Je ne sais pas pourquoi les gens pensent que l’opéra est un passe-temps pour les bourgeois. Le sage précaire va à l’opéra depuis les années 1990 et cela ne lui coûte jamais plus qu’un ticket de cinéma.
Cette semaine, au Staadtoper de Munich, j’ai payé nos places huit euros chacune, mais ne dites rien à Hajer qui croit peut-être que l’opéra est un divertissement réservé aux riches.
C’était une production du Didon et Énée de Purcell. Les voix étaient très belles, surtout celle de Belinda, la suivante de Didon. Et surtout celle d’une des sorcière, celle très maigre qui portait une perruque argentée. Hajer a trouvé la voix d’Énée un peu ridicule, mais à moi elle m’a plu.
Mon seul point de comparaison est l’enregistrement des « Arts florissants », dirigé par William Christie. Ce n’est pas très original, j’en conviens, pour un honnête homme qui devint adulte à la fin du XXe siècle, mais je ne suis pas là pour faire l’intéressant. Or, cette production de Munich sonnait vraiment comme celle des Arts florissants.
La scénographie était très riche et un peu attendue. Tout y était des fétiches contemporains de l’art opératique. Une vraie voiture qui roule pour de vrai, un plateau tournant, une mise en scène anachronique, un usage disproportionné de la vidéo et des danseurs de hip hop.
Ils ont coché toutes les cases.
J’ai adoré.
Au sortir de la salle de spectacle, Hajer me fit la remarque qu’à part sur scène on n’avait vu que des Blancs.
À Munich, les gens sont calmes et souriants, ils font des efforts pour se montrer polis et gentils. Ils semblent nous dire : voyez comme nous sommes devenus sympas et décontractés, aimez-nous quoi.
Pinacothek der Modern, Munich, juin 2023
À Munich, les musées sont grandioses mais les oeuvres sont exposées de manière un peu scolaire. Quand les conservateurs veulent faire preuve d’originalité, comme dans la Pinacothèque moderne en ce moment, c’est un peu lourdaud : ils classent des oeuvres non plus selon leur chronologie mais selon un point commun qu’elles partagent. Une salle d’autoportraits, une salle peintures où il y a une forêt, une salle de peintures où l’on voit un zizi, etc.
Alte Pinacothek, Munich
À Munich, les cafés sont cool comme en Amérique. Les restaurants turcs se sont embourgeoisés et l’on y dîne pour pour 66 euros à deux (pourboire compris).
À Munich les hôtels sont si chers qu’on ne peut loger qu’une nuit avec le coût d’une semaine dans une chambre d’hôtel de Montpellier.
Librairie française de Munich, trouvée par hasard au sortir du restaurant turc Ali Bey.