Olivier David, un blog entre deux livres

L’écrivain Olivier David a vécu dans l’excès avant de venir s’installer en Chine.

Il a écrit trois ou quatre romans, a monté des groupes de punck-rock, a conçu quelques enfants, a vu Georges Brassens sur scène (là, j’invente), puis il est venu s’installer en Chine. Il y vit avec une très belle prof de français, dans un appartement que je trouve très classe, dans l’ancienne concession française de Shanghai.

En Chine, on pouvait croire qu’il n’écrivait plus.

Pour passer le temps, et peut-être pour arrondir ses fins de mois, il enseigne à l’université des langues étrangères de Shanghai. Nous, les connaisseurs, nous appelons cette université « Wai Shi Da » (prononcer Ouaille Sheu Ta). A moins que je ne me gourre, et que Wai Shi Da désigne en fait l’université normale de Shanghai… Je me perds dans ces dénominations. Ce qui compte, c’est qu’Olvier et moi étions collègues puisque j’enseignais, pour ma part, dans la glorieuse et vénérable université Fudan. Celle-ci on l’appelle simplement Fudan, car les Chinois du monde entier la connaissent, ceci dit sans vouloir me vanter.

Olivier y entretient une ribambelle de groupies. Chaque semaine, des filles et des garçons impressionnés, et vaguement amoureux, s’entassent à ses cours qui mêlent philosophie, culture générale, discussion et rigolade. C’est le privilège des lecteurs étrangers d’être libres comme l’air. D’un autre côté c’est aussi leur croix, car personne ne les aide si le courant ne passe pas avec les étudiants. Le courant passe avec Olivier, qui garde en toute circonstance un calme débonnaire et une cool attitude limite rock’n’roll qui est la marque des mecs qui ont un peu tout vécu. D’où, en retour, la ribambelle de fans. Tout cela s’entretient, fait système, si l’on peut dire.

Il n’avait en fait jamais cessé d’écrire, le bougre, mais il ne publiait pas. Il tenait un journal, qu’il a fini par mettre en ligne. Puis il s’est lancé dans l’écriture d’un blog. On y lit des portraits de Chinois de la rue, comme ce plombier qu’il surnomme Lao Zi, des comptes rendus de lectures, d’événements culturels shanghaiens, de conversations avec des étudiants chinois. On y lit de tout, comme dans tous les blogs, mais le truc, comme pour tous les blogs, c’est une question de voix. Il s’agit d’être touché par une voix, une posture, une manière d’être.

Pour moi, l’événement, c’est qu’un écrivain passe, pendant quelque temps, du format livre au format blog. Quand on sait combien l’art du blog est dévalorisé, surtout dans le milieu du livre (et il n’y a rien là que de très naturel), je salue ce passage, cette expérience, comme une preuve de modestie. Beaucoup de gens « bien » pensent que le blog est une manière de se répandre sur internet : en général, cela vient de ce qu’ils sont si obsédés par leur ego qu’ils cherchent, à tout prix, à l’humilier. Non, le problème des blogs, ce n’est pas le moi, c’est l’écriture. Il est bon que des gens issus du livre viennent irriguer les territoires du blog.

48 commentaires sur “Olivier David, un blog entre deux livres

  1. Merci, Guillaume, pour cet éloge de la  »What ever happened to my r’n’r » (BRMC) attitude’! Pour Brassens, malgré mon grand âge, je n’étais pas né; pour la fac c’est la Wai Guo Yu Da Xue (Shangwai), l’Université des Études Internatinales de Shanghai (devant Fudan en terme d’enseignement des langues étrangères!:)); pour le journal, il faudra que je sois hors de Chine pour envisager de le publier… A part ça, et tu le sais bien, l’essentiel est d’être en vie et au chevet attentif et généreux des kids qui nous survivront pour faire tourner la boutique… Bien à toi et à eux! O*

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  2. Je finirai par croire que j’ai loupé quelque chose en ne devenant pas prof, et en passant toute une vie active à essayer de produire des machins dont le souvenir même est effacé depuis que je suis parti (quand même, certains ont servi un temps). Alors que j’aurais pu laisser dans la tête de jeunes gens des idées et des savoirs pour toute une vie, et me réjouir pendant ce temps là. Mais non, ce n’est pas mon charisme, comme disait saint Paul.

    A part ça, qui n’a pas lu le billet de Neige http://paysdeneige.blogspot.com/2009/04/la-demande-de-la-reaction.html ? Le blog n’a rien à voir avec le livre (enfin, je n’en sais rien, les seuls « livres » que j’ai écrit sont des manuels techniques). Le livre, on l’écrit en se disant que des gens le liront un jour, ou pas. Le blog, on sait qu’il est lu, ou pas, on connait certains de ceux qui le lisent, on espère qu’ils attendent la prochaine page. D’ailleurs, c’est pour ça qu’il ne faut pas espérer transformer en livre les pages d’un blog. Quand je relis des vieilles pages, j’aime le souvenir de ce que j’ai ressenti en les lisant la première fois. Est-e qu’un blog qu’on n’a pas suivi est encore lisible un an après ? Pas sûr du tout. Peut-être qu’il faut attendre bien plus longtemps. On le saura un jour.

