Annonce A.N.P.E. pour les Indes

J’entends la polémique devant l’annonce de l’ANPE sur un emploi d’informaticien, payé moins de 400 euros, à Pondichéry. Tout le monde a l’air choqué, est-ce vrai ? Moi, cela ne me choque pas dans le principe. L’informaticien en question, appelons-le Robert, aura peut-être une existence plus intéressante là-bas à ce prix qu’en France avec quatre fois plus. Il aura peut-être un pouvoir d’achat plus important que dans sa ville d’origine, Robert, et il voyagera tous les jours de sa vie. Car traverser les rues de Pondichéry, tous les matins, ça fait rêver les sages précaires.

Combien croyez-vous que nous sommes payés, nous, les profs de Chine, d’Inde et de Pétaoushnok ? Que dalle, assurez-vous en ! De plus, Robert, du haut de ses compétences professionnelles, pourra changer d’entreprise quand il le voudra. C’est ce que nous faisons, en Asie, dans le domaine de l’enseignement. Quand une fac nous propose mieux ailleurs, on va ailleurs, quand on veut monter une entreprise de trading, on le fait. D’être à l’étranger, Robert aura plus d’opportunité pour rencontrer des hommes d’affaires, il se sentira pousser des ailes pour prendre des risques et gagner décemment sa vie.

Allez Robert, lance-toi! Fais fi des critiques et des empêcheurs de tourner en rond! Ecoute ton gros coeur et fonce à Pondichéry, ouvre un blog et raconte-nous.

45 commentaires sur “Annonce A.N.P.E. pour les Indes

  1. Et il aura la possibilité d’élargir ses horizons considérablement dans une culture indienne, même si Pondichéry a été un comptoir français ( c’est le terme exact?), ce sera mieux que la banlieue parisienne. Vas-y Robert!

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  2. A l’extrême inverse, j’ai lu qu’il y a des informaticiens indiens qui partent travailler 6 mois ou 1 an sur un bateau en off shore au large de la Californie. C’est un bateau immobile situé en eaux internationales et qui échappe ainsi à toute forme d’impôt et de cotisations sociales. Bien sûr, la vie y est (infiniment) plus monotone qu’à Pondichéry ou à Los Angeles, mais les salaires viennent compenser, paraît-il, ce « manque à vivre ».

    D’un côté, l’informaticien off shore surpayé ; de l’autre l’informaticien pondichérien sous-payé.
    Jamais l’appartenance géographique n’aura été si clairement prise en compte dans le calcul du salaire !

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  3. A Pondichery, je ne sais pas si on peut dire qu il est sous-paye car il est bien au dessus du salaire indien moyen et dans la moyenne des salaires indiens d informaticiens. Il faut relativiser et il vivra peut etre bien mieux qu en France ou dans une ville comme Paris; il faut aussi comparer avec le pouvoir d achat…

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  4. Sans compter que le susnommé Robert va beaucoup apprendre au contact des informaticiens indiens qui, dit-on, sont très à la pointe. C’est d’ailleurs étrange qu’une entreprise basée en Inde demande un informaticien français. J’ai un ami informaticien, connaisseur de l’Inde, qui projette justement de monter un centre de recherche là-bas pour profiter de la qualité et du coût de la main d’oeuvre dans ce domaine.

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  5. Ou un incurable romantique, qui pense qu’il vaut mieux vivre intensément et brièvement, que longuement et platement. Ce en quoi on lui donne raison, bien sûr.
    Mais ce qu’il ne sait pas encore, c’est que sa philosophie pleine d’audace et de noblesse vacillera lorsqu’il s’approchera du terme. Il se dira « merde ! déjà ? »

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  6. Robert est décidément bien mystérieux. Qu’est-ce qui peut bien le motiver ? Car, depuis le temps qu’on parle de lui, on n’est même pas certain qu’il soit intéressé le moins du monde par l’Inde.

