Les articles les plus lus de 2025

Sans surprise, c’est la page d’accueil qui réalise le meilleur score, suivi du billet le plus lu dans toutes les catégories, sur la maison d’éditions L’Harmattan. Année après année, ce petit témoignage ne perd pas de sa fraîcheur ni le sujet de sa teneur en passion personnelle : comment faire publier ce que l’on écrit.

Je ne sais pas pourquoi le sujet suivant, les écrivains voyageurs Sonia et Alexandre Poussin, attirent autant l’attention, mais je laisse cela entre les mains des algorithmes et des groupies de leur littérature commerciale.

On note l’étonnante percée d’un billet écrit en 2022, quand ChatGPT arrivait sur le marché, et où l’on voit qu’il faudra encore travailler un peu avant que l’IA nous remplace enfin.

Voyons maintenant la suite de la liste des billets les plus populaires de 2025. Y a-t-il des tendances détectables au sein du lectorat captif et capricieux de La Précarité du Sage ?

La suite du classement dessine en effet des constantes : la présence massive d’écrivains. Plus généralement, mon blog semble être attendu sur un nombre de sujets assez restreint : la littérature et la philosophie.

Voyons si cela se confirme dans la suite de la liste des billets les plus lus en 2025 :

Oui, cela se confirme.

Je peux passer un temps fou à écrire sur d’autres sujets depuis vingt ans, la Chine, l’Irlande, l’islam, l’amour, ma famille, mes voyages, mon terrain, ma précarité, rien de tout cela ne fait le poids face à mes petits essais littéraires.

Cela doit venir du fait que les rares survivants à venir baguenauder sur les blogs sont des lecteurs passionnés et des amoureux des livres.

Ceci n’est paradoxal qu’aux yeux de ceux qui n’ont jamais compris les blogs. Depuis le début, le blog est moins une mode pour technophiles narcissiques qu’un atelier artisanal pour les artistes, les penseurs, les chercheurs, les professeurs et les intellectuels.

Retour du papier chez les riches : un week-end à l’hôtel de luxe

Nous passons le week-end pascal dans un hôtel de luxe, une bulle de silence japonais dans la splendeur orientale. Ici, les riches lisent des livres en papier. C’est la nouvelle distinction sociale. Depuis que les outils numériques sont devenus les jouets de la populace, c’est le retour au livre qui fait figure de raffinement. Lire, voilà la nouvelle élégance discrète.

Pour le sage précaire, lire, ça a toujours été la vie normale, ordinaire, dans les usines comme sur les plages de sable blanc.

Je me réjouis de cette nouvelle mode : sans l’avoir prémédité, je me trouve dans le ton et dans les codes des gens privilégiés. Mes livres m’accompagnent partout, par coquetterie autant que par nécessité. Les rares clients qui scrollent sur leur téléphone se signalent par une forme de vulgarité.

Je m’en ouvre à Hajer en lui demandant si mon observation est déjà une banalité ou si elle fait partie de mes théories loufoques dont on se moque avant de les adopter. Mon épouse est plutôt d’accord avec moi mais elle émet une théorie à elle : ce n’est pas pour frimer que les riches lisent mais pour se sevrer des réseaux sociaux. Le livre est donc un signe brandi devant le peuple pour dire au monde : voyez, moi au moins, j’essaie de m’en sortir.

On se promène dans les jardins, entre deux baignades en mer ou en piscine. Moi, je mate les couvertures des bouquins. Le verdict est cruel : les lectures ne sont pas à la hauteur des lieux. Beaucoup de romances et des romans à enquêtes. Des couvertures brillantes, des titres évocateurs et vite oubliés. On dirait que le retour du papier n’a pas ramené avec lui l’exigence littéraire.

Le luxe, peut-être, est ailleurs. Dans le geste de tourner une page, dans le bruissement d’un signet qu’on replace soigneusement, dans le poids d’un volume qu’on glisse dans son sac plutôt que dans sa poche. Le contenu ? On repassera. Le chic, désormais, c’est l’objet-livre, pas forcément la pensée qu’il contient.