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  3. Ebolavir, je ne peux pas dire que vous n’avez rien manqué en n’ayant pas été enseignant. Le fait de « laisser dans la tête de jeunes gens des idées et des savoirs pour toute une vie », ce n’est pas vraiment une jouissance, pour moi. En revanche, le bon temps que l’on prend dans le processus, ça oui, ça vaut la peine de se lever matin.
    Qu’un blog ne puisse pas devenir un livre, je pense que c’est vrai si on idéalise le livre. Si on le reconsidère pour ce qu’il était à l’origine, un moyen de conserver des textes plus pratique et plus efficace que le rouleau, je ne vois pas ce qui empêche de conserver des écrits sur du papier. C’est surtout la question de la nécessité d’une telle conservation qu’il convient de se poser. J’ai appris que la BNF se la posait.

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  4. « C’est surtout la question de la nécessité d’une telle conservation qu’il convient de se poser. J’ai appris que la BNF se la posait.  »
    C’est en effet la seule question, si on met de côté les considération désuètes et narcissiques liées à la « noblesse » de l’objet livre.
    Le livre comme objet de conservation vs la disquette, le dvd, le marbre gravé, le blue ray.

    Mais il y a un autre critère, l’accessibilité. Vu la pléthore d’écrits que notre temps produit, comment retrouver un texte perdu dans cette masse ? Deux solutions : le référencement par la BN et Google. Le premier est public, avec les avantages que ça présente, le second privé, avec les avantages que ça présente. Dans un cas, service public – et donc désintéressement, bien commun, encyclopédisme, etc. -, dans l’autre, service privé – et donc efficacité, réactivité, inventivité, etc..

    Dans le cas d’un blog, aux enjeux surtout personnels, le dvd semble parfait. On peut lui ajouter quelques référencements publics pour servir de matériaux aux historiens du futur. Après, l’idée qu’on a souvent dans la tête sans toujours oser la formuler, c’est le thème « blog = objet artistique = enjeux de préservation », et là c’est un autre et riche débat qui s’ouvre.

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  5. Comme souvent quand j’écris en réfléchissant, je néglige d’écrire quelques phrases intermédiaires. Je voulais donc dire :
    BN = référencement de service public = transcription en support livre de blogs
    Google = référencement public = usage du seul support Internet

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  6. Je poursuis mes petites réflexions sur ce thème très riche.

    Chez bcp flottent encore l’idée fausse que la « vraie »/noble diffusion d’un texte passe par le support imprimé, livre ou journal. Dans la musique, idem, on pense vraie diffusion = disque physique. Alors que toute l’évolution réelle se fait en sens inverse : les ventes de disques physiques s’écroulent et l’objet physique livre se noie dans la graisse de la sur-publication. Le futur, c’est donc peut-être l’inverse, et les succès littéraires de demain seront peut-être dématérialisés – des blogs ou autres formes purement numériques qui ne chercheront pas à se transformer en livres physiques, et qui à l’inverse exploiteront toutes les possibilités de la technologie numérique. Je sais que c’est déjà presque une tarte à la crème, mais c’est encore un objet de pensée excitant : le Madame Bovary de demain, le Guerre et Paix de demain comme pur objet numérique.

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  7. Je ne me sens pas très enthousiaste. Je me demande quels sont donc les enjeux de la dématérialisation des supports culturels. Franchement, Madame Bovary comme pur objet numérique, je comprends pas trop ce que ça change à Madame Bovary comme pavé en papier en plusieurs tomes.

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  8. Mme Bovary en pavé numérique, on s’en tape. Mais un objet artistique mêlant le texte, le multimédia, les liens et autres hypertextes purement numérique, dont la publication serait fragmentaire comme un blog, et la création peut-être communautaire, etc., bref un objet culturel parfaitement inédit car utilisant une technique inédite et qui aurait la même richesse, le -même impact que Mme Bovary, voilà qui serait intéressant.

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  9. Oui, c’est vrai, Madame Bovary n’est pas si volumineuse, la pauvre, elle a pas eu le temps de grossir. Je pensais à Guerre et Paix, à cause du voisinage dans le commentaire de Mart. Et aussi parce que quand je pense à Flaubert, qui m’ennuie un peu, je pense immédiatement à Tolstoi, que je vénére.
    Sinon, on a déja abondament polémiqué sur l’aspect création du blog. Je pensais à l’aspect diffusion, édition, stockage, par transcription sur papier ou conservation numérique. Il y a sûrement un enjeu interessant, mais lequel ? Si on écrit pour des lecteurs, l’archivage d’un blog est forcément une question. Mais peut-être que les bloggers écrivent plutôt pour leurs lecteurs immédiats que pour des commentateurs futurs, comme laisse entendre Ebolavir. Qui relit de vieux articles? qui lit des blogs « éteints » dont les derniers articles remontent à plusieurs mois ? Ca a forcément un impact sur la création.

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  10. « Le Sage Precaire c’est moi ! »
    (com de Francois | le 06 avril 2009 à 14:57 )

    com/com: Dites, vous ne croyez pas que François souffre de quelque trouble de personnalité? Il commence à s’identifier à la précarité-même. S’il continue, il risque de devenir un concept de François, un Frankounet, koi!

