Henri Guaino, l’Afrique et l’intelligence

Voici ma contribution au grand débat complètement stupide sur ladite « intelligence d’Henri Guaino ». Les Français sont divisés, les Français s’interrogent, les Français boivent (pas tant que ça, d’ailleurs.) Ils écoutent le conseiller spécial de l’Elysée et se disent, pour les uns, que c’est un charmeur de serpent limité, et pour les autres que c’est une éminence grise.

Moi, on ne me la fait pas, je suis résolument dans le camp des premiers. Charmeur de serpents, mais qui va rapidement lasser les serpents. D’abord, je dirais, en remarque liminaire, que les conseillers de ce type qui sont devenus célèbres avant lui (Jacques Attali et Dominique de Villepin) ont mis au jour, dans des livres et des interviews, qu’ils étaient aussi ineptes que vous et moi, ça fait plaisir. Soyons francs, c’est leur fonction, mystérieuse, ombragée, raspoutinesques, qui leur donne un prestige bien immérité.

Alors Guaino. Qu’a-t-il dit exactement ? J’aime bien m’attacher aux paroles exactes des gens, car c’est dans l’exactitude qu’on trouve parfois des merveilles, des pépites : « L’Afrique est restée plus longtemps à l’écart du grand métissage des esprits qui féconde les civilisations. Elle a beaucoup donné au départ, puis elle est restée en dehors de ce grand métissage, puis elle est revenue, ça crée un décalage. Ce décalage est un fait qui se lit aujourd’hui dans les problèmes de l’Afrique. »

Qu’est-ce que ce « grand métissage des esprits » ? Et cette idée de civilisation ? N’est-ce pas une vision de l’humanité et de l’histoire déterminée par le 19ème siècle ? C’est des mecs comme Guizot qui parlait comme ça, non ?  Continuons : « L’apport de la colonisation, de l’occidentalisation si vous voulez, a fait des Africains des métis culturels. Et sur ce métissage culturel, on peut construire un avenir commun. »Donc, les Africains sont restés des sauvages jusqu’à l’action civilisatrice de la colonisation européenne. C’est ce qu’il dit, n’est-ce pas ? Au sens propre. Je veux dire, je n’interprète pas à outrance, si ?  Alors écoutez, ce que je veux vous dire c’est que : 1- préférer le terme d’occidentalisation à celui de colonisation, et 2- expliquer que sans elle, il n’y aurait pas eu de progrès en Afrique – ou du moins de retour de l’Afrique dans le grand métissage des esprits, donc dans la civilisation -, il ne faut pas être très intelligent pour savoir que ça va choquer des gens. Et que ça va rendre le président que l’on conseille impopulaire en Afrique. Or, si j’étais conseiller spécial d’un président français, j’essaierais de l’aider à être populaire en Afrique, surtout s’il s’appelle Sarkozy. Après, Guaino peut s’énerver, reprocher aux journalistes de mal faire leur travail, reprocher à tous d’être trop cons pour avoir « un débat serein » sur des « choses sérieuses », mais lui qui a su si bien utiliser les médias comme caisse de résonance de ses petites phrases et de ses brillantes manœuvres politiciennes, il donne là l’image de quelqu’un qui a fait une erreur stratégique. Les conseillers, on les juge sur leurs résultats aussi, et là il a mal conseillé, et il se réfugie dans l’arrogance. Lors de l’interview, il montre nettement qu’il se sent supérieur intellectuellement, et sans nous en donner la preuve. Sa technique, pour le faire croire, est archiconnue des conversationnistes de tous poils : faire comme s’il avait déjà pénétré les idées et les lectures de ses interlocuteurs en renvoyant leurs critiques sans autre forme de procès : « Et voilà, encore la même rengaine… Mais madame, ce n’est pas un débat, ça… On peut toujours confronter les recherches anthropologiques… Quand nous pourrons en discuter sérieusement, avec de vrais arguments, etc. »

Je ne m’y connais ni en politique, ni en anthropologie africaine, mais je m’y connais en conversation, et je peux dire que cet homme n’en est pas un cador. Ses ficelles sont grosses comme des câbles.

