui risque de mal-interpréter » pour une simple raison d’administration et habitude. C’est peut-être une façon de faire obsolète, le gouvernement doit évoluer leur méthodes. Mais ça ne veut pas dire que d’emblée que c’est la massacre. On ne peut pas mélanger la transparence d’information et modernisation de gouvernance avec la massacre et répression.

    J’ai du travail et je n’ai pas de temps d’aller faire une manifestation « anti-RSF ». Et ce n’est pas dans ma nature d’aller crier tous les 15 jours dans la rue. Mais je prends un peu de temps à réfléchir tranquillement. le JO est considéré par le gouvernement Chinois une occasion de montrer l’image positive et prospers de la Chine actuelle. C’est le moment de se faire belle et confiant et zen et tout ce qu’on veut. Les Tibétains sont toujours une éthnique courageuse, qui n’accepte pas la violence car ils peuvent être encore plus violents. Qui est aussi idiot de s’amuser d’aller perturber / massacrer les Tibétains et se créer des objets pour les autres à pointer du doigt? Un tel événement qui est organisé partout spontanément, c’est sûrement bien plannifié par certaines personnes, un « beau cadeau pour la JO de Beijing ». Quand ils niaient un « otage » de JO, pourquoi ils ont choisi ce moment? De plus, il est prouvé que certains journalistes ont biaisé la situation, même trafiqué certains photos (CNN par exemple). ça aurait dû être une scandale avec l’habitude de France Info, mais bizarrement, juste un petit titre de passage et puis c’est fini.

    Nous les Chinois, on est jugé « trop nationaliste » (tout est relatif, c’est peut être bien vrai et on s’est fait déjà critiqué par la presse étrangère d’être « aveugles », mais c’est comme ça!). Dans cette chaîne d’événements, le gouvernement Chinois a fait aussi des bêtises plus ou moins graves. Le gouvernement n’est pas encore assez mature de faire face à beaucoup de problèmes. Mais différente à la France, la force de Chine n’est pas critiquer les autres, mais « auto-critique ». On évolue sans fanfare, on progresse avec les événements, on apprend par les fautes, erreurs et bêtises, malgré que la vitesse des progrès n’aie apparemment pas satisfait aux Seigneurs de RSF. On va continuer à faire des conneries, mais on avance à notre pas. Les gentils monsieurs de RSFs et tous les autres, laissez-nous choisir notre régime, laissez-nous décider notre affaires, laisser-nous avancer à notre pas, laisser-nous construire notre démocratie, et à priori laissez-nous faire la fête tranquillement et vous êtes aussi bienvenus si vous restez sages. Les conseils, critiques, contestations, tout tout tout, on les écoutent quand ils sont bien réfléchies, peut-être on les adoptent quand c’est constructifs. Mais les emmerdements ne seront jamais acceptés!

    Encore un dicton chinois : 走自己的路,让别人说去吧 (continue mon chemin et laisse les autres parlent.) Les petits Chinois ont toujours des inquiétudes sur la « différence culturelle » et ne pas être compris par les étrangers avec notre histoire hyper longue (=lourde parfois) et un système social de caractère communiste (c’est aussi une des raisons pour faire le JO, mais à un certains dégré, on a raison quand même). Mais ce n’est pas une raison de se bloquer ou fermer la porte. Je supporterai la flamme de JO 2008 tout le long de son chemin jusqu’à Bejing!

    Jingping

    PS: Et après, si jamais je m’ennuie dans la vie (par example n’aura rien à faire à part attendre une CAF qui tombe chaque mois), je vais peut-être organiser une organisation « anti- RSF » ou « Pro-corse » et on va faire des manif partout, à la française ».

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  14. Je poste ici cet éclairage de Nicolas Zufferey (professeur en langue et civilisation chinoises à l’Université de Genève) pour le quotidien suisse Temps. Je ne suis pas tout à fait d’accord avec son analyse, mais je l’envoie pour donner différents points de vue :

    « Dans les colonnes du journal Le Temps du 31 mars, un juriste chinois de Genève, M. Zhang Yafei, affirme que «la théorie de l’Etat-nation, culture ethnique des Etats européens, n’est pas un modèle universel»; la Chine serait un type d’Etat différent, de nature géographique et non nationale, et les Occidentaux se tromperaient «en donnant à une notion géographique une coloration ethnique». La Chine étant pluriethnique, le Tibet y trouverait en quelque sorte naturellement sa place. Cette idée reprend un argument fréquemment mis en avant par les autorités chinoises pour justifier leur mainmise sur les régions périphériques du pays.