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  11. Muy Bien MJ ! Que buena vison de mi Korazon ! Que progreso en mi analis… ;i Claro que si no soy muy  »net’ lo digo muy fuerte : estoy un aficionado de la precaridad moderna en este blog…Claro que si : ? porque quien estoy/soy finalmente ?…Frank ou Net ? FranKounet ?Pakito ? , una suerte de skizofreno virtual para dar piKas, repliKas y Kambios artificios a un filosofo, un poeta de la escritura en Internet cuyo el real nombre es : Guillermo T….Nada mas. Todo esto es un juego. Un juego de palabras y de conversacion nueva y que ninguna en el mundo ha visto por el momento. Alta reflexion, una suerte de sueno en la escrtura virtual. ? La vida es sueno dice Calderon no ? Un aficionado de Karlie Winston  »like a Hobo » like me no puede dar una pregunta muy clara or very claire si prefieres sobre todo esto.UN real hobo no da pregunta. Kuando digo en frances :  »Le sage precaire c’est moi  » es una allusion a la famosa ironia de Flaubert, en su correspondancia, todo el mundo lo ha entendido en este blog :  »Madame Bovary c’est moi » . Nada mas justificacion por favor, Ahora esperamos la proxima buena palabra del senor SP. Lo espero sobre el hombre Obama : quiero saber lo que piensa realmente el SP or el Senor Guillermo T sobre este fenomeno politico muy nuevo : una suerte de mezcla entre Allende y Kennedy pienso. Este BaracK :Una benediccion tambien pienso. Si : que UN hombre solo puede todo cambiar ahora en el mundo, es muy curioso , no ? y yo creo en lo que dice …
    Entonces para hablar sobre el K y el P y el LKP y politica por ejemplo :son las iniciales de los coMbates guadeloupeano no ? muy intersante no …?

     »El arbol de la tierra/ El arbo del pueblo /el arbol de la tormenta… » (Pablo Neruda , Canto General)
    No pasaran !
    Francesco/ Pakito

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  12. Je profitede cet interlude de defoulement skyzophrenico– hysterique pour rappeler que ca fait quinze ans Ke le bo Kurt est mort : ? Kien es Kurt? Puta madre voy a Matar vosotros bande de Majicones mal embouches !!!

    http://new.fr.music.yahoo.com/blogs/le_blog_musique_de_fluctuat/95/kurt-cobain-adul-et-parodi/

    Une revelation musicale de mon adolescence que je termine a peine i confess au confesse du Pere MJ que j’ai eu un temps a Varsovie (In utero Nevermind of course hi hi) et l’autre en Espagne , dans un bar branche de Salamanque ou rien ne manque re hi hi ou buvant une Mamada en Kompagnie de charmantes Zitaliennes j’etais cense apprendredre l’espagnole re re hi hi …le fameux Unplugged en direct de MTV c;est la que je l’ai vu, dans cette ville merveilleuse pour la pre;iere fois komme le reste du monde mais a l’epok on ne parlait pas Mondialisation). Je sais j’aurais du reviser mon espagnol ces soirs la, mais je suis reste scotche devant ce moment musical eKcpetionnel dont j’ai encore des frissons aujoud’hui, un moment uniK ou l’on retient son souffle et ou on on sait que l’on vit un monment ekceptionnel kasi historique. Ceci explique Ke mon espagnol laisse enKore a desirer…mais ke je suis aussi za chaKe fois sur la Plaza Mayor au petit matin  »seat and drink Penny Royal Teaaaaa » rein ken ekoutant ce dik genial de loin mon prefere de tous. Gracias Senor Kurt (et les Zitaliennes tambien…. Hips)

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  13. Ben, imagine par exemple que les lecteurs de livre numériques se développent (ce qui est très probable), l’iPod du livre.
    A partir du moment où il y en a assez, l’idée de créer des oeuvres spécifiquement destinées aux « iPod du livre » devient stimulante.
    Un artiste s’aventurant dans cette voie va-t-il se contenter d’écrire un roman linéaire à l’ancienne ? Sûrement pas. Il va naturellement exploiter les possibilités nouvelles d’expression offertes par cet iPod du livre.
    Par exemple, le lien. Par exemple, l’insertion de fichiers multimédias. Par exemple, une actualisation continue rendue possible.
    On peut alors imaginer la naissance d’un nouveau type d’oeuvre d’art, qui sera encore un roman, mais plus au sens étroit. Ce sera un nouveau champ à explorer, avec des chefs d’oeuvre à inventer.

    Partons encore un peu plus loin dans le temps. Il n’y a plus de bibliothèques dans les appartements, car tout le monde à un iPod du livre avec tous ses livres à l’intérieur. Ce iPod du livre est naturellement connecté en permanence à Google. C’est dire qu’il peut capter en continue la création mondiale. Mais cette création mondiale est pléthorique : grâce au numérique pourtant, on retrouve très vite une aiguille dans une botte de foin. On a donc accès à la créativité la plus pointue, pour peu qu’on la cherche.

    On ne se posera plus alors la question d’imprimer des oeuvres numériques, les romans du futur, car ils ne seront même plus imprimables, conçus qu’ils sont pour l’iPod du livre.

    La littérature aura entièrement basculé dans le numérique, et tu pourras en profiter de Ouagadougou comme de la BN (ils ont du wifi à Ouagadougou ?).

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  14. Moi qui croyais avoir fait un com extrêmement stimulant sur le plan intellectuel, j’en suis pour mes frais.

