« Nous demandons le respect »: les violences après le 12 juillet

Je ne sais pas si l’information a été relayée en France. Sans doute pas, à cause des festivités du 14 juillet, et du peu de cas que l’on fait de l’Irlande du nord dans le reste du monde.

De violents affrontements ont eu lieu à Belfast et dans d’autres endroits de la province, à la suite des parades orangistes qui se tenaient le 13 juillet.

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Le défilé que nous sommes allés voir était au centre ville et n’avait rien de particulièrement choquant. Des groupes de musique militaire se succédaient, au milieu d’une foule populaire qui profitait du soleil. Un peu moins d’une heure nous a suffit et nous avons loué une voiture pour nous rendre à la campagne, au cottage qu’un ami nous prête.

Le lendemain, jour de la fête nationale française, les journaux relatent que des groupes de jeunes armés ont affronté les forces de l’ordre dans le quartier chaud d’Ardoyne, dans le nord de Belfast. Dans ce quartier, majoritairement catholique, les orangistes ont tenu à organiser une marche, avec musique militaire et tout le cérémonial, ce qui est vu comme une provocation. Nous apprendrons par les journaux que les violences ont continué les jours suivants, et que d’amères déclarations ont été faites par différents représentants politiques.

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Dans ces cas, j’achète plusieurs journaux, de tendances opposées, pour voir comment l’information est traitée dans les différents camps et afin d’en tirer leur dénominateur commun. Je m’aperçus avec étonnement que l’ordre des Orangistes avait toujours refusé de dialoguer avec les dirigeants du Sinn Fein (le parti indépendantiste qui est pourtant au pouvoir, donc a priori légitime ou du moins légal). Les Orangistes semblent continuer donc de percevoir le Sinn Fein comme un groupement terroriste, et puisqu’il n’entretient aucune relation officielle avec lui, il est délicat d’imaginer qu’ils aient obtenu toutes les autorisations pour défiler dans des quartiers catholiques.

Tout cela est un peu compliqué. Ce qui est amusant, si j’ose dire, c’est la porosité qui semble y avoir entre ce qui est autorisé, ce qui est interdit, ce qui est toléré, ce qui est à demi légal et ce qui est traditionnellement reconnu comme répétitivement néfaste. Il y a des bûchers clean et des bûchers crades, mais montés au vu de tous et allumés au mépris de toutes les autorisations ; des défilés clean et des manifestations plus problématiques.

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Le tout est baigné dans un discours qui globalise l’événement comme faisant partie d’une « culture ». Le mot « culture » revient tout le temps, plus que celui de tradition, qui sonne peut-être un peu trop terroir et repliement sur soi. Partout, les protestants demandent que l’on respecte leur culture, ce qui fait beaucoup rire le voyageur candide qui a assisté aux mise à feu des bûchers du 12 au soir. « Nous brûlons des drapeaux irlandais, nous suggérons aux partis républicains de se sodomiser les uns les autres, et NOUS DEMANDONS LE RESPECT POUR NOTRE CULTURE. » C’est le raccourci que le voyageur peu cultivé est tenté de faire.  

Quelques jours plus tard, on apprend que la police a utilisé des méthodes musclées pour remettre de l’ordre dans les rue d’Ardoyne. Là encore, on se pointe du doigt réciproquement et le voyageur a le sentiment que les responsables politiques cherchent à gagner du temps et espèrent que tout rentrera dans l’ordre, en s’épongeant le front jusqu’à l’année prochaine.

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