Biennale de Lyon, bilan et perspectives

Qu’est-ce que ça devient, l’art contemporain ? Qu’y connaît-on, qu’y comprend-on ? Je suis content d’être allé visiter les quatre lieux où la Biennale de Lyon prenait place, juste avant qu’elle ferme ses portes. Cela m’a permis de me rendre compte que ce monde de l’art avait évolué plus vite que celui de la sagesse précaire (lui qui, mutatis mutandis, ne bouge presque pas).

L’intérieur des usines, où se déroulaient les expositions de la biennale, était assez difficile à circonscrire. Moi qui ai travaillé dans la médiation de l’art contemporain de 1997 à 2000, je dois avouer que je me suis senti un peu largué. La plupart du temps, je ne trouvais pas cela déplaisant, mais j’étais incapable d’évaluer ce que je voyais.

De nombreuses œuvres d’artistes d’Amérique du sud. Non pas, comme on pourrait le penser, parce que ce sont de grands pays émergents, mais parce que la commissaire (invitée par Thierry Raspail) vient d’Argentine, et a fait venir celles et ceux qu’elle connaît le mieux. Dans l’esprit de Thierry Raspail, le conservateur du Musée d’art contemporain, l’idée de s’ouvrir à l’Amérique du sud était important après la prégnance de l’Asie il y a deux ans, il y a quatre ans…

J’imagine que les Lyonnais se sont dit qu’il y en avait un peu assez des Chinois, qu’il fallait s’ouvrir à l’Amérique du sud. Il a alors contacté la charmante Victoria Noorthoorn, et ils se sont entendus pour une exposition qui oscille entre folle ambition et classicisme convenu.

La biennale avait commencé dans les années 90 avec une grande exposition sur les monochromes. Au milieu des années 90, il y en avait eu une sur les « nouvelles technologies ». En 1997, le grand Harald Szeemann avait été invité pour concevoir une exposition qui fasse écho aux grandes expériences anarchistes et révolutionnaires des années 70.

Tout cela, donc, était très européen, américain, occidental. En 2000, Jean-Hubert Martin (qui s’était fait un nom avec Les Magiciens de la terre) a fait une exposition critique sur l’exotisme, qui était censé s’ouvrir sur l’Afrique et l’Océanie. Ce fut la dernière exposition pour laquelle je travaillais…

On note donc bien un déplacement géographique chez les responsables lyonnais de l’art conemporain. D’une conception de l’histoire de l’art linéaire, liée à l’idée d’avant-garde et d’historicisme, ils se sont progressivement ouverts à l’idée de créativité artistique venue de n’importe où et n’appartenant plus à un progrès de l’art.

D’où la présence de la peinture, du dessin, de projets qui me rendaient dubitatifs : des choses dont j’aurais dit, dans les années 90, que cela n’avait aucune chance de figurer dans un musée d’art contemporain.

Autrefois, on privilégiait les installations, les créations d’espace, d’où pouvait surgir une poésie renversante. Le travail de l’Américaine Ann Hamilton est pour moi le meilleur exemple de cette forme d’art

6 commentaires sur “Biennale de Lyon, bilan et perspectives

  1. Oh la la, ce billet n’est pas terminé du tout. Tant pis, il manque au moins les perspectives, que j’annonce dans le titre, mais on s’en passera. Comme disait Beckett, on me pardonnera plus que cela, quand je serai mort.

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  2. Sage précaire, en te lisant je me disais mais comment un aussi jeune homme peut-il être rendu si vieux, et j’en ai conclu que tu n’avais pas assez bouger durant toutes ces années de rédaction de thèse,et que tu avais un over-dose de ton immobilisme, bien que tu te sois inscrit dans mille et une chose pour nourrir ta plume, j’imagine que c’est le lot des gens qui aiment écrire.

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    1. Je me demande ce qui te donne cette impression de vieillesse dans ce que j’écris, chère Mildred ? Est-ce le ton, le style, ou le contenu ?
      Il apparaît aux spécialistes et aux observateurs scrupuleux que l’âge idéal de la sagesse précaire se situe autour de 40 ans. Il y a consensus, dans la communauté des chercheurs, pour établir que le sage précaire avait déjà 40 ans, même quand il avait 23 ans.

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  3. L’impression devieillesse est donnée par la taille dee ta police. Tu serais pas devenu un peu presbyte?

    si je comprends bien, jusqu’en 2000, la BAC faisait de l’art contemporain, mais maintenant, avec ses trucs de n’importe où, c’est devenu du n’importe quoi, des petits dessins. C’était ça, la perspective?

    Remarque, dit comme ça ça paraît un peu abrupt, mais c’est assez logique. L’art contemporain n’est pas né par hasard en Occident, il est le produit d’une histoire. Si tu n’as pas la même histoire, tu ne peux pas faire de l’art contemporain, tiu peux imiter mais il manque les bases qui pourraient permettre de faire quelque chose de vivant, ou alors tu fais de l’art qui est un autre stade d’une autre histoire, mais pas de l’art contemporain.

    Après, bien sûr, on peut aussi aimer les dessins des gauchos de la pampa, mais ils sont peut-être meilleurs pour faire des beefsteaks que pour l’art conceptuel ou l’abstraction lyrique.

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