Variété, ritournelle : la musique populaire sans hiérarchie

 

Je tourne autour du pot sans parvenir à exprimer ce que je veux dire. 

Je me suis fait gentil en montrant que j’écoutais des trucs modernes. Je me suis fait méchant en critiquant frontalement le rock. Je me suis fait coeur d’artichaut en avouant que je craquais devant des chanteuses françaises et américaines.  Et pourtant je ne parviens pas à dire une fois pour toute ce que je ressens comme malaise devant cette musique populaire qui me plaît, qui m’accompagne comme chacun d’entre nous, et qui en même temps me révulse et m’ennuie.

Il est évident que ce n’est pas la musique qui me pose problème, mais les opinions que l’on se fait d’elle. Je ne supporte plus que les chansons soient perçues comme un art supérieur. Des gens que j’estime, et même des gens que j’aime infiniment, et parfois, pour une certaine d’entre elles, que j’aime de manière irraisonnable, me disent des opinions qui constituent pour moi des petits scandales de la pensée esthétique. Le sage précaire, c’est aussi son job, doit les dénoncer. Il s’excuse par avance à tous les susmentionnés, et ne veut en aucun cas se brouiller avec eux, mais quand il entend dire que Leonard Cohen est un poète, que Talking Heads c’est mieux que Berlioz, que Bob Dylan c’est mieux que Ravel, que les Pink Floyd c’est équivalent à de la musique classique, que les Beatles sont des génies de la musique, le sage précaire dit que quelque chose est pourri dans le royaume de l’art sonore.

Alors je vais renommer les choses pour que ce soit clair : tout ce que nous écoutons comme musique, presque tout, c’est de la variété. Jusqu’à présent, je disais « musique populaire » par opposition à musique savante. Mais il faut appeler les choses par leur nom. Tout ce qui est chanson de quelques minutes, avec ou sans refrain, avec lignes mélodiques reprises en boucle, c’est ce qu’on appelle de la variété. Techniquement, il n’y a pas de différence entre Tom Waits et Céline Dion, entre Bob Marley et Michel Sardou. Sur le plan des paroles, c’est la même chose : l’écriture de Brel et de Brassens est du même ordre que celle de Patrick Sébastien, ou celle de Didier Barbelivien. Entre Comme un ouragan de la princesse de Monaco, et Ballad of a Thin Man de Bob Dylan, la différence générique, poétique et littéraire est si mince qu’il est inutile d’essayer de tracer une frontière.

Ce qui m’insupporte, c’est la mode qui consiste à voir, dans la variété, une hiérarchie qui amène les rockeurs les plus ignorants à mépriser telle chanteuse ou tel chanteur. Les abonnés de Charlie Hebdo méprisent la chanson française, non mais on croit rêver. Il existe un snobisme qui veut que la chanson française n’est pas vraiment de la musique, comparé à des groupes plus obscurs. Le même snobisme mène à penser que Chanson populaire de Claude François est moins cool que les chansons de Bashung. Il faut rabattre un peu tout ça, et affirmer très clairement que les groupes que nous aimons doivent être ramenés à leur juste valeur : variété. Ils ne sont pas plus profonds, ni plus intéressants, ni plus riches que tous ces chanteurs oubliés qui ont créé Hélène je m’appelle Hélène, ou Le Temps des cerises. 

C’est la beauté de la chanson populaire d’être anonyme, simple et répétitive. Une chanson, même celles des groupes de post-punk, c’est avant tout une petite ritournelle qui tourne en rond, qui se répète en boucle. La beauté de la chanson, c’est que n’importe qui peut en écrire une, car la chanson vient de la maman qui chante pour endormir son enfant. Elle fait  « la la la », elle chante « fais dodo », elle invente n’importe quoi, en pensant à autre chose. C’est dans l’art savant qu’il y a des hiérarchies, et les chansons n’ont pas à prétendre être savantes. Leur noblesse vient de leur origine incréee, bavarde, sifflottée. La variété vient des « chansons douces » que nous chantaient nos mamans, mais aussi des chansons à boire, et des chants militaires.

La chanson est là pour accompagner la vie, les actes du quotidien. On chante pour se donner du cœur à l’ouvrage, pour marcher, pour aller faire la guerre, pour apprendre, pour organiser, pour calmer et apaiser. Chacun pense que tel groupe, tel chanteur, ou tel ensemble de groupes, est radicalement différent de ce qui se fait en général. C’est une erreur de perspective, il faut intégrer toute la variété dans une même affection, comme l’a très bien fait Alain Resnais, dans On connaît la chanson.