28 commentaires sur “Henri Guaino, l’Afrique et l’intelligence

  1. Quelle maivaise foi, Guillaume… ça ne vous honore pas.

    Reprenons.

    A) Votre première attaque anti-Guaino : les conseillers célèbres qui l’ont précédé « ont mis au jour, dans des livres et des interviews, qu’ils étaient aussi ineptes que vous et moi ».

    Est-ce à dire que tous les conseillers célèbres sont ineptes ? Est-ce qu’ils sont ineptes parce qu’ils sont conseillers, ou est-ce parce qu’ils sont célèbres ? Faut-il être inepte pour être conseiller célèbre, ou pour être même pour être conseiller tout court ? Et quelqu’un d’intelligent qui devient conseiller célèbre est-il condamné à devenir inepte ?
    Ensuite pourquoi dites-vous « aussi inepte que vous et moi » ? Moi, je ne me sens pas inepte. (Et je ne trouve pas que Guaino non plus le soit).

    B) Vous dites « J’aime bien m’attacher aux paroles exactes des gens », et hop !, vous faites l’inverse en accusant Guaino de « 1- préférer le terme d’occidentalisation à celui de colonisation. »
    Or, que lis-je en regardant les « paroles exactes des gens » ? Ceci : « L’apport de la colonisation, de l’occidentalisation si vous voulez, a fait des Africains des métis culturels. »
    Sois-je je lis à l’envers, soit c’est vous. En effet, il dit bien a) l’apport de la colonisation b) de l’occidentalisation si vous voulez, et non pas a) l’apport de l’occidentalisation b) de la colonisation si vous voulez.
    Autrement dit, vous lui faites dire exactement l’inverse de ce qu’il dit, ce qui, pour un homme attaché aux « paroles exactes des gens », me semble légèrement malhonête.

    C) Toujours sur le même registre des « paroles exates », vous accusez Guaino de « 2- expliquer que sans elle (la colonisation), il n’y aurait pas eu de progrès en Afrique – ou du moins de retour de l’Afrique dans le grand métissage des esprits, donc dans la civilisation ».

    Or quelles sont les paroles de Guaino ? « L’apport de la colonisation, de l’occidentalisation si vous voulez, a fait des Africains des métis culturels. Et sur ce métissage culturel, on peut construire un avenir commun. »
    Comment faites-vous pour lire là-dedans que, sans colonisation, il n’y aurait pas eu de progrès en Afrique ?! C’est plus de la mauvaise foi, c’est de la malhonnêteté pure ! Guaino dit qu’on peut se servir du metissage pour construire, ce qui n’est quand même pas une idée stupide, et vous, vous vous bornez à lire que sans colonisation, il n’y aurait pas eu de progrès !…
    Ca s’appelle un procès d’intention, et c’est exactement l’inverse de l’intelligence qui suppose un minimum de générosité pour comprendre ce que l’autre est en train d’exprimer.

    C) « il ne faut pas être très intelligent pour savoir que ça va choquer des gens, etc. »

    A partir d’ici, votre attaque change de registre : ce que vous reprochez maintenant à Guaino, c’est d’être maladroit, de dire ce qu’il pense alors que ça peut choquer les gens. Mais ça, c’est prendre les gens pour des cons. Quand on a quelque chose à dire, on le dit. Et si c’est pas compris, on s’explique. Et si on s’explique bien, les gens finissent par comprendre. Pour peu, bien sûr, qu’ils y mettent un peu du leur.

    D) « Lors de l’interview, il montre nettement qu’il se sent supérieur intellectuellement, et sans nous en donner la preuve. »

    La preuve. Quelle preuve ?!!! Vous en connaissez vous, des preuves de l’intelligence ? Vous voulez qu’il nous fasse un QI en direct ?

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  2. Posuto, on peut aussi faire preuve d’un peu de rigueur intellectuelle, c’est pas interdit. Le sujet n’est pas « Guaino est-il pour ou contre les sans-papiers ? », mais « Guaino est-il intelligent ou non ? », avec comme question subsidiaire « est-il raciste ou non ? »
    On peu être intelligent et être pour la limitation de l’immigration, intelligent et contre la limitation de l’immigration, bête et pour la limitation de l’immigration, bête et contre la limitation de l’immigration.
    Les deux n’ont en fait tout simplement rien à voir.

