Encore l’Afrique

Lorsque je convoque mes souvenirs, invariablement, ce sont ceux de ma vie Africaine qui se présentent en premier. Cela peut sembler paradoxal dans la mesure où cette période ne représente que 10% de mon existence qui est sur le point de s’achever. Récemment, un ami a même eu l’outrecuidance de me suggérer que je commençais à radoter ! Après tout il a peut-être raison, mais comme disait Pascal, je crois : « Le cœur a ses raisons que la raison ignore », et ces années ont été tellement riches en découvertes et en émotions diverses que j’ai laissé là-bas une partie de moi-même. Il s’en est fallu de peu d’ailleurs que, comme d’autres l’avaient fait avant moi, je continue à vivre sur ce continent si attachant en rompant définitivement les ponts avec le pays des blancs, où je n’avais pas vraiment d’attaches. Mais les circonstances en ayant décidé autrement, étant devenu mari et papa, je dus me résoudre à être raisonnable et arrêter cette expérience Africaine.

L’adaptation à ma nouvelle vie en France fut difficile, très difficile… J’étais devenu un ours mal léché, claustrophobe, irascible, toujours insatisfait et sans doute pas facile à vivre pour les proches. Malgré un grand nombre de kilomètres parcourus, j’avais peur de conduire et m’adressai à un moniteur d’auto école qui, après une leçon, eut l’honnêteté de me dire que je devais tout simplement me lancer dans la circulation. Je suivis donc son conseil à grand renfort de coups de klaxon, pour avoir l’air aussi con que les autres automobilistes ! Je souffrais de ne pas pouvoir dormir à la belle étoile aussi souvent que je le souhaitais. Je trouvais qu’il y avait trop de voitures, trop de gens, trop de bruit, trop de tout… J’étais très mal dans ma peau et j’avoue avoir songé plusieurs fois à fuir et me réfugier dans la brousse ! Heureusement il y avait la famille, une épouse et des enfants adorables qui m’apportaient équilibre et apaisement. Dès que cela était possible, nous partions loin de la foule, au plus prés de la nature, et là, je me sentais revivre. La famille s’agrandissant et le cercle des copains des enfants aussi, nous avions acquis un petit minibus avec lequel nous fîmes de nombreux voyages, y compris plusieurs fois en Algérie jusqu’au Sahara…

Sans être aventurière dans l’âme, Marie-Pierre acceptait de bon cœur ces “expéditions” qui comportaient forcément quelques risques et aléas. Elle savait combien c’était important pour moi et formateur pour les enfants. Elle acceptait aussi que je parte seul de temps à autre dans la même région. Peu de femmes je pense, auraient admis cette situation ! Mille fois merci.

Petit à petit, et grâce à ce que je viens d’écrire, je suis devenu un individu presque normal.

Mais on est en droit de se demander ce que l’expérience Africaine a pu avoir de si particulier pour qu’elle ait eu une telle influence sur ledit individu !

Voilà ce à quoi je vais m’atteler dans le chapitre suivant en essayant de ne pas être trop long, et puis après, promis, juré, je ne parlerai plus de l’Afrique…

3 commentaires sur “Encore l’Afrique

  1. je regrette de jamais avoir vraiment eu l’occasion de discuter avec ton père, Guillaume. mais si il a envie de continuer àparler del’Afrique, il faut qu’il le fasse. C’est pas du radotage.

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  2. Bien sûr qu’il faut le laisser. Moi, ça me plaît beaucoup cette histoire du mémorialiste qui projette d’écrire toute sa vie et qui revient incessamment sur l’Afrique, sur « 10% de sa vie ». Il annonce tout le temps que ça suffit comme ça, puis il en remet une couche.

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