BNF : Architecture fin de siècle

 bnf-panorama.1236036233.jpg

Cela commence par du gris et des lignes droites. Des lignes presque contondantes, tranchantes. Gare à vous, vous entrez dans un sanctuaire.

paris-fevrier-2009-055.1236026849.JPG

Une esplanade surélevée comme un podium majestueux, et battue par les vents, en bord de fleuve. Pour aller à la bibliothèque, il faut donc gravir des marches, sur du bois glissant. Etudier, c’est d’abord avoir conscience d’un risque physique, d’un certain nombre d’obstacles à franchir. Une vénérable professeure d’université irlandaise, s’est, paraît-il, cassée les deux bras sur ces escaliers, il y a quelques années.

Cela commence donc par du gris, des lignes droites, des risques physiques, de la froideur.

paris-fevrier-2009-057.1236027036.JPG

paris-fevrier-2009-059.1236027325.JPG

Pendant les mois d’hiver et d’automne, les chercheurs se gèlent sur cette esplanade, et c’est une des belles choses qui montrent l’orgueil de la France éternelle. « Venez chez nous étudier, semble dire l’Etat, mais attention, cela ne sera pas de tout repos. » 

Soudain, des arbres!

paris-fevrier-2009-029.1236024618.JPG

paris-fevrier-2009-032.1236025306.JPG

Etonnamment, la verdure et la forêt sont jetées dans un trou immense. Pour les protéger du vent, sans doute, mais aussi pour créer un contraste, pour créer un mouvement dans l’esprit des usagers. Après le gris, le vert ; après les lignes orthogonales qui affrontent la ville, les lignes mouvantes qui viennent réchauffer le coeur de l’édifice.

paris-fevrier-2009-064.1236025122.JPG paris-fevrier-2009-062.1236029550.JPG paris-fevrier-2009-063.1236030419.JPG

Le visiteur croit que les salles seront dans les grandes tours que l’on voit depuis la rue. Il n’en est rien. Dominique Perrault, l’architecte, y a mis les livres. Le chercheur doit, au contraire, descendre de longs escalators, ce qui génère un petit sentiment d’appréhension. L’idée d’aller dans un sous-sol, lorsqu’on étudie à Paris, n’est pas ce qui excite le plus – j’imagine – les étrangers venus de loin pour quelques mois. L’architecte leur dit : « Tant pis pour vous! Descendez donc dans mon antre, et ne dérogez pas aux innombrables règles qui encadrent le privilège que l’on vous accorde de venir étudier ici. »

Et quand les dernières portes s’ouvrent, de lourdes portes coupe-feu, hautes et sombres comme dans un cauchemar gothique, on se retrouve de plein pied avec la forêt. Elle était là pour cela, pour nous, pour les simples usagers.

paris-fevrier-2009-067.1236027683.JPG

C’est alors qu’on s’aperçoit que cette monumentalité inhumaine était en fait entièrement tournée vers les individus, les chercheurs du monde entiers, qui ont besoin de calme, de silence, de lumière, d’efficacité dans la consulation des documents nécessaires. Les arbres ne sont pas là que pour faire joli, ils ont une utilité absolue pour les humains : ils apaisent les lecteurs, ils sont visibles depuis les tables de travail et ils libèrent la respiration qui avait été un peu oppressée lors de la descente par les escalators.

La BNF représente magnifiquement l’architecture de notre temps, ou du temps qui vient de terminer. Si une bombe n’est pas jetée au milieu de la forêt, on pourra visiter ce monstre dans cent ans et on se dira : « c’était la fin du XXe siècle. Les architectes créaient des espaces paradoxaux qui provoquaient des sentiments contradictoires. On passait du métal au bois, du chaud au froid, on fixait des vertiges et on faisait des correspondances. Ils nous faisaient entrer dans leur monde, dans leurs rêves, dans leur conception du monde. »

paris-fevrier-2009-068.1236028028.JPG paris-fevrier-2009-072.1236028531.JPG paris-fevrier-2009-073.1236028910.JPG

nb: Toutes les photos sont de moi, sauf la première, prise sur le site Wikipedia.

