Éloge de Youssef Nahdi

Youssef pose avec soin. Bizerte, Juillet 2023

En voyage ou chez lui, Youssef sait poser pour les photos. C’est une sorte d’artiste, à sa manière, un comédien né. Youssef est un performer malgré une vie entière consacrée aux travaux et à la famille.

Mon beau-père en son domaine. Il a 77 ans.

Youssef s’occupe de sa ferme avec un sens du devoir qui n’a d’égal que son instinct pour le plaisir. Athlétique, il nourrit ses chèvres et moutons matins et soirs. Il est actif de l’aube à la nuit tombée.

Youssef n’est pas allé à l’école. L’année où l’école est apparue à Ftiss, il était trop utile à son père pour que ce dernier l’autorise à perdre son temps à apprendre la lecture. Ses frères et sœurs, plus jeunes que lui, ont pu suivre une scolarité et certains ont connu une trajectoire brillante.

Youssef aime chanter et danser. Sa voix de stentor retentit dans les mariages de la région de Ftiss chaque été. Autrefois, il parcourait des dizaines de kilomètres à pied pour assister à un mariage auquel il n’était pas invité, il s’y faisait nourrir, il animait la fête de ces chants et de ses pas de danse, et il rentrait au petit matin, non sans s’etre reposé au pied d’un olivier. Il faut voir, aujourd’hui, les jolies filles qui dansent sous la voix rythmée de mon beau-père. Parfois, dans la voiture que je conduis, il chante en duo avec les jeunes femmes de la famille, filles ou petite-filles. Cela m’émeut aux larmes d’entendre ces mélodies où les générations se mêlent harmonieusement.

Un jour, à l’occasion d’un pèlerinage à la Mecque, des pseudo-religieux un peu rigoristes lui ont dit que la danse et le chant étaient un péché, et qu’il était préférable de mettre un terme à ces activités diaboliques. Il a respecté cet interdit pendant un ou deux ans, puis le démon l’a repris et il a annoncé à la famille, qui en a ri, qu’il ne pouvait pas s’empêcher de danser, que c’était plus fort que lui.

J’aime cette puissance de vie chez mon beau-père.

Bel homme, il est affable et courtois avec les inconnus. Il ne craint pas de parler avec des specimens du beau sexe, ce qui en fait la cible facile de certains commérages. On dit de Youssef qu’il est un dragueur. L’autre jour dans un hôtel de Bizerte, je l’ai vu en effet faire longuement rire une jeune femme de ménage, tandis qu’il se promenait avec son épouse dans les couloirs. De là à dire qu’il est dragueur.

Quand on lui envoie de l’argent pour réaliser des travaux dans la ferme, il offre des cigarettes aux ouvriers et leur donne des pourboires énormes. Youssef se comporte en gentleman farmer car il est un gentleman farmer. Avec ou sans argent, il tient le rôle d’un notable du village et ce rôle exige qu’il soit généreux avec tout le monde.

Il m’a donné la main de sa fille avec beaucoup de grâce et depuis, il m’aime comme son fils. Son français est aussi limité que mon arabe, mais nous communiquons. J’ai fait le berger avec lui certains matins. Il accepte sans faire de remarques que je reste allongé des heures durant à lire pendant que les autres prennent soin de la ferme.

Nous allons parfois à la mosquée ensemble. Sa fille m’explique qu’il est fier d’y exhiber son gendre en son auto. Une fois, il fallait prier sans personne d’autre, Youssef me désigna la place pour que je dirige la prière. Gêné je m’exécutai mais je ne me sentis pas à ma place. Confusément, je ne voulais pas l’embarrasser, au cas où il ne connaîtrait pas assez de coran par cœur pour diriger la prière.

Quelle arrogance de ma part. Bien sûr qu’il connaît beaucoup de coran par cœur. Il en connaît de nombreux versets, davantage que j’en saurai jamais.

