Les femmes qui comprennent les hommes

Beaucoup de femmes se plaignent de ne pas être « comprises » par les hommes. Ce n’est pas réciproque, les hommes ne se plaignent pas beaucoup d’être incompris par les femmes. Pourtant, il est remarquable que si peu de femmes comprennent les hommes. Il semble que des femmes passent d’hommes en hommes sans rien apprendre à leur contact.

Juliette Récamier a su attirer les hommes à elle, ce qui est aisé, et elle a su se les rendre fidèles, empressés, sans rien leur donner de charnel en échange. Ce qui la distingue des autres, ce n’est pas son intelligence ou sa beauté, c’est sa compréhension intime de la mécanique des mâles. Elle savait comment leur parler, comment les regarder, comment leur écrire, comment les accueillir, comment se faire respecter d’eux, comment les stimuler et les émouvoir.

Dans une lettre écrite au peintre François Gérard, elle engueule ce dernier d’avoir accepté je ne sais quelle gravure provenant d’une de ses toiles : elle voulait être consultée et elle exige du peintre qu’il fasse en sorte que ce projet de gravure s’arrête toutes affaires cessantes. Elle parle alors avec autorité et hauteur, dans un style d’un classicisme admirable. Moi, à la place de François Gérard, je me serais dit : « Bon, je fais interdire toutes les reproductions de cette toile, je réponds à Juliette de manière courtoise et sèche pour lui annoncer que c’est fait, et j’arrête de fréquenter cette chieuse. Pour qui se prend-elle, de me parler sur ce ton ? Qui va rester dans l’histoire, flûte quoi, elle ou moi ? » 

Mais la fin de la lettre de Juliette montre sa connaissance des hommes. Elle change de ton, elle parle de l’hiver triste qu’elle s’apprête à traverser et dans une dernière fulgurance, elle lui lance : « Je sais que vous penserez à moi, et j’aimerais que vous me le disiez. » Je cite de mémoire, elle a peut-être écrit : « Je sais que penserez beaucoup à moi et je serais heureuse de vous l’entendre dire. »

Ce n’est pas très complexe, et cela prête même à rire, j’ai remarqué : après la douche froide, faire la confidence d’une faiblesse, et offrir à l’homme d’être utile pour adoucir sa douleur. Le lecteur trouvera cela nunuche, mais le coeur et l’amour sont nunuches, ils ne deviennent jamais adultes et raisonnables. A la place de François Gérard, je me serais radouci à la fin de la lettre, et j’aurais passé le reste de la journée à travailler, avec Juliette en tête.

27 commentaires sur “Les femmes qui comprennent les hommes

  1. Excuse-moi Guillaume de prendre une nouvelle fois le contre-pied de ton billet (mais pourquoi ne le ferais-je pas, et pourquoi est-ce que je m’excuse de le faire, on se le demande), mais je trouve qu’il y a quelque chose d’extrêmement daté dans cette façon de voir. Ta correspondance Récamier-Gérard, c’est un classique jeu de rôle entre les hommes et les femmes qui repose sur une inégalité traditionnelle, avec la femme jouant l’exigeante et la fragile (normal, elle ne travaille pas, n’a pas le pouvoir officiel), et l’homme le débonnaire et le fort (les vertus du puissant). Autrefois c’était peut-être la seule manière pour les hommes et les femmes d’entrer en relation, et je peux concevoir qu’on y trouve parfois une certaine poésie, de l’esprit, etc., mais je remercie le ciel d’être né à une époque où l’égalité des sexes rend caduque tout cela. Il n’y a plus aujourd’hui à « comprendre les hommes » ou à « comprendre les femmes », l’individualité a pris le pas sur le genre sexuel. Et les femmes qui disent aujourd’hui que les hommes ne les comprennent pas utilisent une vieille ruse de guerre qui est une manipulation à base de flatterie : « tu vas voir chérie, moi je vais te comprendre » pense toujours l’homme a qui la coquette dit cela.
    Dans Belle du Seigneur, il y a un très beau passage ou Solal explique en 10 point à Ariane comment il va la séduire : le coup du  » ton mari ne te comprend pas mais moi je te comprends » figure en très bonne place dans la liste, si ma mémoire est bonne.

