Quizz de Proust

Rien n’est plus exaspérant que ces gens qui disent du mal de Proust sans l’avoir lu. Je veux parler de ceux qui prétendent l’avoir lu, ou qui le laissent penser, tout en proférant des inepties.

Un écrivain turc, ou d’Amérique latine, posait quelques questions simples à ces gens-là. Ils ne trouvaient jamais la réponse et donnaient des excuses moisies qui ne trompaient pas l’amateur : ils n’avaient pas lu et auraient dû se taire. 

Est-ce que je parle de choses que je ne connais pas, moi ? Oui, dites-vous ? L’économie par exemple ? C’est vrai.

Bref, si vous n’êtes pas effrayé de passer un malotrus, ni de vous fâcher avec vos amis les plus snobs, faites-leur passer un petit test.

1- Avec qui Swann s’est-il marié ?

2- Pourquoi Charlus est-il habillé en noir ?

3- Où le narrateur rencontre-t-il Albertine ?

S’ils ne répondent pas sans hésiter, c’est qu’ils n’ont jamais lu la Recherche. S’ils connaissent les réponses, ça ne prouve rien, remarquez bien, mais au moins, vous écartez par ce petit quizz ceux qui font preuve de la plus outrecuidante ignorance.

Un jour, j’ai été même plus frontal avec un copain qui dévalorisait tous les écrivains, d’une manière qui me révoltait. Un jour qu’il prit un air suffisant pour rabaisser les Mémoires de Saint-Simon, je lui dis simplement qu’il n’avait jamais lu plus d’une page de Saint-Simon, celle que l’on trouve dans le Lagarde et Michard. Il était outré, mais c’était la vérité, alors que faire ? Il m’en a voulu, mais il l’avait cherché.

C’est ainsi, je le dis à tous les mythomanes qui lisent ce billet : on reconnaît au contenu de leurs paroles ceux qui prétendent avoir lu Saint-Simon, Proust et Joyce.

Même chose pour Musil. Moi, par exemple, je n’ai jamais fini L’homme sans qualité, mais je peux faire illusion en société, toute ma vie. Je peux en parler sans difficulté, je peux même faire un cours tout à fait intéressant et crédible sur cette oeuvre. Mais les rares qui l’ont vraiment lu sauront qui je suis, sauront que je mens comme un salaud. Ils ne diront rien par politesse, mais ils verront clair en mon jeu. C’est la limite de la politesse, elle se tue elle-même en laissant parler impunément des criminels.

Voilà. Le quizz, c’est une manière de nettoyer la mondanité des mensonges et des impostures qui appauvrissent les conversations. Mais bien sûr, il faut être prêt à supporter les réputations les plus dévastatrices.

Question subsidiaire, juste pour rigoler entre ami : Comment s’appelle le narrateur de la Recherche ?

Autre question subsidiaire, mais seulement pour rigoler, car la réponse est un dans un seul repli de texte, et il est rare qu’on ait fait gaffe à cela : Où se situe la « première fois » du narrateur ?

31 commentaires sur “Quizz de Proust

  1. Merde alors, j’ai lu la Recherche il y a 10 ans (seulement), et en plus j’ai adoré, me payant le luxe de lire du matin au soir car j’avais des assedics, et je ne peux pas répondre sereinement à tes questions…

    En me concentrant :

    Le narrateur, il me semble bien qu’il s’appelle Marcel (j’en suis même à peu près sûr je crois).
    Au risque de paraître ridicule :
    1- Odette, non ?
    2 – aucune idée…
    3 – sur la plage, au milieu d’un nuage de jeunes femmes indifférenciées, à Balbec (ça me revient en tirant sur le fil de la mémoire, mais c’est pas venu tout de suite)
    la première fois du narrateur : heu…

    ceci dit, il y a des tas de trucs de la recherche dont je me souviens extrêmement bien parce parce qu’elles m’ont marqué, et d’autres qui se perdent un peu

    L’homme sans qualité, moi, au moins, j’ai lu 300 pages. Et quand je dis que ça m’a ennuyé, je suis sincère même si les 100 premières pages m’ont enchanté.