    M. Zhang et les propagandistes du régime ont raison sur un point: la Chine n’est pas un Etat-nation. Mais ils se trompent sur un autre: les Européens ont connu ce modèle plurinational durant leur histoire. Ce modèle porte même un nom bien connu – celui d’«Empire». La Chine actuelle est un Empire pluriethnique, au même titre que l’étaient l’Empire romain ou l’Empire napoléonien, par exemple.

    Le fait qu’on ne trouve plus formellement d’empereur à la tête de cet Empire ne change rien sur le fond; M. Zhang reconnaît d’ailleurs implicitement la continuité avec l’Empire chinois, puisqu’il fait plusieurs références à l’histoire impériale dans son article. Ce faisant, il reprend l’un des artifices favoris du Parti communiste chinois: il est d’ailleurs piquant qu’un parti révolutionnaire, qui tire une partie de sa légitimité de son rejet de la Chine impériale, s’appuie si souvent sur l’histoire de celle-ci pour justifier sa politique actuelle.

    La réaction de M. Zhang est instructive à plusieurs égards: premièrement, il est vraisemblable que M. Zhang soit de bonne foi dans son indignation, tout comme le sont une bonne partie des dirigeants chinois. Cette bonne foi doit être prise en compte, ne serait-ce que pour des raisons stratégiques, parce qu’elle compte dans les relations entre Pékin, Lhassa, et les pays occidentaux: lorsque les Chinois se sentent accusés injustement ou trahis par nos médias, il ne faut pas y voir que de l’hypocrisie ou de la tactique.

    Deuxièmement, le patriotisme intransigeant de M. Zhang («La Chine a raison de résister aujourd’hui et continuera sa résistance demain et nous, tous les Chinois, où que nous vivions, la soutenons de tout notre cœur et de toutes nos forces.») se retrouve chez une grande majorité de Chinois. Les Occidentaux simplifient énormément les choses, quand ils opposent radicalement le gouvernement chinois et son peuple, imaginant qu’il suffirait d’informer ce dernier pour qu’il soutienne à son tour la cause tibétaine.

    Même lorsqu’il est relativement bien informé, l’homme de la rue, en Chine, reste persuadé que le Tibet fait partie de «la même famille chinoise»; il juge partiaux les Occidentaux, qui selon lui déforment les réalités, et injustes les Tibétains, qui ne témoigneraient pas d’une reconnaissance suffisante vis-à-vis du grand frère Han. Sous-jacente bien entendu, l’idée d’une supériorité de la civilisation chinoise, idée qui elle aussi peut être rapprochée des doctrines qui légitimaient l’impérialisme et le colonialisme européens au XIXe siècle. Et, comme au XIXe siècle dans les discours occidentaux, les représentations chinoises des minorités ont des relents de paternalisme – l’imagerie officielle montre volontiers un expert Han (chinois) instruisant des autochtones, souvent des femmes et des enfants dans leurs habits traditionnels. Ces conceptions peuvent paraître d’un autre âge, mais on ne saurait les oublier, parce qu’elles pèsent peut-être autant que la force sur les relations sino-tibétaines.

    Sur la question du Tibet et des droits de l’homme, les Chinois reprochent aux Occidentaux et à leurs médias leurs manipulations et leur hypocrisie. Reconnaissons qu’ils n’ont pas tout à fait tort. Les Occidentaux, qui se posent en donneurs de leçons, devraient balayer devant leur porte avant de faire la leçon au monde. D’un point de vue chinois, les Occidentaux ont la mémoire courte: l’impérialisme occidental a été agressif et conquérant (beaucoup plus que l’impérialisme chinois), et les Chinois en savent quelque chose, puisqu’il a fortement marqué leur histoire. Rappelons qu’il y a à peine plus d’un siècle les Européens interdisaient aux chiens et aux Chinois les parcs de Shanghai; cela, les Chinois ne l’ont pas oublié. Et les Occidentaux ont parfois les oreilles bouchées: les Indiens des Etats-Unis, les Aborigènes en Australie, sans parler des groupes minoritaires dans une bonne partie des Etats européens, doivent pourtant fortement grincer des dents aujourd’hui… On ne dira rien ici du sort fait aux populations migrantes africaines, dans le sud de l’Italie ou ailleurs, ou des justifications de la torture par un président américain.

    A ces critiques contre l’Occident, très présentes en Chine, on pourrait en ajouter d’autres, notamment quant à la sincérité de certaines dénonciations, de la part de dirigeants qui en réalité songent avant tout à ne pas se mettre à dos la Chine et son gigantesque marché. Le grand public est sans doute plus sincère, mais ne fait guère dans la nuance, et donne parfois l’impression de s’acheter une bonne conscience à bas prix; et une minorité paraît animée par la vieille peur du «péril jaune», voire par des formes primitives de sinophobie.

