Soir de printemps

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Je pense à toi dans ces soirées où l’humeur météorologique te ressemble.

Parfois tu dis que tu es folle, mais tu n’es pas folle. Tu es géologique, tu es printanière. Tu passes de la brume au soleil, tu lances des giboulées avant d’éclairer des nuages par en dessous. Il n’y a rien d’irraisonnable chez toi ; tu suis la logique rigoureuse des météores et des vents contraires. Tu ris et tu pleures sans comprendre, mais il n’y a rien à comprendre.

Tu es comme le temps des îles britanniques, tu connais des turbulences, des tempêtes, des pluies diluviennes. Tu es proche des éléments, tu connais les tourbillons, les dépressions atmosphériques. Mais tu connais le temps calme aussi, le beau temps et la douce bise. Tu as le tempérament des régions océaniques. Il n’y a rien à comprendre, sur les îles britanniques, il faut juste accepter le ciel bas, et la tension qui dure parfois des jours entiers, sans que l’orage ne te délivre de ce qui t’oppresse.

Et quand le soir éclate, chère amie des fées, tu sais mettre du rouge, du roux et de l’ocre tout autour de toi. Tu redonnes vie aux Black Mountains, tu défroisses les coquelicots et regroupe les myosotis dans une belle poignée : tu regardes ces petites fleurs de tes grands yeux spirituels, et tu les mets dans ta chevelure épaisse et profonde.  

C’est la vie intense et débordante des soirs de printemps.

6 commentaires sur “Soir de printemps

  1. Très poétique cette belle touche de printemps..
    Merci
    Je ne voudrai pas faire l’esprit chagrin.. mais n’ est-ce pas un peu tôt pour les coquelicots ?

    Qu’importe :
    JOYEUX PRINTEMPS

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  2. On dirait un peintre qui aurait posé son chevalet en pleine nature pour peindre ce qu’il connaît et rassurer le vent de ne pas être l’eau ou le soleil:))

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  3. Merci Neige. Ce sont tes histoires de papillons et de neige, d’arbres, de tortue et de grenouille (à moins que je confonde avec Zhuang Zi ?), qui m’ont ouvert la voie à un langage météorologique.

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  4. Le « Tu » de ton texte m’a fait penser un peu au film « Jules et Jim », plus précisément à Catherine, héröine de ce film.

    Et puis je trouve très belle ta dernière phrase:
    « C’est la vie intense et débordante des soirs de printemps.  »

    C’est simple mais c’est beau.

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