    (comme disait de Gaulle en toute modestie, « on est seul sur les hauteurs »)

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  15. C’est stimulant, Mart, mais ce n’est pas de ta faute. Une discussion, c’est comme une mayonnaise, il faut que ça prenne. C’est naze comme image. Les gens ont trop de soucis, voilà le hic.
    Juste une chose cependant. Le « roman linéaire à l’ancienne » n’existe que dans la littérature de genres (qu’on appelle parfois « paralittérature »). Dans la littérature générale, ça fait tellement longtemps que ça ne se fait plus, ou qu’en tout cas on fait autre chose, qu’à mon avis il ne faut plus nécessairement parler de roman du tout.
    « On peut alors imaginer la naissance d’un nouveau type d’oeuvre d’art, qui sera encore un roman, mais plus au sens étroit. » dis-tu. Je pense que c’est le roman en lui-même qui ne convient plus avec l’écriture et la lecture en hypertexte. Moi, par exemple, je ne comprends plus vraiment qu’on puisse s’intéresser à des personnages inventés, une histoire fictionnelle. J’ai l’impression que ça appartient à un autre âge, la fiction.

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  16. Merci pour cet effort de participation à mon monologue, je me sens un peu moins seul.

    Sans vouloir insister sur un thème qui n’intéresse peut-êter que moi, tu te méprends sur le sens que je donne à « linéaire », et donc à “roman linéaire à l’ancienne”. Sous ma plume, ça ne veut pas dire roman balzacien, mais « document imprimé et relié, avec un sens de lecture induit par la reliure ». Tout ce qui qui a des numéros de page et est pensé comme devant être lu de la première à la dernière page.

    C’est cette linéarité que le lien informatique permet de casser.

    Et c’est pourquoi un document littéraire – fictif ou non, balzacien ou non, à intrigue ou non – spécifiquement conçu pour l’iPod du livre pourra s’affranchir de cette contrainte de linéarité.

    D’où ouverture d’un champ tout neuf de création.

    En réalité, je suis très excité par ma trouvaille (et donc frustré du silence qui l’a accompagnée…) car c’est la littérature d’après demain qui se dessine.

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  17. « Merci pour cet effort de participation à mon monologue, je me sens un peu moins seul. »
    (com de Mart | le 08 avril 2009 à 17:56 )

    com/com: on appelle ça un dialogue.

    « c’est la littérature d’après demain qui se dessine. »
    (com de Mart | le 08 avril 2009 à 17:56 )

    com/com: après-demain, c’est juste après demain, qui est juste après aujourd’hui. la littérature d’après peut-elle exister sans celle d’au jour d’huis? Bref, cette remise au surlendemain m’étonne. Ce serait comme faire deux pas à la fois au lieu d’un après l’autre.

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  18. La littérature aura entièrement basculé dans le numérique, et tu pourras en profiter de Ouagadougou comme de la BN (ils ont du wifi à Ouagadougou ?).
    (com de Mart le 07 avril 2009 à 16:53 )

    com/com: Ils filent encore du mauvais coton à Ouaga?

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  19. com/com/com : « cette remise au surlendemain m’étonne. »

    après demain, c’est parce qu’il existe une étape intermédiaire : la diffusion à grande échelle des iPod du livre. C’est seulement quand ce sera fait, i.e. après demain, qu’on pourra commencer à se dire qu’il n’est pas ridicule d’écrire spécifiquement pour les iPod du livre en utilisant leur fonctionnalités nouvelles.

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  20. com/com/com : « on appelle ça un dialogue. »

    non, si tu lis bien le mot de SP :

    « C’est stimulant, Mart, mais ce n’est pas de ta faute. Une discussion, c’est comme une mayonnaise, il faut que ça prenne. C’est naze comme image. Les gens ont trop de soucis, voilà le hic. »

    Ce n’est pas un dialogue, mais une consolation/explication au pourquoi d’un dialogue s’enlisant dans le silence. Ce que j’appelle un « effort de participation à mon monologue ».

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  21. Sur la linéarité, je te suis d’autant plus que le livre permettait déjà de rompre avec la « linéarité » obligatoire du rouleau.
    Je crois que tu te sens seul sur ce débat parce qu’en effet, je ne vois pas ce qu’il y aura de nouveau par rapport aux virtualités actuelles, blogs ou autres, ni ce que pourrait apporter de spécifique un ipod, par rapport aux ordinateurs déjà existants. De plus, comme l’ipod n’a pas changé la façon de faire la musique, ni la durée des chansons, ni leur structure, mais seulement le rapport entretenu avec les albums, pour privilégier la chanson singulière, on peut se demander quel espoir tu entretiens dans un ipod pour livre.
    Je suis sûr d’être encore à côté de la plaque, mais c’est toujours ça avec les vraies trouvailles, Mart.

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  22. Je pense qu’il te manque encore un petit effort d’imagination pour voir la révolution potentielle, car c’en sera une à coup sûr.

    1) ldiférence de l’iPod du livre et de l’ordi : l’ordi ne sert pas à lire, pas à lire vraiment, pas à lire avec le même abandon que le livre, alors que l’iPod du livre (idl) le permettra : on sera dans son lit ou son fauteuil avec comme avec un bon livre, avec la même sensualité, le même plaisir, car ils seront fins comme des feuilles et leurs écrans seront beaux comme des… je sais pas quoi. Un truc super en tous cas.