55 commentaires sur “BNF : Architecture fin de siècle

  1. J’ai toujours consideré ce lieu de facons bizarres : à la fois effrayé et emerveillé;On dirait un OVNI qui se serait posé sur les bords de la Seine;un vaisseau spatial tout droit sorti de Star Wars ou d’un roman de SF , space Fantasy, echoué , écrasé la en plein treiziéme arrondissement; mais c’est vrai que c’est aussi un lieu tres apaisant, agréable, lumineux parfois ; de l’ombre a la lumiére…

    PS : La mezzanine du rayon philo et les salles de langues sont trés bien aussi;

    J’aime

  2. Tu as fait de très belles photos, celles de la « verdure » et celle du « couloir », en bas … ca fait envie. particulièrement, j’imagine la sensation du froid quand tu sors d’un couloir comme ça, après les tons chaleureux de l’intérieur, tu retrouves le gris frisquet et le vent, tu fermes ton manteau, peut-être même as-tu froid.

    J’aime

  3. Pauvre dame irlandaise, c’est vrai qu’il n’y a pas de rampe sur ces escaliers. Pourtant bien des lecteurs sont âgés, mais peut être pas à la BNF qui sélectionne ses chercheurs… Pharaonique, cette construction.

    J’aime

  4. ah ah ah , oui quelque part aux yeux de beaucoup de « terriens » les chercheurs sont comme des martiens , des extraterrestres que l’on a enfermé la dans cet OVNI architectural, ; des martiens, mais c’est peut etre aussi le contraire…comme dans Bradbury, les vrais « humains » sont ceux qui preservent la pensée, le savoir et vont s’enfermer dans cette fusée echouée, en panne (pas d’interpretation psy a deux euros please sur « fusée en panne »…) pendant que « l’invasion » a commencé sur Terre…

    J’aime

  5. Comment ca  » un peu courte » ??!!! Avec ma fusee je vais jusqu »a Venus si je veux !meme mieux : Uranus !!! (ah ca va y aller avec Ur – anus je vois venir pfff et re-pfff…sans compter avec ces histoires d’honoraires, de deux-vits et autres barres, coups en tout genre…Aie, Aie, Aie j’espere que c’est rembourse par la secul tout ca…a ca ne me tarotde plus, ca me turlute-pine maintenant !!! Ouille ouille…et Pour les factures diverses et variees et autres saloperies : envoyer a Francois C , Assistant documentaliste, au lycee Van Dongen 45 rue Jean Mermoz, 77404 Lagny Sur Marne, ma residence secondaire….Merci docteur a la prochaine, je me sens tellememt mieux, ah la la la, il est fort ce Mj quand meme ah oui alors … ).

    J’aime

  6. En fait , plutot d’Ovni, cette image et l’architecture de la BNF comme on peut le voir sur ces superbes photos du SP, fait penser à cela : une « rampe de lancement » d’une fusée comme dans Tintin ( je vois venir les jeux de mots du cher MJ avec : rampe/crampe ; lancement/jaillissement etc…). Regardez cette image :

    N’est ce pas troublant…?

    PS sur un post de SP pour MJ et ses MP ( majorations psychanalytiques) : et si je retournais en Chine hein ? j’écrirai : « pas de psychanalyse a deux kwai, please » ! La.

    Si le SP est toujours sur Paris (il est surement déjà parti désormais vers d’autres cieux et d’autres latitudes) et se passionne pour les visites de bibliothéques, qu’il aille faire un tour à la bibliothéque municipale BUFFON dans le cinquiéme, Rue Buffon. Non seulement je n’y suis pas mais en plus cette bibliothéque organise toujours des supers rencontres culturelles,des cafés philos, plutot des débats passionnants, à une médiathéque formidable avec du Josquin des Prés, du Cesaria Evora et du Coltrane en veux tu en voila, et surtout il faut monter au cinquiéme etage voir la vue superbe sur le Jardin des Plantes derriére la grande baie vitrée. Et c’est calme, et il ne fait pas froid et c’est métro Gare d’Austerlitz.La.