    Ajoutons que les Occidentaux ont parfois la vue brouillée: comparer la Chine d’aujourd’hui à l’Allemagne de 1936, ce n’est pas seulement injuste, c’est aussi irresponsable, parce que ce n’est pas ainsi qu’on pose les bases d’un dialogue utile avec ce pays. La Chine n’a certes pas un bon bilan en matière de droits de l’homme, au Tibet encore moins qu’ailleurs; mais, en l’espèce, les jugements doivent être objectifs et mesurés.

    Tout d’abord, il convient de rappeler, car c’est un résultat remarquable, l’amélioration spectaculaire des conditions de vie de centaines de millions de personnes en Chine, et ce en un temps record; rappelons que, du point de vue chinois, manger et trouver un travail sont les premiers des droits de l’homme. Si on ne peut mettre entièrement cette réussite au crédit du Parti communiste, celui-ci l’a au moins favorisée.

    Deuxièmement, contrairement à ce qu’on lit ou entend quasiment quotidiennement, si le régime chinois demeure autoritaire, il n’est plus totalitaire; l’Etat se désintéresse complètement, et parfois même à l’excès, de nombre d’aspects de la vie de la population. La presse n’y est certes pas libre, l’information est souvent manipulée, et des journalistes croupissent en prison pour avoir négligé l’autocensure; mais elle n’est pas muselée non plus: elle est intéressante (ce qui déjà est bon signe – à titre de comparaison, pour un exemple de presse totalitaire indigeste, je suggère le Pyongyang Times), elle aborde franchement les problèmes sociaux, et même dénonce de manière relativement directe toutes sortes de dérives. La littérature chinoise actuelle est beaucoup plus libre encore que la presse – dans le cas inverse, ses traductions n’auraient pas tant de succès en Europe aujourd’hui.

    Le système politique lui-même évolue: pour ne prendre qu’un exemple, qu’on ne mentionne jamais en Occident, les Chinois des campagnes élisent depuis les années 1980, de manière relativement démocratique, leurs comités de village; en 2006, on considère que 80% des villages auraient élu ainsi leurs comités – ce qui représente plus de 600 millions de votants. Ce système n’est de loin pas parfait, mais tous les experts le considèrent comme une évolution positive. La Chine a encore beaucoup à faire en matière de droits de l’homme, mais le chemin parcouru, depuis quelques décennies, est tout de même à relever.

    Les incohérences et les simplifications occidentales n’excusent évidemment pas la répression au Tibet, et ne justifient pas la présence chinoise sur place. Laissons de côté les arguments historiques ou juridiques, très contestables, mis en avant par la propagande chinoise pour justifier l’appartenance du Tibet à la Chine. Ils ne comptent de toute façon pas face au bilan, globalement négatif, de l’occupation chinoise: les centaines de milliers de morts de la famine pendant le Grand Bond en avant, et les innombrables destructions pendant la Révolution culturelle pèsent infiniment plus que les millions de yuans investis par le gouvernement chinois depuis, ce d’autant que ces investissements répondent souvent à des objectifs stratégiques ou économiques, et ne bénéficient pas toujours aux Tibétains eux-mêmes.

    Notons cependant que le grand public ou les médias occidentaux se trompent souvent sur deux points: premièrement, le Tibet n’a jamais été ce paradis pacifique suggéré par Hergé ou Cosey, et il vaut sans doute mieux y vivre aujourd’hui qu’avant 1950 – il est vrai qu’on y vivrait peut-être moins mal encore si le Tibet avait connu une histoire différente au XXe siècle. Et, deuxièmement, les Chinois n’ont pas pratiqué de génocide au Tibet: le but n’a jamais été d’éradiquer un peuple, mais les «vieilles traditions» (ce qui est déjà suffisamment grave), et les Chinois (les Han) eux-mêmes ont énormément souffert des convulsions politiques de l’époque maoïste.

    Contrairement à l’optimisme du CIO, l’organisation des Jeux olympiques a conduit à une péjoration de la situation des droits de l’homme en Chine; cela était d’ailleurs prévisible, tout devant être sacrifié à la réussite des Jeux. A moyen terme, cependant, on peut espérer que la Chine améliore également son bilan dans ce domaine.

    Les dirigeants chinois ne sont pas des monarques bananiers; ils sont souvent très compétents et se soucient du bien-être de leur population; leur but est moins de tout contrôler que d’éviter une contestation trop menaçante, et surtout le désordre. Et ils apprennent vite: il ne leur a fallu que deux décennies pour maîtriser les règles de l’économie de marché, et cette extraordinaire faculté à apprendre leur sera utile dans d’autres domaines.

