Mes tomettes anciennes

Les anciennes tomettes de ma maison, sous la pluie, hiver 2022.

Mon épouse les appelle les « pommettes ». Je trouve cela tellement adorable que je ne la corrige pas.

Quand on a acheté l’appartement, il était dans son jus des années 1950, avec des sols qui, pour certains, dataient de la construction de la maison, il y a un gros siècle. Les tomettes du salon étaient de ceux-là, sur un sol loin d’être plat.

Les tomettes sont artisanales, évidemment, on ne peut en douter quand on voit leur manque de régularité. Elles sont signées dans une cartouche circulaire : « J.B. Saunier, Orange, Vaucluse ».

Le fabricant de tomettes porte le même nom qu’un célèbre ébéniste du XVIIe siècle, dommage que je n’aie pas hérité de quelques meubles de ce dernier, ils valent des millions d’euros.

Une rapide recherche sur mon fabricant de tomettes, habitant dans le Vaucluse, me conduit sur une étude de fouille archéologique menée sur un site d’Orange. Une annexe de cette étude parle des terres cuites contemporaines trouvées sur le site et voici ce que je lis :

La fabrique de l’Arène, créée en 1846 et l’une des plus importantes de la ville utilise l’argile du quartier Mourre-Rouge, produit des tomettes et des carreaux mosaïques. Inondée et partiellement détruite par la crue de novembre 1853, elle est rachetée l’année suivante par le marseillais Jean-Baptiste Saunier, né en 1817. La fabrique cesse son activité en 1906

Anais Roumégou (dir.), Oange Avenue des Thermes, Rapport final d’opération, 2013, p. 124.

Mes tomettes datent donc du XIXe siècle, voire du tout début du XXe siècle. Cela permet peut-être de dater la construction de ma maison, pour le coup. Quand je dis qu’elle a un gros siècle, je ne crois pas si bien dire, elle en a un très gros dans les jambes, et vient probablement du XIXe siècle.

5 commentaires sur “Mes tomettes anciennes

  1. Les avez-vous retirées ? C’est tellement beau un sol en tomettes ! Nous, on n’arrête pas d’en faire : dans l’atelier, dans les couloirs et petits passages extérieurs. C’est une vraie richesse et pas seulement un indice historique. Didier Charles en est devenu un expert !

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    1. Oui c’est depuis toujours mon sol préféré. Je le préfère même aux beaux parquets en bois. Nous en avons sauvé quelques centaines avant de tout porter à la déchèterie. Nous ne savions pas à cette époque que ces tomettes étaient aussi anciennes et personne ne nous avait conseillé de les garder, pour les vendre le cas échéant. D’ailleurs je ne sais pas s’il y a des acheteurs.

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  2. J’en ai vu de très jolies à Murat dans le Cantal, dans la vitrine d’un antiquaire/brocanteur. Certainement assez anciennes, comme dans les régions reculées. Nous les aimons aussi beaucoup et il y en a d’artisanales chez nous. L’entretien est délicat, mais ce n’est pas moi qui m’en charge, j’ai un mari adorable !

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