    J’aime

  7. Un dernier mot : Nenette parlait de pyramide, non de projet pharaonique (ca c’est grace ou…a cause de Tonton Pharaon car je connais des gens qui haissent ces architectures ne serait ce que parce qu’elles sont typiquement d l’ere Mitterand bien que souvent inauguré par Chrac. Regardez bien les photos, plutot la photo ou une charmante jeune fille se fait filmer face a…la pyramide du stade de Bercy, ce batiment bizarre de l’autre coté de la Seine (ou on peut voir aussi à l’intérieur Johnny H et une certaine Lara F…, ces momies braillardes) avec cet aspect de pyramide découpée, n’est ce pas troublant aussi ? Troublant cette intrusion , cette présence de l’égypte je veux dire a Paris non ? et pensez au Louvre aussi…La, il y’en a pour un vrai travail de thése…j’ai personnelement ma petite idée sur le sujet, il faut remonter jusqu’au Moyen Age pour trouver, dans certaines formes de croyances sectaires du peuple parisien de l’ancien quartier des halles un rapport avec l’égypte. Exemple rien qu’avec le mot « Paris » comparé avec l’injonction « Par Isis » (Isis etant une divinité de l’ancienne égypte…)…

    J’aime

  8. Non, j’ai bien repris le mot de Guillaume, pharaonique, parce qu’aussi j’aime la poésie d’Apollinaire (la chanson du Mal Aimé) : je suis le Pharaon d’Egypte, sa soeur épouse, son armée, si tu n’es pas l’amour unique…

    J’aime

  9. “Par Isis” (Isis etant une divinité de l’ancienne égypte…)… »
    (com de François | le 05 mars 2009 à 18:38 |)

    Excellent! Par Isis la bonne soupe,
    par Isis suivez le guide par Isis’ il vous plaît …

    Je me rappelle d’un film d’artiste d’Asie centrale présenté à la biennale de Venise sur un bled paumé nommé « Pariggi ». Il semble que ce soit du sicilien d’après le wiki-dit-si-on-y-erre. Par Isis si six liens ( certainement des liens de chanvre, très égyptien). pariggi p’tien…

    La présence d’Isis à Paris serait antérieure à la venue de l’Obélisque! ça change le point de vue. Du coup, la pierre de Rosette en prend un coup, par Duchamp et Pol O’lion.

    J’aime

  10. Merci MJ. C’est pourtant vrai…trés peu de gens le savent, même les parisiens l’ignorent cette histoire de secte egyptienne ou plutot de culte a la deesse Isis car c’est de ca qu’il s’agit, inutile de surfer sur Internet vous ne trouverez rien, mais dans les archives de la BNF peut-etre.Mais je crois que Gauthier en parle quelque part. Ce n’est pas une légende urbaine, ni une invention a la x-files ;on dit aussi qu’il existe encore des fumeries d’opium vers Opéra (c’est pour faire le lien avec la Chine et le SP) malgrés les interdictions…je ne suis pas aller verifier… d’aillerus je n’irai pas…la drogue c’est caca pour moi (pas d’interprétation a deux cents d’euros sur une eventuelle tendance scatologique please).C’est vrai que c’est ouf quand on y pense…

    J’aime

  11. « Isis rider » (voire « Isis readers », tenue correct exigée, smoking for smokers, de qui se moque-t-on par Isis, Belenos et Toutavotrovis, par Thor et Atravers le Pervers, parbleu l’Arverne et par Igault et Milo qui font l’ aloi et les test Devos. Par Isis Hélas aux orties….

    J’aime

  12. please)”
    (com de François le 05 mars 2009 à 23:25 )

    com/com: il y aurait aussi à dire à propos de ce « please », employé à la légère comme un s’il vous plaît, mais pouvant, pour peu qu’on le mette en équation avec l’exorbitance de enflation des « deux balles » analysées précédemment, être entendu comme bon plaisie du narrateur à délivrer au monde ébahi cette vérité qui illumine, qui iradie pour pas un radis ni un maravédis, Paris, banlieue du Caire.

    Quant à l’opium à l’opéra, il s’agit bien évidemment d’une construction onomatopéïque bâtie sur la répétition de la syllabe initiale « Op ». Et hop, j’men fume l’Op(ium) à l’Op(éra).
    Le caca évoqué, dans une chaîne de signifiants, apparaît comme masquage, en quelque sorte rideau de fumet, de la fumeuse Oniris (Parisis) déguisée en clandestine fumerie.

    à noter aussi que « Op » s’anagrammise en « Po », d’où la « t’en danse caca ».

    (Comment j’ai construit certains de mes commentaires).