    Les cadres du Parti devront comprendre qu’une bonne image compte dans les relations internationales, et que si la situation ne s’améliore pas au Tibet, la situation deviendra tout simplement intolérable. Rien dans la culture chinoise n’empêche une évolution positive dans le domaine des droits de l’homme. Après tout, un autre Etat de culture chinoise, Taïwan, a été très récemment qualifié de «phare de la démocratie en Asie» par un spécialiste en la matière, le président G.W. Bush, qui pour une fois n’a pas tort.

    Il faut que le Parti communiste chinois comprenne qu’il est dans son intérêt d’accorder une véritable autonomie, culturelle, religieuse, et politique, au Tibet. Mais ce parti ne cédera pas à des pressions jugées vexantes ou injustes, et en cela, il est largement soutenu par sa population. Un boycott, sous quelque forme que ce soit, serait non seulement inutile, mais contre-productif: le peuple chinois se sentirait humilié, et ferait bloc derrière son gouvernement, qui aurait beau jeu de brandir plus haut encore le drapeau du patriotisme et du nationalisme. Comme on le sait, les régimes autoritaires ne détestent pas les ennemis du dehors.

    Sur la question de l’indépendance, le Parti communiste chinois ne cédera pas; le dalaï-lama lui-même, qui connaît bien la question, ne demande qu’une réelle autonomie. C’est dans ce but qu’il faut peser sur les autorités chinoises, avec fermeté et cohérence, mais sans provocation inutile et sans arrogance. Les pressions sont nécessaires, mais elles ne doivent pas entraîner la rupture du dialogue; l’histoire récente montre que l’isolement, sous quelque forme que ce soit, a été catastrophique pour les populations chinoises.

    Si les Européens ou d’autres veulent créer les conditions d’une véritable discussion entre Chinois et Tibétains, ils doivent instaurer un climat de confiance. La priorité demeure le sort du peuple tibétain, mais nul ne pourra aider ce dernier sans appréhender d’abord le problème dans toute sa complexité, en essayant de comprendre aussi les positions chinoises – ce qui ne signifie pas qu’il faille les accepter. Il faudra un dialogue inscrit dans le long terme, bien au-delà des Jeux olympiques et de leurs projecteurs; il faudra peut-être privilégier la discrétion des coulisses au tapage médiatique.

    La Suisse, moins liée aux grandes puissances, et directement concernée en raison de l’importante communauté tibétaine qui séjourne sur son sol, pourrait jouer un rôle, par exemple en organisant des rencontres entre les autorités chinoises et le dalaï-lama dans son ambassade de Pékin. Car il faudra bien qu’un jour les principaux acteurs de cette crise se retrouvent à une table de négociations ».

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  15. Je sais que ce que je vais dire n’est pas très constructif, et que je ferais sûrement mieux de me taire, mais je dois dire que ça faisait longtemps que je n’avais pas « communiqué » avec qq d’aussi violent et borné que Nicolas. On sent que tout dialogue est impossible, que l’amour-propre est à vif, que tout est ressenti comme une offense et un outrage, et que s’il avait un peloton d’exécution sous la main il ne faudrait pas le pousser beaucoup pour qu’il en fasse usage.
    Je suis profondément heureux de ne pas être chinois et de ne pas être confronté à cette violence au quotidien, c’est vraiment étouffant.

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  16. Je reste pantois sur l’imbécilité des commentaires de nos expats français. Je lis les journaux du monde entier. Partout, on est persuadé que les États-Unis sont les promoteurs de la crise tibétaine. C’est bien les États-Unis qui ont reçu le Dalaï-Lama. Les États-Unis se sont débrouillé de faire porter la responsabilité de ces manifestations à la France. Et ils ont manifestement réussi. Et nos élites médiatiques et politiques n’ont rien vue venir. Et ça continue de faire semblance : Sarkozy continue son cinéma en exigeant le dialogue entre Pékin et le Dalaï-Lama. Les médias et la police français a tout fait pour tolérer l’indignité imbécile. Les élus ont dressé les drapeaux tibétains sur les mairies. Je n’ai pas rappelé que la France s »est autorisée à de pareils comportements lors de la guerre en Irak. Il n’y a pas eu de drapeau irakienne dressé sur les mairies.

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  17. Depuis quand les médias auraient le pouvoir de s’opposer à des manisfestations, aussi incongrues ou pertinentes soient-elles?
    Quand à la police, devait-elle fusiller les manifestants sur place?

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  18. En ce qui concerne l’usurpation, ça ne trompe personne ! Il n’y a qu’un seul Nicolas. Et si on usurpe son pseudo, on essaye au moins de se comporter aussi intelligemment que lui.

