Apprendre à mourir

Albert Camus restera dans l’histoire comme celui qui a commencé un essai de philosophie par ces mots (je cite de mémoire) : « Le suicide est le problème philosophique le plus important de notre époque. » 

On apprend sur le site de rue89 que l’Etat de l’Oregon autorise le suicide assisté, tandis que la justice française continue d’interdire à Mme Sébire le droit de mourir.

Pourquoi ne pas laisser les gens – ceux qui sont en phase terminale comme les autres – mourir quand ils le souhaitent ? Parce qu’au fond, on a peur que le tout venant se suicide en masse. On a si peu confiance dans l’humanité qu’on imagine les populations fragiles, si fragiles qu’on préfère leur retirer toute possibilité légale de mourir.

On a une peur bleue de la fameuse « porte ouverte à n’importe quoi » que l’on préfère tenir close. C’est une erreur, car les gens sont accrochés à la vie, bien plus qu’on ne le croit. Mais pourquoi nos dirigeants croient-ils le contraire, c’est ce qui m’étonne le plus, dans cette affaire.

On a rarement été aussi loin des leçons de stoïcisme que notre Montaigne a tenté de nous inculquer : « Que philosopher c’est apprendre à mourir ». Aujourd’hui, le pouvoir veut voir la médecine comme résolue à garder en vie toute humanité qui respire. 

On veut nous faire considérer la mort comme un scandale.

La courbe du temps de travail

Quand on est précaire, on a beau être un peu sage, on reste assez pessimiste sur l’avenir du monde.

Quand on vit en Chine, et qu’on entend que le XXIe siècle sera Chinois, après un XXe siècle américain et un XIXe européen, on a beau aimer la Chine, on est encore plus pessimiste.

Car si cette prédiction se révèle correcte, ce ne sont pas les Chinois qui vont évoluer vers une conscience du droit, une démocratisation des institutions et une société au niveau de vie confortable. C’est le reste du monde qui va devenir ce que la Chine est aujourd’hui : un grand ensemble totalitaire, où les gens espèrent des jours meilleurs, où l’ascenseur social est très vite bloqué, où d’immenses populations sont condamnées à la misère et à l’oppression, où des révoltes éclatent incessamment, mais de manière inorganisée, dans des endroits lointains, par des groupes isolés qui ne sont jamais portés par le vent de l’histoire.

La concurrence va s’intensifier au point que les peuples devront travailler de plus en plus. A cet égard, nous vivons un formidable tournant historique : le temps de travail n’a pas cessé de se réduire depuis que nous vivons dans une société industrielle. En 1913, un Français travaillait 2588 heures par an. En 1950, un autre Français en faisait 1926 (parce que le premier Français était sans doute mort dans l’une des deux guerres mondiales, ou alors de chagrin, ou alors il est parti au soleil, dans les colonies, et il s’est fait trucider là-bas.) En 1990, la durée du temps de travail était à 1539 heures par an, et, en France uniquement, en France pour la seule fois de l’histoire du monde moderne, on en est arrivé à travailler 1355 heures par an à partir de 2001. C’est nous qui sommes allés le plus loin dans ce mouvement historique, et cela restera dans les livres d’école.

Seulement, nous assistons à une inflexion de cette courbe historique. La durée du temps de travail réaugmente et elle ne va plus s’arrêter de longtemps. Passer de 35 à 40 heures par semaine, ce n’est pas violent. Passer d’une retraite à 60 ans à une retraite à 65 ans, on s’y fera. Mais cela continuera, je le crains, car la concurrence ne deviendra pas plus douce, et les actionnaires ne voudront pas moins de dividendes.

Eric Le Boucher, dans sa Chronique au monde du 15 mars, est optimiste, si l’on peut dire. Après les cataclysmes de la situation dans laquelles nous entrons, il prévoit une économie nouvelle basée sur « une croissance multipolaire, une recherche-développement énergétique et agricole, une finance plus sage ». Ce sera lorsque l’on sortira du siècle de la Chine et qu’on entrera dans un autre.

