Récit de voyage balsamique

Chemin des glaces

Si j’ai qualifié mon récit épistolaire de « balsamique », c’est parce que je m’intéresse à cette question du baume depuis longtemps.

Je me demande si l’on peut identifier une catégorie de récit de voyage qu’on pourrait appeler thérapeutique, ou cathartique, ou balsamique. Des voyages qu’on ferait pour guérir quelqu’un ou pour le soulager. Je ne parle pas de ces exploits que l’on fait pour lever des fonds dans un but caritatif, mais d’un voyage magique, que l’on raconte à un tiers pour qu’il aille mieux.

On connaît bien sûr les histoires qu’on raconte aux enfants pour les calmer et les endormir. Mais il y a aussi ces livres qui se présentent explicitement comme thérapeutiques.

Sur le chemin des glaces, de Werner Herzog. Dans les années 1970, le cinéaste part de Munich et marche jusqu’à Paris, où il va retrouver une amie gravement malade. « Je me mis en route pour Paris par le plus court chemin, écrit-il, avec la certitude qu’elle vivrait si j’allais à elle à pied. » Traduction française d’Anne Dutter.

Magie de la marche, magie des mots.

Le Marin à l’ancre, de Bernard Giraudeau. L’acteur publie en 2001 des lettres à un ami handicapé, il voyage à sa place, et quasiment à sa demande. « Il a voyagé pour lui », dit la présentation de l’éditeur.

La posture de Giraudeau me plaît peu, car il renoue avec la figure du héros qui voyage à notre place, comme si on avait besoin d’une caste d’élite qui nous fasse courir des aventures par procuration.

Mais enfin, le fait est là. Si trois individus aussi éloignés que Werner Herzog, Bernard Giraudeau et le sage précaire ont eu la même idée, c’est que c’est une idée universelle, que tout le monde l’a eue ou pourrait l’avoir.

5 commentaires sur “Récit de voyage balsamique

    1. Ma chère Nénette, tu confonds Wim Wenders et Werner Herzog. Herzog, ce n’est pas Les Ailes du désir, c’est Aguirre ou la colère de Dieu.
      C’est quoi cette histoire de marmots ? Tu fais des séances de contes ?

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  1. Récit d’un voyage à pied à travers la Russie (Ginkgo mars 2003)

    de John Dundas Cochrane
    ————————–

    Cochrane débarque à Dieppe en février 1820, avec l’espoir de traverser à pied l’Europe, l’Asie et l’Amérique. Des circonstances imprévues lui feront rebrousser chemin, quelque part dans la péninsule du Kamtchatka. Il regagne Londres en 1823. Certes, sa fantastique errance lui a coûté quatre paires de chaussures, mais il rentre au pays porteur d’une montagne de pages de son Journal de Voyage, et accompagné d’une jeune et charmante épouse kamtchadale.

    (…)

    Il triomphe d’obstacles qui semblaient infranchissables : terres enneigées, fleuves qui grondent, populations malveillantes. Lorsqu’il aborde, un peu affaibli, au port de Petropavlovsk, il est heureux d’y trouver plusieurs bons compagnons, marins comme lui (…)

    Au total, cet ouvrage est de ceux qui réconfortent le lecteur. Il est plaisant de s’identifier à ce modeste promeneur, qui suit sa route, sans rien exiger, sans rien refuser, et qui trouve, au soir venu, la force d’écrire ce qu’il a vu, jour après jour. C’est ce qui a conduit John Keay à faire figurer Cochrane au rang des voyageurs extraordinaires.

    http://lutecium.org/stp/cochonfucius/john-dundas-cochrane.html

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  2. Bien sûr, suis-je distraite ! Herzog, c’est celui qui conduit une armée, le duc, en français. Je vais chercher son livre. Oui, je conte, et j’ai un peu de trac. Mais je prends mon doudou, pic pic le hérisson.

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