Youssef fait donc partie, en toute logique, des modèles de vie de la sagesse précaire.

Le mariage de la nièce

Cette année c’est une des filles de Nabila qui s’est mariée. Omaima est la nièce de Hajer. Elle a fait un mariage tunisien même si son mari est un gentil Français, militaire fringant retraité.

Nous avions prévu ce mariage depuis la France et avions apporté des tenues appropriées pour l’occasion. Pour moi, costume et chemise en lin. Pour Hajer, trop spécifique pour que je puisse mettre des mots sur la chose.

Après plusieurs soirées consacrées au henné et à d’autres activités traditionnelles, la fête proprement dite eut lieu un dimanche soir, dans un espace loué pour l’occasion. Grosse fête digne des comptes Insragram et de la télé réalité. Robe de Sissi impératrice, musique de DJ professionnel, voiture de luxe allemande. Rien n’était trop beau pour faire oublier la pauvreté et la précarité des situations économiques actuelles.

On me demanda comment mon mariage s’était déroulé. Oh moi, c’était loin d’être aussi grandiose. Nous nous sommes mariés petitement, dans la ferme des parents à Ftiss. Avec les chèvres et les poules. Il y avait tous les habitants du villages mais ce n’était pas aussi somptueux. Intérieurement j’ajoutais pour moi-même : ce n’était pas aussi cher surtout.

Car ce que je voyais ce soir-là me paraissait incroyablement onéreux. Ce doit être mon côté européen coincé et rigoriste. Je ne pouvais me sortir de la tête les coûts exorbitants de tous ces dispositifs. Il doit y avoir une justification anthropologique pour ces dépenses somptuaires. Je pensais à Georges Bataille et aux phénomènes de Potlatch.

Puis j’ai pensé : les plus riches et les plus pauvres d’entre nous tiennent à se marier dans des fêtes qui en mettent plein la vue. Finalement, il n’y a que les mediocres de la classe moyenne, dont je fais partie, qui valorisent les petites fêtes intimes et bucoliques.

La fraîcheur des mosquées

Mosquée de la médina, Hammamet, juillet 2023

Les gens vous parlent toujours des plages. Ah telle ville est merveilleuse, les plages y sont superbes. Depuis quand les Tunisiens se sont mis à parler comme des Brésiliens ? Qu’ont-ils tous avec les plages ? J’imagine que cela vient de l’influence du tourisme de masse.

Moi quand j’étouffe de chaleur sur la plage, c’est-à-dire après 7.30 du matin, je me réfugie dans les mosquées, qui demeurent les meilleurs endroits des pays chauds.

Dans la Grande Mosquée de Hammamet.

Propres, spacieuses, silencieuses, parfois climatisées, toujours aérées et fraîches, les mosquées sont les lieux de repos et de méditation idéaux pour des voyageurs harassés.

On se rend d’abord dans les salles d’eau pour faire ses ablutions et c’est rafraîchis, les pieds et la tête mouillés, qu’on se dirige sereinement vers la salle de prière où plus personne ne vous demande rien.

Faisant mes ablutions à la mosquée Bourguiba, Monastir

Les villes portuaires du sud, le « sahel », ont fait naître de grands politiciens comme Habib Bourguiba. Devenu chef d’Etat, ce dernier à beaucoup développé sa ville de Monastir, raison pour laquelle tant de touristes y vont. Une belle mosquée porte justement son nom pour lui rendre hommage. Un très bel oasis au centre historique de Monastir, où la calligraphie est à l’honneur.

Dans la Mosquée Habib Bourguiba, Monastir, Juillet 2023.

Tandis que j’essayais en vain de déchiffrer les différents panneaux montrant des versets aux styles divers de calligraphie, j’entends qu’on m’appelle au fond de la salle de prière. C’est Hajer qui se trouve dans l’espace réservé aux femmes et qui veut me prendre en photo.