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  2. Je serais entièrement d’accord avec toi si les filles qui se plaignent de cela se plaignaient à des galants en puissance. C’est en effet une ruse dans ce cas. Or, les femmes d’aujourd’hui ne le font plus seulement par ruse et leur plainte est très général.
    Je ne crois pas que « l’individualité ait pris le pas sur le genre sexuel », et pas sûr non plus que ce soit heureux ou malheureux.
    Quand je regarde autour de moi, je trouve que les femmes ont gardé beaucoup des préjugés machistes sur les hommes mêmes, mais sans savoir quelle attitude adopter en conséquence. Car tout le problème ici n’est pas de séduire seulement, mais de fidéliser, si je puis dire.

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  3. « Or, les femmes d’aujourd’hui ne le font plus seulement par ruse et leur plainte est très général. »

    Je suppose que ça dépend beaucoup du milieu social. Pourtant, on doit bien fréquenter à peu près le même : des femmes trentenaires d’un niveau d’éducation supérieure. Or, les « miennes », si je peux m’exprimer ainsi, se plaignent assez peu de l’incompréhension des hommes.
    Peut-être qu’elles n’envisagent en moi ni un amant potentiel, ni un ami à fidéliser (voir peut-être même pas une connaissance à faire), mais tout de même…
    Peut-être qu’il y a autour de toi beaucoup de Chinoises, de Brésiliennes et autres nationalités aux traditions machistes ?

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  4. Le tableau en question, si je ne me trompe pas, est son portrait assise (avec une mise en scène tellement appuyée que je soupçonne Gérard de s’être un peu moqué d’elle; si on recadre sur son buste, la mise en scène disparait et on a un beau portrait http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/0/06/Fran%C3%A7ois_Pascal_Simon_G%C3%A9rard_003.jpg ). Pas anormal qu’elle s’en occupe avec autorité, elle est dans son métier de star qui gère son image. Et puis, mariage blanc à 15 ans avec un vieil ami de la famille qui voulait en faire son héritière, restée vierge (probablement), ce n’est pas un très bon point d’appui pour parler des femmes en général.

    Et pourquoi les femmes devraient comprendre les hommes ? Toutes les femmes que j’ai rencontré, y compris ma chère épouse, se savent supérieures aux hommes et pensent que leur rôle est de les gérer. C’est normal, une femme peut fabriquer un homme. Petite fille, elle le sait déja. Devenue grande, elle sait qu’elle a besoin d’un homme comme composant de son projet, famille et enfants, et elle essaie d’attirer le meilleur selon ses moyens. Elle le montre plus ou moins selon la culture de sa société (très évident pour une Bretonne ou une Chinoise, plus discret pour une Normande). C’est peut-être parce que Juliette Récamier s’était privée de cette supériorité qu’elle a fait l’effort de comprendre les hommes, de séduire leur esprit et leur coeur.

    Maintenant, peut-être que je date radicalement, que l’avènement de l’égalité a transformé les rapports entre hommes et femmes devenus des individus. Ca va avec les études longues, l’obligation de réussite professionnelle pour les femmes. Et ça se mesure à l’extinction du besoin de faire des enfants dans les milieux éclairés. Alors on essaie de « se comprendre » pour faire tenir des liens dont on a besoin pour exister. Dans ma prochaine vie, j’essaierai de me réincarner en femme pour avoir une opinion mieux fondée.

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  5. « Et ça se mesure à l’extinction du besoin de faire des enfants dans les milieux éclairés. Alors on essaie de “se comprendre” pour faire tenir des liens dont on a besoin pour exister.  »

    On sent une ironie un peu réactionnaire couler sous les phrases.

    1) Il est complètement faux de dire que l’égalité des sexes se traduit par « l’extinction du besoin de faire des enfants dans les milieux éclairés ». ça se traduit par une baisse de natalité, oui, car une femme qui fait des études et aspire à l’indépendance économique a moins de temps pour enfanter que les pondeuses d’autrefois, mais il faut avoir une connaissance très théorique des femmes du milieu « éclairé » pour croire qu’elles ont perdu leur envie d’enfant en route. De même qu’il faut avoir une vision superficielle des pondeuses d’autrefois pour croire qu’elles faisaient toujours des enfants par envie de faire des enfants.

