
Avant de partir je tiens à demander pardon à ceux que j’ai offensés, sans le savoir, sans le vouloir, par un regard, par une incurie du cœur. Je te salue, vieux temple obscur.
Aux temps immémoriaux d’Ibrahim, qui te fonda, et d’Hajer qui fit jaillir la source d’eau pure que nous buvons aujourd’hui, le sage y puise la noirceur et la douceur de la vie animale. Je te salue, vieux temple obscur.
Comme c’est le devoir de tout lettré qui fait le pêlerinage de La Mecque, le Sage Précaire a rédigé sa Rihla.
« Un genre littéraire arabe …. la
Rihla, le récit de « pérégrination » à La Mecque et dans les
hauts lieux de la foi coranique. C’est un art essentiellement
maghrébin, cultivé par des pèlerins soucieux de décrire à leurs
coreligionnaires la Terre sainte comme s’ils y étaient. Impressions
spirituelles et anecdotes édifiantes se mêlent aux témoignages
désabusés et aux réquisitoires sans merci. Généralement,
l’homme en prend un coup et La Mecque en sort grandie.
L’Andalou Ibn Jobayr et son émule tangerois Ibn Battouta
ont laissé, au Moyen Age, des rihlas campant la nature ambiguë
de La Mecque, sa double vocation de champ de foire et de
terre sainte, de Maison de Dieu et de forum humain.
« Celui du pays de l’islam qui mérite le mieux d’être puri-
fié par le sabre et d’être lavé de ses souillures ( … ) c’est bien le
pays du Hedjaz, dont les gens ont manqué à l’honneur de
l’islam et attenté aux biens et au sang des pèlerins, fulmine Ibn
Jobayr; ils imaginent de traiter les pèlerins comme on ne traiterait
point les Dhimmis. »
(avant-propos de « La Vie quotidienne à La Mecque, de Mahomet à nos jours », Slimane Zeghidour, Hachette 1989, toujours disponible chez l’éditeur, 19 euros ; c’est aussi une rihla, écrite après le grand pèlerinage de l’auteur.)
Ce livre m’avait fait découvrir La Mecque si bien que j’ai l’impression d’y être allé. Un jour, étant au bord de la piscine à prendre le soleil, j’ai vu trois petits jeunes maghrébins en train d’essayer de draper deux serviettes blanches sur le corps de l’un d’eux. J’ai dit : C’est comme la tenue du pèlerinage. Ils ont réagi vivement : Vous y êtes allé ! C’est comment là-bas ? Et je me suis mis à en parler, jusqu’au moment où je me suis réveillé et les ai détrompés.
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Cher Pierre, je ne savais pas que la Rihla était un devoir du pèlerin. Mais oui, vous l’avez bien deviné, je projette de faire un livre sur mes pèlerinages à la Mecque.
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