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  3. Ecoutez, il est 1h59 à Shanghai et je rentre d’un très bon gueuleton composé de fromages et de vin, ce qui est rare en Chine. Je vais malgré tout répondre brièvement, avec la joie que me procure la polémique, mais en espérant que personne ne soit blessé par mes paroles. Il y a beaucoup de choses, dans le commentaire de Mart. 1- Les conseillers qui sont devenus célèbres, en France, Attali, Villepin et Guaino, ont montré, en sortant de l’ombre, combien ce qu’ils avaient à dire sur le monde, l’avenir, la Chine, l’histoire, Napoléon, l’économie, n’était pas particulièrement susceptible de nous illuminer. 2- La colonisation, dans l’interview de Guaino, est prise comme un apport, une occidentalisation, et avant elle, dit-il, l’Afrique était restée à l’écart de la civilisation, à laquelle elle n’a contribué qu' »au début ». C’est ce que Guaino dit. Je sais, ça donne envie de traiter les gens de malhonnêtes. Je n’aurais peut-être pas dû dire qu’il préférait tel mot plutôt que tel autre, mais le résultat est que ce qui est entendu est : la colonisation fut un facteur de progrès pour des sauvages qui étaient à l’écart de la civilisation. Moi, c’est ce que je comprends, sans aucune mauvaise foi, mais je ne prétends pas être moi-même très intelligent. (Que peut-on comprendre d’autre, en même temps, franchement, que Guaino voulait dire que les Africains allaient inventer le moteur à explosion depuis le fond de leur cannibalisme sylvestre ?) 3- Le problème est que c’était un discours de notre président, donc ce qui compte ce n’est pas seulement ce que pense Guaino, mais ce qu’il écrit comme discours pour l’homme qui représente mon pays. 4- Il a déjà provoqué une polémique et il prend une posture de hauteur par rapport à ses interlocuteurs. Rien dans l’interview ne me permet de penser qu’il comprend mieux l’Afrique que lesdits interlocuteurs. Les preuves de sa supériorité seraient par exemple de démontrer qu’ils ont tort, qu’ils disent des mensonges, que leurs raisonnements sont faussés, etc. Mais il est plus de deux heures du matin et j’ai du boulot demain alors si vous permettez, je vais aller rêver et reposer mes yeux. Non sans préciser toutefois une chose : ce que j’écris est peut-être faux et bête, mais je crois que c’est sans mauvaise foi et sans malhonnêteté.

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  4. Manifestement, nous n’entendons par la même chose dans les mots de Guaino, mais bon, chacun est libre d’entendre ce qu’il veut et je ne sens pas un immense désir de parole, donc je vais m’abstenir de répondre.
    Bonne digestion.

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  5. Pardon, ma phrase est ambigue : c’est chez vous que je ne sens pas un grand désir de parole, pas chez moi (j’aime bien discuter), malgré votre réponse méritoire après un grand dîner : je sens qu’on est déjà à la lisière du dialogue de sourd.

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  6. Je viens mettre cinq francs (j’ai bien mangé, merci), comment qualifier l’intelligence d’un conseiller qui, en écrivant le discours de Dakar, provoque un tollé chez beaucoup d’intellectuels africains ?
    « Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire. Le paysan africain, qui depuis des millénaires vit avec les saisons, dont l’idéal de vie est d’être en harmonie avec la nature, ne connaît que l’éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles. »
    Comment peut-on écrire un truc pareil sans s’écouter soi-même avec admiration, et en toute méconnaissance de l’humiliation pourtant nettement contenue ? J’ai relu la quasi totalité de cette allocution pour l’occasion : c’est effarant. La technique du double discours : d’un côté pas de repentance, d’un autre côté les méfaits de la colonisation, c’est à dire bleu et son contraire, enfin bon.
    Et cette phrase : »Ce que l’Afrique veut(… )je suis venu la lui donner ! ». Inclinons nous face contre terre, notre héros s’illumine, les trompettes chantent et les anges l’accompagnent de leur harpes célestes, Vive Lui ! Quelle arrogance.
    Bon, ce commentaire est-il propice à une bonne digestion ? Voilà une question immédiate. Pour la digestion des autres, je ne sais pas, mais la mienne va être bien grognonne, forcément.
    Ah la la. Demain, parlez-nous cuisine !
    Kiki