    2) La « compréhension » et les « liens » : toi, tu as accepté de te lier avec quelqu’un que tu ne comprends pas ? c’est tellement modeste !

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  6. Pour le premier point, je suis d’un avis différent, mais pas envie de développer ici. Si ce n’est qu’autrefois on enseignait qu’il est bon d’obéir à la nécessité et de faire confiance à la destinée. Aujourd’hui c’est le contraire et les résultats ne sont pas convaincants.

    Pour le second point, ma femme a eu comme argument qu’elle serait heureuse avec moi. Et comme je savais déja qu’elle s’inquiétait de savoir si j’étais heureux avec elle, je n’ai pas davantage essayé de comprendre. Si on raisonne, on en arrive à la réflexion d’un père à son fils qui avait l’intention de se marier et d’être heureux « le bonheur, cela ne te fera aucun bien ».

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  7. J’ai parfois l’impression que tout le monde est crypto religieux, ici, à part François.
    « faire confiance à la destinée », pour un athée comme moi, c’est une phrase tout simplement absurde.

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  8.  »J’ai parfois l’impression que tout le monde est crypto religieux, ici, à part François. »…ah bon, je ne sais pas, peut etre,je ne comprend pas la remarque de Mart…en tout cas , je note l’absence de billets sur les elections europeenes ce qui m’etonne un peu, ou alors , ce truc sur Recamier,les femmes qui comprennent les hommes etc c’est un truc crypte ou inconscient sur ce sujet d’actualite brulante qui vraisemblablement fait chier tout le monde…il faut chercher loin je sais mais pourquoi pas…la femme de jospin, Sylviane Agacinsky avait ecrit un livre pas mal sur ce sujet, boh je dis ca comme ca…

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  9. ‘’J’ai parfois l’impression que tout le monde est crypto religieux, ici, à part François.’’…ah bon, je ne sais pas, peut etre,je ne comprend pas la remarque de Mart »

    je ne comprends pas ce que tu ne comprends pas… je dis que tout le monde semble plus ou moins religieux ici, à part toi (et moi). Je ne sais pas comment formuler cette remarque plus clairement.

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  10. Avant de me coucher , une petite phrase de B.Gaccio , amusante (enfin, pas trop>>>ca depend)

    « Le mari idéal, c’est celui qui rentre tôt, fait les courses, la vaisselle et s’occupe des enfants… On en conclut que le mari idéal, c’est la femme ! » lol ou pas lol…

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  11. Tu vois peut-etre du crypto-religieux, mart, parce que tu manques de culture philoophique ou classique. Faire confiance a la destinee, cela renvoie a l’amor fati des stoiciens que Nietzsche lui-meme, l’antechrist, a repris a son compte. Je me permets d’etre abrupt car dire des elegants commentaires d’Ebolavir qu’ils sont absurdes aux yeux d’un athee, c’est absurde a mes yeux.

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  12. Fred, tu as tout à fait raison. J’aurais dû dire « faire confiance à la destinée”, pour un rationaliste comme moi, c’est une phrase tout simplement absurde ».

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  13. Ce billet, il me fait penser a un passage de l’anti oedipe de Deleuze of course, il y’a quelque chose dans cette tonalite la, les machines desirantes, les rapports complexes hommes -femmes decrits avec un style typiquement seventies que l’on serait incapable de refaire aujourd’hui…mais comme j’etais etudiant quand je l’ai lu et que j’empruntai les livre a l’epoque je ne l’ai pas sous la main…peut ete sur le net…je suis trop fatigue pour la recherche…sorry

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  14. moi, j’ai quitté mon ex parce qu’il ne me comprenait pas, ne m’écoutait pas, et ne me faisait pas confiance qd je lui disais qq ch d’important pour moi qu’il ne comprenait pas.