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  19. Nicolas (le vrai), enlevez ce masque ridicule. Je suppose que vous êtes damien ou Mart ? Vous croyez vraiment qu’on va vous prendre pour moi ? C’est complètement idiot !

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  20. Moi, je trouve que les textes de Nicolas, de Jingping et de Zufferey sont intéressants et nécessaires. On pourrait redire des tas de choses sur ce que dit Jingping, mais on peut quand même repèrer ce qu’ils nous apportent.
    Au fond, j’ai l’impression qu’on est typiquement dans un conflit de type « post-colonial », avec la contestation du bien-fondé de la critique humaniste universaliste donc hégémonique ( critique qui provient des anciennes nations impérialistes, ne l’oublions jamais ), au nom d’une souveraineté nationale et d’une culture qui tendent à s’affirmer contre les valeurs occidentales.
    De ce point de vue, la référence à l’écriteau des concessions « interdit aux chiens et aux Chinois » révèle que l’arriere-plan reste bien celui d’un conflit post-colonial fantasmé ; dire qu’il s’agit d’une réaction puérile du peuple chinois, qui n’accepterait pas le regard extérieur critique de l’Occidental, c’est aussi négliger le poids du passé dominateur de l’Occident. Ce qui est particulier là-dedans, c’est que la Chine n’a pas été réellement colonisée, on n’est pas en Afrique ou en Inde, et le schèma post-colonial ne s’applique donc que de maniere plus ou moins fantasmatique ( mais c’est toujours le cas et ça n’empêche pas que le fantasme existe ).
    (tout ça c’est, c’est un peu de la langue de bois, j’en suis conscient, mais je m’entraîne pour plus tard.)

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  21. Le 14 mars dernier, des moines tibétains et des sicaires du dalaï Lama ont commencé un progrome féroce dans Lhassa, la capitale du Tibet, en incendiant plus de trois cent commerces, édifices (et parmi eux sept écoles et six hôpitaux), le marché Chomsigkang, la centrale électrique de la cité, les bureaux du journal du Tibet, et des dizaines de véhicules saccagés et détruits dans une orgie raciste dirigée contre les Chinois Han, les commerçants musulmans et chinois tibétains qui s’opposaient à la violences des sicaires du Dalaï Lama. La provocation était parfaitement préparée, et nous savons maintenant( grâce aux investigations des journalistes) que le calandrier et les actions ont commencé à être organisées il y a pratiquement un an dans le « gouvernement en exil » que dirige le DalaÏ Lama, avec l’aide du gouvernement nord-américain . Une des principaux responsables du Département d’Etat dirigé par Condolezza Rice (la sous secrétaire d’Etat pour les affaires mondiales et coordination spéciales des Affaires Tibétaines, Paula J.Dobriansky, une dure des néocon du cercle de Bush et Cheney) a participé activement dans la planification et la coordination de la provocation et des manifestations, qui après furent supervisés par les services secrets nord-américains.

    Les scènes de lynchage, l’incendie d’un commerce dans lequel cinq jeunes travailleuses moururent brûlées et d’autres faits semblables laissèrent un panoram désolé dans la capitales du Tibet , et ont causé dix neuf morts (dix huit civils et un policier). James Miles, journaliste de la revue britannique The Economist, qui était à Lhassa le 14 mars, a rapporté que les partisans du Dalai Lama avaient causé d’extrêmes violences et étaient les auteurs du pillage, mais ses paroles tombèrent dans l’oreille d’un sourd. Malgré l’abondance des images de moines tibétains détruisant et abattant les édifices (qui n’ont pas été montrés par les grands moyens d’information occidentaux) et malgré les confessions ultérieures des provocateurs après leurs arrestations, tout fut inutile : la provocation était lancée, et l’information a été déformée par la presse internationale dans une campagne mondiale, avec un cynissme atterrant, pour rendre responsable le gouvernement chinois des désordres et des meurtres causé par le progrôme organisé par les sicaires du Dalaï lama. .