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  7. L’idée doit flotter dans l’air, car je suis tombé par hasard cet après-midi sur le discours d’un homme intéressant, qui expose de façon convaincante que « Si les trois civilisations les plus avancées du monde (par ordre chronologique Croissant Fertile, Chine et Europe) sont toutes apparues en Eurasie, ce n’est pas un hasard. Au-delà de leurs mérites propres, ces peuples ont surtout eu l’immense chance de bénéficier de facteurs géographiques très avantageux. »

    Et il développe son idée: de la Chine à l’Europe, on peut aller à pied sans changer de zone climatique; la civilsation circule plus facilement qu’en Afrique ou en Amérique dont la grande dimension est nord-sud. On peut en penser ce qu’on veut, mais ça me rappelle Etiemble, qui dit avoir compris, le jour où il a vu dans une vitrine à Paris un mécanisme d’arbalète chinoise qui venait de Russie, qu’il n’y avait qu’une seule civilisation.

    http://rudelle.blogspirit.com/archive/2007/09/29/sur-l-origine-de-la-superiorite-europeenne.html
    (Jean Baptiste Rudelle a par ailleurs créé Criteo, la machine à prédire le comportement de l’acheteur sur un site web commercial ou la propension d’un lecteur de blog à en lire d’autres sur le même sujet).

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  8. A part ça, ceux qui veulent des briques pour les lancer sur le poster de Guaino en gloire n’ont qu’à lire Jean Véronis « technologies du langage », par exemple http://aixtal.blogspot.com/2007/09/sarko-grand-chef-plumes-2.html et les autres (je ne me rappelle plus quelle vacherie il dit dans ce billet, et pas moyen de vérifier; en Chine les blogs blogspot sont filtrés et en ce moment mon site relais est saturé; vous verrez bien).

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  9. Merci Kiki pour votre contribution précise. Des phrases qu’il est bon de recenser et de ne pas oublier, au cas où un copain prendrait Guaino pour un grand intellectuel. On lui demanderait alors ce qu’il pense de ces phrases-là, et aussi de l' »acte politique » (l’expression est de Guaino) que constitue ce discours.
    Merci Ebolavir pour ces liens, qui ne me mènent nulle part pour les raisons de bloquage dont vous parlez. Des briques, je n’en vois pas l’utilité, car Guaino est un homme plutôt attachant (comme je l’ai déjà dit, j’aime bien l’entendre malgré son arrogance), dont le ton tranche un peu avec celui du monde politique. D’autant plus attachant qu’il commet des erreurs stratégiques élémentaires dans les médias, qu’il va descendre (je le pense mais je ne le lui souhaite pas) de sa position de force, et se retrouver dans la précarité, à force de bavarder à la radio et de parler de tout. En revanche, si j’étais le conseiller spécial de M.Rudelle, je lui recommanderais la plus grande prudence (notion cardinale pour les Chinois) avec la phrase que vous citez. Je lui conseillerais par exemple de ne jamais la prononcer dans un contexte africain, américain ou océanien, ni en présence de gens qui, à la différence d’Etiemble, seraient des chercheurs en anthropologie ou en histoire. Mais évidemment, c’est à ses risques et périls, et si M.Rudelle est prêt pour la castagne, moi, tout conseiller spécial que je suis, je serais enchanté de voir voler les chaises.