65 commentaires sur “Variété, ritournelle : la musique populaire sans hiérarchie

  1. Merci Fabrice pour cet éclairage.
    De mon côté, je ne peux toujours pas voir dans les chansons, sous prétexte que les artistes de variété sont devenus professionnels et qu’ils se sont perfectionnés, un art digne de la musique savante. Les sous-genres, et même le rock progressif, ne s’éloignent qu’en apparence des chansons populaires de nos ancêtres. L’originalité de Kraftwerk, franchement, n’est que dans l’image que ces braves Allemands se donnent et dans le crédit que le public et la presse leur prêtent. Même chose pour tant de groupes dits mythiques, ou cultes. Leurs oeuvres restent, et c’est la grande beauté de l’affaire, simples comme des rengaines de paysan.
    Ce que tu dis du solfège et de la notation montre bien que la différence reste musicologique (tu emploies le mot de qualitatif) : la variété reprend les progrès et les innovations de la musique savante, mais le résultat est invariblement des chansons faites sur quelques accords répétés en boucle. On n’en sortira pas, et il n’est nullement souhaitable qu’on en sorte.

    Maintenant, oui, il y a des oeuvres qui sont entre les deux, des chanteurs qui quittent la chanson et font des choses plus inclassables, etc. Dans mon billet, je ne parlais pas de ces quelques artistes qui explorent différents territoires, et qui ne font pas de variété. Je parlais de la hiérarchie que les fans de variété mettent dans la musique populaire, et qui se prennent au sérieux au point de voir un monde entre Claude François et les Rolling Stones.

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  2. Discussion très intéressante.
    Je pense cependant qu’il faut faire une distinction entre musique populaire et musique traditionnelle. Ces rengaines de paysan comme le dit fab possèdent en effet de nombreuses richesses de par leur aspect modal issu des musiques médiévales et par le fait que ces chansons ou danses multiséculaires ont pour ainsi dire étées sélectionnées par le temps. Enfin ces musique n’ont jamais eut de vocation commerciale contrairement à la musique populaire du chanteur de rue ou des vedettes du music hall jadis, et du rock ou jazz ou variet aujourd’hui.
    Pour reprendre une métaphore gastronomique, je dirais que la musique classique ou baroque, c’est le fois gras en sauce fin et raffiné, la musique traditionnelle c’est le pot au feu convivial, la crèpe succulente, la diversité des fromages de pays et enfin le rock et apparenté c’est du cassoulet William Saurin

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  3. Merci Csango.
    Dans votre typologie finale vous dites : « la musique classique ou baroque, c’est le fois gras en sauce fin et raffiné ». Je voudrais juste rappeler que la musique savante (classique renvoie à la fois au passé et à une norme, alors que c’est la variété qui est la plus normée et la plus prévisible), la musique savante donc ne se limite pas aux siècles passés.

    Ensuite, je suis d’accord avec vous pour distinguer musique traditionnelle et variété. L’une a engendré l’autre, comme je l’ai écrit en commentaire au début de cet échange.

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  4. Ce qu’il y a de bien dans le sage précaire, c’est que ses opinions ont l’immuabilité tranquille et sereine du roc que rien ne fissure. C’est une forme particulière de précarité, d’une fixité et d’une stabilité remarquable.

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  5. C’est en effet une discussion très intéressante. J’irai d’ailleurs plus loin : le jazz, c’est même pas du William Saurin, c’est du Ed l’Epicier. Et la musique classique, c’est encore mieux que le fois gras, c’est comme du caviar. Ou du nectare. Beau et divin.

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  6. Pourquoi le nom de mart apparait dans la colonne « Derniers commentaires » et ses commentaires n’apparaissent pas en lieu et place qui leur sont devolus ? Hum ?

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  7. Je ne sais pas ce qui s’est passé dans ces commentaires. Plusieurs ont disparu. C’est très inquiétant.
    J’avais répondu je ne sais quoi au commentaire de Csango ci-dessus. Puis mart a commenté ainsi, je colle depuis ma boîte emails où je reçois les commentaires : « Ce qu’il y a de bien dans le sage précaire, c’est que ses opinions ont l’immuabilité tranquille et sereine du roc que rien ne fissure. C’est une forme particulière de précarité, d’une fixité et d’une stabilité remarquable. »

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  8. « Ce qu’il y a de bien dans le sage précaire, c’est que ses opinions ont l’immuabilité tranquille et sereine du roc que rien ne fissure. C’est une forme particulière de précarité, d’une fixité et d’une stabilité remarquable. »

    C’est vrai que mes opinions sur la musique populaire sont arrivées à un point de stabilité assez remarquable. Je ne suis plus précaire sur une petite série de questions que je me suis moi-même posé. J’ai compris ce qui me gênait fondamentalement, grâce aux billets de blog et grâce aux discussions avec les commentateurs. Dans le billet sur l’illettrisme en musique, http://laprecaritedusage.blog.lemonde.fr/2010/01/09/nous-les-illettres-de-la-musique/ , j’ai bouclé la série et trouvé des réponses qui me satisfont depuis. Ce déséquilibre entre inculture musicale et culture littéraire, c’était une chose simple à exprimer mais difficile à voir, curieusement.
    Dès lors, je peux continuer à discuter musique populaire mais avec un poids en moins.