Nous sommes allés au nord du pays avec les parents, à Bizerte plus précisément. Le but était de leur donner un peu de luxe hôtelier car c’est dans ce domaine d’activité que la sagesse précaire excelle. Mais qu’est-ce que le luxe hôtelier sans la douceur ancestrale des mosquées médiévales où les femmes peuvent entrer dans la salle de prière des hommes si elles le demandent gentiment ?

Youssef et Zina dans la Grande Mosquée de Bizerte.

Chose étonnante, les fenêtres du mur de la Qibla donnent sur le vieux port de Bizerte, comme le montre la vidéo que j’ai tournée et mise en ligne ci-dessous. Cela nous ramène comme un fait exprès sur la question des chambres avec vue à laquelle le luxe hôtelier se doit de répondre.

La Grande Mosquée de Bizerte, juillet 2023

Ftiss, au pays des Nehed

Préparer la voiture au soleil levant. Ftiss, juillet 2023

Hajer vient d’un village éloigné où vit un clan, une famille élargie qui s’est installée au bord d’un lac. Ce lac est salé, ce qui rend le paysage lunaire quand le lac est asséché : une grande traînée blanche entre les collines et la verdure des oliviers.

Le paysage de Ftiss est tout à fait cinématographique. On se croirait dans un western. Je recommande aux Tunisiens qui rêvent de tourner des films de faire un tour dans cette région.

L’arrière grand-père d’Hajer était une sorte de seigneur qui possédait ces terres arides. Il a fait planter des centaines d’oliviers si bien que ma belle-famille produit la meilleure huile d’olive du monde, que nous mangeons chaque matin au petit-déjeuner, avec du pain dit « qobez tebouna ».

Générations après générations, la terre de l’ancêtre à été partagée entre les fils et chacun n’a plus qu’une portion congrue aujourd’hui. Chacun a construit une fermette entourée d’oliviers et élève quelques animaux. Mais la vie économique est un peu difficile alors on va à la ville.

Mon beau-père a donc passé ses semaines à travailler à l’usine pour nourrir sa famille qui, elle, vivait à la ferme. Il a pris sa retraite assez tôt et est redevenu l’auguste fermier qu’il fut.

Cette fermette est le lieu qui a vu grandir ma femme, c’est là qu’elle a appris à lire, qu’elle a fait paître des chèvres, qu’elle a grimpé aux arbres. Son père la conduisait à l’école de Ftiss sur son vélo quand elle ne marchait pas, mais elle avait tellement froid l’hiver qu’à mi-chemin il faisait un petit feu de camp auprès duquel père et fille se réchauffaient les mains à l’aube.

La fermette de mes beaux-parents, à Ftiss. 2023.

On ne s’étonnera pas si je dis que Ftiss est mon endroit préféré en Tunisie, mon centre du monde. C’est dans cette ferme que nous nous sommes mariés, en 2016.

Mes beaux-parents Youssef et Zina

Ce sont les Tunisiens chez qui j’aime habiter quand je me rends dans ce pays. Ils vivent et travaillent dans une ferme près d’un lac salé et asséché. Quand nous venons, nous leur offrons une petite sortie hors de leur hameau pour les remercier de leur hospitalité.

La première fois, c’était en 2017, je conduisais des recherches sur les mosquées ibadites des berbères de Djerba. Hajer vit que sa mère pouvait être intéressée par la fameuse île du sud, alors nous fîmes le voyage en voiture de location. Au retour, Youssef exprima sa jalousie d’être laissé de côté quand les autres se baignent dans la mer. « Mais baba, tu ne sais pas nager ! » Peu importait, baba voulait être du prochain voyage.

L’année suivante on leur a demandé où ils aimeraient aller. Youssef n’y avait pas réfléchi. Zina dit de sa voix faible qu’elle rêvait de Kairouan, une ville d’importance pour l’histoire religieuse. Cette année nous sommes allés sur les plages de Bizerte.