    La campagne internationale, pleine de mensonges flagrants qui se nourrissent les uns des autres, a utilisé les chiffres du dalaï lama (qui au comble du culot et de la contradiction a parlé de 140 morts, et aussi de plusieurs centaines) pour alimenter une campagne hystérique contre la Chine. Le 25 mars, le Dalaï présenta une liste de noms de quarante personnes qui, censément , sont mortes sous les coups de la répression policière. En réalité, et comme cela a pu être vérifié depuis, la majorité des noms représentaient des gens inexistants, et dans certains cas, les autorités chinoises ont démontré que ces personnes étaient parfaitement en vie dans leurs monastères. Certains mensonges de la presse internationale furent si grossiers qu’ils en arrivèrent à diffuser des supposées images capturées par satellites des services britanniques qui « démontraient » que les progrômes de Lhassa auraient été causés par l’armée chinoise. Une des photographie diffusée massivement par internet, dans laquelle on voyait des soldats chinois, certains avec des tuniques bouddhistes dans la main, fut utilisée comme « preuve » de ce que les troubles a&vaient pour origine l’armée chinoise qui aurait déguisé ses membres. En réalité la photographie faisait partie du tournage d’un film et avait été prise en septembre 2001, comme en témoignaient les uniformes des soldats différents aujourd’hui de ceux de l’époque.
    Mais cela importait peu, les scènes prises au Nepal ou en Inde furent utilisées pour illustrer la « répression chinoise ». Pour autant, la grande majorité des moyens de communication internationaux n’ont pas rectifié les informations fausses, ni démentis leurs premières nouvelles, ni demandé pardon à leurs lecteurs. .

    Avec le mensonge répandu sur la planète, amplifié par les télévisions et les journaux (les journeaux nord-américains sont arrivés à parler de mille morts), le second acte fut l’organisation de manifestations durant le passage de la torche olympique, itinéraire qui fut aussi pavé de mensonges. Le premier fut en Grèce, après à Londres : de médiocres manifestations furent élevées à la catégorie de nouvelle internationale et répétées jusqu’à satieté, de sorte que la provocation d’un petit nombre de personnes a servi à alimenter le grand mensonge d’inexistantes « massives manifestations internationales ». .

    A Paris, la presse conservatrice internationale décdrivit « le déploiement sans précédent » de la police pour « protéger » la torche. En réalité, à peine un groupe de personnes, activies antichinois et mercenaires de Reporters sans Frontières, perturbèrent le passage allant jusqu’à molester une sportive chinoise handicapée Jin Jing, que tenait la torche pendant qu’elle se déplçait dans sa chaise roulante. Pour antant cette aggression fut passée sous silence. En réalité il y eut une passivité complète des autorités françaises et de la police pour que l’avancée de la torche fut bloquée :tout à été fait pour gonfler la baudruche de la supposée « mobilisation pour le Tibet ». .

    La manipulation et le mensonge suivent une constante : en témoigne deux exemples de journaux espagnols. La Vanguardia de Barcelone, s’est fait l’echo le 28 mars d’un mensonge du journal de la secte Falun Gong, Epoch Times, sans prévenir ses lecteurs de l’origine douteuse de la nouvelle. Entre autres gracieusetés, le journal de la secte accusait le gouvernement chinois d’assassiner en secret dans les hôpitaux des dizaines de milliers de personne pour vendre ses organes, de vouloir détruire les Etats-Unis avec des bombes nucléaires et pour faire bonne mesure de préparer l’invasion de l’Australie. El Païs, le 9 avril, rendait compte des incidents à san Francisco avec la torche olympique. Mentant sans rougir, le journal affirmait que les manifestations regroupaient des multitudes : il parlait de « milliers de manifestant » contre la Chjine et titrait « “¡Avergüénzate, China!”,» quand en réalité ceux qui protestaientne dépassaient pas les centaines, et leur nombre était amplement majoré par d’autres différents signes : il y avait dix fois plus de manifestants appuyant la Chine. Rien n’en fut reflété dans les informations. L’attitude de la télévision et de la presse internationale fut semblable : ce même jour, un présentateur de la CNN nord-américaine, Jack Cafferty s’est permis d’insulter le peuple chinois et de faire des commentaires racistes antichinois pendant un programme de télévision qui rapportait le passage de la torche omympique. :

    Parce que la campagne internationale de mensonges contre la Chine a des objectifs politiques précis : dans le même temps où est attaqué le prestige du pays, de gâcher le déroulement des jeux olympiques, et, plus encore, de réduire l’influence de la Chine dans ses relations politiques et commerciales avec d’autres pays du monde, c’est aussi l’inquiétante poursuite d’une politique d’accusation de Pékin, qui du fait de son activité secrète (pour le moment) est moins évidente : les Etats-Unis à travers leurs agences et leurs capacités de pression diplomatique, mais aussi à travers les organisations relais et les ONG mercenaires, dont les initiatives sont amplifiées grâce à la main mise sur les mécanisme informatifs de la grande presse internationale- va continuer à jouer la carte tibétaine dans ses calculs politiques d’endiguement de la Chine mais aussi va utiliser la stimulation des groupes isalmistes de Xinjiang, y compris le particularisme d’autres secteurs de la Mongolie intérieure, et en outre les cartes de Taiwan et de la réactivation de la crise nucléaire dans la péninsule coréenne. C’est le point d’orgue d’une politique stratégique qui va se dévoiler progressivement. Il faut se souvenir que l’actuel gouvernement Bush, a commencé sa marche avec l’incident de l’avion espion EP-3E, de la marine nord-américaine, qui espionnait les défenses chinoises et qui fut obligé d’atterrir le 1 avril 2001, dans l’île de Hainan, par l’aviation chinoise.
    De telle sorte que « ces sentiments humanitaires », cette défense des « droits humains » qui sont arborés face à la Chine sont une pièce de plus de la farce. Il ne faut pas oublier que pendant que ce lance cette gigantesque campagne planétaire sur le Tibet, la grande presse internationale ne s’émeut pas ni réalise aucune campagne pour dénoncer l’épouvantable ghetto qu’israêl maintient à Gaza, et que le même représentant de l’ONU dans la zone a mis en relation avec les ghettos dans lesquels le nazisme enfermait les juifs dans les années de l’Europe hitlérienne.

