Petits libraires et grosses baleines

« Pour Amazon, écrit un commentateur, le livre est une canette de soda, un moyen comme un autre de faire du business ».

Et pour les autres libraires, est-ce vraiment différent ? Je note que les libraires sont des gens formidables mais qu’ils sont malheureusement parfois un peu arrogants avec les livres et les auteurs sans prestige. Je me suis vu rejeté plusieurs fois par de petits libraires, alors que les gros (Fnac, Decitre, Sauramps, Amazon) ne faisaient pas la fine bouche. Au final, c’est Amazon qui a le plus vendu mes livres.

Paradoxalement, ce sont les très grosses structures qui sont les meilleures alliées des tout petits poissons comme moi.

12 commentaires sur “Petits libraires et grosses baleines

  1. Hello,
    Bon, j’avoue, c’est moi qui ai écris cette phrase… 😉
    Ça me vaut l’honneur d’une introduction de billet chez le Sage Précaire et c’est plutôt un honneur à mes yeux !!
    Cette phrase décrit assez bien mon point de vue (que je ne voudrais en aucun cas imposer).
    De ma vision de lecteur, c’est ce que je ressens chez Amazon. Il est vrai que je ne suis plus très objectif sur ce sujet car je boycotte ce vendeur depuis plusieurs années après y avoir été un client régulier.
    Mais j’ai lu tellement d’articles sur leur stratégie commerciale que je préfère chercher des alternatives. Baisser les prix pour noyer les concurrents et avoir ensuite le monopole pour remonter les prix, exploiter une main-d’oeuvre sans aucune éthique du code du travail, faire des montages financier crapuleux pour éviter de payer certaines taxes, etc. Sans compter le discours de Jeff Bezos qui est parlant.
    Bref, je me dis que lorsque j’achète un livre autant faire l’effort d’aller chez un libraire, ça l’aide, ça me permet d’aller dans un lieu souvent apaisant et agréable, ça fait déconnecter des écrans un instant.
    Il y a en effet des libraires qui n’apportent pas de valeur ajoutée humaine à leur métier : ils sont froids, peu bavards et rendent leur commerce élitiste.
    Au contraire, certaines librairies sont accueillantes, chaleureuses, ouvertes à tous (je pense à Dialogues à Brest où des fauteuils sont présents pour inciter les gens à consulter les livres et rester des heures lire sans que personne ne les regarde du coin de l’oeil). Sans compter les rencontres littéraires ou autres cafés qui deviennent la force de frappe des librairies face aux vendeurs en ligne.
    Bref, pour toutes ces raisons (désolé, ma démonstration n’est pas très structurée), je me tourne plutôt vers les librairies (celles que j’aime bien sûr).
    Du point de vue de l’écrivain, comme c’est votre cas Guillaume, je ne me permettrais pas d’avoir un avis tranché car je ne connais pas suffisamment les différentes alternatives. Je sais simplement que se faire réellement éditer chez un éditeur « classique » est monstrueusement difficile. Et dans ces cas-là, il ne faut peut-être pas trop se poser de question et commencer via Amazon. Pourquoi pas ? Écrivant moi-même des chroniques littéraires, l’édition en ligne m’a permis de développer ce loisir. Et elle le fait mieux que tout autre support à ce jour !
    Voilà, voilà… Encore un sujet profond qui est assez complexe à analyser et à aborder de façon objective 😉

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    1. C’est un honneur à vos yeux ? Je vais le faire plus souvent, alors, car les commentaires m’inspirent souvent.
      Ce pour quoi je milite, concernant le marché du livre, c’est la diversité des supports et la diversité des canaux. En effet, je suis pour des libraires créatifs, intéressants, investis dans leur job. Quand ils sont comme ça, qu’ils sont à l’écoute des gens du quartier et des auteurs locaux, ils créent des liens et leur affaire survit. Trop souvent, ils peinent à survivre car ils se bornent à commander des livres et à les mettre en vente. Quand ils ferment, ils clament : « Amazon m’a tuer ». C’est trop facile.
      Le paradoxe que je voulais pointer, plus précisément, c’est que les petits auteurs comme moi ne trouvent pas de réconfort chez les petits éditeurs ni les petits libraires, ni les petits médias, mais chez les grands. Et qu’au fond, on n’est pas mécontent que des libraires prennent le livre comme une marchandise à vendre. A titre personnel, je n’ai rien contre le fait que des marchands prennent le relais et fassent du business avec mon livre dans le vaste monde.

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      1. Oui c’est un honneur d’être repris sur un blog que l’on lit régulièrement et dont on apprécie le contenu…
        Je suis d’accord sur certains libraires qui manquent effectivement d’initiative. Avec peu de moyens, une librairie peut se transformer un lieu de vie. Il y a eu récemment un numéro du Téléphone Sonne sur France Inter consacré aux librairies indépendantes (le patron de Dialogues y était d’ailleurs invité). Une libraire abondait dans ce sens : une librairie doit être un lieu où la vie existe, où les enfants peuvent s’exprimer, où chacun doit être accueilli quelque soit son niveau, ses goûts littéraires, où l’on peut parler, rire, échanger.
        Mais je suis d’accord, ce genre de librairie n’est tout de même pas simple à trouver 😉

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  2. A Lausanne, il y a une librairie assez charmante, c’est à dire pleine de livres partout, pas trop bien ordonnée, où le libraire invite par une pancarte posée dans la rue : ici, les prix sont plus bas que chez Amazon. Rien que pour voir, on grimpe à l’étage. Il y a son vélo sur le palier, et à l’intérieur, plein de beaux livres. J’ai ainsi acheté un livre sur Cueco, et un autre sur Marinette Cueco l’été dernier.

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  3. Bonjour,

    Je suis une gentille libraire qui ne méprise pas les petits poissons.
    L’un de mes clients me soutient que votre livre Lettres du Brésil existe en version papier. Je n’en trouve trace nulle part. Pourriez-vous m’éclairer s’il vous plaît ?

    Bien à vous,

    Rosalie

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