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  9. Bonsoir, je me permet de refaire quelques commentaires sur tes propos:

    « je ne peux toujours pas voir dans les chansons, sous prétexte que les artistes de variété sont devenus professionnels et qu’ils se sont perfectionnés, un art digne de la musique savante.  »

    Je ne crois pas que la question soit de faire une distinction qualitative entre les deux genres (ou deux « approches » plutôt); savante et populaire. Il y a à mon sens effectivement une énorme différence d’approche, mais celà ne veut pas dire pour autant que l’un est toujours meilleur que l’autre. C’est juste des chose différentes comme le sont les cuisines de grand-mères et celles des chefs. La cuisine faite par un chef est-elle par définition supérieure à celle d’une grand-mère?
    Qu’est ce qui permet de dire que Stockhausen c’est forcément mieux que les Beatles? ou que Xénakis serait meilleur musicien que ? Parceque ce n’est pas des chansons couplet/refrain de trois minutes? Parce qu’il n’y a pas de mélodie reconnaissable pour le commun des mortels,
    La question de la technicité ou de la difficulté de composition ou d’interpretation ne penche pas forcément obligatoirement du coté de la musique savante. Est-il plus facile de composer un mégatube planétaire qu’une obscure oeuvre de musique concrète que personne (ou presque) n’aura la capacité de pouvoir réellement juger. Créer des mélodies simples mais efficasses est loin d’être aussi facile qu’il n’y parait et nécéssite un certain talent (ou une bonne intuition), donner une ambition artistique ou une image ‘arty » à une création obscure n’est pas forcément plus difficile.

    « Les sous-genres, et même le rock progressif, ne s’éloignent qu’en apparence des chansons populaires de nos ancêtres. L’originalité de Kraftwerk, franchement, n’est que dans l’image que ces braves Allemands se donnent et dans le crédit que le public et la presse leur prêtent. »

    Tout à fait d’accord en ce qui concerne Kraftwerk, dont la musique est essentiellement de la chanson couplet/refrain. Ce n’est pas du tout le cas par contre de Tangerine Dream ou Klaus shulze dont les oeuvres présentent un structure musicale qui a plus à voir avec la musique traditionnelle indienne que de la musique populaire occidentale. Est-ce à dire pour autant que TD c’est forcément mieux ou plus qualitatif que Kraftwerk? Quand Klaus Shulze compose sur Timewind un unique morceau d’une demi-heure sans couplets, ni refrains, ni mélodies, en restant sur le même accord plusieurs minutes de suite… Celà n’a rien à voir avec la musique populaire occidentale, mais est-ce pour autant d’une plus grande qualité que la musique de ses compatriotes de Kraftwerk? La question de la qualité est compliquée: le cassoulet fait par une grand-mère campagnarde sans aucune formation gastronomique est-il de toujours de qualité inférieure au dernier plat que nous concocte un grand chef surdimplomé? C’est un peu pareil pour la musique (ou la création artistique en général d’ailleurs)

     » Même chose pour tant de groupes dits mythiques, ou cultes. Leurs oeuvres restent, et c’est la grande beauté de l’affaire, simples comme des rengaines de paysan. »

    Oui, si on pense que l’oeuvre se limite à la ligne mélodique, effectivement les chansons des groupes « cultes » sont similaire à des « rengaines de paysans » dans leur structures. On peut quand même difficilement oublier que la ligne mélodique de la chanson n’est qu’un des nombreux aspects d’une musique; l’inventivité des arrangements, la nouveauté ou la pertinence des sonorités développées, le génie du jeu, l’exécution des solos, etc. Dans le rock ce sont des qualités souvent bien plus importantes que la seule mélodie, et que l’on peu difficilement isoler une mélodie des ses arrangements. En classique si on isole la mélodie principale d’un thème et on la juge seule ça peut aussi souvent être aussi simple qu’une rengaine de paysans. La mélodie de « lettre à Elise » ou du thème du printemps des 4 saisons de Vivaldi pourraient passer pour du Clayderman si elle étaient isolées de leur contexte et de leurs arrangements.