    Avec une suprême hypocrisie, la bouche pleine de la supposée « invasion chinoise du Tibet », en oubliant l’invasion réélle de l’Iraq ou de l’Afghanistan par les nord-américains, et l’occupation des territoires palestiniens, les moyens de communication internationaux, qui répètent le discours stratégique de Washington,ne vont pas s’arrêter. Sans craindre la manipulation la plus scandaleuse (« le monde libre ne doit pas serrer la main des assassins » a dit un eurodéputé en référence à la Chine, en oubliant que ce furent les sicaires du Dalaï lama qui ont accompli le sinistre progrome de Lhassa) qui ont activé la campagne de mensonge préparée par les services de paula J. Dobriansky à Washington, avec la collaboration « du gouvernent tibétain en exil et de troubles organisations « de défense des droits humains » comme Reporters sans frontières, financées par la CIA, vont continuer en profitant des mois qui nous séparent des jeux olympiques de Pekin, en montrant chaque de manière plus évidente qu’ils ne cherchent pas la défense des droits humains, mais à blesser la Chine.

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  22. Oui, et ce qui est atroce, c’est qu’ils les ont accommodés avec des cornichons AU VINAIGRE importés directement de chez Fauchon et Hediard, derrière la Madeleine pour ceusses qui connaissent pas.

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  23. Il est mort ce site !
    Je sais pas s’il faut y voir un lien avec la venue de mister rigolade, Monsieur Nicolas, l’animateur rêvé pour votre soirée, votre anniversaire, votre mariage, votre… blog?

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  24. Je propose à Guillaume qu’il nous mette un nouveau post, sur un sujet autre que le Tibet, de façon que Nicolas-pieds-plats nous foute la paix.
    Je propose, non pas « les Chinoises sont-elles si étroites qu’on le dit ? », puisqu’il me semble que ce sujet a déjà été traité, mais « les Chinois sont-ils aussi mal appareillés qu’on l’affirme ? »
    A moins que Nico ait quelque chose à nous dire là-dessus aussi ?

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  25. Hier, j’ai entendu à la radio que les Tibetains arrêtés pendant les manifestations ont été jugés : de trois ans de prison à la perpétuité. Les prisons chinoises regorgent de prisonniers, les prisons françaises aussi, d’ailleurs.
    Cela me ra

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  26. Ca me rappelle un texte de Su Dongpo, un poete chinois du 11e siecle, plus connu sous le nom de Su Shi:
    « La nuit du Nouvel An, j’étais au tribunal. Les prisons étaient pleines de prisonniers. A la tombée du jour, je n’ai pu retourner chez moi, c’est pourquoi j’ai écrit un poème sur le mur.
    La veille du nouvel an, il convient de rentrer de bonne heure,
    Mais des tâches officielles me retiennent.
    Tenant mon pinceau, en face d’eux, j’ai pleuré
    De pitié pour ces prisonniers enchaînés(…)
    Qui pourrait les libérer, ne serait-ce qu’un moment ?
    Je reste silencieux, honteux devant les anciens sages. »
    Honte devant les anciens sages, voilà qui pourrait faire un excellent slogan libéral mais pas politique. Le nationalisme chinois ne peut que les pousser à se réapproprier la pensée de leurs grands auteurs et à la faire leur. Un de ces jours, dès qu’ils entendront parler de la moindre injustice, ou qu’ils se trouveront en face de prisonniers, fussent-ils de droit commun, tout le monde se mettra à claironner : « Honte devant les anciens sages ! Honte devant les anciens sages ! » On libérera les prisonniers et Hu et le Dalaï lama iront boire des coups ensemble à Taïwan.