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  7. Par quoi Robert pourrait etre interesse?
    Elargir ses horizons, voir d autres cultures et arreter de croire que l Occident est le centre du monde, il pourra decouvrir que le concept de pays developpe est une vaste fumisterie? Developpe de quoi? Developpe materiellement mais culturellement il pourra decouvrir que l Inde a developpe une culture, une philosophie et une metaphysique a des sommets inconnus dans ces pays developpes au niveau technologique et la retraite passera apres 🙂

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  8. Mais si Robert est un tant soit peu curieux, Silouane, il se rendra compte avec amertume que cette belle culture indienne, qu’il n’aurait jamais connu si l’ANPE ne lui avait pas parlé d’un poste d’informaticien, appartient déjà à un monde en voie de disparition. Que l’Inde moderne, l’Inde des grandes villes, celle qui tire le pays « en avant » (ou « en arrière » si l’on change de point de vue, Silouane), ne cesse de s’occidentaliser. Qu’en d’autres termes, la « culture occidentale » ressemble de plus en plus à ces clubs de foot anglais où il n’y a plus un seul joueur anglais dedans (et là, je sens que ma métaphore vous fait déraper un peu).

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  9. Je ne suis pas un spécialiste de l’Inde même si j’ai étudié qqes années deux de ses langues et si j’y suis allé plusieurs fois ces 3 dernières années mais je ne peux partager ton point de vue totalement , ce monde n’est pas encore en disparition et il y a encore des endroits où des sages maintiennent l’enseignement de diverses traditions indiennes – et non le bazar pour preneurs de LSD paumés – ( voir certains ouvrages d’Alain Daniélou), difficilement accessibles pour nous; l’occidentalisation ne touche que quelques grandes villes et une grande partie n’est touchée qu’en surface. A terme, la société de consommation l’emportera, c’est clair. Je comprends ta métaphore 🙂

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  10. « Je ne suis pas un spécialiste de l’Inde même si j’ai étudié qqes années deux de ses langues et si j’y suis allé plusieurs fois ces 3 dernières années »
    Amusant !…
    A partir de quand peut-on dire qu’on est un spécialiste ?

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  11. Bigre! Etudier deux langues indiennes, en plus du chinois que Silouane maîtrise au point de faire un blog consacré aux lectures de livres de l’empire du milieu. On se demande un peu quel type de travail un tel personnage peut bien avoir. Dis-nous, Silouane, tu as répondu à une annonce ANPE super alléchante, à 300 euros par mois, avec transits dans les aéroports du monde asiatique ?

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  12. Etudier ne veut pas dire maîtriser, j’ai commencé les études universitaires en faisant du chinois, vietnamien, sanskrit et arabe mais j’ai complètement oublié le vietnamien, l’arabe idem et le sanskrit, j’ai un piètre niveau. J’ai habité un an en Grèce où j’ai très vite appris la langue mais comme je ne l’ai pas pratiqué depuis 15 ans, je le parle très difficilement maintenant,etc,etc,etc….avec d’autres langues
    Je ne sais pas ce qu’est un spécialiste mais une chose que je sais : comprendre une culture de l’intérieur sans poser ses propres grilles de lecture, qui faussent la vision, est très ardu.
    Guillaume, j’ai un travail certainement moins passionnant que le tien 🙂

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  13. En parcourant le blog – impressionnant – de Silouane, qui lit deux livres par jour et publie deux billets de blog par après-midi, j’en suis arrivé à la seule conclusion possible : il est lecteur de livres et auteur de blog. Par une technique indienne de self control, il a réussit à bannir la dépendance matérielle de son corps. L’argent lui est ainsi devenu inutile. Mais comment se procure-t-il des livres ? Mystère.

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  14. « ce sera mieux que la banlieue parisienne »…en tout cas, sympa pour les petits banlieusards de mon espéce (d’espace !), Silouane ! Je ferai remarquer que ce mépris pour cette région si méconnue par ses propres con(!)citoyens même est tellement répandue que c’est devenue un lieu commun de la dénigrer ainsi , c’est dommage de commencer des débat ainsi par des considérations débiles de ce genre : il est déja inepte par avance ! Oui, la banlieue regorge de richesse exotique encore ignorée, pas besoin d’aller se faire exploiter avec un salaire de tiers mondiste jusqu’à Pondichéry, Nankin ou Saigon pour en découvrir toutes les saveurs. Moi qui ait un salaire de quart mondiste et travaille en banlieue (dans le 77 pour etre précis), il y’a tout un potentiel à découvrir et exploiter qui n’a rien a voir avec la culture hip-hop, encore moins Queneau et encore moins Céline…

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  15. Mart, certains livres dont je fais le commentaire ont été lus il y a plusieurs semaine ou mois.
    François, j’avoue que mon expression n’est pas adroite et je m’en excuse – paradoxe, j’ai habité en banlieue parisienne aussi. Il n’y avait pas de mépris dans ma phrase, je voulais juste dire que vivre dans une autre civilisation est enrichissant aussi.