    J’aime

  13. “pas de psychanalyse a deux kwai, please” ! La.

    (com de Francois | le 05 mars 2009 à 18:01)

    Pou Yao la de kwai! (à-peu-près « pas de quoi », soit « de rien », soit deux fois rien, soit peau de balle.

    Mais l’alllitération en P-K-L mérite étude.

    J’aime

  14. Le double K (de « tendance caca ») se retrouve dans psy-K-nalyse et « Kwaï ».
    La phrase tient sur le rythme décapant du K et des P . Le patient ferraille (fait et raille) pour ne point rendre l’âme au nez et à la barbe de l’analyste.

    J’aime

  15. C’est Philosophie magazine ! Avec Etike a Nikomake en Kadeau, un Ekstrait mais Kan Meme !, et cette interrogation kelle koincidence :  » Si l’homme heureux a besoin d’amis  »? Kelle Kestion , il est toke toke cet Aristote…Traduktion par Jean TriKot (Jean Tricot).J’aime bien ce journal, mais je prefere le Monde D

    J’aime

  16. On m’a Koupee kre nom : je prefere le Monde Diplomatike ou Kourrier International (troPs de KoncePts ca m’eKzasPere !) ou meme Geo oh Ke Oui !! Ca me fait Kitter Profond et Kiffer les Profondeurs du Tonkin Les LacKs ou les LochKsl,Les Proches Balalaikals les voyages en AfriKe ou comme NiKole K la belle australienne dans son dernier grand role d’aKtriiice. Ah NiKole K….j..e serai ton Tom Kruise….

    J’aime

  17. KouPee enKore Kelle Pauvre Konne je suis avecK les KomPuteurs : je rePrend : Ah NiKole K…je serai ton Tom Kruise.et je retire mon Mask (comme Dustin H dans Tootsie.) oui c’est moi moi Francois, j’avoue, c’est moi, please ne me kouper pas la tete ou meme mes comments o grand SP… Nikole K.dans ses dernieres fabriKations elle Prend Plus de KaracKteres Kavant : dans Lars Von Trier elle m’a marKe, elle est tres bien dans ses roleS d »aKtrice Precaire Komme cette aventuriere en Australie comme mon arriere grand mere a Marakkach, eKzatement cette meme histoire de femme de Prestige qui Protege ses Progenitures , Biens et autres Tresors le fusil a la main avec des aventuriers,des migrants et des voyageurs de tous poils, meme des Indiens… il suffirait de retransKrir de l’Australie au Marok et c’est tout Komme., j’en ai Pleure Kre nom, pourtant  »Australia » est un vrai film a l’eau de rose,.. ..Puisque le SP aime tant Nerval si j’avais son talent et son style d’eKriture je fairai un billet sur cette Aktrice, voir un blog, voir un bouK…

    J’aime

  18. « oui c’est moi moi Francois, j’avoue, c’est moi,  »

    (com de Francois le 07 mars 2009 à 14:20 )

    com/com: où l’auteur est proche de son mektoub (destin, c’est écrit): franc sois! Allez ça voir avec ces avatars qui avarient les converses.

    J’aime

  19. « moi qui suis SarKophile un jour et SarKophobe … »

    (com de Sabrina/François (?) le 07 mars 2009 à 13:28)

    Si l’on suit l’hypothèse de « l »oeuvre-monogramme » (cf sur notre site textes afférents in rubrique « publications »), les Sarkasmes présidentiels tels que Sar-kasse toi Povkon » – outre la recherche d’une pipolisation visant à la recherche effrenée de la pipophilie (l’amour du peuple, drogue dure qui amène l’addict à jouer du pipo de plus en plus souvent jusq’à s’audimater seul face au miroir telle la Sarkastafiore qui riat de s’y voir jouer le label) – donc je disais: la phrase fameuse qui restera dans l’histoire de France telle un chwingum sous un pupitre, est construite sur l’escamotage de la première syllabe du patronyme présidentiel « Sar », entendu comme préfixe et autosuffixe à lui-même de Ksar ou Tzar.

    L’antécédent popolitique ayant poporté les syllabes de Sar et Salo à la fois ( salo que l’on retrouve dans le Sarkacolas de Nic(olas), pour peu qu’on lise en boustrophédon sans y mettre le hola a été… (jeu à 1000 baballes)…

    Question bleue de Monsieur Machin , avec un premier Indice….le nom de son peuple commence par un K….de Khmer….

