Emeutes émotives des Chinois

L’état d’émotivité où se trouvent les jeunes Chinois expliquent en partie les émeutes qui ont eu lieu dans le Guizhou, et laisse penser que bien d’autres suivront. 

Depuis le mois de mars et les protestations contre la presse étrangère, les jeunes ont changé. Ils sont devenus à cran, nerveux, fébriles. Ou alors c’est moi qui ai changé. Moi qui suis devenu fièvreux, irritable, susceptible.

Les Chinois ont une envie profonde de pleurer, de s’émouvoir, de s’exprimer. En cette saison de remise de diplômes, les étudiants font des orgies à la fin desquelles ils fondent dans les bras de leurs camarades et éclatent en sanglot. Moi qui passais par là un soir, je tombai sur une étudiante qui sanglota une bonne minute sur ma poitrine, sans raison apparente. Le lendemain elle m’expliqua que l’aclool permettait d’exprimer des choses importantes.

L’expression doit passer par l’émotion, c’est ce qui frappe le sage précaire. Hier, ou avant-hier, des étudiants parlaient d’une boisson raffraîchissante, alors que nous nous reposions dans le dortoir d’une auberge de Nankin. Ils achetèrent la bouteille parce que l’entreprise avait fait un don important pour les victimes du tremblements de terre.

D’autres m’ont dit que la France était maintenant mal vue parce qu’elle avait trop peu donné pour les victimes. On pourrait croire qu’ils tiennent des comptes (ce qui ne serait choquant qu’en apparence, puisque c’est une tradition en Chine, comme ailleurs, de rendre publique les dons que l’on fait pour un mariage, ou pour toute autre chose), mais ce n’est même pas le cas. Si on leur demande de comparer les donations qu’a faites la France avec celles de l’Italie, de l’Allemagne ou du Royaume Uni, personne n’est capable de répondre.

L’énervement est palpable, et surtout, il est grégaire. On s’énerve en groupe, en ne connaissant les fait que par ouï-dire. Une méfiance légitime vis-à-vis de la presse alliée à une paresse de lecture amènent et amèneront les jeunes gens à des actions dont les principales victimes seront les Chinois eux-mêmes. Lynchages, anathèmes, émeutes, on n’en est qu’au début.

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