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  16. C’est une trés bonne question, Mart, difficile à répondre en un post de blog. Susceptible ? je ne sais pas ou plus… plus sensible peut-être aujourd’hui à leurs situations de « marginal » (au sens de « en marge de… », « à la périphérie de « ), je ne peux que vous renvoyer à des textes de chansons contemporaines , comme peut en témoigner le succés de « Grand corps malade » (que je connais assez peu mais que j’ai su apprécier le peu que j’ai entendu), la vivacité du slam, de la vie culturelle dans son ensemble dans les petits centres culturels, dans les lycées, les écoles, la popularisation du hip hop (qui en même temps se fait un peu récuperer cela dit en passant). Sur pARIS, une chanson comme « j’aime plus Paris  » de Thomas Dutronc traduit assez bien cet état d’esprit pour ce qui est de la vision de beaucoup de gens sur Paris aujourd’hui (« il est cinq or , paris s’endort », assez d’accord…). « Identité banlieusarde » (reste à la définir), il faut plutot comprendre un certain rejet ou distanciation par rapport à la boboisation actuelle des grandes capitales européenes.Paris n’à rien à voir avec ce que c’était il y’a dix ans, la révolution numérique est passée par là et a transformé beaucoup de choses pour qui a vu se métamorphoser la capitale comme moi, c’est assez spectaculaire, parfois triste, parfois enthousiasmant. La banlieue devient , à mon sens aujourd’hui comme une sorte d’archipels où s’élaborent , s’experimentent pleins de trucs interessants au niveau culturel, mais c’est trés dispatché tout en étant trés riche… mais ce n’est plus comme il y’a dix ans avec NTM et IAM ou « La Haine » de Kassovitz ou cette « susceptibilité » passait par une sorte de revendication musicale et politique violente et juste , pertinente, que maintenant tout le monde peut apprécier en esthéte bobo le cigare et le cognac a la main. Pour ce qui est de la transformation de Paris, il y’a le livre de Cabu qui a trés bien relaté cette métamorphose, la transformation de Saint Germain des prés, les logements vides, les nouveaux sdf…Au fond, je ne crois pas que les banlieusards dont je suis actuellement souffrent d’une quelconque dépréciation, simplement, c’est un peu comme des provinciaux dont on ne reconnait pas assez la valeur, qui souffrent d’une image difficile à saisir d’abord parce qu’ils ne sont pas à proprement parler « provinciaux » (nous ne somme ni lyonnais ni bordelais, ni toulousains etc…) et puis tout simplement comme je viens de le montrer Paris leur faira toujours un peu d’ombre donc ca parait insoluble… il y’a pourtant un certain charme a cette région, les impressionistes, Maupassant et compagnie, de grands homme sillustres (Louis Braille, lEON bloyetc..) l’avaient bien compris, mais en disant ca on retombe dans un archétype dix neuviéme siécle qui n’a pas sa place ici , tombe a plat, nous fait replonger dans une sorte de vision ringarde des choses. Si on prend les antilles françaises c’est le même probléme, ca sera etiquettée culture francophone ou antillaise ou dom tom , mais c’est Français ! Mon idée est que tout ça finira comme Mexico, une sorte de mégalopole archi polluée et hyper uniformisée ou la banlieue n’existera plus a proprement parler (a part dans les musées !) et ou on pleurnichera en regardant « La haine » en se disant que c’était le bon temps tout ça ah ma pauvre dame , et on regardera dans les vitrines les murs tagués, les vestiges de voitures brulées mélangées avec les peintures impressionistes, on paira le même prix pour visiter les bateaux lavoirs ou les vieilles MJC du 77, du 93 , du 92 , et on dira a nos petits enfants, tu vois petit, c’est sur ce bord de marne , dans cette médiathéque, dans ce petit café (si il y’est encore) que j’ai découvert Nerval, Mc Sollaar, les premierd amours , Nirvana et Brassens, le tout en même temps, quel mélange ! et c’est un peu ça la banlieue, une culture du mélange, du bricolage de la culture ou de culture du bricolage que ne peuvent construire et élaborer dans une certaine sérénité et tranquilité (tranquille, trop tranquille parfois mais justement tout est là, cette gestion du tranquille) des gens se sentant un peu à la marge des « villes tentaculaires ».Comme dans les antilles (banlieue du monde) une culture du melting pot, du « méga mix »mais a proprement parler « banlieusarde ». Ce qui rend susceptible la banlieue parisienne c’est surtout aussi cette image d’être en permanence aux yeux des spécialistes « en emergence », « en devenir ». C’est une sorte d’infantilisation quelque part, difficilement digérable pour tout ceux ceux qui ont grandi la , se sont forgé une culture et une identité dans ces lieux à la lisiére de la Grand ville (Paris) et de chez Mickey (dysneyland). La banlieue, une identité et un paysage auquel peu d’écrivains récents (a part Jean Rollin peut-être dans « zones » ou Michel Volkovitch par exemple, d’autres encores mais si méconnus…) se sont réellement confrontés.