    Mais il y a pire que les gens que tu décris. J’avais un ami, qui n’est plus mon ami à cause de ça, qui apprenait par coeur des passages de textes qu’il jugeait brillants sur, par exemple, l’art gothique, ou la spiritualité chez les cisterciens, ou sur n’importe quoi qui puisse faire un peu d’effet en société, et qui répétait tout ça d’un air inspiré pour épater son monde dans les dîners. Un jour, je suis allé le voir en Grèce où il habitait alors et, n’ayant plus rien à lire, j’ai feuilleté un de ses bouquins où j’ai retrouvé mot pour mot ce qu’il m’avait sorti la vieille…

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  2. j’avoue, je n’ai jamais lu une page de la recherche (oh si peut etre dix au grand maximum),tot simplement parce que ca m’ennuyait ces histoires de narrateur , de salons, je n’y arrive pas désolé et ce n’est pas par snobisme c’est que ca ne m’interesse pas , c’est aussi simple que çà… ! je n’en ai jamais parlé sauf dans des disserts ou, pour faire plaisir a mon professeur que j’adorais je lui ressortais des passages de la petite madeleine et autres passages archi connu que l’on trouve dans des ouvrages de « poetique des textes » et autres bibles pour étudiants en lettres modernes lambda (je me rends compte que j’ai lu plus d’ouvrages critiques que de livres, romans « classiques » en eux-même : Barthes, Richard, Genette, Blanchot, Hamon,Bonnefoy, Gaetan Picon et des tas d’anthologies -celle de la pleiade sont trés bien faites et agréables : celle de la poésie espagnole, italienne, histoire de la littérature univerelle en trois tomes dont l’initiateur a été Queneau encore lui etc.+ beaucoup de littérature contemporaine essentiellement aux éditions de minuit et actes sud, de la poésie contemporaine archi pointue pas toujours follichonne -mais la c’est par pur snobisme je veux bien le reconnaitre ! .) avec autant de délectation me semble t-il que ceux qui se targuent d’avoir lu et de connaitre La Recherche par coeur…).J’ai commencé l’homme sans qualité, sans mentir je crois bien avoir lu le premier tome mais je n’en ai aucun souvenir, en tout cas pas de bon , ca m’avait angoissé ce pavé la aussi j’ai pas trop accroché. Quand a Saint Simon, c’est un auteur que je cherche a découvrir en ce moment.

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  3. 1- Odette de Crecy bien sûr, on en parle pendant des centaines de pages.
    2- Parce qu’il porte le deuil de sa femme, ce qui lui permet de couvrir son homosexualité. Mais ce n’est pas noir. Si je me souviens bien, Charlus « enjolive » la couleur du deuil en y ajoutant de la couleur sombre; une rayure verte ou rouge, non ? Et puis je ne suis pas sûr qu’il porte toujours du noir. Tu es sûr de ce que tu avances ?
    3- A Balbec (pour une fois que je suis d’accord avec Mart, mais si nous nous trompions ? Si ça tombe, il y a un piège, et en fait ils se sont rencontrés une première fois dans un bac à sable.)

    Le narrateur s’appelle Marcel. Bonne question car elle a l’ai d’un piège. C’est un vrai piège d’ailleur, vu que Proust a tjs dit que ce n’était pas uneautobiographie. Une fois, dans le roman, qq’un l’appelle Marcel, c’est tout. S’il avait tout relu, Proust aurait effacé ce passage.

    La première fois du narrateur, aucune idée. Tu parles de la première fois avérée ? Fantasmée ? Avec pénétration ? Quelle première fois ?

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  4. Je ne suis pas du tout d’accord avec toi, Fred. S’il avait tout relu, il n’aurait pas enlevé Marcel. La preuve, c’est qu’il a tout relu 15 fois, à l’exception des dernières pages.

    Décidément, on est vraiment pas fait pour s’entendre.

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  5. Merci les copains, pour tous ces commentaires, mais moi, je n’avais pas fait ce quizz pour que vous y répondiez. C’était pour que vous vous en serviez avec les insupportables imposteurs autour de vous. Maintenant, il faut tout recommencer et trouver d’autres questions évidentes. Merci de contribuer à la réfection du Quizz de Proust!
    Vous avez 1 point pour toutes les questions répondues. Bravo à vous.
    La « première fois », ça c’est la question à deux-cents balles. C’était sur un canapé, chez la tante Léonie, quand il était adolescent. Cela lui revient lorsqu’il est dans un bordel et qu’il y voit le canapé en question, qui a été donné après la mort de la tante, mais j’ai oublié pourquoi certains meubles de sa famille atterrissent au bordel.
    C’est une très belle scène, très bizarre, où il est là, il observe, et il se dit, putain de Dieu, mais c’est le canapé où moi-même j’ai connu l’amour !

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  6. Mais Guillaume, comment veux-tu qu’on piège les imposteurs avec des questions auxquelles on n’arrive pas à répondre ? Il faut d’abord qu’on s’entraîne.
    Et puis, personnellement, dans mon nouvel univers de petits commerçants, personne n’a lu Proust, personne ne prétend l’avoir lu, et la plupart n’ont même jamais entendu ce nom. Alors ton quizz ne me sert à rien. Si tu pouvais m’en faire un sur les déclarations de TVA, par exemple, je préfèrerais.