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  10. « Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire. Le paysan africain, qui depuis des millénaires vit avec les saisons, dont l’idéal de vie est d’être en harmonie avec la nature, ne connaît que l’éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles. »

    Mais où est le racisme là dedans ?!!!
    On a l’impression que vous avez tellement peur d’être raciste que le simple fait de prononcer le mot Afrique vous remplie d’effrois. Avez-vous déjà mis vos pieds dans l’Afrtique noire rurale ? Ou dans l’Amérique latine andine ? Etes-vous incapable de voir que le rapport au temps et à l’histoire n’y est pas le même qu’à Shanghai, Paris ou NY ? Est-ce raciste de constater qu’une société agraire traditionnelle guinéenne ou bolivienne, qui utilise les mêmes techniques de culture qu’il y a 150 ans, n’est pas inscrite dans l’histoire mondiale ? Avez-vous la moindre notion de l’organisation sociale qui prévalait en Afrique de l’ouest avant la colonisation ? On est pas obligé de voyager, mais on peut s’informer, c’est gratuit et c’est facile.
    Il est extraordinairement confortable moralement de s’installer dans son petit appartement chauffé et de protester contre la guerre, contre la misère dans le monde, contre les SDF, contre la faim, contre le SIDA et contre les expulsions de petits enfants Chinois. Tant qu’on a pas de responsabilité, on peut faire le joli coeur, prendre des jolies postures d’oie blanche. On se trouve chouette, anti-raciste, cool.
    J’attends toujours qu’on m’explique pourquoi la phrase citée plus haut est raciste. Qu’on me l’explique avec des argument, de la logique, des faits. Merci.

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  11. Un lien Internet comme argument, c’est tout ce dont vous êtes capable ? Moi je me donne la peine de penser par moi-même, d’écrire des mots avec mes petits doigts. C’est plus fatiguant, mais c’est quand même un peu plus généreux.

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  12. Eh oui. Mart, vous vous permettez d’être désagréable avec moi avec vos petits doigts rien que par vous-même et en vous fatigant généreusement.
    Vous jugez de mon confort, de mes connaissances, de ma curiosité, bref de moi-même. Chose dont je suis incapable, par paresse sans doute. Je ne vous ai pas jugé, il me semble, croyant voir poindre le début du commencement d’un débat d’idées (ma naïveté est égale à 80% de mon poids).
    Les propos d’Achille Mbembe (chercheur camerounais et professeur d’histoire et de science politique) sont très clairs et très documentés. Si vous avez un intérêt quelconque pour l’information gratuite et facile, sachez qu’il n’est pas le seul à avoir réagi, s’extrayant (comme d’autres) du néant historique et de l’harmonie naturelle dans laquelle il dormait.
    Bon, c’est pas tout ça, mais j’ai du lait sur le feu, et peu de goût pour le combat de coqs.

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  13. Ni Kiki, de l’excellent et généreux blog posuto, ni moi, n’avons parlé de racisme (même si ça ne me choque pas qu’on voie en Guaino un raciste, mais sans vouloir le museler pour autant). Je suis d’accord avec elle, de nombreuses phrases de ce discours me paraissent risibles, ou gênantes, ou stupides. On pourrait passer des heures à s’expliquer, alors que c’est lui, Guaino, qui a commencé à nous embêter.
    Non ce qui serait bien en revanche, ce serait que vous nous expliquiez en quoi Guaino est un type supérieurement intelligent. Je me fous qu’on critique ce que je dis, moi je me sais déjà ultra critiquable, mais j’aimerais une parole qui, sans insulter personne d’oie blanche, dise en quoi ce discours qui semble (qui semble, n’est-ce pas) nier les recherches anthropologiques depuis au moins Lévi-Strauss, apporte quelque chose de significatif à la vision que vous aviez déjà de l’Afrique, ou aux Africains eux-mêmes, ou à la pratique politique, ou à la pensée anthropologique, ou aux relations France-Afrique, ou à quoi que ce soit.

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  14. Et bien !… entre les repas au fromage, les digestions et les laits sur le feu… heureusement que je ne vous parle pas de mes pb ménagers, moi aussi.

    Quel combat de coq ? Et à quel endroit je vous ai jugé personnellement ?

    J’ai dit « il est extrêment facile, etc. », et non pas « il vous ait extrêmement facile, etc. » C’est du français gramaticalement correct. Et il ne vous désigne pas. Ce que j’attaque, ce ne sont pas des personnes, ce sont des idées et des postures morales. Qu’elles soient les vôtres ne transforme pas mon attaque en attaque personnelle. Alors il est vraiment inutile de prendre la mouche et de jouer la vertue outragée.