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  17. « Guillaume, j’ai un travail certainement moins passionnant que le tien  »
    Je reconnais bien là la politesse de ceux qui ont un super boulot. Ce sont les gens comme moi qui, au contraire, n’ayant pas de métier du tout et flottant d’un petit boulot à un autre, pensent nécessaire de raconter leurs vies professionnelles, tant elles leur paraissent étonnantes, comme sorties de nulle part, miraculeuses. J’ai raconté, à d’autres époques, les chaudières des usines de Tarare, la station service de La Mulatière, les restaurants de Dublin, parce que les jobs précaires sont porteuses d’histoires. Mais, comme par hasard, ce sont les gens qui ont les métiers les plus extraordinaires, les plus hors de portée du sage précaire, qui restent le plus discret. Je dis stop à la discrétion et au secret.

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  18. ba-ba-ba, je travaille pour une société qui vend du tissu français ( fabriqué en France) dans la région Asie-Pacifique et je suis responsable de cette zone et toujours en voyage et dans les avions – je lis beaucoup durant les temps de transports. Je suis basé à Pékin. Rien d’extraordinaire, j’ai été enseignant aussi et plein d’autres choses.
    Apparemment, on est de la même région – Rhône et Loire.
    Le blog pour moi est plus un lieu pour échanger des idées que pour exposer sa vie, d’où ma discrétion mais bon je me plie 🙂

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  19. Sympa ton blog Silouane. J’aimerai avoir ton avis et celui de Guillaume aussi sur « Brothers » de Yu Hua , ici on en parle pas mal, en plus je trouve sa vision de la Chine assez juste, ca m’a fait plaisir de lire qu’il voit la Chine comme « une nation eternellement comateuse, déchirée entre la terreur rouge et le capitalisme sauvage. »c’est tout à fait çà et j’espére que mon post sera publié !

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  20. Rhône et Loire, c’est la même région ?! Entre Tarare et Givors, entre la Loire et le Rhône, il y a une ligne de démarcation plus profonde et plus ineffaçable qu’entre Brest et Pékin ou Pondichéry, après tout, de Brest à Pékin, c’est toujours la même terre, mais entre Saint Etienne et Lyon, là, il y a une vraie différence culturelle, que dis-je, une altérité, bordel. Que Robert oublie Pondichéry et qu’il aille faire de l’informatique au Chambon-Feugerolles ou à la Fouillouse, là il verra que tout n’est pas mondialisable.

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  21. Ben, oui on peut dire ça mais on peut le dire pour tout. Je suis né à Saint-Etienne et ai grandi à Roanne, ce sont deux villes radicalement différentes.

    J’ai découvert un truc assez dingue dans le Hunan sur Carrefour, je vous invite à jeter un oeil à mon blog.
    Quand on connaît la Chine, ce n’est pas si fou que ça:-)

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  22. En même temps, quand on a grandi à Roanne, je comprends que l’on ait rêvé de voyages !-)) Je le dis avec le sourire car j’ai passé toute mon enfance en région stéphanoise, dans un petit village tranquille, célèbre pour son hôpital psy (Saint-Jean Bonnefonds). (Ben ne me reprendra pas sur ce terme, mais c’est vrai qu’on peut aussi parler de Région Rhône-Alpes puisque nos administrateurs l’ont décidé ainsi. Et moi, ça me plaisait bien d’être administrativement relié aux montagnes… (Je ne parle pas du Forez là, sorry !). C’est amusant comme plusieurs commentateurs de ce blog ont un lien avec la région… Je suis sûr que même Mart, au fin fond de lui-même, souhaitait la victoire des verts samedi dernier…

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  23. « En même temps, quand on a grandi à Roanne, je comprends que l’on ait rêvé de voyages !-))  »

    Hep, je suis susceptible, attention, je vais comme François et la banlieue.
    J’ai fait des études à Lyon. En fait, je n’aime pas vraiment le voyage, j’ai fait des recherches qui m’ont obligé à voyager.