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  7. Tu peux faire un cours sur Musil, mais il y a aussi un type qui a fait un bouquin sur l’Homme sans qualités, c’est Jacques Bouveresse, on peut se demander s’il a lu tout le bouquin, j’affirme que non. Bouveresse est un universitaire distingué, réputé pour sa rigueur, il fait de Musil une espèce de néo-positiviste à la Carnap, un apôtre de la raison contre le sentiment. Or, dans le tome 2, Ulrich vit une passion assez sexuelle et très triste, une « utopie du sentiment », dit Musil si je ne m’abuse, …avec sa soeur. Un truc aussi énorme, on ne peut pas parler du bouquin ou de Musil sans en parler (sauf si on n’a pas lu le bouquin).
    Les clientes de Mart, qu’elles n’aient lu ni Proust, ni Musil, c’est excusable.

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  8. « dans mon nouvel univers de petits commerçants, personne n’a lu Proust, personne ne prétend l’avoir lu, et la plupart n’ont même jamais entendu ce nom. »
    Je ne peux pas croire que les Angevins intéressés dans le design, la déco, la mode, l’archi d’intérieur et tutti quanti ne voient pas dans Proust une sorte de Dieu laïc. Tu devrais en parler un peu à tes clientes, à mon avis, mais légèrement, en passant, et de manière à ce que ce soit réutilisable. Par ex : les chaussures rouges de la grande Guermantes, c’est une scène qu’on peut sortir avec toutes celles qui se chaussent de rouge, et grâce à laquelle elles peuvent briller auprès de leurs propres clients et collègues. Proust aux clients, c’est une sorte de geste commercial, un cadeau et une carte de fidélité.

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  9. En parlant de Bouveresse, on peut maintenant écouter et podcaster ses cours au Collège de France sur les systèmes philosophiques. Ces derniers, au moins, on est à peu près sûr qu’il les a bien pratiqués. Publier un livre sur Musil, c’était un passage obligé pour sa carrière, tu crois pas ? Quelqu’un qui se fait un nom avec Wittgenstein et Leibniz, il se doit de faire un truc sur les perruques et sur Vienne, un truc qui n’ait pas tout à fait été fait.

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  10. Non, je parlais de mes collègues commerçants. Mes clients, il y en beaucoup qui sont bien plus cultivés que moi. Je pense d’ailleurs que ma boutique est la seule d’Angers où on parle littérature, philosophie et danse contemporaine en achetant des pulls.

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  11. Je me souviens d’ailleurs qu’aux débuts de ma boutique, je mettais un peu partout des portraits de grandes figures scandinaves qui donnaient lieu à de nombreuses conversations enflammées.
    Par exemple, j’avais accroché la photo de Strindberg un mannequin habillé d’un tablier de cuisine avec comme légende :
    « August Strindberg (1849-1912). Auteur dramatique suédois. Ce génie tourmenté et prétendument misogyne, qui contribua à révolutionner le théâtre contemporain, détestait faire la cuisine. »

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  12. Est-ce que tu as enlevé les portraits des grandes figures scandinaves des murs de ta boutique ? Ca doit faire beau, un portrait de Strindberg. Une fois qu’on a vu sa figure, et si on a en plus bénéficié de tes commentaires, on a sûrement envie de lire ses grandes pièces qui reflètent bien son génie tourmenté : « la maison de poupées » ou « les revenants »…

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  13. C’est effectivement un joli magasin avec de chouettes objets, je suis tres surpris, je retire ce que j’ai dit sur la martgoulinade. je le dis d’autant plus que j’adore la scandinavie que j’ai traverse pendant un mois et demi en minibus il ya dizaine d’annee avec de joyeux drilles…cela me donne d’ailleurs envie de publier mes photos de fjords et de longues marches sur les iles lofotens, vous verrez quelle chouette region c’est…ceci dit vendre des tabliers de cuisine a l’effigie de Srindberg ou des tasses de cafe Bjork…ca peut etre vendeur aussi non ? des sets de tables Bjork ca jette au petit dejeuner ! (pas gourmand,je prends cinq ou dix pour cent sur les ventes futures pour avoir lancer l’idee )

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  14. Ah, la Scandinavie, ses fjords, ses longues nuits d’hiver, ses écrivains dépressifs … Il y a aussi par exemple Kierkegaard et son « traité du désespoir », ou encore les contes mélancoliques d’Andersen comme « la Petite Fadette ». Ce doit être le climat qui rend ces gens si tourmentés.

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  15. Ah, le traité du désespoir !… et le Journal du séducteur… Quand j’étais très désespéré moi-même, je me nourrissais de ça et de Bergman, ça me faisait du bien.
    Quand j’ai rencontré ma femme suédoise, je l’ai séduite en lui citant la seule phrase de suédois que je connaissais, qui veut dire « le silence de dieu ».

