Mon colocataire allemand

Il a atterri à l’aéroport de Dublin, en provenance de Munich, avec sa bicyclette dans la soute à bagages. A peine arrivé, il a pédalé le long de la côte, direction Belfast. Il est arrivé dans l’Athènes du nord le lendemain, et n’a dormi qu’une nuit à l’auberge.

Il a visité ma maison, qui lui a tout de suite plu, grâce au loyer extrêmement bas, et a su forcer la décision grâce à un sens de la détermination tout à fait convaincant.

Son vélo était son bijou. Il le possédait depuis huit ans et avait dépensé des centaines d’euros à l’équiper, car il comptait faire le tour de l’Irlande en pédalant. Manque de chance, on le lui a volé au bout de trois jours dans la capitale de l’Ulster.

Il était très en colère, il disait que c’était une forme de crime. Il appela la police et fit de multiples efforts. Il disait : « Je ne comprends pas ; les gens ne sont pas si pauvres que ça ici! Je veux dire, ils ne meurent pas de faim! »

Il en a été inconsolable. Avec ses lunettes et son air d’étudiant en physique (qu’il est), il ressemblait à Harry Potter en deux-roues.

Le lendemain du forfait, je l’ai vu de bon matin, avant 8 heures, dans la cuisine. Une capuche sur la tête, il buvait une tasse de thé, il dit sombrement : « Je n’accepte pas qu’on m’ait volé mon vélo. » C’était un petit déjeuner un peu dramatique.

Extrêmement symptahique et réfléchi, comme les Allemands savent l’être, il a fini par laisser sa bonne nature prendre le dessus et digérer le fait horrible qu’il habite maintenant dans un monde où l’on dérobe des chose aussi sacrées que les vélos. Il l’accepte, mais ne le comprend pas tout à fait.

En riant, il suggère de pousuivre l’université Queen’s en justice, pour publicité mensongère. « Si j’ai décidé de faire mon année Erasmus en Irlande du nord, c’est parce que la brochure annonçait une vie dynamique et culturelle. On lisait que Belfast était une ville ouverte d’esprit, énergique et sûre. Résultat, l’insécurité règne, les gens sont étroits d’esprit et la ville est désolante. »

Et de rire, comme un Harry Potter vengeur et sarcastique.

3 commentaires sur “Mon colocataire allemand

  1. Parfois une bicyclette peut faire toute la différence du monde:ou bien elle a une valeur monétaire pour ceux qui sont de vrais cyclistes urbains et le vol de celle-ci est une perte total côté monétaire et assurance et implique soit un abonnement aux transports en communs ou bien marcher à pied:alors on se retrouve sans rien et on doit trouver un moyen de transport dans une ville (parfois nouvelle à découvrir).qui soit à la mesure de nos moyens.

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