La sagesse précaire n’est pas donneuse de leçons. Si des gens veulent croire que le plus grand danger de l’Europe vient des Africains, des musulmans, des femmes, des gens en transition de genre, des journalistes d’investigation, ou des chercheurs en sciences, qu’ils fassent comme bon leur semble.
Le sage précaire demande en revanche qu’on mette les mots qui conviennent sur les choses réelles, et en l’espèce qu’on s’abstienne de reprendre le vocabulaire des néo-nazis en vogue. Donc, je suggère d’utiliser la liste des mots ci-dessus et de contester l’emploi de ceux-là : immigration de masse, islamo-gauchistes, fréristes, journalistes de gauches, khmers verts, wokistes, délateurs, censeurs, fouille-merde, écolo-terroristes.
L’extrême-droite est un danger plus réel qu’on ne le croit, ce n’est pas qu’une querelle de mots. Les Allemands sont en pointe sur ce sujet car son parti anti-immigré prévoit des déportations d’êtres humains. Les nazis, en 1932, ne prévoyaient de massacrer les juifs, mais de les exclure gentiment puis de les « déplacer » seulement.
Je ne veux pas donner de leçons, je veux seulement vous demander de songer à cela : quand vous pensez au calvaire des juifs en 1941, songez que demain les victimes seront d’innocents noirs et arabes.
Souvenez-vous que nous n’avons pas protesté quand l’État s’est acharné contre l’innocent M. Iquioussen. Quand il a interdit le port de robes couvrantes dans les écoles. Quand il propose de revenir sur le droit du sol et rêve de déchéance de la nationalité.
Les Allemands chantent dans la rue et c’est assez émouvant à mes yeux.