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  24. Pas faux damien, je suis né à Lyon où je suis resté jusqu’à 19 ans, et je ne suis pas sans lien avec la Loire puisque j’habite Angers depuis 2 ans.
    Tout ce qui compte en France se trouve près de Rhône, de la Loire ou en région parisienne.

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  25. C’est fou, ça, on sort tous du même trou, alors. A Saint Jean Bonnefonds, effectivement, il n’y a que des fous. J’y avais un copain dont la mère avait un logement de fonctions à l’hôpital psychiatrique, parce qu’elle y travaillait, mais le fils, qui était assez frappadingue, on l’appelait Mattéo, Guillaume a du le rencontrer, aurait pu y loger comme pensionnaire régulier. Il travaillait à la morgue de l’hôpital Bellevue, à côté duquel j’habitais. Je me suis toujours demandé si c’était à cause du boulot qu’il buvait autant, ou si c’était parce qu’il buvait autant qu’il s’était retrouver travailler dans une morgue. Il nous faisait visiter ses petits tiroirs réfrigérés, à la bonne franquette, en fin de soirée. N’hésite plus, Robert, Saint Etienne, c’est au moins aussi exotique que Pondichéry. ( pas comme Lyon dont les habitants sont completement coincés, constipés dans la conscience qu’ils ont de leur propre dignité de bourgeois lyonnais. Pas vrai, Mart ? ).

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  26. Merci Mart, je ne sais pas si je vais réhabiliter l’image de la banlieue à moi tout seul mais je vais quand même arréter de faire de la promo pour la banlieue parisienne, des Jamels, NTM et autres le font mieux que moi et j’avoue que c’est assez fatigant de défendre sans cesse son territoire, de plus je ne suis pas si susceptible que çà sur la banlieue, puisque je suis seine et marnais d’adoption et véritablement toulousain. Par contre moi qui aime bien les rencontres en tout genre, j’ai travaillé aussi pour des frappadingues comme educateur/animateur dans des gites de colonies de vacances géré par les eclaireurs de France; La seule image que j’ai de Lyon est une « plateforme » sur un stade où se retrouvaient tous les camps dde débiles mentaux au début de l’été : une véritable cour aux miracle ou un tableau de Bosch post-moderne, impressionnant mais enrichissant. Il faut le voir pour le croire.Dans mon souvenir, beaucoup de copains animateurs de Saint Etienne (des petites cailleras sympas mais chiants je reconnais quand on veut se coucher tôt et ne pas trop boire ou fumer). Un apprenti cuistot cuisinier surnommé Kevin de Saint-Etienne, un vrai voyou qui ira loin dans la cuisine si il s’accroche , j’attends qu’il ouvre son restau (ou son bar plutot à l’heure actuelle) avant de vous transmettre l’adresse. bONS SOUVENIRS DE CAMPS SUR lA tOUR D’Auvergne, Le puy de Dome etc…Mais Lyon restera pour moi la ville de toutes les rencontres les plus diiingues !!! mESSAGE POUR bEN / pAARIS A JE SUIS Sur la médaille d’or pour ce qui est des habitants constipés, coincés etc…

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  27. « pas comme Lyon dont les habitants sont completement coincés, constipés dans la conscience qu’ils ont de leur propre dignité de bourgeois lyonnais. »
    Je n’aurais pas pu dire mieux ! Ceci dit, les bourgeois de province sont-ils plus riants à Bordeaux ou à Toulouse ?