    J’ai nommé Saloth Sar, à entendre comme Salo Tsar ou the salo Sar, devenu par la suite…Pol-Pot!

    J’aime

  20. Pas mal vu bien que tres Provokant comme eKzemple .Ce Ki signifierait Ke nous sommes aujourd’hui d’une sorte de generation Komme :

    « Kambodgiens-Sarkastiaforises »

    (a Komprendre : Sarkrifie sur l’autel du Pragmatisme EKonomiK sans echaPPatoire Possible , sarKastres et Krisant grave cet etat de sarkoPhagiZes Phagocites cf excellent debat de Ben et du SP sur la generation post -soixante huitarde dont je me rappelle plus le titre mais ki refletait bien cet etat d’un enragement Permanent Kontre Kekechose …qui pousse a l’eKzil au Gabon en Chine ou ailleurs, bien loin d’ici histoire de resPirer un Peu et de recreer un monde moins asePtise en AfriK par exemPle… )
    « Kambodgiens-Sarkastiaforises » comme il y a eu sous Kohn Bendit « juifs allemands » etc…Mais honnetement cette histoire de momies, egyPte et autre sarKoPhage ca porte la Poisse…Penser aux exPlorateurs qui ont decouvert les premieres momies egyPtiennes, il leur est toujours arrive des malheurs, des maledictions….trop blablater sur un Sarko aussi Phage soit-il ca lui donne une aura qu ‘il ne merite pas, il vaut mieux tenter de sortir de l’hypnose (de cette Fascination il n’y apas d’autres termes) par tous les moyens humains possibles et imaginables : eteindre sa tele , sa radio, aller au cinema (Kurieusement et heureusement, le Sarko est tres peu au Kine, remarkez bien !), aller au Koncert, a la fnaK, au Kafe , a la bibliotheK etK…moyen prekaire de resister mais kan meme !

    J’aime

  21. « Bien dit Francois , rentrons en resistance : et soyons ecologiques !!  »
    (com de Green Warrior le 07 mars 2009 à 20:08)

    com/com: Boutons les engrais hors de France! (mots d’ordre, slogans et proverbiaux de mon cru)

    J’aime

  22. 3 dire : Si ces posts de mes con-freres clones venaient a disparaitre par une administration de blog des plus douteuse cela provoquerait un sentiment des plus regrettable chez les clones boutonneux de notre genre et serait a la longue tres regrettable pour le  »SP » (qu’on arrive pas a cloner…damned il est trop fort …mais comment fait il et surtout quel est son secret ?)

    J’aime

  23. Maintenant taisez vous bandes de zouaves castafiorises atteints de sarKoZite aigue et laissez parler le Sage…le prochain billet ne va pas tarder !

    J’aime

  24. Bonjour Guillaume,
    Belle ballade que la lecture de cet article sur la Bnf ! J’adore. Les photos, les mots, la visite en france, à Paris, dans ce temple de la culture.
    Nous sommes vraiment loin de cela ici, tout est riquiqui et manque terriblement d’ambition.
    Pas assez de musique, de peinture, d’arts, le musée même, l’unique, est fermé.
    Pas un parc publique, pas un bâtiment quelconque ( à part les supers marchés) ouvert à tous pour nous faire sentir notre condition supérieure d’être humain. non, là, pas de supériorité, nous sommes au ras des paquerettes de notre condition, sans émulation.
    Et c’est dur, c’est abrutissant.
    Le climat participe à la sensation, il ajoute à la torpeur, il l’a crée.
    Seul le CCF relève un peu le niveau, mais ce n’est pas l’effervescence non plus, et nous sommes loin du sommet architectural de la Bnf et de Paris en général.
    (J’ai d’ailleurs pensé qu’il serait bon cet été de nous arrêter d’abord à Paris avant de rentrer dans nos régions centrales, pour prendre un bain de culture salvateur. J’en ai soif, une soif véritable…)
    Pendant mes études à l’Iufm, nous avons étudiés les espaces documentaires et analysé que la Bnf, avec son gigantisme, marquait l’ambition du président Mittérand de laisser de lui même et de son passage une image forte, l’image même de l’ambition, de la grandeur, de la majesté et de la force. Pompidou était à l’initiative du centre Pompidou, avec le style qu’on lui connait, bien plus détonnant que son initiateur, mais moderne comme son époque finissait de l’être, en définitive – à présent nous sommes d’avantage dans une époque post-moderne que moderne me semble t-il : une ère des formes nouvelles dans un monde dégradé, ou la dégradation des formes dans un monde qui succède à la modernité ?