    Vous prétendez avoir été attiré par ce qui ressemblait à un début de « débat d’idée ». Relisez vos post, relisez les miens, regardez où on trouve le plus d’idées, et regardez également à quel endroit il y en a un des deux qui dit « c’est pas tout ça, j’ai du lait sur le feu ».

    Si vous aimiez le débat d’idée, vous feriez comme moi : vous iriez enlever votre lait et vous reviendriez écrire des phrases logiques. Or la logique veut que l’on réponde à une question par une réponse, et non par un échappatoire genre « lait sur le feu » ou lien Internet.

    Mais je vais m’arrêter là car je perds manifestement mon temps – il n’y a pas puire sourd que celui qui ne veut pas entendre – et que je ne suis pas non plus masochiste. J’ai du travail, du « lait sur le feu » comme vous dites.

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  15. Très sincèrement, cher Guillaume (si je peux me permettre cette petit marque d’affection), je me fous comme de l’an 40 de ce M. Guaino. Je n’ai pas voté Sarkhozy, ça ne risque pas de m’arriver demain, et je ne m’intéresse pas assez à son conseiller spécial pour prendre la peine de l’étudier au point d’avoir envie de lui tresser des louanges.
    Ce qui me fait réagir, ce n’est pas lui, c’est l’injsutice des attaques dont il fait l’objet. J’ai entendu BHL et ça m’irrite d’entendre ce type traiter Guaino de raciste. C’est après avoir entendu la réaction de Guaino contre BHL que je me suis intéressé à son discours, parce que j’ai trouvé cette réaction amusante. Et je n’ai rien trouvé de raciste, ni rien de condescedant, ni rien d’humiliant, dans son fameux discours. Donc je monte au crénaux pour attaquer une attaque que je trouve injuste et assez vicelarde. De la même façon que j’ai eu envie de défendre Dieudonné.
    Je n’aime pas les troupeaux de loups moralisateurs et vicelards. Et je ne dis pas que vous en faites partie (j’anticipe la critique), je dis juste que je ne les aime pas.
    Je n’aime pas les procès d’intention, et là par contre j’affirme que vous lui en faites un quand vous affirmez qu’il prétends que la colonisation est une bonne chose qui a civilisé les sauvages sortis de la brousse. Il n’a pas dit pas cela, c’est tout. Il suffit de lire ce qu’il dit pour voir qu’il ne dit pas cela.
    Et ça n’a rien à voir avec ma supposée admiration pour Guaino. Si c’était Hitler que vous attaquiez de manière injuste, je défendrais Hitler.

