Chez les bobos de Toronto.

Je me marre tout seul  et me régale au « Dark Horse espresso bar », dans l’ouest de Toronto. C’est un des rendez-vous bobo de cete ville hyperbobo.

Je suis arrivé ce matin, à six heures, par le bus de nuit. Dans le cirage, j’ai erré un peu dans la ville embrumée, tirant ma valise comme un wagon. Au premier café ouvert, je suis entré et suis resté, prostré et satisfait, plusieurs heures sans penser à rien. Pour deux dollars canadiens (moins de deux euros), on s’y restaure d’un café noir brûlant et d’un bagel toasté et beurré. Délicieux. Je voyais passer les lève-tôt de cette ville anglo-saxonne où il est bon d’avoir l’air occupé.

Après deux cafés et deux bagels grillés, lentement émergé dans le monde des vivants, je suis parti plein ouest, direction le Musée d’art contemporain. Une ou deux heures de marches pour m’entendre dire que le musée était fermé, pour cause de conférence de presse (!). J’aurais au moins pris le poul d’une partie de la ville, ce n’est pas rien. J’ai cru reconnaître une architecture de Rem Koolhas (l’école d’art et de design), mais je ne suis pas fiable sur ce point.

Beaucoup de femmes en bottes de pluie, les fameuses Wellingtons. Il fait beau pourtant, ça doit leur brûler les pieds, les pauvres.

Dans le deuxième café où je m’arrête, après une longue marche, le « dark horse » donc, les jeunes bobos ont ouvert leur ordinateur et prennent un air pénétré. Je fais pareil qu’eux. Un mec au bar, en marcel noir, montre ses biceps en écrivant sur son ordi. Il dragouille une jolie nana en lui montrant une plaquette qu’il a peut-être lui-même publiée. Sans doute des poèmes bourrés de spiritualité.

Le café est excellent. Un quartier où les gens aiment le bon café ne peut pas être un mauvais quartier.  

Toronto s’affiche de loin comme la ville multiculturelle par excellence. C’est vrai que j’ai vu beaucoup d’Asiatiques, mais peu de Noirs, comparé à une ville européenne, comme Paris par exemple. La première impression que donne la ville, après avoir traversé trois quartiers distincts, du centre financier jusqu’aux lieux alternatifs de l’ouest, c’est au contraire celle d’une vie monoculturelle. La culture sympa, variée, riche, trépidente et stressante de l’Amérique anglo-saxonne.

L’écrivain aux biceps rebondit drague une autre fille. Il étudie son sourire de manière tellement visible que c’en est un peu décevant. Les filles s’en amusent, prennent du plaisir à se faire draguer par un bellâtre, et vaquent à leurs affaires sans se faire d’illusion.  

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