Yilmaz et ma vie de lycéen

Dans les rues d’Istanbul, je lis des noms qui me rappellent des copains de collège et de lycée.
Yilmaz, en particulier. C’était un bon copain pendant les années de lycée, période assez morose pour moi, au demeurant.
Avec Yilmaz (j’ai oublié son prénom, mais je suis nul en prénoms), nous formions un trio de grande classe. Un certain Samir Rached complétait le trio. C’est Yilmaz qui, au sortir d’un cours de géographie, avait repabtisé Samir « Pamir Rached ». Cela nous faisait beaucoup rire, preuve s’il en est de la morosité de cette période de ma vie.
Un Turc, un Arabe et un Français. Ou plutôt trois Français de trois origines variées. Cela ne m’était jamais venu à l’esprit que nous faisions du multiculturalisme. Dans la France profonde, c’est le genre de choses que l’on fait sans qu’on en sache rien, comme M. Jourdain de la prose.
Je ne sais pas ce qu’est devenu Yilmaz. Sa famille venait d’un village de Turquie dont il disait que c’était un petit paradis. Il était meilleur en mathématiques que moi, et j’étais meilleur que lui en lettres. Lui et Pamir Rached jouissaient d’un immense respect de la part des professeurs. Ces derniers les croyaient toujours capables d’atteindre des sommets. Cela faisait rigoler Pamir, car Pamir rgolait toujours ; et quand il ne rigolait pas, il souriait, et son sourire charmait les professeurs femmes.
J’y pense, je ne sais pas s’ils étaient français ou pas.
Yilmaz parlait de mathématiques avec poésie. Je serais bien resté en contact avec lui, ainsi qu’avec Pamir Rached, mais j’ai quitté tout ça, le lycée, les villages où je vivais, l’étouffement relatif et la platitude de ma vie. Et malheureusement, Yilmaz faisait partie de ce décor. Si cela se trouve, il y est encore.

6 commentaires sur “Yilmaz et ma vie de lycéen

  1. « Un Turc, un Arabe et un Français. Ou plutôt trois Français de trois origines variées. Cela ne m’était jamais venu à l’esprit que nous faisions du multiculturalisme ». Bravo pour cet apprentissage sur le terrain ! Et poursuivez votre route avec ce respect de l’autre, dans la tolérance vis-à-vis d’autres identités. Et laissez éclater le plus souvent votre rire : il donne un peu de bonheur à vos lecteurs.

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  2. Donc, maintenant que vous avez quitté le lycée, vous respirez mieux. Et comme prof, vous faites quoi pour laisser respirer vos étudiants ? A Berlin, j’avais plein de petits élèves turcs, on allait à la patinoire en plein air (climat continental), il y avait aussi les jours de fête et de déguisements. Des représentations de saynètes… Jolie évocation du paradis d’un petit. Bon voyage au grand Guillaume, et qu’il se repose des guerres…

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  3. Moi qui travaille dans un lycée français (le meme ou j’étais lycéen avec d’ailleurs les mêmes professeurs parfois d’il y’a quinze ans dont ceux que j’ai vénéré, ce qui est a double ytranchant car on voit aussi « l’autre coté du décor », ce qui casse un peu le reve parfois…) dans un petit bled de banlieue parisienne j’ai l’impression que « l’étouffement relatif » (j’aime bien cette expression…amusante en fin de compte) dont parle Guillaume est toujours un peu partout le même malgrés l’époque et les lieux, je ne sais ce qu’il faut en penser…c’est d’autant plus frappant aujourd’hui sous Sarko qu’a l’époque ou j’étais lycéen (sous Balladur et Mitterand).Les éléves sont stréssés, ne pensent qu’au bac, ralent tout le temps, se foutent du multiculturalisme meme si ils ont en bande visiblment d’origines diverses

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  4. en plus en ce moment, c’est le bac blanc…autant dire qu’ils sont…agités les élèves on va dire (pour ne pas dire chiantissime).Je n’ose même pas imaginer ce que ce ser a le jour du vrai bac…pfff

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  5. Je ne respire pas mieux uniquement parce que j’ai quitté le lycée. Je veux dire, je n’en veux à personne si j’étouffais, c’était le décor en général, la rurbanité des lieux et l’impossibilité de bouger. Si j’avais été en ville, les choses eussent peut-être été plus intéressantes, je ne sais pas. En tant que prof, quand j’en vois qui étouffent, malheureusement, je ne vois pas ce que je peux faire pour eux.
    On devrait les laisser partir, comme je rêvais de le faire à 15 ans, et revenir quelques années plus tard pour passer le bac. A 15 ans, Jean de Courcy est parti faire la guerre en Irlande, et à 16 ans, il était à la tête d’une armée qui allait prendre le nord de l’Irlande. A 20 ans, il était assez calme pour retourner sur les bancs de l’école.

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