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  16. l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire, il vit au rythme des saiso ns…Mart, vous mettez va barre bien haut, en nous demandant d’avoir une agumentation rationnelle. Comment pourrais-je prétendre vous rejoindre dans cette exigence? J’essaierai cependant de le faire, puisque vous nous l’avez demandé, sans craindre de perdre la face devant tout le web assemblé. Veuillez donc être indulgent, par pitié pour les mânes de mes ancêtres.
    « l’homme africain ne serait donc pas assez entré dans l’histoire, il vivrait au rythme des saisons…Moi, je ne crois effectivement pas que l’on puisse taxer cette opinion de raciste, par contre, j’affirme qu’elle est completement conne, en m’appuyant sur deux arguments: 1, Levi-Strauss a assez montré, dans race et histoire, que la comparaison de cultures differentes ne peut mener qu’à un préjugé évolutionniste: tot dépend du critére de comparaison: si on regarde l’évolution technico-scientifique, alors les Occidentaux sont à la pointe du progres, les Africains sont de grands enfants. Si on regarde la capacité de survie dans des conditions extremes, les touaregs sont en tête, nous sommes tres loin à la traîne. Si on regarde la maîtrise des ressources du corps humain, les Chinois sont en tête. Or, que connaissons-nous le l’histoire des peuples targui, du royaume de Tombouctou, de l’antique civilisation éthiopienne? Rien, et c’est seulement cette ignorance qui nous permet de parler de l’Afrique comme le fait Guaino.
    2: l’argumentation de Guaino néglige les conditionns réelles de domination de l’Occident sur l’Afrique. Etant donnés les cours du cacao ou du coton, et la familiarité que Sarkozy entretient encore avec Omar Bongo, par exemple, dire que l’Afrique est en-dehors de l’histoire est un crachat au visage de toutes les victimes de la Françafrique et de l’OMC.
    Mais, pour moi, l’essentiel est ailleurs. Si vous allez visiter quelqu’un, la politesse veut que vous vous enquerriez de ses nouvelles, de sa santé, pas que vous lui lanciez à la gueule qu’il ne doit qu’à lui-même tous les problemes qui sont les siens, ni que vous vous permettiez de lui dire ce que vous pensez de lui, commme si votre jugement était la chose la plus attendue depuis que le monde est monde. Le discours écrit par Guaino est celui d’un gros beauf malotru, voilà la triste vérité, et je le déplore. Ayant moi-même grandi dans uine famille colonialiste, maurassienne et integriste, j’avais , par indulgence ou par naîveté, compté sur Guaino pour me rassurer sur la possibilité d’être de droite sans pour autant ses sentir obligé de limiter volontairement son intelligence. Il me semble à présent qu’il me faudra chercher autre chose.

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  17. Merci Ben, ça me remonte le moral d’entendre un discours intelligent et donc respectueux. Jusqu’à maintenant, j’ai plutôt l’impression d’avoir reçu des tomates pourries à la gueule.

    Oui, c’est vrai, le discours de Guaino était assez provocateur et sans doute assez malvenu. On ferait mieux de mettre l’accent sur le double jeu de l’occident qui plombe le 1/3 monde en déréglant les cours des matières premières pour les faire baisser. Là dessus, je suis 100% d’accord.

    Mais sur 1, je continue à penser qu’on lui fait un mauvais procès. Je ne crois pas que Guaino se soit placé sur le plan de la valeur absolue des civilisations. Je crois simplement qu’il s’intéresse au développement. Et par rapport au développement, peu importe que les Mayas aient eu un calendrier extraodinairement précis. Ce dont il s’agit, c’est de l’économie, de la possibilité de nourrir les gens. C’est infiniment plus prosaïque que les trésors du Quai Branly. Et par rapport à cette problématique, je persiste à penser qu’il est pertinent de dire qu’il n’y a pas bcp de culture entrepreneuriale en Afrique. Et que le rapport au temps n’y est pas propice au développement économique. C’est peut-être la faute des colons, et de la coruption qu’ils ont laissé en partant, mais c’est une réalité malheureusement.

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  18. Ah, mon bon Ben, c’est bien poignant ce que tu dis là. Je n’ai pas les mots pour te consoler de cette déconvenue. On trouvera d’autres gens de droite avec qui tu n’auras pas à limiter volontairement ton intelligence, même si je ne vois pas vraiment ce que tu veux dire par là.

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  19. Ce qui est poignant, en réalité, c’est surtout la limitation intrinseque de ma miserable jugeotte. Par exemple, je suis incapable d’utiliser un clavier pour écrire des phrases claires et ma cervelle pour les concevoir: l’intelligence que je reprocherais au gens de droite de limiter volontairement n’est certes pas la mienne, qui n’a pas besoin d’une limitation externe pour montrer ses limites, mais bien sûr, la leur.
    Mais, à vrai dire, ce débat sur l’intelligence est mal formulé: celle-ci n’est pas un organe reçu de naissance, plus ou moins développé, mais plutôt une activité et la bonne question est celle de ses conditions d’exercice. Je dirais que certaines idéologies impliquent ce que les chrétiens a

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  20. lo problèma de Guaino es ke n’es pas africana, e per de ke la civilisation occidantala seria exemplaïre, ela ke ba dret dins lo paret, beleu lo nostre modela n’es pas brica per l’Africa, pas fatch per de gens ke prene lo ten de viure. Avem pas pus de leïssons de donnar. poutous.

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