    2) il existe d’immenses différences entre un blog et un roman ou un poème ou un essais. Un blog n’est pas un truc qu’on écrit pendant 3 ans avant de le livrer au public par exemple. Il ne prétend pas être un Tout complexe comme un roman ou un essais philosophique. Si demain je devais écrire une oeuvre pour idl, cela ressemblerait à un labyrinthe. Ce serait une fiction pouvant partir dans plusieurs directions possibles en fonction des réactions de mon lecteur. J’exploiterais l’interactivité possible entre le texte et son lecteur. Ainsi, le lecteur serait aiguillé sur une suite différente selon ce qui a retenu son attention dans un passage. Peut-être que cette oeuvre, avec certains lecteurs, deviendrait une sorte d’essais philosophique. Avec d’autres, un roman policier. Avec d’autres, un drame psychologique. Pour cela, à la fin de chaque chapitre, j’offrirais un choix : continuer par là ou par là, grâce à des liens entrecroisés. Il y aurait de ce fait une participation du lecteur à l’oeuvre qu’un texte imprimé ne peut offrir. Je crois aussi que j’essaierais d’utiliser un système d’actualisation pour que le texte change avec le temps. Qu’à l’intérieur de lui, des dates et des lieux évoluent en fonction des évolutions du monde réel. Un texte numérique est un objet meuble, alors qu’un imprimé est gravé dans le marbre. Un millions d’idées naissent pour peu qu’on se demande comment on pourrait s’amuser avec un idl, et je suis sûr que des gens plus imaginatifs que moi auraient encore plus d’idées que moi.

    Un blog

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  23. Et pendant ce temps la… Kurt , tout le monde s’en fout…Bh heureusement qu’il y’a la musique ca permet de prendre ses distances..dans vingt ans les gens liront ce qu’ils voudront sur le support qu’ils voudront, blog ou livres mais le probleme c’est celui du qualitatif maintenant…Puisqu’on sort apparemment d’une ere du merchandising aveugle..on va enfin lire des vrais trucs interssants et sortir de la houellebiquisation des esprits qui aura ravage une partie des cerveaux de ma generation…Hugh a parle.

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  24. J’aime bien Houellebecq ceci dit mais je prefere la litterature etrangere, Chevillard, Echenoz, Rouaud , la philo er les essais de geopolitique etc…

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  25. finalement, on est bien restés sur l’idée d’une sorte de « pavé numérique »v et son apport au « processus de création ». Moi, je n’ai pas pu participer au monologue parce que hier j’étais sorti en bateau sur le golfe de Guinée et qu’on a été pris dans une tempête au large du Cap Esterias. Il n’y avait pas de wifi.
    De toutes façons, le type qui va essayer d’écrire l' »oeuvre pour idl » va bien devoir commencer par écrire les différents textes auxquels pourront ensuite se connecter les lecteurs qui choisiront ensuite le dévreloppement essai, polar ou psychodrame. Alors, ce qui change, c’est qu’au lieu d’un chapître qui suit l’autre, tu as 2 ou 3 chapitres concurrents, mais qui devront fatalement se rejoindre plus loin, et le polar rencontrera alors le psychodrame, ou pire, il devra se rabattre sur un essai philosophique… la créativité n’êtant pas illimitée, notre auteur ne pourra inventer une infinité de mondes compossibles à chaque nouveau mot nouveau écrit. En fait, on revient sur le concept « livre dont vous êtres le héros », ou sur le jeu vidéo qui propose aux enfants un scenario pré-écrit avec des variations libres à l’intérieur de ce scenario.
    Il y a un Américain qui a essayé d’écrire quelque chose dans ce style, il me semble, mais je ne l’ai pas lu, c’est je crois Mark Danielewski ou un nom comme ça, le titre « la maison des Feuilles », si mes souvenirs sont exacts.
    Il est évident que l’interactivité et l’accélèration des recherches « motorisées » ouvrent des changements notoires. Ces changements sont-ils vraiment des virtualités créatrices? à part l’avennement du Blog Parfait, dont chaque commentateur cisèlerait la moindre de ses virgules (suivez mon regard), et que nous appelons tous de nos voeux, je ne sais pas.
    Mais il y a toujours cette espèce d’utopie d’une création ou d’une pensée collective, ce qu’Averroès appelait « intellect agent » que nous réalisons un peu tous les jours, à notre manière certes imparfaite et velléitaire.

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  26. Heureux que la tempête ne t’ait pas fait couler, Ben. Ceci dit, si tu t’étais échoué sur une île déserte avec le ipl à capteurs solaires plein à craquer, tu aurais au moins eu de la lecture jusqu’à la fin de ta vie.
    Cette fameuse oeuvre majeure pour ipl a mûri dans mon esprit, tandis que tu avalais des embruns.
    Ce ne serait pas un mix de genres, qui était une mauvaise idée, mais un labyrinthe touffu, oui, qui ne cesserait de grandir au fil des actualisations et dans lequel on circulerait librement en suivant un lien ou l’autre. Il y aurait autant de fils que de personnages, ces fils s’entrecroisant. On pourrait les lire dans tous les sens, en bifurquant éventuellement d’un personnage à l’autre. Mais surtout l’oeuvre ne cesserait de grandir, comme une série télé. De nouveaux fils s’ajouteraient, certains s’allongeraient. A la limite, un écrivain pourrait se contenter d’écrire une seule oeuvre dans sa vie, mais toute sa vie. Peut être que, comme les séries encore, des groupes d’auteurs metteraient leurs forces en commun pour écrire un personnage ou un épisode. Des groupes se formeraient sur Internet pour spéculer sur le devenir du grand oeuvre pour idl. Ce serait un monde en évolution constante, une sorte de i-Balzac mâtiné de 6 feet under.

