Milan Kundera et ma mort

C’est grâce à la lecture des livres de Kundera que j’ai découvert la musique idéale pour mes funérailles. Quand j’étais jeune je pensais beaucoup à la mort et j’aimais la musique.

J’ai appris la mort du romancier tchèque pendant ce voyage, en juillet. Cela m’a beaucoup remué. Non qu’il soit mort car les personnes âgées meurent, et s’en étonner est aussi ridicule que d’ouvrir le champagne à chaque fois qu’une petite fille réussit à passer du CE1 au CE2. J’ai été remué car Milan Kundera a beaucoup compté pour moi, que je lisais avidement tous ces livres, et que son oeuvre a énormément influencé ma vision de la littérature, ma façon d’écrire et même mon rapport au monde.

Le monde dans lequel je vis ne serait pas le même sans Kundera.

Alors pour lui rendre hommage, je voudrais rappeler que c’est lui qui m’a fait découvrir ma musique préférée : les chansons de Josquin Desprez et la polyphonie des dernières décennies du Moyen-âge. En excellent musicologue, Kundera savait admirablement parler de baroque, de classique, de symphonies, de cantates, ainsi que de musique moderne. Et puis un jour, il écrivit sur la polyphonie de la Renaissance et cela a changé ma vie. Je crois qu’on trouve cela dans Les Testaments trahis, mais ce pourrait être aussi bien dans L’Art du roman car ses essais, à mes yeux, sont interchangeables.

Je ne sais plus dans quel contexte narratif, il est entré dans le détail de la Déploration sur la mort de Jean Ockeghem, écrit dans les années 1490. La bibliothèque de mon quartier lyonnais l’avait, j’ai écouté et ce fut un coup de foudre.

Tout le disque des chansons de Josquin Desprez publié par l’ensemble Jannequin est une perfection. Je n’ai peut-être pas écouté un autre disque plus souvent que celui-ci. Et comme la Déploration est basée sur un texte à moitié comique et à moitié triste, j’ai pensé que cela m’allait bien pour ma propre mort. Non seulement c’est une musique que j’aime, et une musique de Requiem, mais en plus le texte ne se prend pas au sérieux, et joue constamment sur les mots.

La chanson que le sage précaire a choisi pour ses funérailles

Un commentaire sur “Milan Kundera et ma mort

  1. Cher Sage précaire, je n’ai nullement envie de choisir 1 morceau de zic pour mes funérailles car je pense mourir seule comme le génie . . ni fleur ni couronne ni musique mais j’écoute ce morceau . .
    On ne sait jamais si 1 jour je l’entends
    Je penserai à tes funérailles donc . . : – )

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