    Le président Chirac lui, a laissé le musée des Arts Premiers, témoignant, avec le faste dépensier qui l’a perdu, de sa naiveté fondamentale et de sa volonté un peu vaine de renouer avec l’essentiel, dans la tempête des turpitudes du monde contemporain ultracivilisé.
    Que laissera donc le président Sarkozy ?
    Quels grand projet architectural témoignera de ses rêves et de ses ambitions et symbolisera sa personnalité ? Un temple du bling-bling et du m’as-tu vu vulgaire ?
    Ou jugera t-il que dans la CRISE majeure que subit le pays, l’europe, le monde, le plus opportun ne sera pas le travail sur l’art…
    Je suis curieuse, mais pas trop curieusement.
    Mais je suis sans doute mauvaise langue et vous les françois, allez peut-être pouvoir me parler d’un grand projet en cours ?

    Baisers d’Afrique les Gaulois, et n’oubliez pas de m’envoyer quelque chose sur le printemps : photos, témoignages, je ne sais quoi, dès qu’il pointera son nez par chez vous.
    Love, Agathe

    J’aime

  25. Il va falloir que je retourne à la Très Grande Bibliothèque après avoir lu le Sage Précaire. Jusqu’ici je garde le souvenir du monument illisible. Depuis la Seine on monte un escalier aux marches infinies qui donne des illusions d’optique et je suis allé chercher une des rampes plantées ça et là pour me rassurer. Arrivé en haut on ne voit pas par où entrer. Il faut se fier aux pancartes comme si on était dans le métro. Il n’y a qu’une fois installé dans une salle de lecture qu’on se sent à peu près en paix. J’ai aussi une pensée pour le personnel qui travaille dans des cavernes de béton sous les salles, et monte dans les tours de verre d’où on ne voit pas l’extérieur parce qu’il y a des panneaux de bois pour cacher le soleil.

    A part ça, plein de belles images à angle droit. Mais pas de livres. Où sont-ils ? Ou bien est-ce que je ne les ai pas vus. Pour moi, la volupté des bibliothèques, c’est d’être un peu à l’étroit entre des rayons tellement chargés que je désespère de lire tout cela un jour.

    J’aime

  26. Je dois dire que je n’aime pas bcp cette TGB avec ses courants d’air glaciaux, ses arbres enfermés dans des grillages et sa culture du vide. L’intérieur est assez beau, en revanche.
    Il faut aussi rappeler la lourdeur de sa symbolique (4 tours en forme de livres ouverts : quel subtilité…) et l’idiotie de sa conception, puisque
    1) l’architecte pensait mettre les livres dans les tours en verre qu’il voulait transparentes pour que tout le monde puisse voir son remplissage. Sauf que les livres précieux, ça n’aime pas la lumière. Conséquence, il a fallu mettre des panneaux de bois partout (ça a coûté très cher).
    2) les livres étant dans les tours, il faut un temps infini pour les faire descendre vers les lointaines salles de lecture
    3) n’importe quel avion se crashant sur les tours, n’importe quelle roquette détruira toutes les collections précieuses en quelques secondes. Alors que normalement, ce qui est précieux, on l’enterre.
    Pour ce qui est de « l’ambition du président Mittérand de laisser de lui même et de son passage une image forte, l’image même de l’ambition, de la grandeur, de la majesté et de la force », je suis surpris. Je croyais qu’Agathe était catholique et que les catholiques préféraient l’humilité à l’orgueil et à la vanité. Saint Bernard, par exemple, n’aurait certainement pas apprécié, lui qui ne voulait même pas que les églises de son ordre cistercien aient des clochers. Mais l’Afrique, ça tape peut-être sur le système ?
    Sinon, il est émouvant de voir la belle amitié qui s’est noué entre f. et m.j. C’est un peu lassant à lire, mais c’est émouvant.