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  15. « Dans Belle du Seigneur, il y a un très beau passage ou Solal explique en 10 point à Ariane comment il va la séduire : le coup du ” ton mari ne te comprend pas mais moi je te comprends” figure en très bonne place dans la liste », Mart, le 05 juin 2009 à 17:45
    Je vais vérifier, si tu me le permets, je ne me souviens pas de ce point-là, et je ne le trouve pas essentiel dans la stratégie de Solal. Car Belle du Seigneur est précisément un contre exemple assez bien trouvé. Ariane est une femme splendide, mais elle ne comprend rien aux hommes, et d’ailleurs, ce roman est un chant à la puissance masculine, une image d’un homme qui sait s’y prendre avec les femmes. Juliette, c’est le contraire, elle sait où est sa place et elle donne les rôles dans les échanges, avec respect et sensualité.
    Ariane n’aurait jamais inspiré à Châteaubriand un chapitre entier des Mémoires d’outre-tombe.

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  16. « C’est peut-être parce que Juliette Récamier s’était privée de cette supériorité qu’elle a fait l’effort de comprendre les hommes, de séduire leur esprit et leur coeur. » ebolavir | le 06 juin 2009 à 04:44
    J’aime bien cette interprétation. C’est vrai que c’est cette égalité avec les hommes et les femmes qui m’impressionnent chez Juliette Récamier. Egalité rendue possible grâce à une auto-suffisance financière, à n’en point douter, mais quand même, il faut avoir un sacré talent pour inspirer de tels sentiments chez tant de gens, et les garder fidèles tous ensemble, hommes et femmes.

    Vanessa, merci pour cette confidence et ce lien. Je n’ai pas encore eu le temps d’aller voir, mais je le ferai sans faute.

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  17. confidence;
    comme tu y vas!
    tout juste un commentaire un peu trivial dont on peut se demander ce qu’il fait au milieu des amours platoniques de juliette.
    qt au lien, c’était un peu au hasard, en passant; by chance, en somme. rien d’important.

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  18. « Car Belle du Seigneur est précisément un contre exemple assez bien trouvé. Ariane est une femme splendide, mais elle ne comprend rien aux hommes »

    C’est vrai, c’est un contre exemple puisque Ariane n’est pas séductrice et, comme souvent, je suis allé trop vite dans l’exposé de ma pensée.

    Comme toutes les femmes vivant dans une société où la libération de la femme reste à faire, Ariane souffre d’un manque de considération de la part de son mari, qui occupe la position dominante. Et dans ses rêves, comme toutes les femmes de son genre, elle rêve d’un homme qui la comprenne. Solal le sait, et en profite en séducteur.

    Juliette, en séductrice, utilise l’argument à la puissance 2 : habituée à vivre dans un monde où les femmes rêvent en silence d’être comprise, et donc dans un monde où les séducteurs font sentir aux femmes qu’ils veulent séduire qu’ils les comprenne, Juliette séduit les séducteurs en jouant sciemment (là où Ariane joue inconsciemment) le rôle de la femme qui voudrait être comprise.
    Autrement dit, elle piège les séducteurs à leur propre jeu.

    Dans les société que la libération de la femme a rendu très égalitaires, comme la Suède (que je connais bien), les jeux de séduction ont presque disparu. Car les jeux de séduction ont besoin d’une grammaire commune aux hommes et aux femmes, et l’inégalité fournit cette grammaire commune. Sans elle, il ne se passe plus grand chose.

    J’espère que cette fois, je me suis mieux exprimé.

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  19. “C’est peut-être parce que Juliette Récamier s’était privée de cette supériorité qu’elle a fait l’effort de comprendre les hommes, de séduire leur esprit et leur coeur.”

    Comprendre et séduire, ce sont deux choses très différentes, pour ne pas dire opposés. Il n’y a pas besoin de comprendre quelqu’un pour le séduire, il suffit de connaître les mécanismes de la séduction, et ces mécanismes concernent essentiellement le fonctionnement de l’amour-propre. En matière de séduction, les mêmes causes produisent presque toujours les mêmes effets, c’est de la mécanique trans-individuelle.

    La compréhension, à l’inverse, c’est la saisie de l’autre dans son unicité, et cette unicité est essentiellement émotionnelle. ici, il n’y a pas trace de mécanique, et les mêmes causes ne produisent que rarement les mêmes effets.

    Don Juan séduit, mais il ne « comprend » pas les femmes qu’il séduit : en fait, il se fout d’elles, il est émotionnellement indifférent.
    Un homme qui comprend une femme, à l’inverse, est émotionnellement sur le qui-vive.

