Mon anniversaire de vie cévenole

Depuis le 13 mai dernier, je peux dire que j’ai passé un an sur le terrain de mon frère.

Ne dites rien à ce dernier, il serait en droit de me signifier mon renvoi. Entre mon frère et moi, il y avait une sorte de contrat moral : il m’accepte sur son terrain pendant un an, en échange de quoi je l’aide à rénover son mazet. Nous avons l’un comme l’autre rempli notre part de contrat. A partir de maintenant, je suis sur le départ. Je prépare mon départ.

Mon frère, lui, a été un hôte merveilleux. Pas une seconde il ne m’a fait sentir que j’étais un poids pour lui et pour sa famille. Il a su me mettre en position de légèreté et de liberté totale. Grâce à son esprit conciliant et généreux, pas une ombre de tension ou de dispute ne s’est immiscée entre nous. Quand on connaît le caractère de cochon qui m’habite, l’arrogance qui me caractérise, mon côté grande gueule et mal élevé, on mesure à l’aune de l’harmonie de notre relation, qui a duré plus d’un an, l’exceptionnelle douceur de mon frère, son intelligence et sa capacité à prendre sur lui, à se maîtriser, son self control d’artiste martial.

Ce n’est pas en regardant le calendrier que je me suis rendu compte de cette année écoulée. C’est en observant le retour d’événements qui avaient déjà eu lieu lors de mes premiers jours cévenols. Une « Fête du Pélardon » sur la place du village, un événement scolaire autour du livre à la médiathèque, où ma nièce est censée voter pour son récit préféré, l’éclosion des fleurs d’acacias que mon frère aime cuisiner sous forme de beignets.

Je n’ai rien fait pour célébrer mon anniversaire de vie cévenole. J’aurais pu ouvrir une bouteille de champagne, ou quelque chose, mais cela n’a traversé l’esprit de personne. D’ailleurs, il est possible que personne ne se soit rendu compte de ma présence ici depuis 12 mois. Alors chut!, pas un mot à qui vous savez.

 

2 commentaires sur “Mon anniversaire de vie cévenole

  1. Un an vient de passer, bref comme une semaine.
    Le temps n’est qu’illusion, disent les physiciens,
    Moquant le « temps réel » des informaticiens ;
    Année après année les mêmes jours ramène.

    Sur les bords de ce lac où nul ne se promène,
    Tu n’entendras chanter nul oiseau musicien :
    Les a chassés de là un mauvais magicien
    Qui décourage aussi toute présence humaine.

    Ni ondine dans l’eau, ni licorne au bocage ;
    Pas un centaure en marche au frais, sous les ombrages,
    Pas de troll sous la feuille et pas même, un lutin.

    Paysage embelli de ces mêmes absences,
    Comme est noble l’hiver, comme est grand le silence,
    Comme l’indiscernable est beau, dans le lointain.

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