Hourras pour 2024 : une année charnière pour ce blog

Aujourd’hui, à quelques jours de la fin de l’année 2024, j’ai le plaisir d’annoncer que, grâce à Dieu, le nombre de vues sur ce blog a dépassé celui de 2023. Ce dépassement s’est joué sur le fil du rasoir. À quelques jours près, cette année aurait marqué un recul pour La Précarité du Sage, une première depuis son changement d’adresse en 2019. Jusqu’ici, la progression avait été constante, presque exponentielle.

Ce moment invite à une réflexion plus large : la récession de la forme blog est inéluctable. La lecture sur les blogs décline face à l’omniprésence des vidéos et, dans une moindre mesure, des livres qui restent heureusement le médium principal de la lecture. Moi-même, je lis moins mes amis blogueurs qu’à l’époque où, vivant en Chine dans les années 2000, je consultais chaque semaine leurs travaux. C’était un âge d’or des blogs, une époque où des rencontres réelles naissaient d’échanges numériques. Aujourd’hui, ce monde s’efface.

Une forme éphémère

À terme, les billets de ce blog connaîtront probablement le sort des œuvres d’un musicien ayant enregistré sur des supports aujourd’hui obsolètes. Faut-il chercher à les préserver, à les graver dans un format intemporel ? Je ne le crois pas. Écrire, c’est donner le meilleur de soi, non pour durer, mais pour vivre pleinement l’instant de création.

L’histoire nous enseigne que les textes gravés dans la pierre sont souvent dépourvus de réelle valeur artistique ou intellectuelle. Les plus belles œuvres littéraires, celles qui touchent à l’universel, n’ont survécu que par miracle. Ce n’est pas tant leur contenu que leur support fragile – le papier – qui a permis leur transmission. Ce miracle grec, qui nous a offert Platon, Aristote, Sophocle ou Hérodote, repose sur une fragile chaîne de conservation, bien plus éphémère que les blocs de pierre.

Une promesse pour 2025

Malgré cette fragilité, je continuerai à alimenter La Précarité du Sage. Ce blog reste, pour moi, l’expression la plus adéquate de ce dont je suis capable. Bien que la production de mes livres – en particulier La Pluralité des Mondes – m’ait apporté une immense fierté et représenté un travail de recherche considérable, ce blog incarne ma voix la plus personnelle et la plus originale.

Alors, hourras pour 2024, et 2024 fois hourras pour tous les lecteurs fidèles. Merci à toi lecteur et que l’année à venir te soit douce. Les années à venir connaîtront la récession du nombre de vues, mais pas la décroissance des articles ni le désinvestissement du sage précaire.

11 commentaires sur “Hourras pour 2024 : une année charnière pour ce blog

  1. Tes compteurs tiennent-ils compte des vues « par mail » ? Car on reçoit par mail tes posts. Et du coup, on ne va que rarement sur ton site.

    Personnellement, je lis presque tous tes textes mais ne me rends sur le blog en ligne que si je souhaite faire un commentaire comme maintenant.

    Peut-être peux-tu voir le nombre d’inscrits ?

    Ensuite, j’aime cette forme qui te va bien, et je suis contente d’apprendre que tu vas continuer. Mais je ne me sens pas de conseiller à d’autres d’y aller car la teneur à la fois intellectuelle et personnelle de tes propos nécessite, je trouve, qu’on te connaisse un peu.

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    1. Merci beaucoup Cécilia, tes mots me touchent d’autant plus que tu étais très sceptique au début de ce blog, il y a vingt ans. Je n’avais pas pensé aux lecteurs par mails, et je ne sais rien des « inscrits ».
      Après, j’apprécie ton opinion. Qu’il faille me connaître « un peu » pour lire mes billets. Je ne m’en rendais pas compte. C’est vraiment une niche, quoi, comme dirait les spécialistes canins du marketing.

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    1. Tu aurais surtout dû continuer à écrire, Ben. La blogosphère dépérit en partie parce que tu as décidé de vivre dans la chair et le plaisir égoïste plutôt que de sacrifier tes plus belles années à l’étude et à la recherche de la vérité, comme l’a fait le sage précaire.

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      1. Haha, j’ai pas décidé de vivre selon la chair mais j’ai adopté la règle du silence. Ce que je vis ici m’énerve tellement, c’est mieux si je ferme ma gueule.

        Plus sérieusement, je demande pourquoi la forme du blog devrait fatalement disparaître ? Il y avait quelque chose qui me semble toujours unique dans le format article/commentaires qui fabriquait une sorte d’hypertexte en direct. Je pense que si la mode est passée, les formes d’écriture plus ou moins collaboratives et ouvertes à tout venant telles que permises par le support numérique est devenu un besoin que ne remplissent ni les vidéos en format court ni même les livres. C’était une sorte de correspondance ouverte à n’importe qui, je ne vois pas d’équivalent.

        Enfin tout ça devrait être discuté, on se demande ce que font les théoriciens, au lieu de nous emmerder avec leur critique postcoloniale néoféministe non-binaire.

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  2. Merci Guillaume pour les vœux; en retour BONNE ANNÉE à vous et à vos proches.
    Sur la récession des blogs : en effet les multiples réseaux de communications risquent, à moyen ou long terme, de faire de l’ombre aux blogs. Mais ce dernier survivra, en COEXISTENCE j’espère, avec d’autres supports de communication. En tout cas, Longue vie à la Précarité du sage

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