Chronophage

On me dit par exemple que faire un blog, cela prend beaucoup de temps et qu’on n’a pas que ça à faire. L’expression qui vient à ce moment-là est chronophage. « Mais vous comprenez, faire un blog, c’est quand même très chronophage! »

Mais chronophage par rapport à quoi ? Qu’est-ce qu’il est plus urgent de faire, dans nos vies, que d’écrire, quelques heures par semaine ou par mois, sur des choses qui nous arrivent ou qui arrivent à d’autres ?

Au moment de sortir voir des copains, de se préparer pour un rendez-vous galant, de lire un roman ou de regarder un match de football, se dit-on, ah non, il faut que je m’arrête, ces activités sont bien trop chronophages ? 

Avec le recul, je suis très étonné qu’on puisse prendre l’écriture de billets de blogs comme une perte de temps. Pour moi, c’est, non pas vraiment un « gain » de temps, mais une toute petite victoire sur le temps qui passe. Je soutire à ma décrépitude des miettes d’immobilité, de suspension. Je ne peux pas me l’expliquer, mais je sens qu’écrire est un jeu avec le temps qui fuit, une manière d’agriper le moment présent pour en… soutirer quelque chose, il ne me vient pas d’autre verbe que soutirer. Et il ne me vient pas d’autre mot que « quelque chose » non plus.

Stendhal, plus qu’un autre, jouait avec ce temps, avalé par les activités chronophages. Ses accélérations et ses freinages sont à cet égard illuminant. Voyez comme le temps s’arrête dans la rencontre entre Julien et Mme de Rênal, et au contraire, comme la narration s’accélère chaque que le narrateur dit je. Stendhal disait qu’utiliser je, « c’est le meilleur moyen de raconter vite. » Je trouve extraordinaire cette expression. Pourquoi vouloir raconter vite ? Parce qu’on n’a pas toujours que ça à faire ? Qu’il y a des voyages à faire, des matches à regarder, des choses à lire ?

Entre le dévoreur de vie, morfal insatiable, et le sage précaire, roublard et corrompu, une lutte inégale s’instaure dont on connaît l’issue mais sur le chemin, créer quelques morceaux d’illusion où le temps rallentit, cela permet de ne pas démériter de soi-même.

C’est ce que je me dis, mais il est 7h30, il faut que je parte au boulot.

La chute de Sarkozy

Je ne me réjouis pas de la chute de Sarkozy dans les sondages. D’abord parce qu’elle est logique et attendue. Nous le savions, avant les élections, que cet homme n’était pas digne de confiance. J’y vais un peu fort ; ce n’est pas qu’il est indigne de confiance, car ce n’est pas un parrain non plus, ni quelqu’un de malhonnête (et c’est déjà beau d’avoir un président qui est à peu près honnête), mais nous savions qu’il brassait de l’air, qu’il était inefficace, qu’il était agité, qu’il ne maîtrisait pas ses nerfs, qu’il voulait manipuler les médias, qu’il cherchait la célébrité, qu’il était inculte, qu’il était sinon raciste du moins flou sur les questions du nationalisme et de la nationalité. Nous savions qu’il ne ferait pas un bon président, et donc, il chute dans les sondages.

Je me réjouis d’autant moins que je lui souhaite de réussir à « moderniser la France », si cela veut dire quelque chose. Mais il n’y parviendra pas si personne ne croit en lui. Et comment croire en lui quand sa mesure phare, au moment de sa popularité délirante, fut d’endetter la France de 15 milliards d’euros par an pour rien, sans que cette dépense puisse être considérée comme un investissement dans la recherche, ou dans l’éducation, ou dans la consommation, ou dans la production, ou dans la productivité, ou dans la culture ?

Je ne me réjouis pas car qui dit chute, dit remontée. Une cote de popularité, c’est fait pour baisser et pour monter. Il suffit d’être patient, et, quand on est en place pour cinq ans, il n’y a pas lieu de s’énerver, le temps joue pour soi. Quand il aura raclé les fonds d’assiettes et qu’il se sera fait plus discret, les Français le trouveront moins fatigant, ils auront quelqu’un d’autre dans le collimateur et le plébisciteront à nouveau.