    J’aime

  27. On se demande quand même avec un peu d’inquiètude ce que devient le sage précaire. Il ne nous a pas habitués à une aussi longue absence, ce doit être les ravages d’une passion qui le réduisent ainsi au silence, ou alors peut-être même est-il déja mort.

    J’aime

  28. Non, Ben, tout va bien. J’ai été en sortie à plusieurs reprises ces temps-ci (Turquie, Paris et l’Irlande rurale) et dans les moments de libres, je travaille sur un article universitaire. Mais plusieurs billets de blog sont en gestation et sortiront quand j’aurai plus de temps. En attendant quelques uns ont été mis en lignes sur http://chines.over-blog.com
    Mart, je ne suis pas sûr de la pertinence de tes arguments. Es-tu certain de ce que tu avances ? 3- Les livres précieux sont enterrés, si je ne m’abuse, et, autant que je sache, les autres bibliothèques n’enterrent pas l’ensemble de leurs collections. 2- Un temps infini ? Je n’ai pas attendu longtemps pour les miens, et les chercheurs que je connais ne se plaignent pas non plus du temps requis pour obtenir les livres, d’autant moins que les rayonnages en libre accès sont déjà formidablement fourni. 1- Je n’ai jamais entendu l’architecte dire qu’il voulait mettre les livres au vu de tous. Il me semble que les panneaux de bois étaient dans le projet de Perrault et que c’est leur jeu d’ouverture/fermeture qui était censé rythmer les façades.
    Je rappelle juste que ce bâtiment, comme d’autres grands projets, fut l’objet de nombreuses calomnies, et qu’il convient de faire le tri dans nos jugements.

    J’aime

  29. Dans toutes les bibliothèques, il y a, je crois, un « silo » où sont les ouvrages (précieux?). « Mart » a dû confondre la culture avec le trésor de pirate de son enfance. Ce qui est précieux n’est pas forcément enterré. contre exemple, la lettre volée de Poe, cachée au vu de tous.

    J’aime

  30. Je ne me souviens plus des détails, mais je sais que les panneaux de bois ont été soit ajoutés, soit figés alors qu’ils devaient être mobiles, et que ça résultait du fait que le projet de Perrault n’assurait pas une protection suffisante des livres contre la lumière – un fait assez énorme pour créer une énorme polémique à l’époque et frapper durablement la mémoire.

    Toi qui es abonné au Monde, tu pourrais faire des recherches dans les archives du journal pour retrouver les articles de l’époque.

    L’autre fait énorme, c’est que le stockage des livres dans les tours amplifie énormément le pb du contrôle de la température, indispensable à la préservation des livres : refroidir ou chauffer ces tours, non seulement ça coûte un argent fou, mais ça rend aussi tout le système extrêmement vulnérable vis-à-vis d’éventuelles pannes techniques.

    Quand on a un trésor à garder, de pirate ou pas de pirate, et qu’on a l’occasion de construire un bâtiment aussi exceptionnel et coûteux, il est invraissemblable de commettre de telles erreurs. Mais à l’époque, c »était Mitterrand qui décidait tout seul ou presque, et cela aussi avait soulevé un débat monstre.

    J’aime

  31. D’accord avec Mart, toutes ces critiques sont avérées. Je crois même avoir lu que le gaspillage d’énergie généré par ces vices de conception est tel que la bibliothèque consomme chaque jour plus d’électricité qu’une ville de 20 000 habitants. Et les panneaux de bois, ce qui souligne leur côté rafistolage, c’est leur ratage esthétique : ils donnent une couleur pisseuse aux tours. Il n’ y a qu’en fin d’après-midi en été que les reflets du soleil font ressortir la chaleur de leur matière. Je ne partage pas l’enthousiasme de ceux qui s’extasient devant le côté contre-intuitif et franchement illogique de la chose, je n’ ai pas une énorme sympathie pour la débauche de moyens grandioses et de tapis rouges, et ce qu’elle a de dispendieux me choque un peu, tout en m’inquiètant encore plus pour son avenir. Mais simplement une petite chose: c’est la meilleure, la plus belle, la plus admirable bibliothèque que je connaisse, probablement le seul lieu sur terre où j’aimerais que l’on m’enferme.

