Souverain Kosovo

Je lis dans Le Monde daté d’aujourd’hui un bon article de Piotr Smolar sur les Balkans :

« Le Kosovo accède à la pleine souveraineté »

Article remarquable car on comprend qu’aux cris de joie de 2008 (proclation d’indépendance de la province) a succédée une inquiétude teintée de mélancolie. . Le pays n’est pas viable en tant que pays. Le territoire n’est pas prêt si l’on en croit les journalistes locaux : « pas d’Etat fonctionnel, et encore moins de démocratie », éléctions « frauduleuses » et mafias au pouvoir.

Toujours pas d’économie non plus, oserais-je ajouter, et pas d’unité territoriale puisque le nord à majorité serbe refuse toujours d’entendre parler de « rattachement » au Kosovo.

Dans le billet que j’ai écrit il y a deux ans, je critiquais le mépris affiché par les instances internationales pour tout ce qui concerne l’histoire. Aujourd’hui, je m’inquiète de la situation militaire aux Balkans. Une province serbe que les Serbes n’ont jamais songé à abandonner, obtient son indépendance sous la protection des USA et de l’Europe ; cet Etat est miné de l’intérieur et n’a aucune chance d’imposer une quelconque crédibilité ; la question que l’on peut poser est simple : combien de temps avant un affrontement entre Albanie et Serbie pour l’annexion (ou le partage) de cette malheureuse province ?

Piotr Smolar, le journaliste du Monde, note en passant une information lourde de menace. Le jour de la célébration de cette indépendance, le président serbe sera à Sotchi, « pour rencontrer son homologue russe Vladimir Poutine ».

 

Tom et la rentrée

Contrairement à ceux qui lient spontanément « montagne » et « solitude », le fait de vivre en cabane semble favoriser les visites. Depuis le mois de mai, j’ai rarement été seul longtemps sur le terrain. Des amis sont venus à deux reprises quelques jours, d’autres sont venus des semaines entières, et ce matin, je viens de dire au revoir à mon grand pote irlandais, Tom.

Tom est connu des lecteurs de ce blog et de l’ensemble de mes productions écrites, car il est un personnage central de la comédie humaine que constitue La Précarité du sage. A l’heure où tout le monde retourne au boulot, il effectue un long voyage européen à la recherche du soleil, à la suite d’un été irlandais particulièrement pourri. Il passe donc voir ses amis en France et en Italie, puis il ira en Grèce et reviendra vers l’ouest en passant par les Balkans.

A part l’avion, qu’il déteste, et le train qu’il affectionne, Tom aime utiliser le maximum de moyens de transport. Il fut servi hier, puisque nous sommes descendus du terrain jusqu’au Vigan à vélo. Lui, chargé de divers sacs et d’une valise pour transporter des disques vinyle 33 tours, faisait bonne figure sur le vieux vélo de mon frère. Il était ravi de pédaler cette vingtaine de kilomètres sur les routes de France. Il disait que son neveu serait impressionné d’apprendre qu’il avait roulé sur les pistes du Tour de France.

Ce matin, son bus pour Nîmes partait à 6h40, ce qui ne dérangeait pas fondamentalement ce lève-tôt. Je l’accompagnai à son arrêt, et fis un tour dans le centre du Vigan pour voir s’il y avait de la vie à l’aube. Bonne surprise : dès avant 7h00, deux cafés sont ouverts ainsi que le buraliste.

De retour en ville après neuf heures, les terrasses étaient bondées pour la première fois depuis longtemps. C’est la rentrée des classes et sans savoir qui est qui, le v voyageur sent que le personnel de l’éducation nationale prend des forces et se prépare au big fight.