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  27. Non, je n’ai pas disparu, j’étais juste un peu busy. C’est inquiétant cette histoire de commentaires qui disparaissent. Je répète que je n’y suis pour rien, évidemment, que je ne touche à rien, strictement rien.
    D’accord avec Ben pour penser qu’un retour à leurs grands écrivains ferait beaucoup de bien aux Chinois. Merci pour ce très beau poème de Su Dongpo

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  28. J’avais parlé de ce poème à Neige, il y a un moment, à propos d’un article ou elle décrivait un sentiment d’indifférence ou d’extériorité par rapport à la question tibètaine, si mes souvenirs sont exacts. ( « Jostein Gaarder », pays de neige, 19/10/2007 ). J’exhibais ce poème pour montrer la présence d’une « conscience humaniste », d’une solidarité compassionnelle devant les victimes de la violence d’Etat ou d’un truc approchant ( cette fameuse « honte devant les anciens sages ») spécifiquement chinoise. Faute de goût. Il n’y a que s’ils redécouvrent eux-même leurs grands écrivains qu’ils accepteront les leçons de ces derniers. D’ailleurs, les ont-ils vraiment oubliés ? On croit faire des découvertes extraordinaires dans un patrimoine oublié et, en fait, on sort des lieux communs que chaque Chinois apprend par coeur dès la maternelle.
    Mais, surtout, il n’y a pas de raison pour qu’un Chinois n’ait pas de lui-même cette conscience. « On se sent trop impuissant, alors on choisit d’être indifférent », disait Neige. La réaction chinoise aux critiques occidentales montrerait plutôt que ces critiques sont irrecevables, non sur le fond, mais parce qu’elles viennent de l’extérieur, parce qu’elles montrent un regard extérieur qui juge et parce que le jugement paralyse et chosifie. Accepter le débat dans les termes posés par les occidentaux, ce serait accepter d’être cette chose définie et figée par leurs mots, leurs grands mots vides qui ne veulent rien dire ( démocratie, droits de l’homme, liberté… ). A partir de là, refuser le débat, et malheureusement refuser avec les réalités que désignent ces mots, c’est, soit revenir à une identité culturelle réactive, affirmer une spécificité de la culture chinoise de l’intériorité indéfinissable qui rejette le regard extérieur, la critique, thème taoiste du Zhuangzi auquel se réfèrait Neige; soit réagir comme n’importe qui d’autre le ferait, français y compris, sur le thème du « de quoi je me mêle », qui finalement n’est pas dénué de raison. Le « nouvel obs » titrait, cette semaine, « pourquoi la Chine fait peur. » Comment réagirions-nous à un titre de la presse chinoise titrant « pourquoi la France fait peur. »? Mal, je suppose. La question serait alors: y a-t-il vraiment une différence entre la conscience d’un Chinois et celle d’un Occidental ?
    Depuis des années, j’ai envie d’apprendre le chinois. Si j’avais réussi à le faire, quelle différence y aurait-il encore eu, intérieurement, entre un Chinois authentique et moi? Après tout, j’ai lu bien autant de classiques chinois qu’un Chinois moyen, à mon avis.
    Maintenant, je m’apprête à émigrer en Afrique pour un bon moment, alors la page chinoise se tourne, mais je me demande toujours si, finalement, je n’aurais pas fait un bon Chinois, et si je ferai un bon Africain. Hier, j’entendais un Français noir dire qu’il n’y a finalement que dans certaines circonstances assez désagréables qu’il se sentait noir: lorsqu’il subissait un contrôle de police, ou lorsqu’un inconnu le tutoyait familièrement. Le reste du temps, l’identité se dissout. Ce qu’il faudrait aujourd’hui, ce serait arrêter de regarder les Chinois et permettre à leur identité un peu durcie, ces derniers temps, de se dissoudre à nouveau.

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  29. C’est pas faux qu’en Afrique, la page chinoise devra au contraire être ardemment noircie (si j’ose dire) car les Chinois y sont très industrieux. On dit qu’ils pillent, là-bas, mais peut-être, simplement, achètent-ils, tu nous diras, Ben.
    L’histoire du panneau de shanghai qui aurait dit « INTERDIT AUX CHIENS ET AUX CHINOIS » est à situer dans l’histoire des mythes martyrologiques, qui existent depuis des siècles. Un ami breton me disait que son père pouvait lire des écriteaux comme « Interdit de cracher de parler breton ». Sans oublier les fameux « Interdit aux chiens et aux Irlandais » que bien des Anglais auraient affiché dans leur pub… Pour le panneau de Shanghai, voir R.A. Bickers et J. Wasserstrom, « Shanghai’s ‘Dogs and Chinese Not Admitted’ Sign : Legend, History and Contemporary Symbol », The China Quaterly, n°142, juin 1995.
    Voir aussi l’introduction de « Shanghai années 30. Plaisirs et violences », de C. Henriot et A. Roux, editions Autrement, 1998.

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