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  27. Il y a là-bas des îles désertes tout à fait intéressantes, l’île des trois cocotiers, le banc de sable de Banié, etc, quoiqu’un peu trop fréquentées par les pêcheurs et autres garde-côtes pour qu’on puisse y lire tranquille.
    On circulera librement en suivant un lien vers quoi ? Vers un texte écrit écrit soit par l’auteur, soit par un de ses potes, ou même un lecteur, et alors quelle différence y aura-t-il entre ça et ce que je suis en train de faire quand j’écris un commentaire, que je vais sur le blog de Neige ou que je clique sur « littérature » dans le « blog-roll » de Guillaume ? Nous sommes déja dans l’ipl.
    Et quelle différence avec ce que faisait Montaigne qui a déroulé toute sa vie une oeuvre multiforme, qui utilisait des citations comme une espèce de lien vers un autre texte ou comme commentaire de sa propre pensée ? Montaigne, voilà le saint patron de tous les bloggers.
    Y a-t-il vraiment de la nouveauté là-dedans, si ce n’est dans l’augmentation de l’intensité et de la rapidité des échanges ?

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  28. Prends un monde, aves des gens qui interagissent. Chacun vit sa vérité selon son propre fil conducteur. Mélange le tout et tu as un truc compliqué, dont les éléments sont des chapitres. Les liens vont d’un chapitre à l’autre (écrit par un ou un groupe d’auteurs). Dans un blog, avec ses blogs roll, tu as un truc qui y ressemble mais qui, comme la vie, s’improvise au jour le jour.
    La différence entre une improvisation et une oeuvre, c’est la finalité. Dans l’un, c’est du grand n’importe quoi accumulé, dans l’autre tu as une pensée dotée de finalité et donc d’un minimum de cohérence.
    Un blog pense dans ses parties, mais pas dans le tout.
    Une oeuvre pense d’emblée dans le tout, et les parties sont des étapes.
    Tu me diras : rien de neuf.
    Je te répondrais : la possibilité nouvelle d’exploiter pleinement la pensée en mouvement tout en restant dans la cohérence du tout. Avant, on le faisait déjà, mais mal. Là, on pourra le faire mieux, plus puissamment. Grâce au lien. Grâce à l’actualisation.

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  29. « Il y a là-bas des îles désertes tout à fait intéressantes, l’île des trois cocotiers, le banc de sable de Banié, etc, quoiqu’un peu trop fréquentées par les pêcheurs et autres garde-côtes pour qu’on puisse y lire tranquille…. »

    C’est peut etre ca le bonheur…

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  30. Le bonheur à Banié … Je ne crois pas. Hier, c’était plutôt pénible : avant l’orage, il y avait certes une très belle lumière, l’île, toute noire sur l’horizon ; la mer, couleur d’étain, le ciel ardoise, et au milieu, le banc de sable, d’un blanc un peu crème, éclatant, presque rose, presque impudique. On dit qu’il y a là-dessus une ruine d’un ancien phare, on pourrait peut-être sy installer.
    Mais tout de suite après, il y a eu le gros vent, les vagues qui font peur, et la flotte du ciel et de la mer qui te fouettent la figure et te refroidissent alors qu’il fait quand même au moins 25 degrés. Mais il faut que je garde des idées pour un article futur.
    La finalité à l’oeuvre dans le tout… ça n’écarte pas l’improvisation. D’ailleurs, il paraît que la nature elle-même improvise, elle produit des monstres, et qu’est-ce qu’une oeuvre d’art sinon l’improvisation d’une monstruosité artificielle ? Une oeuvre qui serait déja écrite dans la pensée de son créateur n’existe pas, nul ne crèe « ex nihilo ». Et d’autre part, qu’est-ce qui empêcherait un collectif de poursuivre une finalité vague dans un blog précaire ? C’est seulement notre paresse et notre manque de foi qui nous détournent de notre finalité ultime.
    Et cette finalité n’est que la pensée elle-même, tout ce qui nous en détourne n’est que vanité et poursuite du vent. Et qu’est-ce qu’un blog comme la précarité du sage, sinon de la pensée chatoyante qui se déploie et se contemple elle-même?

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  31. Ton post va me laisser meditatif Ben, pour la duree des vacances…ou je comptai d’ailleurs abuser de ma paresse et d’un manque de foi (oui oui une sorte d’ athee croyant qui  »a foi dans une foi possible » comme dirait Bonnefoy, c’est un peu ridicule aujourd’hui pour notre epok mais c’est ainsi, il est comme ca le pere Francois) peu habituel chez moi histoire de pour une fois lacher un peu ce blog…En tout cas cette idee de  »finalite vague » me plait assez, est juste.

