Joyeux anniversaire Claude Lévi-Strauss

Heureux Français qui habitez Paris. Demain, grâce à vos allocations chômage, vos RTT, votre patron qui est compréhensif, vos parents qui vous entretiennent, vous pourrez aller fêter le centenaire de la naissance de Lévi-Strauss au Musée du quai Branly. Par ici le programme.

S’il vous faut une chose, une seule chose pour vous convaincre d’y aller, ce sont les lectures des textes tirés de son oeuvre. Des dizaines et des dizaines de personnalités vont lire des passages de Tristes tropiques surtout, mais aussi d’autres livres.

Vous y verrez vos intellectuels préférés, comme Julia Kristeva, Claude Lanzmann, George-Marc Benhamou. Vos ministres favoris, comme Valérie Pécresse (qui lira trois pages extraites de Saudades do Brasil). Des stars des médias, comme les frères Poivre d’Arvor, Ali Baddou, Raphaël Enthoven, Alexandre Adler, Gérard Miller.

Si j’étais méchant, je soulignerais le fait, ironique s’il en est, que notre BHL national lira, avec le talent qu’on lui connaît, un célèbre extrait de Tristes tropiques intitulé, dans le programme, « Notre ordure lancée au visage de l’humanité« . Faire cela au plus grand représentant des arts et des lettres françaises!

J’aurais bien aimé faire cette lecture moi-même, seul sur scène, baigné d’un halo de lumière faisant scintiller les poils noirs de ma poitrine déboutonnée :

« Voyages, coffrets magiques aux promesses rêveuses, vous ne livrerez plus vos trésors intacts. Une civilisation proliférante et surexcitée trouble à jamais le silence des mers. Les parfums des tropiques et la fraîcheur des êtres sont viciés par une fermentation aux relents suspects, qui mortifie nos désirs et nous voue à cueillir des souvenirs à demi corrompus.

Aujourd’hui où des îles polynésiennes noyées de béton sont transformées en porte-avions pesamment ancrés au fond des mers du Sud (…) Ce que d’abord vous nous montrez, voyages, c’est notre ordure lancée au visage de l’humanité. »

Tristes tropiques, I, 4

Vous y verrez aussi vos écrivaines de chevet : Hélène Cixous, Claude Imbert, Danièle Sallenave, Irène Frain (qui lira « Faire l’amour, c’est bon », hi hi.)

La liste est trop longue. C’est un déluge de personnalités, mises en espace par Daniel Mesguich, cela promet d’être pétillant.

Si j’étais à Paris, j’irais, je crois, pour les lectures, pour écouter et me tenir aux aguêts, au cas où tout un tas d’idées se déclenchent. Car lire Lévi-Strauss, c’est souvent très stimulant, surtout quand on travaille sur le voyage et sur l’écriture.

9 commentaires sur “Joyeux anniversaire Claude Lévi-Strauss

  1. Quand à moi, je préfére consulter ce blog ainsi que d’autres sites en rapport avec la littérature, la philo et les voyages, bien plus interessants et bien plus enrichissants a mon sens que ce colloque qui, bien que trés alléchant, sonne comme une pitrerie, une sorte de cérémonie bizarre qui ne me dit rien du tout, en plus je travaille aujourd’hui.Pas de regrets donc .

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  2. Comment Guillaume! de l’anti B H L primaire, de l’entartage scriptural .

    Au fait le bruit cours qu’il serait candidat à l’Académie Française à condition de pouvoir occuper les quarante sièges.

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  3. le PSPA (le parti des sages précaires anonymes) nouvellement constitué et issu de la premiére formation du cspa (le comité des sages précaires anonymes aujour’dhui dissous) vous envoie ce communiqué : « sage précaire, o grand maitre a penser, nous sommes heureux de cette nouvelle de colloque et y participeront avec joie, car nous considérons Lévi Strauss comme un véritable précurseur de votre grand oeuvre a venir , a chemin entre l’ethnologie, le poétique, le voyage et la littérature, la pensée scientifiue et philospohique, le trvail de thése et l’amateurisme comme vous l’avez déja dit dans votre billet désormais célébre.Nous esperons que votre travail de thése avance comme il faut -vite et bien, trés vite même- car en absence d’un base idéologique fiable et concréte (un livre, une thése, quelque chose de solide quoi…) notre parti a l’air un peu…ballot si vous voyez ce que je veux dire.Nous sommes comme un UMP sans Sarko, un ps sans martine aubry, une guerilla sans che guevara, un plat de nouilles sans nouilles, bref, c’est la loose compléte, alors dépéchez vous…

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  4. Le sage précaire est touché de l’attention que le NPSPA et le regretté CSPA portent à son oeuvre, et propose de plancher sur ce sujet, dans leurs comités, assemblées générales et séminaires de travail : Cette scorie de la mémoire :’ A 5h30 du matin, nous entrions en rade de Récife tandis que piaillaient les mouettes et qu’une flotille de marchands de fruits exotiques se pressait le long de la coque », un si pauvre souvenir mérite-t-il que Lévi-Strauss lève la plume pour le fixer ?
    Le sage précaire s’interroge.

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  5. Vous avez mille fois raisons Monsieur Ben, nous en faisons un peu trop sur ce blog et nous tacherons de calmer nos ardeurs par la suite même définitivement, précher des convertis n’est guere passionnant en effet et nous ennuie terriblement en fin de compte ; toutefois, notre mission ‘d’évangélisations » (nous n’aimons guere ce terme, sachez le même si cela y ressemble pourtant) a déja commencé, déja de nombreuses personnes sont atteintes par la « sageprécaritude » (gout du voyage, du débat philosophique,des lettres, de la discussion, d’une certaien forme d’enseignement apte a susciiter la reflexion et faire avancer la libre pensée, d’autres définitions sont possibles bien sur…) mais cette nuit, un putsh interne et des conflits multiples ont malheureusement provoqué une terrible scission de parti (dont certains ont souligné les dérives sectaires) nous sommes passé au statut de Confrérie des Sages Précaires. Incapables de torcher une thése,de pondre un bouquin de plus de vingt pages, infoutus de parler correctement, tetes en l’air, nous nous bornons désormais a soutenir par la pensée et l’enseignement quand nous avons la disponiblité les quelques preceptes de la sagesse précaire que tous ceux, qui, plus rigoureux que nos esprits brouilons, malades , puériles et immatures parviennnent a diffuser avec bien plus de classe et de panache. Sur ces bonnes paroles, nous allons manger…

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