« Filer la métaphore », de Michel Jeannès

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Juste un petit mot pour annoncer la présence de ce livre dont j’ai vu la couverture sur internet. Michel Jeannès, c’était un commentateur sur ce blog, qui a joyeusement détourné la fonction bloguesque pour en faire un terrain de jeu rhétorique et bordélique. Dieu sait ce qui serait advenu de La Précarité du sage si je n’avais pas mis le holà à toutes ses acrobaties verbales et ses duos d’équilibristes avec François et leurs innombrables pseudonymes ? Il a tenté un coup d’Etat avec moi, il a échoué, mais qui ne tente rien n’a rien.

Michel a alors solennellement déclaré qu’il ne reviendrait sur ces pages que lorsque je serai devenu docteur. Chiche.

En attendant, il n’a pas chômé, le Jeannès. Vous vous souvenez peut-être de ce billet où je narrais cette histoire de boutons, de dispositif artistiques, et où j’évoquais une piste de recherche concernant le récit de voyage et le commerce mercier.

D’ailleurs, j’y pense, mercier, c’est un nom beckettien! Mercier et Camier, très beau roman de 1946, où les deux amis essaient de sortir de la ville et n’y parviennent pas. Deux amis qui ne cessent pas d’abandonner le voyage, voilà un magnifique sujet de roman, et une idée certainement fertile pour l’étude du récit de voyage contemporain!

Ce billet, donc, dont vous vous souvenez peut-être, parlait de ces fiches sur lesquelles des gens, des anonymes, votre serviteur, devaient coudre un bouton et raconter l’histoire qui les reliait à ce bouton. Le bouton étant lui-même un objet conçu uniquement pour créer un lien entre deux pièces d’étoffe, le dispositif mis en place ouvrait à une prolifération de liens. Liens, unions, accroches et accrochages, noeuds, relations, tout faisait métaphore et entrait en résonnance avec l’objet bouton.  

Une de ces fiches compose la couverture de ce livre, que je n’ai pas encore lu. Je l’achèterai à mon prochain retour en France. 

15 commentaires sur “« Filer la métaphore », de Michel Jeannès

  1. « Dieu sait ce qui serait advenu de La Précarité du sage si je n’avais pas mis le holà à toutes ses acrobaties verbales et ses duos d’équilibristes avec François et leurs innombrables pseudonymes ? Il a tenté un coup d’Etat avec moi, il a échoué, mais qui ne tente rien n’a rien. »

    Tiens, on parle de moi dans un billet, c’est bien la premiére fois,ah ah et bien tant mieux,…bien bien, je signale que ces joutes verbales avec Jeannés , rhétoriques, bordéliques ou tout ce qu’on veut se poursuivent sur ma page facebook http://www.facebook.com/francois.couret de façons impromptues et le plus souvent sur des sujets politico-poétiques (est_ce si différents ? c’est pas a uN spécialiste du happening comme MONSIEUR bOUTON QUE LON VA EXPLIQUeR çà -où l’on peut y voir des splendides photographies du SP en soirées- EXPAT- guitares au passage…bof, je dis çà pour les admiratrices
    (…le probléme quand même c’est le feed back avec le blog, les outils numériques etc…personnellement je ne sais jamais quelles réactions prend l’auteur/administrateur de blog ou de support numérique face a mes commeries diverses et variées mais le plus souvent elles sont enrichissantes -comme semble en témoigner ce billet en tout cas- j’attend de voir ce livre aussi avec impatience.)

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  2. Sur la page de couverture, quelqu’un raconte qu’il trouvait des boutons en bêchant, c’est original, d’habitude c’est sur le haut des tiges qu’on trouve les boutons, mais là, c’étaient plutôt des boutons-racines, bottom-roots, une histoire un peu singulière…

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  3. Moi je suis d’accord avec François. Il a souvent raison François j’ai remarqué. . C’est vrai ce qu’il dit, on ne sait jamais ce que l’autre pense derriére son écran c’est un peu pervers comme systéme, c’est la mode d’accord , alors on laisse courir… quand à la « fonction bloguesque » ah aha ah c’est trop drôle cete expression, laissez moi rire c’est la petite chefitude au service du commun des mortels,…finalement le blog c’est comme radio france avec son petit Phillipe Val de service et ses joyeux drilles Guillon ou Porte qui se font virer ou taire quand un com ne plait pas…c’est un peu malsain et bas je trouve. Au passage , un com de Nennette a disparu…c’est étrange (et lamentable). Adieu. Ne me censurez pas , merci.

