Retour de Tunisie : confusion du sage précaire

À notre retour de Tunisie, nous avons reçu la nouvelle qu’H. avait réessayé de traverser la Méditerranée au bord de son frêle esquif. Pendant des jours les nouvelles étaient incertaines et contradictoires. Finalement, mon ami est bel et bien sur la terre italienne. Il a réussi à l’aide de ses seuls bras, ceux de son coéquipier, à passer outre la frontière douteuse et hostile de l’Union européenne.

Cette nouvelle nous a plongé dans des sentiments mêlés. Soulagés bien sûr de le savoir sain et sauf, et désireux de lui venir en aide, nous ne savons que penser de cet acte d’héroïsme.

Mais je ne ferai pas part des pensées qui m’ont traversé, des questions que je me suis posées pendant des jours et des nuits, ni des doutes qui m’ont assailli.

La vérité est que j’ai un peu honte de ce que j’ai pensé et que je ne sais toujours pas ce que je puis déclarer. La sagesse précaire est aussi un art de la confusion.

5 commentaires sur “Retour de Tunisie : confusion du sage précaire

  1. Ben nous, c’est bien la sagesse pleine de doute, de confusion et de clarté qu’on aime avec le sage précaire. Pourquoi « un peu honte » ? Mais il est vrai que se taire est aussi une belle preuve de sagesse ! Entendu une émission hier sur l’Inquisition. Les jugements des juges n’étaient pas plus violents que ceux des rois, mais ce qui était terrible, c’est qu’ils ne jugeaient pas des actes, mais des pensées, voire même des arrière-pensées…

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