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  28. On est passés de l’ANPE aux dingues, pourquoi pas, d’ailleurs pour répondre à Ben, il n’y a pas que Matteo dont la mère travaillait dans cet hôpital verdoyant, éparpillé à flanc de colline. Les malades présentant un danger y étaient enfermés mais un grand nombre d’entre eux, diagnostiqués inoffensifs pour leurs concitoyens, pouvaient aller et venir tranquillement dans le village.
    Tout le monde les connaissait et cela ne dérangeait personne. C’est même plutôt formateur pour un gamin, de voir qu’il y a des gens qui ont un grain !..

    Sinon, c’est vrai qu’un des atouts des stéphanois, c’est à mon avis une façon de vivre et d’aborder les autres simplement, sans chercher à afficher une vanité ou fierté déplacée (mais j’idéalise peut-être un peu, ça fait longtemps que j’ai quitté StE & sa banlieue..)

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  29. Il y a de grandes différences entre les bourgeoisies provinciales; toutes ne se ressemblent pas. Pour faire une rapide typologie, on pourrait dire que le Lyonnais est typiquement constipé, son teint est blanc-vert, son haleine sent la tripaille mal digérée ; le blanc de l’oeil est jaune. Au moral, il est hypocrite, taciturne et snob. Il cache ses turpitudes derriere les rideaux de sa villa de Caluire. Il y a, à l’autre extrêmité, je pense au bourgeois sudiste, marseillais ou toulousain, le type chiatique: celui qui ne peut s’empêcher d’étaler sa personne et qui fait chier le monde. Il parle fort, porte beau, son teint est bronzé mais sous le hâle perce un fond de jaunisse dû à l’abus de boissons anisées. Au moral, il paraît jovial, mais cette jovialité cache mal un fond de méchanceté bilieuse monolithique. Son haleine sent l’ail.

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  30. C’est sûr ! Non seulement il est drôle, mais il est pertinent ! Dans son portrait de bourgeois de Calluire, j’ai retrouvé ma tante ; dans celui de Toulouse, des amis de mes parents…
    Sous la précarité de plusieurs imbéciles précaires (un nouveau concept que j’ai inventé et dans lequel je me range) se cache souvent une haine farouche de la bourgeoisie de province.

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  31. Le portrait de la bourgeoisie de province de Ben est réellement si fin (et drole) que je me demande si il n’y a pas un fond d’ironie de sa part dans ce post qui fait un peu penser à un mélange de caricatures pour enfants ou de ces physionomistes , ecrivains de « caractéres » comme on pouvait en lire dans les gazettes du dix neuviéme siéce ou sévissaient quelques sous-Balzac. Je confirme il est en forme.

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  32. Je ne sais pas ce qui vous fait dire que je suis en forme. En forme de quoi ? J’ai un peu de diarrhée, mon teint n’est pas très frais, je me sens fatigué dès le réveil, et même si je fais la sieste, je garde un fond de mauvaise humeur résiduelle. Au moral, je me crois assez représentatif d’une certaine classe d’intellectuels, insatisfaits, saturés d’excitants, un peu fébriles, qui oscillent entre l’abattement et une euphorie malsaine. Avec parfois l’impression de brasser du vide. Mon haleine sent le tabac froid, le café et chouingue que je mâche pour la dissimuler.

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  33. Maintenant que vous le dites monsieur Ben, il y’a sans doute de fortes différences entre le bourgeois marseillais et le bourgeois toulousain, ces « sudistes »… j’ai du mal a percer le « fond de méchanceté bilieuse monolithique » chez mes amis toulousains, mais ca viendra peut-être avec le temps.Pour la mauvaise haleine le « fischerman’s friend est pas mal.

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  34. « Au moral, je me crois assez représentatif d’une certaine classe d’intellectuels insatisfaits, saturés d’excitants, un peu fébriles, qui oscillent entre l’abattement et une euphorie malsaine. Avec parfois l’impression de brasser du vide. »
    Moi aussi.

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  35. Moi pas du tout, c’est marrant. Je ne suis ni euphorique, ni excité, ni vraiment fébrile, ni insatisfait. Mais en même temps je serais bien infoutu de me décrire au moral.
    En tout cas, je préconise que Ben continue dans cette veine-là, c’est très réjouissant pour l’esprit.

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  36. Je confirme, j’ai accompli une année de ma carrière comme « expert » dans un institut de Pékin, payé par le gouvernement chinois, des clopinettes vu d’ici mais là-bas, à l’époque, ça le faisait.

    Et la carte d’identité professionnelle m’évitait d’être pris pour un touriste pendant mes voyages.

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