    Va sur ce lien , c’est amusant : le passage de ton post de Guinee sur Google nous renvoie a des textes interessants ;
    http://www.google.fr/search?hl=fr&hl=fr&q=%E2%80%9CIl+y+a+l%C3%A0-bas+des+%C3%AEles+d%C3%A9sertes+tout+%C3%A0+fait+int%C3%A9ressantes%2C+l%E2%80%99%C3%AEle+des+trois+cocotiers%2C+le+banc+de+sable+de+Bani%C3%A9%2C+etc%2C+quoiqu%E2%80%99un+peu+trop+fr%C3%A9quent%C3%A9es+par+les+p%C3%AAcheurs+et+autres+garde-c%C3%B4tes+pour+qu%E2%80%99on+puisse+y+lire+tranquille%E2%80%A6.%E2%80%9D&oe=UTF-8&um=1&ie=UTF-8&meta=&tabs=ca&newwindow=1

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  32. Le blog du SP, tiens, parlons en.
    Il y a de l’improvistion dedans, certes. Il y a de la pensée en mouvement poursuivant un certain nombre de directions. Mais il n’y a pas de dessein global, ou alors il est trop enfoui pour qu’on sente qu’on est mené quelque part.
    On y voit le SP s’intéresser à diverses choses, se promener dans les sujets, un coup à droite, un coup à gauche, avec quelques thèmes dominant mais aucun de structurant. c’est agréable à lire, mais on n’a pas le sentiment d’être face à une construction. S’il voulait en faire une oeuvre, on lui dirait de couper, de privilégier certaines pistes et de moins se disperser.
    Mais c’est dans la nature du blog d’être une promenade improvisée et son blog ne gagnerait rien à se concentrer sur certaines pistes. Le blog n’est pas une construction globale, alors qu’une oeuvre pour idl pourrait l’être.

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  33. « Les termes de recherche spécifiés – “Il y a là-bas des îles désertes tout à fait intéressantes, l’île des trois cocotiers, le banc de sable de Banié, etc, quoiqu’un peu trop fréquentées par les pêcheurs et autres garde-côtes pour qu’on puisse y lire tranquille….” – ne correspondent à aucun document. » Jolie collision poètique. D’ailleurs, ça ne m’étonne pas. Le propre des îles désertes intéressantes, c’est de ne figurer sur aucune cartographie.

    Tout ce que tu dis sur « La précarité du sage », Mart, on pourrait le dire des Essais de Montaigne. Or, Les Essais, ca reste un monument littéraire parfait. Ce qui nous manque, par rapport à Montaigne, c’est la concentration, une sorte de rage, le sentiment de l’irréversible. Les Chinois disaient un truc comme ça : il n’y a pas d’oeuvre sans la vie qui va avec, celui qui tient le pinceau ne doit pas relâcher sa main lorsqu’il forme « l’unique coup de pinceau » (Shi Tao) qui dessine sa pensée, ou lorsqu’il poste le texte ou le commentaire qui condensent l’élan de son être. On ne peut pas « réactualiser »

    Il y a dans une oeuvre quelque chose d’un monument historique (Deleuze) Pour qu’on ait le sentiment d’être face à une construction, comme tu dis, encore faut-il qu’elle soit finie, au moins en partie, densifiée dans un espace-temps. Mais ça ne peut pas être le cas de l’ipl, si, « il y aurait de ce fait une participation du lecteur à l’oeuvre qu’un texte imprimé ne peut offrir. Je crois aussi que j’essaierais d’utiliser un système d’actualisation pour que le texte change avec le temps ». Même unifié par une finalité consciente, l’ipl n’aura jamais la densité de l’esxistence finie temporelle. Or, si la question de l’archivage se pose pour un blog, comme on l’avait vu, c’est parce que, du fait de son imperfection même, les gens finissent par se lasser, sa durée de vie est limitée, le blog finit par entrer dans l’irréversersible.

    En somme, l’ipl ne serait qu’un pur projet, une « finalité sans fin », un acte indéfiniment retouchable, par opposition au blog qui présente une sorte de temporalité réelle, un équilibre précaire entre réel et virtuel, qui en fait peut-être la seule oeuvre virtuelle possible. Le finalisme est l’ennemi du temporal, disait Heidegger, ou un truc approchant. (je sais pas pourquoi j’ai envie de citer des noms, ce soir, faut pas faire attention, ça me prend des fois)

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  34. « Il y a dans une oeuvre quelque chose d’un monument historique (…) encore faut-il qu’elle soit finie »
    Pourtant, tu viens de citer Montaigne comme type du monument littéraire. Or Montaigne est justement un des principaux précurseurs des oeuvres pour idl (je parle depuis l’avenir), puisqu’il a actualisé la sienne jusqu’à la mort : ne confond pas la correction, qui est une substitution, et l’actualisation des idp, qui est une prolongation.
    S’il ne s’agissait que de correction, l’idl ne serait en effet qu’un’un rêve de perfection stérile condamné au piétinement. Grâce à l’actualisation, il est une oeuvre de plus en plus monumentale, capable d’absorber en elle même tous les âges de la vie.
    Depuis le futur d’où je te parle, les idl sont commencées dès l’enfance.

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  35. . c’est agréable à lire, mais on n’a pas le sentiment d’être face à une construction. (…)
    Mais c’est dans la nature du blog d’être une promenade improvisée et son blog ne gagnerait rien à se concentrer sur certaines pistes. Le blog n’est pas une construction globale, alors qu’une oeuvre pour idl pourrait l’être.
    (com de Marti | le 10 avril 2009 à 20:17 )

    com/com: pourquoi « face à une construction » et j’intérroge le « face à », alors qu’il s’agit d’habiter ce lieu commun. Le face à implique une notion d’extériorité, ce qui est paradoxale au vu de la dimension interactive, voire conviviale du blog.