Quand il faudra gagner une élection présidentielle, on pourra compter sur Sarkozy pour trouver de nouvelles couleurs et inventer une campagne qui nous mystifie encore une fois.

Egotisme

Quand j’invite les gens à faire des blogs, ils me répondent souvent qu’ils ne veulent pas parler d’eux-mêmes, que cela manque de pudeur, qu’ils ne sont pas assez prétentieux pour cela. Souvent sont cachés deux sentiments derrière ce discours : premièrement il est dégradant d’écrire un blog et de dilapider son génie de cette facon un peu vulgaire ; deuxièmement il est dangereux d’écrire sur soi, dangereux que les gens vous saisissent et comprennent qui vous êtes réellement.

Le blog enseigne le contraire a ceux qui les écrivent. Dire qui l’on est, révéler des choses que l’on voudrait tenir secrètes n’est en fait pas dangereux du tout, car n’étant pas grand chose nous-mêmes, nos secrets ne pèsent pas bien lourd en réalité. Nous n’avons rien à cacher qui soit si important, car lorsque c’est révélé, rien n’a changé dans nos vies, rien n’a changé dans le regard des gens.

Au contraire, tout dire, sans retenue mais avec talent (si possible), avec manière, avec rapidité et avec classe, tout dire est un bon moyen d’échapper aux étiquettes que la puissance sociale aime poser sur les gens.

Stendhal disait tout, il en disait tellement que personne ne le comprend vraiment, personne ne le saisit. Ses romans nous intriguent, sa personnalité tantôt nous agace, tantôt nous illumine. « J’étais amoureux de ma mère, dit-il sans honte dans La vie d’Henri Brûlard. Je voulais couvrir ma mère de baisers et qu’il n’y eût pas de vêtements. Elle m’aimait à la passion et m’embrassait souvent, je lui rendais ses baisers avec un tel feu qu’elle était souvent obligée de s’en aller. J’abhorrais mon père quand il venait interrompre nos baisers… » Stendhal aurait été passionné par la psychanalyse, s’il avait vécu jusqu’au XXe siècle, mais il ne se serait pas laissé enfermer dedans. Il aurait trouvé des parades pour être lui-meme, avec ses masques et ses pseudonymes, au point qu’en révélant tout, il aurait débordé et pris de vitesse les analystes.

« Le paradoxe de l’égotisme, écrit Gérard Genette, est à peu près celui-ci : parler de soi, de la manière la plus indiscrète, la plus impudique, peut être le meilleur moyen de se dérober. »

Les fils narratifs de « La précarité du sage» : la lettre d’un éditeur

Quand on écrit des manuscrits qui sont invariablement refusés par les éditeurs, on devient un as du refus. On apprend à lire des signes même là où il n’y en a pas nécessairement. Un refus ne ressemble pas à un autre refus. Il y a des gradations, des nuances. Il y a des refus qui fonctionnent comme des victoires, relativement à d’autres refus. Il y a une échelle des refus.

Le pire est celui où l’éditeur n’accuse même pas réception et ne vous donne aucune nouvelle, jamais. Moins pire mais pas vraiment consolant, la lettre ou le mail anonyme qui ne dit rien du contenu de votre texte.

Mais parfois, on se fend d’une lettre qui cherche à se justifier, et cela fait plaisir. Parfois, l’éditeur lui-même, le grand patron, prend la plume et vient vous gratifier de quelques mots. L’écrivain raté prend cela pour une reconnaissance de son travail, un quasi succès.

Voici ce que j’ai reçu, un jour, de la part d’un éditeur qui est à mes yeux l’un des plus prestigieux de France.
Monsieur,
Je vous remercie de nous avoir confié « La précarité du sage».
Excusez-moi, je vous prie, mes très longs délais de lecture.

C’est un très beau texte, calme et sage, en effet. On y apprend
beaucoup de choses sur la Chine, en douceur, paisiblement et
précisément.