Les lecteurs de mon livre Birkat al Mouz se souviennent qu’en 2019, ils ont traversé les airs pour nous rejoindre un ou deux mois au Sultanat d’Oman.

Un jour peut-être nous réussirons à leur faire visiter la France.

Lever de soleil à Ftiss

Les heures les plus fraîches sont de 3 et 6 heures du matin. À partir de 5:20, le soleil se lève et les corps orientent leurs efforts vers la résistance à la chaleur.

Une technique consiste à sortir de la cour de ferme pour boire un café à l’ombre d’un olivier, près des poules, à quelques pas des murs qui continuent de dégager la chaleur emmagasinée la veille.

Nous dormons tous dehors mais pas aux mêmes endroits. Youssef, mon beau-père, met son lit stratégiquement à équidistance des portes de la cour, de la cuisine et du dépôt, pour protéger le foyer en cas de malheur.

Zina, ma belle-mère, place son petit matelas à côté de la chambre à coucher, elle ne craint pas la chaleur de la nuit. Au contraire, elle garde toujours une couverture en laine pour les heures fraîches du petit matin.

Hajer et moi installons notre lit sur le toit terrasse pour profiter de la brise nocturne et du ciel étoilé.

Ftiss, cinq heures du matin. Juillet 2023.

Chroniques tunisiennes. Les voitures chargées

Embarquement à Palerme pour la Tunisie. Notre véhicule utilitaire est bourré de valises, de vaisselles, de matelas, d’alimentation, de matériel électronique et de livres.

Nous apportons des cadeaux pour la famille. Hajer a passé des mois à préparer ce voyage au bled. Des courses infinies sur l’internet pour trouver les meilleurs articles aux meilleurs prix. Elle a fait des choses admirables que seuls les anciens pauvres savent faire : acheter des souliers de marque d’occasion pour une poignée d’euros, les nettoyer, les rendre comme neufs et, cerise sur le gâteau, leur coller des étiquettes de souliers neufs, les entourer de tout l’apparat d’empaquetage qu’on n’obtient que dans les grands magasins. Le temps et la créativité dont elle a fait preuve pour gâter sa famille sont incomparables et valent plus que des cadeaux achetés sur les grands boulevards.

Les voitures sont écrasées par des biens qui s’entassent sur des galeries de toits bricolées. Hajer m’explique que ce sont des choses qu’ils vont vendre en Tunisie. Des éviers de cuisine ? Ils s’embêtent à transporter des éviers en inox d’occasion pour les vendre ? Bien sûr, car c’est très cher en Tunisie.

Même chose pour les vieux vélos, les réfrigérateurs, et tous les cartons remplis de biens insoupçonnés. C’est le signe d’une société en difficulté économique, où tout est cher, où l’on manque de beaucoup de choses. Les grandes migrations estivales semblent être le moment d’échanges intenses par millions d’objets produits en Asie, consommés en Europe et recyclés en Afrique.

Quand on débarque à Tunis, on croise les voitures vides et légères des voyageurs dans le sens inverse qui nous regardent goguenards.

Les héritiers de l’écrivain du voyage Nicolas Bouvier

https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2023/07/09/les-heritiers-de-l-ecrivain-du-voyage-nicolas-bouvier_6181164_4500055.html#xtor=AL-32280270-[default]-[android]

Une lecture de journal qui fait mal au cœur du sage précaire. Je venais de trouver refuge dans un appartement climatisé de Naples et de faire la sieste après des heures de voiture à travers l’Italie. Je lis dans le grand journal du soir que les héritiers de Nicolas Bouvier s’appellent Tesson, Gras, Désérable… N’en jetez plus, je suis déjà accablé par la chaleur.

Comme toujours, les journalistes littéraires donnent les informations les moins pointues possibles et se bornent à égréner des noms des imitateurs de Bouvier parmi les moins originaux. Il va sans dire que la mémoire de Bouvier mérite mieux que ces auteurs médiatiques pour organes de presse de droite.