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  36. « Et qu’est-ce qu’un blog comme La Précarité du sage, sinon de la pensée chatoyante qui se déploie et se contemple elle-même? » Ben (le 10 avril 2009 à 18:25). Je note et sauvegarde cette citation qui est un des plus bel éloge qu’on ait jamais adressé à un blogger.

    « On y voit le SP s’intéresser à diverses choses, se promener dans les sujets, un coup à droite, un coup à gauche, avec quelques thèmes dominant mais aucun de structurant. » Mart. Intéressante analyse, Mart, mais il me semble qu’il y a deux thèmes structurants dans ce blog, (mais tu me diras qu’ils ne sont que « dominants » et tu auras peut-être raison) : 1- la vie dans la précarité, 2- le voyage et sa représentation.

    « Le blog n’est pas une construction globale », Mart (le 10 avril 2009 à 20:17). Un blog peut être pensé comme une construction globale. Mon premier blog, par exemple, http://nankinendouce.over-blog.com, tournait autour d’un désir : dresser l’image d’un petit paradis par petites touches. Nankin en douce, c’était une petite oeuvre, interactive mais close, d’un an jour pour jour. Une oeuvrette sur la douceur de vivre, et pas seulement une promenade.

    Montaigne, c’est en effet l’ancêtre du blog, du point de vue de la personne qui écrit les billet en tout cas. Il n’y a plus proche du blog dans toute la littérature classique, avec ce moi « divers et ondoyant », ce mélange de bavardage et de références, cet intérêt tous azimuts, qui finit par donner une impression de sujet dominant (sinon structurant.)

    Je ne me prononce pas sur l’idl dont je ne parviens toujours pas à me faire la moindre idée. J’ai l’impression que c’est le concept de la Second Life qui lui est le plus proche, sauf que ce n’est pas écrit. Mais justement, les lecteurs potentiels de l’idl ne préfèreraient-ils pas une oeuvre visuelle voire synestésiques ?
    Malgré tout, Mart, soit remercié pour cette « trouvaille » qui, au moins, provoque de la réflexion.

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  37. « 1- la vie dans la précarité, 2- le voyage et sa représentation »

    Cela renvoit peut-être à un désaccord de fond qu’il serait stérile de creuser, mais j’ai l’impression que ces deux thèmes, tu ne les traites jamais vraiment. Tu les frôles, les évoques, mais tu ne les prends jamais de front. C’est peut-être une bonne technique d’ailleurs, mais ça leur donne un côté « toile de fond » plus que sujet. C’est en tous cas mon ressenti dans toute sa subjectivité.
    La précarité, par exemple. C’est un sujet que je connais bien. Or, en te lisant, je ne retrouves jamais le parfum de la précarité vécue. Pour une raison simple : tu réfutes systématiquement la dimension anxyogène de la précarité. Moi, la précarité, elle ma fait parfois me réveiller dans la terreur. Chez toi, elle est toujours drôle, agréable, cool, élégante. A se demander si tu sais vraiment ce que c’est que d’être précaire, si tu n’as pas des parents riches ou un trésor caché qui te libère de l’angoisse.
    Quant au voyage et sa représentation, oui, peut-être. Mais c’est aussi un sujet que je connais bien pour avoir gagné ma vie comme auteur de guides et où nos expériences mutuelles divergent tellement que je ne retrouve rien dans tes billets de ce qui constituait le coeur de mon expérience de voyageur.
    C’est pourquoi je me sens dans ton blog comme dans une promenade sans sujet structurant. Ce qui n’est pas du tout un reproche, je tiens à le dire.

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  38. Non non, je n’y avais pas vu de critique. La précarité ou le récit de voyage ne sont, en effet, plutôt, que des « dominantes », comme disait Jauss pour éclairer la question des genres littéraires.
    Je parle peu de l’aspect anxiogène de la précarité car l’angle de ce blog est celui de la « sagesse », donc d’une forme de bonheur. Rien d’autre ne me « libère de l’angoisse » comme tu le dis, que la complexion d’esprit qui accepte de n’avoir ni argent de côté, ni sécurité de l’emploi. Pas de fortune, non, ni de parents riches (c’était marrant, ça.)
    Mais c’est intéressant de savoir que pour des lecteurs, ce blog donne l’impression que je ne sais pas ce que c’est que la précarité. Cela va me faire réfléchir.

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  39. Il y a dans la très bonne idée de « sagesse précaire » l’idée de la précarité justement : c’est une sagesse qu’on attrape et qui s’échappe, avant qu’on l’attrape et la perde à nouveau. C’est là un gage de sincérité, qui la rend supérieure aux systèmes et autres actes de foi religieux. Il ne faut donc pas avoir peur d’attaquer violemment cette sagesse, car sa précarité est sa substance. Je crois qu’on peut volontairement choisir la précarité comme valeur de vie pour préserver cette fraîcheur de ce qui meurt et naît sans cesse. Encore faut-il laisser sa place à l’angoisse (pour le coup, me voilà redevenu heideggien : l’être comme vacillement).

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  40. Merci à notre Sage d’avoir fait connaître ce blog, ma plus belle découverte de l’année dans la blogosphère. « J’y suis allé de mon petit billet aujourd’hui », moi aussi 🙂

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