Québec et Irlande du nord

Quand les Québécois me parlent de leur histoire et des problématiques politiques, culturelles, je ne peux pas m’empêcher de voir des similitudes avec la situation des Irlandais en Irlande du nord.

Après tout, les mouvements des droits civiques, en Irlande du nord, avant que cela ne dégénère dans les « Troubles », étaient inspirés par les mêmes sentiments d’injustice. Les catholiques en irlande du nord, comme les francophones du Québec, étaient « considérés comme incompétents » (Jacques Parizeau) par l’élite composée des protestants ici et des anglophones là. Dans les deux cas, la population la plus ancienne sur le territoire était traitée comme inférieure, avait moins de droits et profitait moins que les autres des richesses produites par l’industrie.

Dans les deux cas, la politique continue de se ressentir de ces oppositions. Dans les deux cas, les partis les plus importants sont des partis qui mettent des questions de souveraineté en avant, à la différence des pays « banalisés » où les partis s’opposent sur des questions économiques et sociales.

Quand j’ai dit à Jonathan comment a commencé la lutte du Bogside, à Derry, en 1969, il s’est écrié : « Mais c’est comme au Québec ».

J’ai parlé de cette similitude avec un universitaire, dans l’enceinte de la grande université anglophone de Montréal, la prestigieuse McGill. Il m’a dit : « Ah, vous trouvez là des apparentements ? C’est bien la preuve que nous faisons fausse route, avec ces histoires de souveraineté. » Il me dit que ses opinions, il peut les dévoiler en privé, mais qu’il ne se risquerait jamais à dire ce qu’il pense en public. Similitude, donc, jusque dans l’autocensure.

4 commentaires sur “Québec et Irlande du nord

  1. En matière de souveraineté, j’aurais tendance à dissocier les aspects économiques des aspects culturels. J’apprécie l’existence d’une monnaie européenne, je serais plus sceptique si toute l’Europe se mettait à pratiquer un dialecte de l’anglais.

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  2. “Ah, vous trouvez là des apparentements ? C’est bien la preuve que nous faisons fausse route, avec ces histoires de souveraineté.”

    Il voulait dire quoi ?
    Que l' »apparentement » du Quebec avec l’Irlande du Nord devrait montrer aux Quebecois qu’ils ne doivent pas voter souverainiste s’ils ne veulent pas se retrouver sur la même « fausse route » que les Irlandais d’Ulster ?

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  3. Et qu’est-ce que je ne lis pas dans le Devoir d’aujourd’hui ? Un livre qui se propose « d’observer en détail l’histoire irlandaise dans le miroir de celle du Québec ». Ce livre s’intitule « Le Vert e le bleu », et il est écrit par l’historien Simon Jolivet.

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