    J’aime

  32. « de pirate ou pas de pirate »
    (com de Mart le 13 mars 2009 à 11:00 )

    com/com: l’anagramme de pirate est patrie, ce qui est étonnant puisque les pirates sont, essentiellement, apatrides.
    Le pirate enterre son trésor et signe une vie sans terre d’appartenance. Au pied de la l’être, il y a du pirate dans la précarité d’usage.

    J’aime

  33. Il ne fait aucun doute que la BNF coûte beaucoup d’argent. Une ville de 20 000 habitants ai-je en effet lu, pour ce qui est de l’électricité. Mais peut-on faire autrement, je ne le sais pas. Quand vous voulez construire un machin qui accueille à la fois des milliers de chercheurs tous les jours et des dizaines de millions de documents (aujourd’hui 13 millions), et que ces documents puissent accéder auxdits chercheurs, il faut sans doute entasser, et cela prend de la hauteur. Or, ce qui est visible ne représente qu’un quart des surfaces de la BNF.
    Il faut donc revenir à des critiques dont on est sûr. Combien ça coûte, et comparer ce coût avec d’autres trucs similaires : à combien s’élèvent les frais de fonctionnement de la British Library ? Une ville de combien d’habitants ? Le gouvernement britannique a dit vouloir réduire ces coûts mais je ne sais pas où cela en est.
    Autre chose : il faut aller voir sur place, autour de la BNF, le quartier est transfiguré. Il ne faut pas seulement voir l’argent que cela coûte mais l’argent qui est investi autour, par les entreprises privées et publiques, en travaux publics, en grands magasins, en transports, etc. Or tout cela m’a paru très vivant et dynamique. Qu’un temple des livres crée du dynamisme urbain, je trouve que cela a de la classe.

    J’aime

  34. « Qu’un temple des livres crée du dynamisme urbain,je trouve que cela a de la classe. »
    (com de Guillaume | le 14 mars 2009 à 11:58)

    Com/com: parlant de temple du livre, le classement prime sur le « dynamisme urbain ».

    J’aime

  35. La British Library, je ne sais pas combien elle coûte, mais c’est un vieux bâtiment et on aurait aimé que la TGB soit un peu plus en avance sur son temps en terme d’environnement et de gestion de l’énergie. Bien sûr, il est facile de la critiquer aujourd’hui que l’environnement est à la mode, mais à l’époque on en parlait déjà bcp.

    Sinon, je suis bien d’accord avec toi, c’est formidable qu’une bibliothèque serve de moteur au développement d’un quartier. A Angers, ils essayent de faire la même chose avec un théâtre et je trouve aussi ça formidable.

    J’aime

  36. A Angers, ils essayent de faire la même chose avec un théâtre et je trouve aussi ça formidable.
    (com de Mart | le 14 mars 2009 à 21:45 « )

    com/com: certes des établissements culturels implantés dans un territoire donné ont pour mission de dynamiser celui-ci; il s’agit en quelque sorte d’une méta-mission par rapport à la mission initiale de diffusion de la culture (par exemple pour une bibliothèque).

    Attention toutefois à la perversion du système par le politique qui peut allègrement transformer une mission dite « artistique » en « marketing culturel », c’est à dire en une forme de gouvernance axée sur l’image et un rayonnement imbécile, pourvu qu’il rayonne. On assiste à l’éclosion de ce modèle à Lyon sur le quartier de la Duchère où « les tonneaux vides qui font le plus de bruit » ( proverbe africain) encombrent l’espace sous couvert de ce pseudo rayonnement « vendu » comme une dynamique.
    Pour plus de précision sur ma positions à ce sujet, consulter l’article en ligne: « Micropolitique d’un travail poétique en territoire spécifique » publié dans la revue Le Croquant n°55-56, à cette adresse:
    http://www.lamercerie.eu/indexpublicationcroquant5556couv.html

    J’aime

  37. Merci pour ce lien Michel.
    Une bibliothèque, c’est tout de même autre chose qu’un lieu culturel, et son but n’est pas marketing. C’est juste un effet repérable, concret : ça construit tout autour, ça rénove, ça nettoie, ça dépense et ça échange. Par ailleurs, les plans de la BNF n’ont jamais cessé de changer et d’évoluer depuis le jour où Perrault a gagné le concours. C’est un lieu qui bouge et qui garde son aspect pharaonique et polémique.

    J’aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s