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  4. Exact, François. Ici, je suis le maître. Ce n’est pas équivalent à Philippe Val car un blog n’est pas un service public. Je ne vois pas en quoi c’est bas ni malsain. Tolèrerait-on dans son salon des copains qui exagèrent et finissent pas lasser ? Non, on les vire gentiment, puis manu militari s’ils ne veulent rien entendre.

    Michel Jeannès, qui me presse de finir ma thèse pour pouvoir cesser de « retenir ses traits », m’indique un site très intéressant qui fait une belle présentation du livre et du dispositif : http://www.musee-dauphinois.fr/TPL_CODE/TPL_PUBLICATION/PAR_TPL_IDENTIFIANT/876/1020-librairie-boutique.htm

    Un commentaire de Nénette a disparu ? Nénette, que disiez-vous pour déplaire aux gens du monde.fr ?

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  5. Brillante analyse et brillante réponse comme d’habitude, décidément le sage précaire m’épatera toujours… mais…je ne suis pas François, je suis super « ouighour lyonnais philosophe » !

    « Ici, je suis le maître » ! vous ne voyez pas le coté malsain du truc (ne serait-ce que dans cet autoritarisme de bas étage – et ridicule par dessus le marché-) , c’est bien ça le probléme…le blog est tellement répandu et démocratisé que c’est devenue une sorte d »équivalent d’un service public (avec l’étiquette « privé » -sous entendu , « moi-je- moi je tiens mon petit blog et je vous emm. »..etc…une marque de l hyper ‘individualisme de plus qui pollue nos sociétes contemporaines, un sous sarkosisme de base pour citoyen lambda ou sage précaire ou précaire sage si vous préferez ) ah ah ah mieux vaut en rire, ce que je fais avec plaisir… et j’en rajoute une louche en vous disant « ni dieu, ni maitre » (pas vrai mec ?) et bonne continuation.
    Quand a monsieur Bouton, il a bien raison de vous dire de vous hater (et de se retenir de ses brillants traits) pour votre travail de thése que l’on s’impatiente de lire (quand même, je suis gentil… allez au boulot et c’est ton vrai maître qui te parle !). Quand vous serez Docteur (ce que je commence à sérieusement douter à l’heure de maintenant ) je serai ravi d’allez enfin venir vous consulter. Au boulot !!! et adieu;

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  6. Ici… Nénette ! j’avais fait une super-réponse bien argumentée… dommage, le réseau a bloqué au moment de l’envoyer. Zut, pour une fois que je veux montrer mon intelligence, c’est râpé !!! Non, aucun commentaire n’a été effacé. Le livre de M. Jeannès est bien joli et intéressant, les photos superbes, le tout est vivant… Et puis, c’est normal que lorsqu’on passe beaucoup de temps à écrire un blog on en prenne soin, on le gère comme on le souhaite, parce qu’on s’expose quand on écrit…

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  7. Merci Nenette.
    Le mot de maitre n’a rien d’autoritariste. Il faut prendre ce mot dans son sens domestique : maitre chez soi, maitresse de ceans. « Le moi n’est plus maitre dans sa maison » disait Freud. Un blog, cela peut se voir de diverses facons, mais pas comme service public, puisque c’est un « Web Log » i.e. un journal intime sur le web. Il n’a rien d’un service.

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  8. A propos de journal intime, Philippe Lejeune a dit l’autre jour au Rize (Villeurbanne) qu’il a participé à des journées (ou une journée peut-être à la Bnf) parce que celle-ci archive tous les six mois l’ensemble des blogs francophones. Pour éviter qu’ils disparaissent, pour collecter du futur souvenir… cela m’a un peu fait froid dans le dos, j’ai pensé à des services de renseignements, on a des peurs et des craintes, comme celles que tu évoques à propos des Chinois (ce n’est pas mon cas), mais l’idée que tout ce qu’on écrit sur un blog est rassemblé par une grande administration, ça me ferait presque penser qu’on peut prendre mes pensées, presque voler mon âme… Un journal intime… et chacun le lit d’une façon différente, particulière : les proches, les amis irl, mais non, pas les Irlandais, les correspondant(e)s, ah oui, j’aime bien ce mot : les correspondants, déjà présent chez Baudelaire, cette notion….

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  9. Moi aussi j’aime bien ce mot « correspondant » Nenette, et encore plus ce poéme… si j’étais moins athée, moins matérialiste et moins réfractaire à toutes formes de contraintes religieuses (pléonasme) je me convertirai sans doute trés rapidement à « l’eglise des correspondances baudelairiennes » (si elle existe of course..non ? alors il faut l’inventer et vite !! c’est une chapelle révée pour tout sage précaire qui se respecte),quelques modestes expériences de la vie m’ont permis de voir que ce poéme est d’une incroyable justesse…

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