Purcell à Belfast

 Quelle ne fut pas ma joie de voir une affiche, annonçant la représentation de Didon et Enée dans mon université. Comme je l'ai déjà dit ailleurs, Purcell l'avait composé à la fin du 17ème siècle pour une école de jeunes filles. C'est donc une oeuvre parfaitment adaptée à des étudiants.

Ceux-là, ces étudiants du département de musique, j'ai très envie de les féliciter et de citer leur nom, car ils m'offrirent une belle émotion esthétique. C'est assez rare pour le dire : d'ordinaire, les étudiants, je serais plutôt porté à les baffer. Ils avaient des voix d'une maturité qui m'a vraiment étonné. Curieusement, le seul passage mal chanté était celui qui m'a toujours paru le plus facile à chanter, au début de la partie de chasse (So fair the game / So rich the sport, etc.) qu'on peut entendre au début de la seconde vidéo. Le chef du choeur a dû décider de mettre cela à plus tard. Mais ce fut très vite rattrapé par la petite panique due à l'orage :

Haste, haste to town, this open field 
No shelter from the storm can yield.

"Vite, vite, au bourg! Ce champs ne présente aucun abri!" Vous pouvez entendre cette petite minute de joyeuse panique en plaçant le curseur sur 5:50 de la seconde vidéo.

J'ai aussi beaucoup aimé les sorcières, qui organisent le plan diabolique de l'orage ci-dessus. Curseur sur 3:15 de la première vidéo pour une grosse minute de musique contrapuntique très casse-gueule, car la voix basse peut faire tout foirer.

 But ere we this perform,
 We'll conjure for a storm
 To mar their hunting sport
 And drive 'em back to court.

"Voici ce que nous ferons / Nous créerons un orage / Pour gâcher leur partie de chasse / et les faire rentrer à la cour". Non seulement, les deux sorcières étaient jouées par deux filles très jolies, mais elles ont fait preuve d'une maîtrise vocale impressionnante.

Incontestablement, ces gamins m'ont ému. C'était la première fois que j'assistais à une représentation de mon opéra anglais préféré. Comme j'avais encore à terminer un chapitre, dans la soirée, je suis allé acheter des canettes de bière que j'ai ramenées au bureau des thésards, et que j'ai partagées avec les quelques chercheurs noctambules qui y traînaient. Je n'aurais jamais bu ces bières si je n'avais pas été ému par cette performance.

2 commentaires sur “Purcell à Belfast

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