Pourtant, je reste tout de même réservé. D’abord parce qu’il y a dans
votre regard un je ne sais quoi de gentiment ironique qui m’a gêné.
Ensuite, je ne suis pas tout à fait certain d’avoir vraiment ou
toujours ressenti les fils narratifs que vous évoquez dans votre
courrier d’accompagnement ni, surtout, la tension qui les tiendrait.

Avec mes regrets, et vous renouvelant mes excuses, je vous prie de
recevoir, Monsieur, l’assurance de mes sentiments les meilleurs.

XXXX XXXXXXXXXXX
 

P.S. Pouvez-vous s’il vous plaît nous indiquer, pour le retour de votre
manuscrit, si votre adresse de Shanghai est toujours valable. »

Moi, gentiment ironique ?

Excuses publiques mais en langue chinoise

Un collègue m’a parlé de l’événement des Galleries Lafayette avec beaucoup d’émotion. Deux touristes chinois ont été rejetés par les services d’ordre du grand magasin, au prétexte que leurs billets de 50 euros étaient faux. La police française les auraient emmenés au commisariat et aurait été très dure avec eux.

On aurait alors appelé un personnage de la banque de France qui, ayant dûment analysé les billets, aurait affirmé que les billets étaient vrais. Les Galleries Lafayette auraient présenté leurs excuses en mandarin devant des journalistes chinois.

Je regarde lemonde.fr et ne voit aucune information sur cet événement singulier. C’est pourtant intéressant, cette communication des magasins en langues étrangères et uniquement tournés vers un seul pays.

Ce grand magasin est un must pour les Chinois, on dit que ses vendeurs parlent mandarin, car le chiffre d’affaire se ressent de cette attraction asiatique. Alors pourquoi tant de violence sur deux malheureux touristes ?

L’événement est très couvert en Chine, on s’insurge contre la police française que l’on taxe de raciste et d’anti-chinoise. L’histoire ne dit pas si des journalistes l’ont comparée avec la police chinoise pour en évaluer les mérites respectifs.

La révolution bibliothécaire, Gabriel Naudé

La bibliothèque est une des inventions les plus révolutionnaires qui soit. Je ne cesse de m’émerveiller qu’elles existent, qu’on ait le droit et les moyens d’y aller, de lire, et même d’emprunter ! Quelle civilisation que celle qui met à dispoisition des gens, de tous les gens, des livres et des encyclopédies !

Un livre du philosophe et historien Robert Damien permet de se faire un idée puissante de l’importance politique et stratégique de l’émergence de la bibliothéconomie : Bibliothèque et Etat. Naissance d’une raison politique dans la France du XVIIe siècle (P.U.F., 1995). On y suit le destin, l’oeuvre et la pensée du premier grand bibliothécaire français, Gabriel Naudé (1600-1653). Après avoir vécu comme intellectuel précaire pour plusieurs mécènes, il a publié un livre qui a provoqué une révolution dont personne n’a conscience : Advis pour dresser une bibliothèque, publié à Paris en 1627. Un petit livre de conseil (destiné au départ à rester dans la confidence du président de Mesme) qui fit sortir l’art de la bibliothèque sur la place publique. Ce qui était l’apanage des puissants, et une marque de prestige pour des pseudos lettrés influents, devint objet de débats, de discussion, de partage.

Par ce geste, il créa un nouveau métier, c’est ce qui me plaît infiniment. D’obscur employé en attente d’un généreux donateur, il devenait spécialiste et pouvait monneyer ses services et ses compétences sur le marché de l’emploi. « Le professionnel d’une telle bibliothèque n’attend qu’un donneur d’ordres. Il n’attend plus rien de l’ordre du don. » (Damien p.47) Mais ce « coup d’éclat » allait mettre la bibliothèque sur l’orbite d’une exigence d’universalité. Et qui d’autre que l’Etat peut établir une bibliothèque de cet ordre ? Ainsi, l’Etat en profite pour maîtriser les contours du savoir universel, en étant décisionnaire sur les livres à intégrer dans la bibliothèque. Gabriel Naudé théorise donc la fonction du bibliographe dont l’art et la science est de voyager, de participer aux débats intellectuels de son époque, et de choisir avec soin les livres qui comptent. Naudé devenait un « nouveau mentor » (p.63). Un nouveau métier pointe alors à l’horizon, celui de conseiller du prince.