Je donne le conseil suivant aux critiques littéraires de la presse nationale : contactez aussi les spécialistes du sujet que vous traitez. Pourquoi ne pas passer un coup de fil à un chercheur reconnu dans le champ même que vous abordez ?

Cela semble évident et devrait constituer le B-A BA du journalisme et pourtant, on continue de lire des reportages littéraires assez longs dénués de tout savoir, de toute recherche. On ne vous a pas dit qu’il y avait des connaisseurs de la littérature de voyages dans nos universités et nos centres de recherche ? On n’apprend donc pas à se renseigner dans les écoles de journalisme ?

Si vous faites un papier sur les héritiers de Bouvier, contactez par exemple Liouba Bischoff, maîtresse de conférence à l’ENS Lyon et qui a publié maint livres et articles sur Bouvier. Elle vous signalera de bonnes références. Une conversation avec elle vous évitera de tomber dans les poncifs que viennent de publier Le Monde aujourd’hui.

Le sage précaire, lui, est indisposé et indisponible. Il est attendu au centre de Naples pour manger avec ses amies tunisiennes.

La courbe en cloche du bac 2023

Les résultats du baccalauréat 2023 sont affichés devant l’entrée du lycée.

Chez moi, donc, les résultats sont légèrement supérieurs à la moyenne nationale.

12 % de mentions Très bien. 20 % de mentions Bien. 30 % de mentions Assez Bien. 35 % sont juste admis. 3 % doivent passer à l’oral de rattrapage. Au total, 100 % de réussite.

Sur le plan national, les choses prennent cette apparence depuis trois ans :

10 % TB

20% B

30 % AB

40 % admis.

Poussière d’échecs.

Il y a des gens qui ratent le bac malgré tout, il ne faut pas l’oublier. Parmi ces derniers, il y a ceux qui ont abandonné leurs études, ceux qui ne sont pas venus en cours, ou ceux qui ne parlent pas français. Même certains parmi eux, certains ont pu réussir leur examen, mais ceux qui l’ont raté sont ceux qui n’ont pas eu de chance et qui avouent avoir vraiment exagéré dans le je-m’en-foutisme depuis plusieurs années.

Depuis vingt ans, on nous incite à noter les examens de manière à aboutir à une courbe en cloche : peu d’excellence, peu de ratage, et un gros peloton de moyens. Les Anglo-saxons notent avec des lettres de A à F qui permettent plus aisément d’aboutir à cette courbe en répartissant les copies harmonieusement dans les catégories.

5 % A

10 % A-

15 % B+

20 % B

20 % B-

15 % C +

10 % C

5 % D

Poussière d’échecs que l’on note « F » comme Fail.

Dans les universités et les lycées anglo-saxons ou gérés selon des principes et des méthodes venus de pays anglo-saxons, on considère des cohortes avec plus de 20 % de A, et plus de 20 % de F, comme des résultats invalides, aberrants, anormaux.

Comme les Anglo-saxons sont en avance sur nous, je suis assuré que les résultats du bac ont atteint depuis trois ans la forme qu’ils garderont pour longtemps, quel que soit le niveau des élèves et des professeurs. Il n’y aura certainement pas de recrudescence de mentions très bien pour faire plaisir. On a trouvé là un équilibre statistique qui satisfait l’administrateur qui est en chacun d’entre nous.

Nager et lire quand les bacheliers passent le rattrapage de philosophie

C’est le signe que les vacances ont commencé. Je lis de la littérature populaire au bord de l’Arre, je rafraîchis mon corps en nageant dans son eau froide, tandis que deux ou trois élèves passent un oral de philosophie pour gratter les points nécessaires à l’obtention du baccalauréat.

L’avantage considérable des rivières autour de chez moi est qu’elles sont profondes et trop froides. Les gens s’y baignent peu même en juillet.