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  20. Je ne sais si le Sage Precaire faira bon usage de ce lien, surement comme d’habitude,en tout les cas, je vous remercie Vanessa de cette invitation a decouvrir ce site tres interessant, vraiment du peu que j’en ai vu.Moi ca me plait bien cette confrerie des precaires, c’est tres original comme concept artistique meme si j’y avais pense dans le meme style mais dans une tonalite plus philosophico-politique pour une confrerie des sages precaires a une epoque pas si lointaine…on m’avait engueule voire humilie via batailles de posts interposes (ces batailles qui desormais me fatiguent et me ruinent les yeux, le cerveau, le dos…) en me traitant de ringard voire de gros nul qui n’avait rien compris a la sagesse precaire qu’il etait inutile de se mettre en groupe, que c’etait devoyer le concept de sagesse precaire que de le politiser etc….maitenant que c’est fait ailleurs on a l’air bien con mais non, au fond je suis content si ca se realise et que la pensee de la sagesse precaire se diffuse au sein de la societe…. Je vous laisse, car j’ai l’impression que vous avez beaucoup de choses a vous dire et a partager avec notre  »bon » sage precaire… et c’est tant mieux pour lui…hasta luego amigos !

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  21. Tu t’es très bien exprimé, mais je crois qu’on est très loin de Récamier. Je ne vois pas les hommes qui l’ont fréquentée comme des séducteurs, et je ne vois pas les femmes de lettres comme elle, au 18, 19 et 20ème siècle, comme des femmes qui désirent être comprises au sens où elles seraient inférieures aux hommes et en recherche de considération. Le monde de séducteurs que tu décris est étranger à la galanterie qui s’est constituée lentement dans les cercles précieux du 17ème. La séduction y est toujours très présente, mais sublimée, pervertie peut-être, spiritualisée. Récamier était vraiment l’égale des hommes ET DES FEMMES qui fréquentaient son salon. Il faudrait le bouquin de Mona Ozouf sur la galanterie française, ce que je n’ai pas encore fait.
    Pour la Suède, j’avais été frappé du fait que les hommes et les femmes ne se regardaient pas. Alors tu confirmes que les jeux de la séduction y ont presque disparu ? Ah misère.

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  22. Tu réduis trop l’idée de séduction, Guillaume. Ce n’est pas juste ce que fait Solal et Don Juan. La galanterie fait partie de la séduction. Une grand mère qui sourit à un postier peut être dans la séduction, même si elle ne veut pas coucher avec lui. Quant à dire que Juliette Récamier n’était pas en recherche de considération, je ne sais pas, c’est très osé, et à mon avis tout à fait faux. Mais là encore, tu as peut-être une idée plus restrictive que moi de ce qu’est la recherche de considération. Enfin, je ne dis pas que les hommes qui fréquentaient son salon étaient des séducteurs, au sens où tu l’entends : je disais juste qu’ils étaient séduits par elle.

    Sinon, oui, sur la Suède, je confirme. Un homme n’y tient même plus la porte à une femme. Misère en effet.

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  23. La séduction, j’en ai une vision proche de l’étymologie du verbe séduire, qui fait dévier de la voie droite. Au sens où Marguerite séduit Faust. Mais c’est toi qui parlais de mécanique trans-individuelle. Donc, le sourire enjôleur d’une grand-mère à un postier, je ne suis pas sûr qu’on puisse parler de séduction stricto sensu. Peut-être oui.
    Juliette Récamier n’était pas plus en recherche de considération que ses interlocuteurs, hommes ou femmes. Elle savait se faire aimer et apprécier, et elle savait apprécier les gens.
    Nous avons besoin de gens comme elle dans nos villes et nos cercles, chez qui nous irions boire des verres chaque semaine, et rencontrer des gens sympas.

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  24. Séduire = « dévier de la voie droite », pourquoi pas, oui, c’est pas mal. Il y a la voie droite au sens moral. Mais il y a aussi la voie droite au sens de l’inertie, la balle qui continue de rouler parce qu’un peu plus tôt quelqu’un l’a lancée. Séduire, alors, c’est sortir de l’inertie, réveiller, capter l’attention.

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