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  16. Ma premiere fiche de lecture en philo :  »le concept de l’angoisse  » de Kierkegaard (15/20 et des encouragements pour continuer a lire de la philo ! ce que j’ai fait of course). Je n’ai jamais ete aussi bien pourtant malgres ce climat deprimant c’est vrai que lorsque j’ecrivai mes cartes postales a mes potes au bord des fjords ou dans les pubs d’oslo ou de Stockholm, ou quand on lavait notre linge sale en se marrant dans les campings de haute tenue de ces pays tres bien eduques . Ils sont forts ces vikings !

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  17. Très bien, voici le nouveau quizz de Proust :

    1- Comment (ou en quel lieu) le narrateur rencontre-t-il Swann ?
    2- Qui est Françoise, et pourquoi ne dit-elle pas « Jambon d’York » ? Question subsidiaire : que dit-elle à la place ?
    3- Que signifie « la petite phrase de Vinteuil » ? Je veux dire : qu’est-ce que c’est, et quel sens cela a pour les personnages du roman ?
    4- Que signifie : « Faire catleya » ?
    5- Que découvre-t-on sur Saint-Loup, alors qu’il est en train de faire la guerre ?
    6- Pourquoi la femme (ou la maîtresse) de Saint-Loup est surnommée « Rachel-Quand-du-Seigneur » ?

    J’avoue que certaines questions ne sont pas faciles, même pour ceux qui ont lu la Recherche.

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  18. Ah ah ah qu’est ce que c’est que ces commeries sur un mec mort il y’a presque un siecle lu, relu et archi relu par des vieillards senils de l’universite (pouah ..) mhm ? on etait bien en scandinavie non ? non seulement il ya de jolies poulettes blondes mais en plus elles sont blindes de thunes…bon ok on se caille les burnes mais un instant norvegien dans les bras d’une suedoise le tout a se rouler a oualp dans un lit de couronnes danoises moi j’dis ca vaut toutes les madeleines du monde…pas d’accord le petit marcel ? mouahahahah sympa ce blog a part ca…

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  19. C’est vrai que j’ai relu Proust plusieurs fois, mais jamais la Recherche en entier. L’ensemble, je ne l’ai lu qu’une fois.
    Or toutes les questions que je pose ci-dessus me viennent de mes souvenirs de la première lecture. Je n’ai pas relu les passages qui possèdent les réponses.
    La 1 est facile, c’est dans Combray.
    La 2 n’est pas très facile, mais les trucs sur Françoise m’ont vraiment marqué, c’est ainsi. Je me souviens d’où et de quand j’ai lu le tome II du Coté des Guermantes où se trouve la réponse. Je riais tout seul, lors d’une randonnée solitaire à travers l’Aveyron.
    La 3 n’est pas plus pointue que la 4. Plutôt moins d’ailleurs, car la phrase de Vinteuil est très commentée dans la critique et la philosophie.

    5 et 6, en effet, ça commence à être chaud, mais enfin, c’est ça aussi, et beaucoup, la Recherche, ces longues histoires à l’armée, avec des faux amis et des vraies amours, des fausses amours et des amis fantomatiques.

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  20. D’ailleurs, je dois avouer que je ne suis pas certain de la réponse à 6.
    C’est vrai, il s’agit d’une blague de potache, un jeu de mots entre jeunes gens gentiment snobs, mais je pourrais bien dire une connerie si on me demandait de répondre tout à trac.
    L’histoire se situe dans les longs récits du Côté de Guermantes ou de Sodome et Gomorrhe. C’est pas net.

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  21. Bon, la phrase de Vinteuil, c’est vrai que c’est pas trop pointu, ça revient souvent au travers des tomes.
    La 5, ça pourrait être son homosexualité, par exemple ? mais j’ai un doute (est-il vraiment homo ?).
    Je suppose qu’on a tous sa Recherche, avec ses flous et ses détails qui émergent. Ce à quoi j’ai été très sensible, c’est la sensation qu’on m’offrait la possibilité de vivre une vie supplémentaire en lisant ce livre. Le côté avancée en temps réel à travers le temps intime d’une personne. Mais j’ai essayé de relire certains tomes, qui me sont tombés des mains. En fait, j’aime le tout beaucoup plus que les parties. Les histoires de jalousie amoureuse de Marcel envers Albertine, notamment, m’ont agacé à la relecture. J’ai trouvé ça sec et mécanique. Alors que ses descriptions de contemplations solitaires procurent le même plaisir la deuxième fois. Mais la phrase de Vinteuil, justement, j’avais trouvé ça un peu théorique, un peu artificiel, on sent un peu trop l’idée derrière.

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