Adieu l’Irlande, adieu 2012

Ce n’est pas n’importe quel jour, celui où j’ai appris la réponse négative à ma candidature en Irlande. Le 21 décembre, outre les bêtises sur la fin du monde, c’est surtout le grand moment du solstice d’hiver, le jour le plus court de l’année, la fin réelle de l’année en cours.

C’est à ce moment symbolique que j’ai reçu le mail annonçant la mauvaise nouvelle ; ils avaient quelqu’un de meilleur pour le poste. Après tout ce que j’ai donné à l’Irlande, l’Irlande décide de me touner le dos. Après tout ce qu’elle m’a apporté, elle a décidé d’arrêter de porter à bout de bras cette sagesse précaire à bout de souffle. C’est la fin, entre elle et moi, le signe que ma vie se fera ailleurs, en Amérique peut-être.

Ce rejet de ma candidature signe aussi la véritable fin de 2012. Car ce fut pour moi une année très faste où tout me souriait : la sagesse précaire a été sur la crête tout le long du chemin, tous les feux étaient au vert. Cette année qui m’a vu devenir quarantenaire, a été l’une des plus belles de ma vie.

J’y ai gagné le dénouement heureux de ma thèse de doctorat, la publication de deux livres, la promesse de deux livres à venir, l’amour de la plus belle femme du monde, mes premières émissions de radio, un début de vie réussie dans la montagne, la construction d’une maison en pierre, des retrouvailles fraternelles, une solitude joyeuse et un célibat glorieux. Pas si mal pour quelques centaines de jours!

Tout cela s’est donc arrêté net vendredi dernier.  De là à dire que l’année suivante  sera funeste, je ne peux pas le prédire.

Commençons pas hiberner pendant ces fêtes de fin d’année, que je souhaite heureuses et paisibles à toutes les lectrices et tous les lecteurs fidèles de La Précarité du sage.