Les Anglais vont-ils rejoindre l’euro ?

Ce ne sont pour l’instant que des rumeurs, dont des journaux se font l’écho. Rien d’officiel dans ces bruits qui imputent à tel ou tel dirigeant de préparer un plan pour fair entrer le Royaume uni dans l’euro-zone.

Déjà des commentateurs anglais disent, pragmatiques, que la livre sterling, en effet, baisse dangereusement et va pâlir devant l’euro. Mais rien ne doit se faire sans un referendum, disent-ils.

Pour l’instant, les analystes ne font qu’analyser les conséquences de la baisse de leur monnaie. Conséquences visibles sur le tourisme en Europe, par exemple. L’Espagne et la France devraient souffrir de la situation, quand on sait l’influence des Britanniques sur notre industrie touristique.

Alors quoi, vont-ils rejoindre la zone euro ?

Ce que Tony Blair n’a jamais réussi à faire avaler à son peuple, la crise le réussira-t-elle ? Les journaux français n’y croient pas.

Et l’Union européenne, doit-elle accepter ?

D’un côté, c’est flatteur : c’est la preuve que l’euro a acquis une réelle crédibilité aux yeux du monde entier. L’union européenne dans son ensemble, pas seulement sa monnaie, représente un pôle de stabilité, c’est un fait. Et cela fait plaisir de voir l’arrogance des Britanniques, qui sont passés maîtres dans l’art de donner des leçons aux autres (des leçons de morale politique, des leçons d’économie, des leçons de géopolitique, des leçons d’antiracisme) se ternir quelque peu.

D’un autre côté, tout le monde s’accorde à dire qu’ils font chier le monde, les Anglais. Le mieux ne serait-il pas de les laisser à l’extérieur, et même de les exclure de l’Union ? De les laisser entre Anglo-saxons ?

Mais non, accueillons-les dans la zone euro, à bras ouverts, et embrassons-les. Peut-être que lorsqu’elle aura la même monnaie qu’eux, l’Angleterre attirera les touristes qu’elle mérite, car c’est un beau pays, très mal connu. Grâce au tourisme, l’Angleterre se connaîtra une nouvelle vie économique.

Mais c’est surtout au point de vue de la civilisation que ce changement l’affectera. Les Anglais ne se verront plus seulement comme les élites qui viennent profiter des charmes désuets et ruraux du continent européen (quelle image ont-ils de l’Espagne, de la France, de l’Italie, de la Grèce, de la Turquie ?), mais comme des égaux, qui accueillent et sont heureux de vendre des pintes de bière à des hordes de gros touristes venus tâter des jeunes Anglaises à la cuisse légère. Car comment se comportent les millions de touristes britanniques sur les plages espagnoles ?

Jusqu’aujourd’hui, le Royaume uni a surtout accueilli des immigrés corvéables à merci. Je compte, dans ce groupe, les centaines de milliers de Français – dont votre serviteur, reconnaissant, lui aussi – attirés par un marché de l’emploi flexible, et pas seulement les Pakistanais, les Polonais et les Africains.

Avec une Angleterre qui paie en euro, ce pays, qui se veut peut-être plus insulaire qu’il ne l’est en réalité, aura franchi une étape décisive vers sa normalisation.

Mais en même temps, s’ils gardent la livre sterling et que cette dernière est vraiment basse par rapport à l’euro, alors le renversement touristique que j’ai évoqué sera encore plus net. Bon, moi j’y perdrais beaucoup puisque je suis payé en livre, mais nul doute que le Royaume uni deviendrait le paradis sexuel pour tous les méditerranéens en mal d’exotisme. Les femmes mûres du Portugal viendront se payer des jeunes Blonds, à l’accent impeccable, en échange de quelques pintes et de discrets cadeaux.

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