     » Maintenant, oui, il y a des oeuvres qui sont entre les deux, des chanteurs qui quittent la chanson et font des choses plus inclassables, etc. Dans mon billet, je ne parlais pas de ces quelques artistes qui explorent différents territoires, et qui ne font pas de variété.  »

    Oui, je trouve personnellement ces artistes les plus interessants, car ils montrent qu’il est tout à fait possible de faire à la fois de la « variété » (ou de la musique dite « populaire » et de l’intégrer dans quelquechose de plus large (finalement c’est souvent le cas en musique classique ou quelques thèmes d’inspiration populaire peuvent émerger d’une symphonie).
    Les Pink Floyd par exemple, venant du monde du rock, ont cherché à faire évoluer leur rock en y intégrant une estétique expérimentale ou en développant les plages intrumentales en dehors du format chanson. A l’inverse, Jarre, qui venait du monde du concervatoire et de la musique concrète, a toujours cherché à mettre en avant quelques morceaux totalement « pop » (parfois jusqu’à la caricature) qui émergent au milieu d’oeuvres de structure plus proche du classique, de la musique de film ou de l’avant garde electro-acoustique que de la pop.

    « Je parlais de la hiérarchie que les fans de variété mettent dans la musique populaire, et qui se prennent au sérieux au point de voir un monde entre Claude François et les Rolling Stones. »

    Je suis tout à fait d’accord pour dire qu’il n’y a aucune différence de « qualité » entre les Rolling Stones et Claude François, et que toutes deux font également partie du monde de la musique « populaire ». Ces deux artistes ont eut une production qui avaient chacune ses qualités et défauts, et qui rentraient toutes les deux le même type de structure musicale. La différence est qu’ils s’adressent a des publics différents et donc on développé un esthétique musicale et scénique différente.

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  10. Fabrice, tu perds ton temps, il est incurable et totalement fermé à toutes les idées que tu énonces, et qui sont pourtant de bon sens. C’est le point aveugle du sage précaire, et l’on serait assez tenté d’y suspecter des enjeux extra musicaux dont il n’a peut-être même pas conscience. Peut-être, par exemple, qu’on s’est moqué de sa manière de danser à l’école et qu’il en conçoit encore aujourd’hui une colère qui retombe sur l’ensemble de la musique qu’il appelle « populaire » (dans le fond, il pense « de merde » plus que « populaire », mais il ne ne veut pas attaquer l’ennemie de front).

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  11. Bizarre, depuis trois-quatre mois, mes commentaires pourtant quotidiens n’apparaissent plus. J’ai vu une fois Ben s’étonner de mon retour, et pourtant je ne suis jamais parti, c’est que juste que je suis devenu invisible.

    Au secours !

    Mart

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  12. Un commentaire de Mart a été posté mais n’apparaît pas : je le colle ci-dessous.

    « Fabrice, tu perds ton temps, il est incurable et totalement fermé à toutes les idées que tu énonces, et qui sont pourtant de bon sens. C’est le point aveugle du sage précaire, et l’on serait assez tenté d’y suspecter des enjeux extra musicaux dont il n’a peut-être même pas conscience. Peut-être, par exemple, qu’on s’est moqué de sa manière de danser à l’école et qu’il en conçoit encore aujourd’hui une colère qui retombe sur l’ensemble de la musique qu’il appelle « populaire » (dans le fond, il pense « de merde » plus que « populaire », mais il ne ne veut pas attaquer l’ennemie de front). » Signé : Mart.

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  13. Fabrice, nous sommes donc à peu près d’accord, il me semble. Du moment qu’on s’entend sur l’idée qu’il n’y a pas de distinction de nature à faire entre les Stones et la variété française, je pense que le plus dur est fait. Car comme je le dis dans le billet ci-dessus (et contrairement à ce que répète Mart), ce n’est pas la musique qui me pose problème, mais les opinions qui circulent à son propos. Moi, j’ai toujours dit que j’aimais et pratiquais la variété avec plaisir.
    Les propos problématiques sont -entre autres – de l’ordre de la hiérarchie : les illettrés que nous sommes ont tendance à refuser une hiérarchie entre musique populaire et musique savante, et à en instaurer à l’intérieur de la variété elle-même. Nous disons que les Pink Floyd sont l’égal de Mozart, mais nous jugeons Michel Sardou indigne d’une discothèque de vrai connaisseur.

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  14. « C’est la beauté de la chanson populaire d’être anonyme, simple et répétitive. Une chanson, même celles des groupes de post-punk, c’est avant tout une petite ritournelle qui tourne en rond, qui se répète en boucle. »

    En parlant de groupe post-punk et de caractère anonyme de la chanson populaire, je ne peux que vous envoyer le lien de celle-ci:

    (Jane Doe de Converge)

    Une ritournelle difficile à s’approprier lors d’une première écoute mais qui finit pour tourner et tourner et tourner encore une fois que l’on y est accoutumée.

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  15. Oui merci Anonyme de poser ce lien, et du commentaire qui va avec. C’est une très bonne illustration de ce que je voulais dire sur la chanson populaire. Ce groupe de rock déchire sa race, et pourtant c’est vrai, il produit une ritournelle très proche des berceuses. C’est une berceuse pour Gothiques destroy, peut-être.

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