Bien sûr, ce rôle existe chez les philosophes depuis que la philosophe existe, mais chez Platon, chez Aristote, et même chez Machiavel, ce n’était jamais un métier, au sens d’une pratique rationnelle qui peut se transmettre et perdurer. C’est dans un second ouvrage que Naudé en fait la théorie, un ouvrage que la modernité démocratique a vite remisé dans les poubelles de l’histoire : Considérations politiques sur les coups d’Estat, publié à Rome, en 1639. Naudé montre que le seul homme digne d’être conseiller ne doit appartenir à aucune classe, et que personne mieux que le bibliothécaire est capable de comprendre tous les points de vue, et d’avoir une « disposition d’esprit toujours égale en soi, ferme, stable, héroïque, capable de tout voir, tout ouïr, et tout faire, sans se troubler, sans se perdre, s’étonner. » (Damien, p.268). Pour contrer par avance les critique qui ne manquaient pas de fuser contre un tel portrait d’homme libre et universel, Naudé lance cette audacieuse évidence : « Le cardinal de Richelieu a été tiré du fond de sa bibliothèque pour gouverner la France. » (p.272).

Bibliothèque et Etat. La bibliothèque est un instrument politique, qui peut servir les dictatures autant que les démocraties, d’où la nécessité, aujourd’hui encore, d’y réfléchir avec force et prudence, et d’en bien user. Le dernier chapitre du livre de Damien, « Homo bibliothecus, homo democraticus ? », montre la fortune des idées de Naudé dans le contexte de l’Encyclopédie et de la Révolution qui en appelleront à « un sujet politique, instruit et maître de ses décisions informées. » En un mot, un mot que Naudé n’utilisait pas parce que ce n’était pas l’époque : un citoyen.

De tout cela je tire provisoirement deux enseignements :

1-     Henri Guaino, le conseiller du président Sarkozy, serait-il capable de dresser correctement une bibliothèque ? (Je sais, ce n’est pas un enseignement, c’est une question).

2-     Les bibliothécaires doivent être des penseurs, des intellectuels, et certainement pas de discrets techniciens cachés derrière des classifications Dewey. En Chine, où je travaille, rien n’est plus important ni plus urgent que des bibliothécaires compétents. Pour faire la révolution.

Censure chinoise

Je n’ai plus accès à mon blog chinois, celui que je consacrais a ce qui, dans ma petite vie, rencontrait de près ou de loin l’expérience chinoise. Depuis qu’on m’a volé mon ordinateur, j’ai deux types d’accès à internet, le boulot et les cybercafés. Au boulot, je ne peux aller que sur ma boîte e-mails, et dans les cybercafés, le site anonymous.org est bloqué. Je ne peux donc même pas lire les commentaires qu’on y laisse. Si on en laisse…

C’est un des emmerdements que la censure chinoise n’hésite pas à infliger aux gens, qui se taisent par habitude. Qui se taisent aussi parce qu’on se dit toujours qu’il y a pire, comme emmerdement. 

La chance de ma vie

J’ai reçu un email de la plus grande importance pour la conduite future de ma vie : la possibilité de gagner des millions sans trop rien foutre. Une personne bien attentioné me propose cette collaboration sans risque.

« XXXXXX

Côte d’ivoire
Abidjan
Afrique occidentale

Bonjour ,

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J’ai à présent sept million cinq cents mille dollars américains ( $7,500,000) hérités de mon père défunt que je désire investir .je voudrais bien solliciter votre aide en recevant ces fonds sur votre compte ou un compte quelconque que tu ouvriras à cet effet dans votre pays.

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En attendant votre réponse immédiates

Que Dieu vous bénisse

Respectueusement

XXXXXXXXXX »

Alléchant, non ? Comment refuser une telle offre et comment tourner ma « réponse immédiate » ?